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  • : Au tour de Clo
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  • : Décryptage humoristique des choses de la vie, délires poétiques et bonne humeur.
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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 18:36

C'est écrit texto dans l'textile,

La question du tissu social.

Chaque camp possède son style.

« On n'mélange pas tout c'est normal !

 

Quand on se croise dans le métro,

On se jette à peine un coup d'oeil

On classe l'autre y a pas photo

Par CSP et portefeuille.

 

Et on reste entre soi..."

 

Entre-soi...

 

Entre soie et pied-de-poule,

La tribu héritière,

Evitant les bains de foule

Des affreux prolétaires.

"On ne se sent jamais

Bien en sécurité,

Et puis ça sent mauvais

L'eau de Cologne bon marché."

 

Entre soie et velours,

Le club des cérébraux,

Ceux qui vivent dans une tour

En se flattant l'égo,

Qui ne comprennent pas

Qu'on ne puisse pas comprendre.

"Voyons c'est l'BaBA !

Devrais-je condescendre ?"

 

Entre soie et pilou,

La famille pyjama.

Le drame, c'est le doudou

qu'on ne retrouve pas.

Mais les gamins dehors

Aux hivers de cauchemar,

On les laisse à leur sort,

On ne veut pas les voir.

 

Entre soie et chiffons,

Ceux froissés de colère :

« Les riches c’est tous des cons

Levons le poing mes frères ! »

Entre réelle souffrance

Et jalousie de base,

On en perd le bon sens

À la première occase.

 

Entre soie et lycra,

Les sportifs accomplis

Qui jaugent les bouts de gras

Et la naissance des plis.

Si tu n’as pas en tête

De faire un marathon

Tu passes pour une mauviette

Un fainéant et un thon.

 

Entre soie et lainage,

L'après-midi télé...

"Le reste c'est plus d'notre âge,

Puis y a trop de danger

À sortir dans la rue,

À parler aux voisins.

Et puis ça n'se fait plus...

J'suis mieux sur TF1."

 

 

Entre soie et viscose

Entre soie et mohair

Brocart ou sabra rose

Coutil en bayadère

Entre soie et dentelle

Entre soie et coton

Entre soie et flanelle

Petits pois et chevrons

Entre soie et satin

Entre soie et madras

Entre soi... et demain ?

Entre soi... c'est l'impasse.

 

C'est écrit texto dans l'textile,

La question du tissu social.

Et si on mélangeait les styles ?

Le total look, ça peut faire mal.

 

Je rêve d’un mélange de tissus,

Mix de textures et de couleurs.

Que personne n’ait le dessus,

Qu’aucun ne se sente meilleur !

 

En ne cachant pas la misère

Sous un mouchoir tout décousu

(Qu’elle soit humaine ou financière),

Ça pourrait être un bon début.

 

Veste pied de poule et jean troué,

Jupe en velours, haut synthétique

S'donner la main pour tricoter

Un peu nos côtés utopiques.

 

Entre soi, en cocon,

Mûris dans le mûrier,

Faudrait qu'les papillons

Aient la force de voler.

Qu'on ne soit plus chenilles

À ramper dans les ronces,

Ces tissus de familles

Dans lesquels on s’engonce.

 

Entre soi, dans la crise,

On reste en chrysalide

Dans un monde qui divise

Et que beaucoup valident.

Faudrait éclore ailleurs,

Et de fil en aiguille,

Voir qu'il y a d'autre fleurs

Qui tout autant scintillent.

 

Sur l'échelle du pognon

Ou sur l'échelle du temps,

Quel que soit l'échelon,

On tient grâce aux montants.

Alors prenons conscience

Avant de renoncer

Que le monde est une chance :

À nous de le tisser.

 

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 19:22

Voici une histoire de cœur

De deux qui se sont aimés,

Une histoire qui prend aux tripes,

Qui vous pend peut-être au nez.

Je l'ai gardée sur ma lippe

Pour pouvoir vous la conter...

 

Il était cœur d'artichaut,

Elle, un peu tête brûlée.

L'artichaut, c'était Germain,

L'intrépide, c'était Renée.
Ils se dévorèrent des yeux

Sitôt qu'ils se rencontrèrent,

Et restèrent bouche bée

Malgré leurs élans contraires.

 

Il joua le joli cœur,

Elle ne savait pas dire non.

Une chaussure à son pied

Et la tête dans le guidon,

Ils se tombèrent dans les bras,

S'aimèrent des pieds à la tête,

De la pointe des orteils

Jusqu'à la fourche des couettes.

 

Germain, tête dans les nuages

Renée, tête sur les épaules...

Et bras dessus bras dessous,

Qu'ils étaient touchants et drôles !

Oh ! sûr qu'ils prenaient leur pied,

S'entendaient com' cul et chemise

Ou comm' les doigts de la main

Enfichés dans la bonne prise !

 

Pourtant, de bouche à oreille,

On apprit comme une bombe

Qu'on s'mettait le doigt dans l’œil...

Voilà que les bras m'en tombent.

Mais motus et bouche cousue...

Que cela reste entre nous...

S'ils savaient, certains faux-culs

Pourraient me tordre le cou...

 

Voilà que Renée menait

Germain par le bout du nez,

Du coucher jusqu'au réveil,

Du petit dèj' au dîner.

Il fallait lui obéir

Toujours au doigt et à l’œil !

Elle lui tombait sur le dos

Aussitôt franchi le seuil.

 

Germain, plutôt le bon gars,

Avait le cœur sur la main,

Mais dans l'autr' poussait un poil...

"Oh... je ferai ça demain...

C'est pour ne pas arriver

Comme un cheveu sur la soupe

Qu'j'mets pas la main à la pâte...

- Donne ton poil que je le coupe !!"

 

Couper les cheveux en quatre,

Renée savait bien le faire.

En vrai elle n'y allait pas

Avec le dos d'la cuiller.

Renée avait les dents longues

Et ça lui cassait les pieds

Que Germain sans huile de coude

Commençât à le lever...

 

Lui, le cul entre deux chaises

(Parfois un coup dans le nez)

Ou debout mais sans savoir

Vraiment sur quel pied danser...

Elle, à deux doigts de la crise,

Et lui disant sans scrupule :

"Tu n'm'arrives pas à la ch'ville !

Tu me mets sur les rotules !"

 

Une sacrée langue de vipère

(Qu'elle n'avait pas dans la poche) !

"Il ne lève pas le p'tit doigt !"

Disait-elle à tous ses proches.

Quand Renée faisait la tête,

Germain serrait fort les fesses.

Un jour il crièrent en chœur :

"Il faut que tout cela cesse.
 

Car quand le cœur n'y est plus,

Qu'on se crêpe le chignon,

Qu'on a une boule dans la gorge

Et la rate au court bouillon,

Changer son fusil d'épaule

Peut paraître salvateur :

Mieux vaut se tourner le dos

Que se déchirer le cœur.

Se livrer à un bras de fer

Qui coût'ra la peau des fesses

Et pour s'en mordre les doigts

Serait manquer de sagesse."

 

Mais... il l'avait dans la peau

Et elle n'avait d'yeux que pour

Son Germain aux yeux si beaux...

Ah ! les mystères de l'amour...

 

C'est donc une histoire de cœur

Que ces deux-là vivent encore.

J'en donne ma tête à couper :

Vrai qu'ils s'aiment de tout leur corps !

Et s'ils se reprennent en main,

L'histoire pourrait continuer,

L'histoire d'un certain Germain

Et d'une certaine Renée...

 

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 12:23

"Oh ! merci c'est gentil !

C'est... c'est.. c'est... c'est quoi ?"

 

Je sais que ça te fait plaisir

Et que c'est offert de bon cœur

(Mais parfois vaut mieux s'abstenir

Ou se rabattre sur des fleurs).

Je sais que tu voulais bien faire,

Alors j'arbore un grand sourire :

"Oh ! une statue de panthère !

Ça pourrait presque me faire rugir euh rougir."

 

C'est devenu habituel,

On a chacun nos p'tits défauts...

Y'a des cadeaux, c'est pas Noël,

Ça serait l'Père Fouettard plutôt...

Et l'angoisse devant le paquet,

D'autant plus grande qu'y a du volume !

Ça pèse une tonne, mais qu'est-ce que c'est ?

On dirait bien un lot d'enclumes...

 

J'ai même pris des cours de théâtre

Pour faire semblant d'être contente,

Quand in petto je dois combattre

Ce démon à verve mordante

Qui me dit : "Mais c'est pas possible !

C'est moche, qu'est-ce que je vais en faire ?"

Mais je bâillonne cet irascible

D'un "Merci !" que je veux sincère.

 

Et dans ces moments-là,

Je voudrais juste te dire pourtant :

"Allez viens sans rien, viens les mains vides, viens le cœur plein

T'encombre pas, et perds pas de temps

À trouver l'cadeau qui va bien.

Allez viens..."

 

Le risque est que d'autres se mettent

À croire que je fais collection

De figurines de vachettes

Ou de bols avec mon prénom...

Ça s'est déjà vu, je le sais !

J'avoue avoir contribué

À un élevage de porcelets,

Peluches, vaisselle et porte-clés...

 

Chez moi j'ai monté un placard

Pour tous les ratés du bolduc.

Si j'étais une folle du plumard

Ça serait ma légion d'eunuques :

C'est joli (et encore...) mais ça sert à rien !

Ça prend la place et la poussière.

Crois-tu que j'aie vraiment besoin

D'une huitième bonbonnière ?

 

Les étagères sont remplies

De cadavres d'anniversaires,

De vieux squelettes de bougies,

De pots pourris, de verres à bières (euh ça peut être utile ça...).

As-tu seulement envisagé

Qu'à mon prochain déménagement,

Je pourrais te solliciter

Pour porter ces cartons pesants ???

 

Les jours où tu me rends visite,

Je sors ta théière et les tasses

Aux gros motifs de marguerites,

Solides et qui jamais ne cassent !

Car je n'ai jamais d'accident

De mains qui glissent, de coudes qui frôlent.

Même le chat, c'est indécent,

Refuse de jouer ce rôle.

 

Tu sais, ce n'est pas une critique.

J'ai constaté qu'on a chacun

Son propre sens de l'esthétique :

Tu aimes les blonds, j'préfère les bruns.

Moi-même j'ai sans doute dû t'offrir

Des trucs que tu n'as pas aimés :

Le livre "Cadeaux pour faire plaisir",

Je suppose que tu l'as jeté...

 

Dans tous ces moments-là,

Je voudrais juste te dire pourtant :

"Allez viens sans rien, viens les mains vides, viens le cœur plein !

T'encombre pas, et perds pas de temps

À trouver l'cadeau qui va bien.

Ne m'offre rien, mais viens me voir, ne me laisse pas dans ton placard."

 

 

 

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 11:02

Ça sent bizarre

Dans les couloirs

De notre bel immeuble de standing.

Surtout le soir...

Il faudrait voir

Pourquoi l’odeur envahit mon living.

 

Je l’ai sentie

Un peu rancie

En rentrant de ma séance de shopping.

Et pas qu’ici !

Je trouve qu’aussi,

Elle se répand partout dans le parking.

 

Standing ! Living ! Shopping ! Parking !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

Oh la ça pique !

Faut qu'le syndic'

Fasse quelque chose et revoie le planning

Des domestiques

Pour qu'elles astiquent

Et lavent car j'ai les narines en warning !

 

Je n'invite plus

(C'est incongru !)

Mes amis d'l'association de bowling,

Ni les élus

Que j'ai connus

Au cours de soirées mondaines en smoking.

 

Planning ! Warning ! Bowling ! Smoking !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

Mais là c'est dingue !

Vraiment ça schlingue !

Bien plus que mes pieds après le footing.

Moi ça me flingue

Que toutes mes fringues

Soient obligées de passer au pressing.

 

Faudra qu'j'en parle

à Roger-Charles

Lorsqu'il me fera mon prochain lifting.

Faudra qu'j'en cause

à Marie-Rose

Quand on se dandinera au dancing.

 

Footing ! Pressing ! Lifting ! Dancing !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

Bon, le plombier

Derrière l'évier

N'a trouvé qu'une chaussette de jogging.
Ce n'est pas lié,

Mais ça fait suer...

Malgré ses bras made in bodybuilding

 

Oh quel fétide

Fumet putride !

Pour les odeurs il n'y a pas de zapping...

J'suis pas rigide

Mais c'est sordide.

Et là qu'est-ce que j'entends ? "Ding dingue dong ding !!!!"
 

Jogging ! Bodybuilding ! Zapping ! Dong ding !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

Dong ding !

Dong ding !

Dong ding !

C'est bon j'arrive !

 

Par l’orifice,

C’est la police (!!)

Qui me demande de faire un debriefing.

"J'suis pas complice !

J'ai pas d'indice !"

Les idées dans ma tête font un looping.

 

J'les fais entrer,

Pas rassurée :

Y'en a un qui a une tête de viking.

J'suis intriguée,

J'ose demander :

"Y a-t-il eu vol ou meurtre ou kidnapping ?"

 

Debriefing ! Looping ! Viking ! Kidnapping !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

"Gaston Palace,

L'voisin d'en face,

Celui qui ressemblait un peu au King,

Ben sa carcasse,

Elle se fricasse

Depuis au moins trois mois sous son brushing."

 

J'suis la voisine...

"On m'incrimine ???"

Non ils veulent juste établir un timing...

Mais j'hallucine !

Ils s'imaginent

Qu'on parle à nos voisins dans ce building !!

 

Au King ! Brushing ! Timing ! Building !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

Ah je respire !

Y'a pas à dire :

Que c'est bon une journée cocooning !

Ça sent la myrrhe,

Un peu la cire,

L'ylang-ylang de chez Chouchou Darling.

 

Mon anecdote

Me ravigote !

J'entends déjà Marie-Rose dire "Shocking !"

J's'rai la mascotte

Auprès des potes

Au brunch de dimanche autour du pudding !

 

Cocooning ! Darling ! Shocking ! Pudding !

C'est le swing swing de standing !

C'est le swing swing de standing !

 

 

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Published by Clo
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 21:41

Les aiguilles du réveil me picotent les yeux,

Font battre sous mes cils un matin d'entre-deux.

La sonnerie s’en mêle, mes paupières papillonnent,

S’extirpent du cocon où mes rêves bourdonnent.

Un nuage de draps frôle à peine mes pieds,

Et saisie d'un vertige dans un souffle léger,

Je t'attends.

 

Les lames du parquet soupirent sous mes pas.

Les rideaux immobiles s'ennuient de haut en bas.

Dans l'odeur du café, les nouvelles s'entassent

Et je cherche un indice dans le fond de ma tasse.

Un nuage de lait vient troubler le breuvage

Et efface un instant les barreaux de ma cage...

Un instant...

 

Pourquoi faut-il que tu reviennes

Hanter mes jours, creuser ma peine ?

Joli fantôme, ma belle amie,

Laisse à mon chagrin un sursis.

 

Tous les moments se valent quand les aimants s'envolent.

Et dehors les vivants jouent à la course folle :

Ephémères en partance se cognant à la vitre

D'un jeu aux dés pipés, sans victoire, sans arbitre.
Un nuage de pluie crève dans un coin de bleu,

Laissant le boulevard désert et comateux

Pour longtemps.

 

Les aiguilles de la montre me picorent le cœur.

Chaque seconde éloigne l'écho un peu moqueur

De tes mots habillés de cette voix si proche

Façonnée de soleil, de fruits mûrs et de roche.

Un nuage de pleurs obscurcit mon regard.
Habiter le silence pour dompter le brouillard

Incessant.

 

Pourquoi faut-il que tu reviennes

Hanter mes jours, creuser ma peine ?

Joli fantôme, ma belle amie,

Laisse à mon chagrin un sursis.

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 19:30

Sûr qu'avec l'âge, on décline,

La rose n'est plus qu'épines.

Adieu la fraîche rosée !

Adieu les joues qui rosissent !

On est souffrant jusqu'aux os,

Les rides creusent des rosaces,

Y'a plus rien à arroser

Même quand on est plein aux as.

 

Rosée, rosissent, aux os, rosaces, arroser, aux as !

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

Alors gare à l'érosion

A l'heure des déclinaisons.


Les jours de cérémonie

Et malgré la pneumonie,

On rêve d'être le sujet

Et montrer ses attributs.

A la remise des escarres,

On veut être nominatif

Pour l'ensemble de sa carrière

Qu'est plus d'vant mais qu'est derrière.

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

Dominus civis templum,

Papyboum et badaboum...

 

Quand on se sent esseulé

Et qu'on est interpellé,

Un nom d'oiseau, une injure,

Ça ferait presque plaisir.

Certains ont pour vocation

L'emploi de doux vocatifs,

Et la voix qui apostrophe... euh...

Permet de finir ma strophe.

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

Ça fâche le prof sans qu'il ose

Dire qu' sa mémoire s'ankylose. (Et s'ankylose, ça fait déjà son poids)

 

Responsables de tous maux,

On n'ose plus dire un mot...

"J'ai encore changé le vieux !"

"Je ne piffre plus la vieille !"

L'usage de l'accusatif

Quand on nous accuse à tort

N'empêche pas qu'on savoure

Le petit luxe d'être sourd.

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

On s'remonte à la Clairette

Avec une tranche de rosette.

 

Rosette rosette rosette arrosée à la Clairette !

 

Les bons soins du médecin,

Des plats faits maison et sains,

Les miracles des coiffeurs

Qu'on pourrait dire "génies tifs",

Tout ça ne rajeunit pas

Le reflet dans le miroir :

C'est souvent un pis-aller

Avant l'heure de s'en aller...

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

(Et son dentier fugitif

Dans la tranche de rosbif)

 

L'oubli commence à pousser

Et tout commence à dater :

C'est poussif et c'est datif... euh... sédatif...

Mais avec modération !

Car pour placer La Palice

Même sans une vie de palace,

On a encore du ressort :

Tant qu'on vit, on n'est pas mort !

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

Et que notre jolie prose

Pianissimo se nécrose.

 

Prosa prosa prosam, prosae, prosae, Prozac...

 

Ceux qui veulent tout nous ôter

Sans nous laisser plaisanter,

Ceux qui usent de l'ablatif,

Qui retirent sans rien donner,

Feraient mieux d'semer des roses

Et savourer leur parfum,

Car très vite elles déclinent

Pour ne plus être qu'épines !

 

Hélas lorsque les ans passent,

V'là qu'on en perd son latin !

Mais ma foi faut faire avec...

Ou faire un tour chez les Grecs !

 

 

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Published by Clo
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 23:09

NDA : les mots entre parenthèses et en italique sont à lire en écho, idéalement par une deuxième voix...

 

 

Il reste quoi (on reste coi) de cet amour qu’on ne devait jamais salir ?

Un souvenir déjà fané,

Pont des soupirs, fin de l’été.

Il reste quoi (on reste coi) de ces promesses qu’on ne devait jamais trahir ?

Pauvres soldats, chant de détresse,

Au champ d’honneur il faut partir.

 

Le jeu en valait la chandelle,

Mais nous avons éteint la flamme.

L’histoire promettait d’être belle,

Là est le drame...

 

Il reste quoi (on reste coi) de ces regards qui nous portaient vers l'horizon ?

Un peu trop d'ombre sous le fard,

Un peu trop de désillusions.

Il y a de la cendre dans nos mots, un goût de terre qui nous étouffe,

Le temps se traîne et nous enterre

Le temps nous bouffe.

 

Le jeu en valait la chandelle,

Chacun pensait tenir son rôle.

Mais les nuages s'amoncellent

Sur nos épaules.

 

Il reste quoi (on reste coi) de nos deux corps penchés au creux d'un même espoir ?

Spectres fugaces et incertains

S'effaçant quand tombe le soir.

Et notre fable s'évapore, le livre est déjà refermé,

Le sommeil prend nos larmes et mord

Nos yeux blessés.

 

Le jeu en valait la chandelle,

Mais nous avons éteint la flamme.

L’histoire promettait d’être belle

Là est le drame...

 

Le jeu en valait la chandelle,

Mais nous avons éteint la flamme.

L’histoire promettait d’être belle

Là est le drame...

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 11:56

Je n’ai pas de réponse, mais beaucoup de questions.

Les mêmes que tu te poses… As-tu une solution,

Un remède, un espoir qu’on puisse partager ?

Un but ou un élan qui nous fasse avancer ?

 

 

Parce que… parce que si demain elle passe,

Que mes concitoyens me renvoient dans la face

Qu’ils ont choisi la haine, le repli et la peur,

Qu’ils ne voient que la nuit pour punir les erreurs

(Et une nuit profonde, sans rien pour nous guider),

Si demain elle passe, pourrai-je continuer ?

 

 

Pourrai-je encore sourire au passant qui me croise

Et ne pas m’alarmer de celui qui me toise ?

Aurai-je encore l’envie d’aller dans les écoles,

Vanter le poids des mots, le sens de la parole ?

Aurai-je le courage d’être en humanité,

Sans dégoût ni mépris, sans désir de juger ?
Aurai-je le panache de mes beaux idéaux,

De ma "philanthropie", où nous sommes si égaux ?

 

 

Tu me diras peut-être que nous devrons nous battre,

Qu’il faut lever la tête sans se laisser abattre.
Mais voyons… Tout de même… Si une majorité

Oublie tout de l'Histoire et veut l'obscurité...

 

 

J'aurai sans aucun doute un cri pour notre sort,

Mais plus assez de force, plus assez de ressort

Pour tenter d'allumer l'étincelle fragile :

Tout me semblera vain, usant et inutile.

Mon cœur sera amer et ma bouche fermée :

Je n’aimerai plus l’Homme, et ils auront gagné.

 

 

Alors si toi tu crois toujours que c'est possible,

Eclaire mon chemin, pour qu’il reste accessible,

Et que, pour tous ceux qui, à l'humaine fratrie

Préfèrent se fermer au nom de la patrie,

J'aie encore dans mes tripes l'envie de les comprendre,

De saisir leur colère, pouvoir encore l'entendre.

 

Car quelle que soit la peur, le frisson est le même,

Chez celui qui maudit et chez celui qui aime.

 

 

Mais si jamais demain, si demain elle passe,

Reste tout près de moi, garde-moi une place

Car je ne saurai plus vraiment où est la mienne.

Sois près de moi, ami, avant que la nuit vienne.

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Published by Clo - dans Humeur
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 22:18

gouttes d'eau

gouttes d'eau sur mon front

gouttes du ciel sur ma langue

fragiles perles de pluie accrochées à mes cheveux

gouttes d'eau sur le sol, sur la terre sèche qui s'assombrit peu à peu, devient humide et lourde

terre qui porte en son sein les émanations chargées, pleines, enivrantes, d'humus mouillé

parfum qui traverse l'espace à la fin de l'averse

 

gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau

 

quel mot désigne l'odeur de la terre après la pluie ?

mot sur ma langue : Pé - tri - chor

pétrichor, l'odeur de la terre après la pluie

pétrichorpétrichorpétrichor pétrichor pétri corps pétri corps pétri

corps pétri dans la terre, dans l'humus ou l'argile, dans la glaise, dans le sable

 

à la saison des genêts genêts genêts genêts

je neige neige neige de fleurs jaunes

à la saison des genêts, loin de la neige blanche, neigent les fleurs jaunes

n'ai-je rien vu d'autre que le jaune du genêt ? je n'ai rien vu d'autre que le jaune du genêt. rien vu d'autre que le jaune du genêt, rien vu d'autre

et de cette terre humide que la pluie nourrit, chacun cultive son champ son champ son champ son

chanson chanson chanson

chanson des genêts, neige des champs

neige qui fond dans la douceur printanière et hésitante, indécise de cachemire

cache mire cache mire cache mire

chanson des genêts qui se disperse et s'enfuit en petites foulées foulées foulées foulées

fous les fous les fous les fous la connaissent tous,

la neige des champs

la chanson des genêts

ils savent où aller, les fous, et devant les portes fermées, possèdent les clés de tous les verrous

verrous verrous verrous vers où vers ouverts ouverts

ouverts au monde, nous saurons vers où aller...

 

loin des murs de béton, béton, béton, béton, béton, bé... tombés tombés tombés face à terre, tant de fois face à terre tombés, tombés sur les murs de béton

loin des murs de béton, je voudrais que mon corps pétri retrouve le parfum de la terre après la pluie

pé - tri - chor

 

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 09:18

Toute la tragédie du monde tient dans la chute

et il n'y a pire douleur que la détresse de l'être qui tombe

 

La chute

 

De l’instant où l'existence bascule

au moment précédant l'impact

la réalité de l'impact

La vie qui se penche sur le rebord de la fenêtre du destin

et qui se renverse et passe au-delà

et amorce peu à peu la descente

 

Lorsque la sensation du vide envahit le silence

dans un entre-deux interminable

avant le crash ultime

avant l'écrasement

avant le choc

 

Le temps de la descente

 

Dans un puzzle de vie défait

où il manque un fragment

qui définit un trou

où s’engouffrent les jours à venir

Un puzzle où les pièces ne trouvent plus leur place

où l’image se déconstruit peu à peu

pour n’être plus qu’un amas de bouts de rien vide de sens

 

La chute

 

Ce mouvement inexorable impitoyable sans retour

parfois vertige et précipice

parfois glissade inéluctable

paliers effondrés les uns après les autres

malgré les efforts

 

A peine le temps de reprendre son souffle

 

De la santé à la maladie

de l’amour à l’indifférence

de la vie à la mort

 

Ce mouvement qui commence

le jour du diagnostic

le jour du licenciement

le jour du premier deuil

le jour de la séparation

le jour où la bombe est tombée

 

Juste avant l’impact

juste avant les décombres

juste avant les cendres

 

Après le dernier baiser

après le dernier rire

après le dernier sentiment d'accomplissement

après le dernier regard au monde

 

Juste avant d’être assis contre les vitrines

à tendre la main aux passants indifférents

Lorsque la chute se cache dans des impayés des factures déchirées des coupures d’électricité des ventres qui se tordent à force d’être vides

 

Juste avant d’essuyer ses larmes devant le petit cercueil blanc

Lorsque la chute coule dans le liquide des perfusions et se révèle en opacité métastatique

 

Juste avant d’écouter l’absence dans une maison devenue trop grande

où plus aucune main ne vient frôler le visage

Lorsque la chute éclate contre le sol en vaisselle brisée et en silences pesants

 

Juste avant de n’être rien

Lorsque la chute renvoie dans les miroirs

le reflet d’un être

déclassé, dévalué

qui a plongé dans le vide

dégringolé dans le rien

 

Juste avant

 

Alors

Ne pas juger celui qui est à terre

Ouvrir les yeux

Tendre la main

Garder en tête que peut-être demain

Nous serons les prochains à tomber

 

 

 

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