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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 17:38

Ce texte a été écrit lors d'un atelier d'écriture. Il s'agissait de choisir une photographie parmi une soixantaine d'images et d'écrire ce qu'elle nous inspirait.

 

Je suis un être étrange, sur les épaules d'un autre moi-même. Le miroir ne me montre que la partie vide qui flotte dans mes vêtements, partie exsangue et sans reflet. Le miroir n'est là que pour me dire mon non-reflet. Ce n'est plus moi de l'autre côté.

 

Je suis un être oublié, perdu ailleurs sur le sommet du monde.

 

Bien mis, la chemise propre, le pantalon sans faux pli, les chaussures bien cirées. Rien à dire. Voilà. C'est ça. Rien à dire. Absolument rien.

 

Ce manteau, qui est le mien et qui ne m'habille pas, a deux grandes poches, largement ouvertes. Je pourrais y mettre mes mains, qui ne sont pas mes mains, mais celles d'un autre être qui pourrait être moi.

 

J'avance dans la neige. Comme je n'existe pas, je ne sens ni le froid qui glace mes habits, ni l'asphalte lisse qui entraînerait ma chute. N'existant pas, je n'ai pas peur de tomber. Je ne crains ni le froid, ni la chute.

 

Je suis en dehors de moi. Je n'habite pas ce corps que le miroir peine à refléter, mais celui du dessus, celui qui se tient sur ses épaules.

 

Que voient les autres ? Qui suis-je pour eux ? L'enveloppe du vêtement aux grandes poches où je ne glisse pas mes mains que je ne reconnais pas comme miennes ? Ou voient-ils cet autre, posé sur ses épaules, assis autour de son cou ?

 

Je suis sur ma tête. Je suis dans ma tête. Ce monde autour, où il neige, est un monde de reflets sans miroir.

 

Et moi je suis un être sans corps. Un être sans tête. Mais bien mis, la chemise bien boutonnée, le nœud de cravate soigneusement serré autour de mon cou, tandis que mes jambes pendent des deux côtés du cou de mon autre moi-même. Oui, la cravate nouée parfaitement. Rien à dire. Rien.

 

 

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