Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
  • Contact

Recherche

Liens

14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 15:36

Un visage flou, un prénom et un parfum : ce qu'il reste dix ans après une histoire sans intérêt. Quelques rendez-vous d'après-midi volés à la solitude, quelques agitations des corps sans frémissement du cœur. Déchéance lucide laissant un léger goût de honte. Habitude stupide.

Une tasse de café sans soucoupe sur l'évier de la cuisine. Le bourdonnement de la chaîne-hifi après la fin du disque. L'indication de la salle de bains, quelques mots échangés assez vagues. Le baiser d'au revoir sans rien d'amical.

Quatre ou cinq rencontres. Puis rien. Un rien succédant au rien.

Mais un parfum...

Une vague lui remonte le long du dos quand elle retrouve ce parfum au hasard, quand elle le recroise dans le sillon d'un passant. Une onde de chaleur, une réminiscence de plaisir l'asphyxient le temps d'une respiration. Le nom et le visage lui sont indifférents mais ce parfum...

Café, chaîne-hifi, salle de bains... Histoire répétée avec d'autres hommes avec d'autres prénoms dont elle peine à se souvenir. La mémoire joue des jeux bizarres.

Drôle d'époque où elle ne trompait personne, où elle se trompait elle-même. Les choses se passaient toujours de la même façon. Elle attendait le moment où le regard allait persister dans le sien, la main se poser sur la sienne, les lèvres glisser de sa joue à ses lèvres pour jouer la comédie du désir.

Quelques secondes seulement valaient la peine : ce moment court où le cœur se serre, où le ventre se noue. Le moment du doute. Entrera-t-il dans le jeu ?

Puis le scénario classique, sans intérêt.

Le lit une place sous les photos de voyages. Une seule place pour le dissuader de rester dormir (de tout façon, aucun n'avait voulu rester).

Tout cela n'était qu'un "trompe-l'ennui", un "trompe-la-solitude". Elle paraissait sans doute plus naïve qu'elle ne l'était en réalité, pourtant elle connaissait déjà la suite, l'issue, le rien qui vient après.

Mais elle voulait qu'on l'aime, elle voulait être touchée, être caressée. Alors elle donnait ça, qui n'était pas grand chose. Ce corps sans intérêt, cette peau sans éclat qui ne tremblait même plus tant elle savait la fin. Souvent malgré tout elle se laissait aller à croire que, peut-être, quelque chose naîtrait de ce rien. La seule chose qui est restée est le vertige de cette odeur, de ce cou, cette nuque dont elle ignore même aujourd'hui les contours.

Elle a senti tant de honte d'avoir lutté avec les seules armes qu'elle avait. Mais il faut bien combattre, pour ne plus être seule. Juste le temps d'une étreinte, se bercer d'illusions.

Avoir 20 ans et n'être l'univers de personne.

Avoir 20 ans et ne pas vouloir attendre.

Apprendre que le vide sera toujours au bout.

Partager cet article
Repost0

commentaires