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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 08:34

Ce que nous aurions pu être !

Grands, braves, courageux !

Embrassant tous les combats, luttant dans chaque escadron, fiers de nos convictions, forts dans notre engagement, avançant sans peur, marchant tête haute ou rampant ventre à terre mais toujours déterminés !

Ne laissant au sommeil que la fonction de régénérer nos forces, le rêve étant, lui, devenu réalisable ! Le rêve partout ! Habitant nos imaginaires, se fondant dans nos matins lumineux et nos nuits enfiévrées !

 

Ce que nous aurions pu être !

Justiciers formidables au bras puissant et intègre !

Bardes portés par des inspirations divines !

Nos fulgurances poétiques auraient chanté la grandeur humaine, dépassant toutes les qualités supérieures, touchant à l'excellence, frôlant la perfection.

Seule notre mortalité aurait limité notre œuvre. Et même ! L'ampleur de notre génie aurait dépassé la frontière de la mort physique. Et notre gloire infinie aurait été célébrée par les chœurs flamboyants des futures générations !

 

Ce que nous aurions pu être...

Si la chance avait été à nos côtés,

Si le destin s'était rangé à nos ambitions,

Si nous avions pu y croire suffisamment,

Si d’autres avaient cru en nous,

Si nous avions ignoré ce qui tuait dans l’œuf nos espoirs encore timides,

Si nous n'avions pas renoncé à maintenir vivante la flamme tremblante de la volonté,

Si nous avions eu le courage, l'audace, la ténacité...

 

Mais en y regardant bien,

Sans se voiler la face, sans se trouver de fausses excuses,

Nous n'avons jamais réussi à nous rêver grands, braves et courageux.

Notre justice s'est pliée à celle d'autres plus forts.

Nous avons baissé la tête, acquiescé, contre notre gré, mais acquiescé tout de même, quand il aurait fallu se lever, s'opposer, prendre la parole.

Nous n'avons cultivé aucun talent, inventé aucune nouvelle théorie, ni regardé au-delà de notre propre existence.

Nous avons même parfois dénigré l'autre pour asseoir une légitimité dont nous n’étions convaincus qu’à moitié.

Nous nous sommes endormis, d’un sommeil inutile, vaste prolongement de notre paresse aux rêves étriqués, et nos voix à peine audibles se sont éteintes dans un silence soumis.

 

Nous voulions être exemplaires et nous sommes devenus lâches.

 

Nous avons choisi des vies formatées et bien rangées, dans les clous, des vies bien carrées, coincées dans des boîtes (c’est rassurant les boîtes) et qui finiront dans des boîtes fermées par des clous.

Nous avons vécu en étant déjà morts, et fait de l’universalité tant désirée l'uniformité dont nous ne voulions pas.

 

Au moins avons-nous la décence d'être lucides... Au moins reconnaissons-nous notre médiocrité. Il nous reste au moins cette lucidité.

 

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