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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 17:02

Texte répondant à la contrainte oulipienne du prisonnier. Il s'agit pour le prisonnier d'économiser le papier et d'écrire une lettre à quelqu'un de son entourage, et pour cela, il s'abstient d'utiliser des lettres qui "montent" comme le h, le t, le b, etc, et de lettres qui "descendent" (q, y, g, etc).

 

sous un vernis irisé ,
nous avons connu une ivresse immense,
nos vœux exaucés sans cesse
en camaïeux roses souverains…

nous avons couru vers une rive, vers une mer encore inconnue,
erré sur son écume, ses remous, ses marées
nous avons souri aux navires, aux oiseaux marins,
usé nos voix en cris ravis,
renversé un encrier sur nos mémoires

nous avons suivi un rêve
comme on crée une maison, ou une aurore,
nous nous sommes amusés,
nous avons ri et inversé nos raisons

mais un venin sans merci
a visé nos cœurs amoureux,
arasé nos noms sacrés

sans savoir sa cause
un massacre amer avance :
érosion ou ennui

ce soir nous ruminons
sur nos vies mesurées...
murées en nos noirceurs,
nos âmes sœurs anémiées,
cassées,
essorées

nous économisons nos sourires, nos murmures...
sous nos armures, nos mains croisées sans se saisir,
sous nos cuirasses, nos caresses anciennes évanouies,
sur nos écorces, une eau versée arrose nos romances en morceaux

nous n’osons nous souvenir...
un amour si sucré...

saurons-nous encore raviver sa saveur
où est sa source
avons-nous un sérum une cure un recours

ou sinon, rassure-moi
et écrivons sur nos murs :
oui, ça aura eu un sens

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