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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 09:22

Quand nous nous reverrons,
nous réapprendrons
la foudre et le ruisseau
le silence de la dune
la brume dans les bruyères
les naissances de la lune.


Nous apprivoiserons à nouveau
nos peaux
et nos baisers aux bribes frissonnantes,
nos corps aux pulsations fragiles,
aux interludes chaotiques.


Nous fêterons la longue convalescence de nos mélancolies.


Nous ferons courir des arcs-en-ciel dans nos labyrinthes
et nous nous retrouverons.
Et puisque nous aurons appris
à conjuguer l’éphémère au temps de l’espérance,
nous marcherons sans peur
au bord de l’horizon.
Nos pieds nus arpenteront
les ellipses des continents.
Nous danserons sous la pluie.


Nous oublierons les trahisons et les ruptures.
Nous saurons recoudre nos tapis volants
tissés d’améthystes, de perles et de carmin.
Nous descendrons des fleuves merveilleux,
et nous jetterons dans la mer
comme de grands soleils libérés.
Nous goûterons l’écume
et le sable si fin,
la vague qui s’y brise et qui revient toujours.


Et puis de nouveaux mots
viendront fleurir nos lèvres,
des mots que nous saurons cultiver
et dire à tour de bras.
Nous aurons extirpé un nouveau monde
hors de sa chrysalide
hors du vacarme de l’univers.
Un monde né de la douceur de l’inachevé.


Le liseron tranquille s’entortillera
tout autour de nos doigts
en entrelacs savants.
Nous le laisserons faire.

 

Nous aurons dessiné un peu de sagesse.
Nous ouvrirons nos fenêtres aux orages
et nos rires allumeront des brasiers gigantesques.
Apprentis alchimistes,
nous mélangerons l’or des métamorphoses
au plomb des solitudes.


Nous renommerons les rues,
accrocherons des rubans
aux branches des pommiers en fleurs.


Nous rangerons les cages et les horloges
et nous réfugierons
dans le parfum tiède et insolent des roses.


Nous chercherons partout où se cachent
le poème
et la vie
et la joie qui nous ont fait défaut :
dans le repos des étoiles
sous les cloches des perce-neige
dans la soie des anémones
ou la toile de l’araignée laborieuse.
Les yeux levés aux nues sous les dentelles de la canopée,
nous regarderons chaque recoin,
chaque fragment,
pour en imbiber nos mémoires
pour y noyer nos yeux.


Nous soignerons la terre,
et le baume de nos mains
pansera ses ecchymoses.


Tout cela sera possible
Puisque nous aurons été fidèles au ciel et au temps.


Nous n’avons qu’une seule conviction :
un champ de ruines
reste avant tout un champ.
Il y poussera ce que nous y sèmerons.

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