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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 16:37

ils sont deux,

inconnus,

se sont vus

dans ce lieu,

suspendus,

sans oser

proposer

un début

 

mais déjà

l'attirance

se balance

dans leurs bras,

elle a faim,

il a soif,

la décoiffe

de ses mains

 

ils sont deux

et leurs bouches

peu farouches

savent mieux

se séduire

se donner

deviner

leurs désirs

 

la serveuse

spectatrice

ou complice

envieuse

se souvient

d'autres soirs,

la mémoire

lui revient

 

****

 

ils sont deux

ils sourient

attendris 

et fiévreux,

ils sont deux

à la table,

insatiables,

amoureux

 

il lui dit

doucement

ses élans

ses envies,

elle éclate

d'un grand rire

qui l'attire

et l'épate

 

ils commandent

un festin,

du bon vin

en offrande

au hasard

qui les a

pas à pas

mis à part

 

la serveuse

qui s'approche

en fantoche

ennuyeuse

se retire

doucement

entendant 

leurs soupirs

 

  ***

 

ils sont deux, 

en partance,

le silence

insidieux

qui se glisse

dans leurs yeux

fait l'aveu

du factice

 

tous leurs mots

s'évaporent,

et leurs corps

sans assauts

se font face,

elle et lui,

et l'ennui

se fait glace

 

leurs regards

se dérobent,

pour sa robe

plus d'égards,

plus de rose

à leurs joues,

plus de "nous"

dans leur prose

 

la serveuse

vient, toussote,

tend la note

en sauveuse,

le dîner

est fini,

l'infini

s'est fané

 

  *****

 

elle est seule

à la table

misérable

en linceul,

gris fantôme

qui hésite

dans sa fuite

monochrome

 

elle éclate

en sanglots,

trémolos

en sonate

pour salauds

en cravate

diplomates

et vieux beaux

 

il est seul

à la table,

nuits minables

dans la gueule

qu'il épuise

en questions,

en brouillons

qui se brisent

 

la serveuse

qui les guettte

comme des bêtes

curieuses

leur apporte

un grand verre

une bière

peu importe 

 

et elle prend

les commandes

qui s'étendent

trop longtemps,

fatiguée

elle se dit

qu'elle aussi

est passée

 

à ces tables

de restos

où les mots

incapables

en prélude

se retirent

pour écrire

"solitude"

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