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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:45

Il fallait bien en arriver là un jour ou l'autre, le thème, grave et crucial car au coeur de nombreuses préoccupations, devait être abordé et j'ai ici l'occasion de le faire. Aujourd'hui, il sera question de l'âge, du temps qui passe, des rides qui s'installent, de l'adolescence tardive, de la jeunesse que l'on tient à conserver envers et contre tout.

 

Aujourd'hui,

je vais vous parler...

des auberges de jeunesse.

 

Dans "auberge de jeunesse", il y a "auberge". Accueil chaleureux, bon repas, lit douillet dans chambre cosy, ambiance conviviale. A priori ça rentre tout à fait dans nos critères d'hébergement. Il y a "de" bien sûr, mais je ne vois pas l'intérêt de m'étendre sur ce mot-là, on le trouve partout, rien d'extraordinaire, je ne vais quand même pas faire deux lignes sur une simple préposition !! Et il y a "jeunesse". Et ce terme-là chamboule toute l'expression, et par le fait même, notre conviction de faire encore partie des Jeunes.

 

Notons qu'en anglais, on préfère souvent au terme "youth hostel" celui de "backpacker". Il y a "back", le dos,"pack", sac à dos, et "er" pour celui qui porte le sac à dos. Je pense personnellement que l'expression anglaise convient mieux au type de lieu.

 

Pour en revenir à notre expérience personnelle, mon compagnon et moi-même, embourgeoisés à Sydney dans la maison de ma tante et mon oncle, traités comme des rois venant de l'autre bout du monde, choyés, baignant dans le confort d'une grande chambre, bénéficiant de notre propre salle de bains, avons voulu voir du pays (enfin, un autre bout du pays) en partant quelques jours à Melbourne.

 

Juste un mot sur l'état de mon estomac à l'arrivée à Melbourne : le pilote a dû expérimenter la technique d'atterrissage par paliers de hauteur et les aliments de mon précédent repas ont failli adopter la même méthode dans le sens inverse. Mais passons. Avec nos sacs sur le dos, nos lunettes de soleil, notre peau blanchie par la crème solaire et notre plan de la ville, on nous donnerait 22 ans à tout casser (20 si je porte mon bob rose). Le problème, c'est qu'à nous deux, nous dépassons d'un poil l'âge légal de la retraite (ce qu'il y a de bien avec la phrase précédente c'est qu'elle sera encore sans doute vraie dans 5 ans !).

 

Quelques jeunes fument et boivent de la bière devant l'entrée du backpacker. Les couleurs vives de l'entrée ont un petit côté rétro kitsch assez sympathique. Un escalier de bois sombre nous mène à l'accueil. Je remarque une table où sont posés quatre bocaux et un panneau indiquant "free coffee !! free tea !! free rice and free pasta !!". Youhou ! On est jeune ! On est bien ! On aura du café au petit dèj ! Et on mangera des pâtes ! Bon en fait, il n'y avait plus de café... et on n'a jamais pu faire des pâtes parce que les plaques de cuisson de la cuisine étaient toujours occupées...

 

Alors que nous discutons avec le responsable pour obtenir nos clefs, le bruit de fond se fait de plus en plus perceptible jusqu'à devenir prédominant. Sans aucun doute, c'est bien Bob Marley. D'aucuns pourraient trouver cela plutôt plaisant si en montant deux étages et en traversant un grand couloir, "tournez à gauche puis à droite, c'est là", on avait pu bénéficier du silence reposant d'une chambre claire et aérée. Or, Bob (Marley, pas mon chapeau) nous avait suivi. Il avait même dû glisser sous la très vieille porte. Certes pas au volume de l'accueil mais suffisamment pour qu'on ait à élever la voix pour se dire qu'on aurait peut-être dû aller ailleurs. En outre, la réservation concernait une chambre de 4 personnes. Les deux occupants déjà en place devaient l'ignorer car notre lit superposé servait d'étagères et de cache-sac à dos sous la couette...

 

A ce stade, il n'y a pas que mon estomac qui se sent dérangé... Un changement de chambre pour une "suite deux personnes" s'impose (moyennant finances, évidemment). Je vous décris les meubles de notre nouvelle chambre : un lit superposé,... Un lit superposé. Pas de chaise, pas de table, pas de meuble où poser ses affaires. Ah ! j'allais oublier : un lit superposé et une corbeille à papier. Dans le backpacker, tu as à nouveau 15 ans : tes fringues, c'est par terre, tes bouquins, c'est par terre, ta bouteille de soda, c'est dans la corbeille à papier, et si elle est pleine, c'est par terre.

 

Dans la salle de bains que l'on doit être une quinzaine à partager, il y a deux douches, deux toilettes, deux lavabos de petit diamètre (style lave-mains), dont un ne marche pas et dont le robinet de l'autre retombe. En refermant la porte derrière soi, une affiche nous demande de faire attention à la quantité d'eau consommée, pas de douche de plus de 5 minutes. Sur ce point-là je suis d'accord. La ligne suivante conseille de la prendre à plusieurs pour faire de plus grandes économies. Je suis moins d'accord. A ce moment je croise un jeune homme, serviette autour de la taille et claquettes de circonstance : "Hello". "Hello" aussi. Une fille sort des toilettes. Moi je veux juste me laver les dents.

 

Allez, les voisins sont plutôt calmes, il n'y a pas de trouble-fête. Les matelas sont moyennement confortables mais tout est propre. Et puis trois nuits, ce n'est pas non plus la fin du monde. La musique est stoppée à 21 heures. Un peu de silence ça fait du bien parce "got to love you, got to love you, got to love you" ça fatigue après une journée de marche. Sean Paul c'est bon pour les dance floors, ou à fond dans la voiture vitres baissées pour se faire un instant kéké-cool, en tout cas, pas à 120 décibels pendant que tu manges ton sandwich du soir (comme je vous disais, trop de monde dans la cuisine, pas possible de se faire du riz).

 

Bon, allez, ça va, on est encore jeune. Des jeunes qui aiment leur confort mais des jeunes quand même...

 

C'était sans compter sur l'association fourbe et matinale du tram, du train, des bus et des voitures dont les crissements, grincements et autres vrombissements s'entendent très bien à 6h30 du matin derrière du simple vitrage... Surtout quand les rails sont à moins de 20 mètres...

 

C'est là que le backpacker a définitivement gagné contre nous. Nous l'admettons, nous ne sommes plus jeunes, il est révolu le temps où tout nous paraissait génial et cool même sans sommeil, même sans silence, même sans chaise où poser ses vêtements... Y a pas à discuter, on vieillit... 

 

Je tente de me rassurer en me disant que pour l'instant, j'arrive encore à faire du camping en tente... Quand cela ne sera plus le cas, j'aurai franchi une autre étape...

 

IMGP1439

 

 

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