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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:00

Le café était froid, la douche était brûlante,

La journée commençait de façon contrariante,

Mais je sais rester calme en toutes circonstances.

C'est la clé de mon charme et de mon élégance.

 

J'ai vu que le pare-brise était couvert de givre.

Je n'avais pour gratter que mes ongles et un livre,

Et pressée par le temps (car j'étais en retard),

J'écaillai mon vernis juste avant le départ.

 

Ma voiture, capricieuse, ne voulait pas partir.

J'attendis un moment avant de ressortir.

C'est un brin ennuyée que je dus constater

Qu'un sabot sur sa roue avait été posé.

 

Promptement, j'appelai un taxi en urgence.

Je voulus faire de même en toute bienséance

Avec mon entreprise... Mais plus de batterie...

Mon téléphone portable me lâchait lui aussi.

 

Le taxi arriva, je montai à l'avant.

Le souffle du chauffeur était préoccupant...

J'en eus confirmation quand sur le boulevard

Il freina violemment pour "sauver un canard".

 

Moi, le coup du lapin, lui, le coût de la course...

Quand j'arrivai enfin et que j'ouvris ma bourse,

Nos humeurs à tous deux étaient presque changées :

Lui quasi dégrisé, moi un peu agacée.

 

Ebouillantée, à jeûn, la manucure gâchée,

Les cervicales démises, les cheveux décoiffés,

Je gardai néanmoins une mine positive

Pour justifier au mieux mon arrivée tardive.

 

A peine étais-je entrée que c'était l'avalanche :

Invectives et reproches, ma patronne fut franche

Et siffla que ce jour je venais de commettre

L'erreur impardonnable qu'elle ne pouvait admettre.

 

Me voilà licenciée, sans travail, au chômage,

Et de cette injustice, j'avoue, je pris ombrage.

J'arpentai le trottoir cherchant l'arrêt de bus.

Près du poteau une femme tendait des prospectus.

 

"Aujourd'hui tous en grève". J'étouffai un juron

Et contemplai pensive la taille de mes talons.

Il fallait donc marcher. Pas de deuxième taxi !

Non ! J'avais supporté trop de péripéties.

 

J'allais donc mon chemin, ampoules et durillons,

Quand je fus entraînée dans un grand tourbillon.

Je repris mes esprits à temps pour voir filer

La moto emportant mon sac et mes papiers.

 

Il se mit à pleuvoir. Mon maquillage bien sûr

N'était pas adapté pour de telles aventures.

Et je restai un temps sous les gouttes énormes,

Avant d'apostropher un homme en uniforme.

 

"Monsieur le policier, je demande assistance.

On vient de me voler et comble de malchance,

Je n'ai pas de voiture, pas de clé, rien du tout ! 

Pourriez-vous s'il vous plaît m'aider ? Je suis à bout."

 

Apparemment il crut, et c'est plutôt cocasse,

Qu'il avait devant lui (non vraiment ça m'agace)

Une femme, comment dire ? de moeurs assez légères,

De celles qui font payer les maris adultères.

 

Me voilà embarquée vers le commissariat.

De victime je passais du côté des parias. 

Sur la route nous vîmes mon logeur ébahi

Qui déclara outré : "Je passerai mardi." 

 

Trois heures après j'étais toujours dans le bureau.

Il consentait enfin à me tendre un verre d'eau.

Il lui fallut encore une heure et dix minutes

Pour qu'il admît que je n'étais pas une... chut...

 

"J'vous fais raccompagner." Il n'était pas trop tôt !

"Et pour un serrurier, voici un numéro."

Au final cet agent n'était pas si mauvais.

"Le taxi vous attend." J'eus un air stupéfait.

 

"La dame de ce matin ! Quel hasard ! Quel hasard !

Je n'aurais jamais cru, sous son air snobinard."

Alors je vous le jure, je ne fais jamais ça,

Jamais un hurlement, non, jamais un éclat.

 

Moi qui sais rester calme, mais vu les circonstances,

Je laissai de côté le charme et l'élégance,

Et je poussai un cri en me roulant par terre ! 

Je crois que je faisais ma première crise de nerfs. 

 

 

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