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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 15:46

Les carapaces irisées

De très jolis coléoptères

Se sont posées, en messagers

Tout évaporés de mystère,

Sur les traits préraphaélites

De la petite âme chétive,

Petite Ophélie dans sa fuite,

Belle noyée à la dérive.

 

 

Ses yeux abritent des forêts

Où tous les oiseaux se sont tus.

Sa bouche est close et un secret

Se cache dans ses pas perdus.

La ville est peuplée de fantômes

Faits de chair de sang et d'oubli.

En parallèle à nos royaumes

S'en ouvrent d'autres infinis.

 

Délicate statue sans stèle,

Ses pieds touchent-ils le trottoir ?

Prise au piège des vies réelles

Comme sur le bord d'un plongeoir…

 

 

Un petit peu dans le brouillard

Malgré le bleu d’hiver mordant,

L'ombre flottante a des regards

Fiévreux comme ceux d’un amant.

Aucune voix, aucun silence,

Pas de paradis ni d’enfer.

Autour de l’âme errante dansent

De très jolis coléoptères.

 

Délicate statue sans stèle,

Ses pieds touchent-ils le trottoir ?

Prise au piège des vies réelles

Comme sur le bord d'un plongeoir…

 

 

Ses yeux abritent des forêts

Où tous les oiseaux se sont tus

Sa bouche est close et un secret

Se cache dans ses pas perdus.

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 11:01

On peut comprendre que des parents

À la naissance de leur enfant

Soupirent : "On n'l'appelle pas Victoire...

Même elle ne pourrait pas y croire..."

On peut admettre une maladresse,

Une méconnaissance, une faiblesse :

"Ça revient à la mode Germain

Se disent M'sieur et Madame Cousin..."

 

Qu'ils soient blagueurs, un peu poètes,

Avec des p'tits pois dans la tête,

Aucun daron aucune maman

N'atteint le niveau d'mes parents.

Je fus conçue à la Toussaint,

Dommage que parmi tous les saints,

Mes vieux n'aient daigné vérifier

Mon prénom dans l'calendrier.

 

 

J'm'appelle

Marie-Chrysanthème

j'l'épèle

h, y, s, h, m

c'est con

de s'appeler comme ça

d'un nom

qui sonne comme le glas

 

 

Je pense qu'il n'y a aucun doute,

L'agent d'mairie aimait la goutte :

Pour inscrire ce prénom bizarre,

Sûr qu'il s'en revenait du bar !

J'ai cherché dans l'éphéméride

Entre Prudence, Lou et Candide,

Mais nulle part il n'apparaît,

Même pas donné en sobriquet.

 

J'ai voulu des explications.

Ce n'est pas rien comme décision.

Mais on m'a répondu en chœur :

"Tu n'aimes pas les jolies fleurs ?

Rose, Véronique ou Pétunia

Violette, Jacinthe ou Lilas,

C'est trop commun, pas assez chic,

Et beaucoup trop académique."

 

 

J'm'appelle

Marie-Chrysanthème

j'l'épèle

h, y, s, h, m

c'est con

de s'appeler comme ça

d'un nom

qui sonne comme le glas

 

 

Quand à l'école il a fallu

Écrire ce nom incongru,

Même le maître ne savait

Pas comment cela s'épelait.

Quant aux élèves je vous fais grâce

De leurs remarques, de leurs crasses,

Alors j'allais me consoler

Dans le cimetière d'à côté.

 

L'endroit pour moi était banal

Car nos sorties dominicales

Se conjuguaient à l'arrosoir

Pour fleurs aux parfums d'encensoir.

Mes géniteurs et leur marotte !!

Le fossoyeur était leur pote.

Aller fleurir des sépultures,

C'était nos dimanches nature.

 

 

J'm'appelle

Marie-Chrysanthème

j'l'épèle

h, y, s, h, m

c'est con

de s'appeler comme ça

d'un nom

qui sonne comme le glas.

 

 

Mais un prénom ça influence :

On la veut fidèle, Constance,

Les Cerise sont à croquer,

Les Colombe ont le pied léger.

Quel destin pensait-on pour moi ?

Buveuse de bières pourquoi pas ?

Ou une mordue des enfers

Qui roul'rait à tombeau ouvert ?

 

Forcément à l'adolescence,

J'ai fait une crise en puissance,

À tel point que ça m'est resté

Et mon diminutif est né.

"Marie-Crise, reste à la maison !

Marie-Crise, calme tes pulsions !"

Et un jour mes parents m'ont même

Déclaré : "Marie-Crise on t'aime !"

 

 

J'm'appelle

Marie-Chrysanthème

j'l'épèle

h, y, s, h, m

c'est con

de s'appeler comme ça

d'un nom

qui sonne comme le glas

 

 

Si un jour je donne la vie

Faudra le nommer ce petit,

Mais je suis loin d'avoir le sens

De la rancune ou la vengeance.
Je voudrais cependant transmettre

Ne serait-ce que quelques lettres.

Et même si parfois j'hésite

Ça sera sans doute Hippolyte.

 

Il dira (déjà je m'esclaffe) :

"Ce n'est pas la bonne orthographe :

C'est h 2p l et y

Ma mère a la lubie des grecs."

Et le dimanche nous irons

Cueillir des fruits, des champignons

Pour notre copain fossoyeur

Qui aime bien les jolies fleurs.

 

 

 

 

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 17:12

Lors d'une Batteule de poésie ayant eu lieu à La petite vitesse à Saint-Brieuc en ce début février, l'ami poète Hervé Eléouet m'a demandé de traiter en alexandrins la question suivante : "À quelle heure faut-il régler son réveille-matin ?". Voici ma réponse :

 

 

Que l’on soit écolier ou salarié des postes,
Employé de mairie ou trader à New-York,
Que l’on soit jardinier, spécialiste en compost,
Infirmière, mécano, conducteur de remorque, 

 

Pour aller au turbin, il faut bien se lever !
On ne peut décemment travailler sous la couette.
On n’a jamais croisé un juge ou un plombier
Exercer son travail l’oreiller sous la tête

 

Mais pour quitter la si bonne tiédeur du lit
Parfois un accessoir’ se révèle essentiel
Le temps qui file en douce, en rêve ou insomnie,
Ne se pose jamais, toujours en sentinelle.

 

On le mesure, ce temps, on le pèse, on le sonde,
Puisque la société sans cesse vous le réclame
Ne pas perdre une miette, pas la moindre seconde
Et un petit retard s’apparente à un drame.

 

Alors cet instrument vient vous sauver la mise :
Ce réveille-matin, simple mais admirable,
Qui fait tic tac tic tac, dring dring et vous dégrise
Très vit’ sa sonnerie devient  indispensable.

 

Sa note suraiguë se joue en préambule
Avant le café noir, le pain beurre et la douche,
Avant porte qui claque et vroum du véhicule,
Avant le dur labeur… ou le gobage de mouches.

 

Reste à savoir alors à quelle heure le régler,
À quel moment se détacher des jolis songes
Une heure souvent suffit pour bien se préparer
Mais gare à la paresse qui souvent la prolonge.

 

Ainsi soyons pratiques, voire même arbitraires  
Réveil à 6h16 pour train à 7h30
Réglage à 8h20 les jours d’anniversaire
Réglage à 7h15 quand on habite à Nantes

 

9h38 c’est bien pour weeks-ends et fériés
On met du 6 heures « Troyes » pour bien partir à l’ « Aube »
On règle à 7 h09 quand on se sent usé
Et 5h46 pour cuisiner la daube

 

Réveil à 8h13 pour avoir de la chance
Pour aller au bistrot, on attend 8h20
Et si on a un rhume, la fièvre, qu’on est en transe
Un bon 8h33 comme dit le médecin.

 

Ah ! Pour bien émerger, évitez donc le snooze
Vous savez ce bouton qui permet de gratter
Trois ou quatre minutes  quand c’n’est pas dix ou douze
Parfois ce fâcheux vice agace votre moitié.

 

Une question se pose, et elle est pertinente :
Pour un taf en trois huit avec horaires de nuit
Et réveil à seize heures, l’instrument que l’on vante,
Faut-il le renommer réveille-après-midi ?

 

Si vous avez un chat, pas besoin de réveil
Ses piles d’estomac jamais ne se déchargent
Si vous avez un chien, c’est à peu près pareil :
C’est la vessie qui parle et il y a peu de marge.

 

Quant à moi voyez-vous, je n’ai pas de réveil.
Une curiosité ma foi plutôt pratique
M’a dotée d’un système régulant mon sommeil
Nommé communément horloge biologique.

 

Ainsi à la même heure, tous les jours de l’année,
En semaine ou dimanche, bronchite ou gueule de bois
Je quitte sans façon les biceps de Morphée
Au moment où la montre indique 7h23.

 

Et c’est assez étrange car au changement d’heure
Au passage de cell’ d’été à cell’ d’hiver
Je dors toujours en plus le temps régulateur
Avouez qu’il y a là un sacré mystère…

 

Cependant il serait bien agréable et doux
De ne pas avoir à calculer les minutes
Laisser glisser le temps, murmurer « Je m’en fous »
Et sombrer à nouveau dans le rêve… Allez, chut !

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 11:55

C'est là

Entre la fracture et le chaos

Entre l'océan et le vide

C'est là qu'a émergé

Mon nom

C'est là qu'a retenti

Mon premier cri

 

Pas de fleurs ni de bleu :

De la roche, dure

De la poussière et de l'écume

 

Éclatante de cendres

Et mouillée d'embruns sombres :

Ma ville

 

C'est là

 

Pas ailleurs

 

Et tout me le rappelle :

Le ventre blanc des goélands

Fendant le gris du ciel

Et les voix écorchées

Et les mains à la peau fendue

Et les vies d'écorces rêches

Inondées par l'averse

 

C'est là

Ma ville

Aux larges horizons

Où je respire le mieux

Où je chavire le moins

Car j'y ai appris à marcher

En me fiant aux lignes du littoral

Aux parallèles tracées

Par le fil tendu des gouttes de pluie

 

Ma ville

Sublime de grisaille

Tes haillons et tes perles

Ma marquise déchue

Ma jolie, ma puissante et fragile

Qui s'obstine à nourrir les tempêtes

Comme d'autres jettent

Des miettes aux pigeons

 

 

Installée dans la lenteur des choses

Je m'extirpe des replis de la nuit

Et m'enfonce dans tes rues

Dans tes failles

 

 

Je suis l'astre égaré

L'indécise passagère

Et toi tu restes près de moi

Toujours

Jusqu'au réveil

Et tu me berces

Et je t'entends me dire :

 

C'est là

Pas ailleurs

 

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 21:09

je fume à la fenêtre

à l'heure de la sortie des classes

un homme aveugle passe

deux tourterelles volent

je fume à la fenêtre

c'est la fin de l'école

ça court sur les trottoirs

et l'averse rattrape les blousons et les cirés plastifiés

je fume à la fenêtre

mon cœur comme un mégot mouillé

passe par-dessus la rambarde dans un scintillement furtif

à l'heure de la sortie des classes

un homme aveugle passe

il a évité de justesse la voiture à contre-sens

la voiture aurait gagné

ce n'est pas en fermant les yeux qu'on arrive à avancer

c'est ce que dit le chauffard qui gueule derrière son volant fou

l'aveugle a disparu des radars

on l'a perdu de vue comme il a perdu la sienne

il n'y a plus personne sur les trottoirs

ma  clope est finie

plus de taffe à tirer

la fenêtre est fermée

bientôt tombe la nuit

 

 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 22:45

il ne manque qu'un peu de feu
un peu de vin
quelques météorites
pour éveiller les ouragans qui dansent dans nos prunelles
un peu de mieux
un peu de plein
pour attiser ce qui palpite
en pointillés sous nos cœurs en bouts de ficelle


pour que les ruisseaux souterrains
(de ceux qui glissent sous la peau)
jaillissent à l'improviste
en larmes douces sur nos mains


pour que les sillons qu'on étreint
nous soufflent que le ciel est beau
et s'effritent en fragile schiste
en poussière sans lendemain

 

il ne manque qu'un peu de temps
un peu de bleu
et trois ou quatre mots
pour dessiner un bout de route au bout de nos doigts dégelés
un peu de vent
un peu de jeu
pour donner un peu de repos
à nos élans perdus qui ne savent pas où aller


il ne manque presque rien
l'infime et le désert
le possible et le rêve
et l'onde d'un baiser

 

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 18:10

Un pickpocket breton aux orteils frétillants
Se mit au vert pour échapper à la cabane
Et partit dans le Sud. Dès lors, jusqu'à présent,
C'est en Andalousie que danse et sévit Yann.

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 15:55

Lorsque le soldat tremblant
Tira un coup de canon,
Dans le bruit assourdissant
De l'immense collision,
De l'église étonnamment
(Poussière et désolation)
Ne resta que le tympan,
Vacillante construction.

 

Quant au soldat tressaillant,
Ignorant tous les canons
Du gothique et du roman,
Sa grande dévastation
Provenait du bruissement
Dans ses oreilles en bouton :
Percés, finis ses tympans !
Le silence en immersion...

 

Pauvre pantin sans tympans,
Tout a des répercussions...
Mais tant qu'il est encore temps,
Allez viens boire un canon.

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 11:41

Servi sur des blinis, un saumon mariné
Dégage un doux fumet tout à fait attractif.
Mais qu'un cheveu s'y perde et le fameux dîner
Peut donner au transit un tour expéditif.
Moralité : C'est un effet gravlax à tif.

 

(grave laxatif...)

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 10:08

Texte issu d'un atelier d'écriture sur la peur et les monstres ; Temps imparti : 15 minutes.

 

Ce n'est pas la nuit noire qui glace mes cheveux
Mais le chat renversant sa gamelle à minuit.
Ce n'est pas un fantôme au ballet silencieux
Qui me fait frissonner, mais mon tour sous la pluie.

 

Ce n'est pas Lucifer qui hante mes pensées
Mais l'idée d'un retard dans mon emploi du temps.
Ce n'est pas l'Ankou blanc au chariot délabré
Mais mon automobile qui me soucie autant.

 

Ce n'est pas l'araignée, fidèle tisserande,
Mais le ménage à faire, qui me met bien en peine.
Ce n'est pas la sortie du loup qui crie au vent
Qui tape dans mon crâne mais de sacrées migraines.

 

Je suis très terre-à-terre et jamais je n'ai peur.
Lutins, esprits frappeurs, vampires et squelettes
Me font rire tout bas. Si je suis en sueur,
C'est qu'un mulot est sous mon lit. Je sais, c'est bête.

 

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