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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 11:40

Dans les mains de l'enfant doux

Somnolait un martinet

Confus et blessé au cou,

Un oisillon gringalet.

Était-ce un jet de caillou

Qui l'avait, de plein fouet,

Percuté près des égouts

Où le tendre enfant jouait ?

 

En l'approchant de sa joue

Où une larme roulait,

Le garçon aux yeux de loup

Dans sa poitrine sentait

Que cédaient tous les verrous.

 

Il possédait un coffret :

Il voulut le mettre au clou

Pour soigner son martinet.

 

Il en obtint deux trois sous

Et un modeste billet,

Acheta quelques louzous,

Réchauffa le maigrelet.

Hélas, le corps déjà mou...

Le faible souffle à l'arrêt...

L'oiseau, sur les fins genoux,

Mourut et s'en fut en paix.

 

Accroché à un vieux clou

Pendouillait le martinet.

Pas un faux, pas un joujou,

Un véritable fouet !

L'enfant en reçut trois coups :

"On ne vend pas des coffrets

Pour soigner pies et coucous !

Ah vraiment c'est le bouquet !

Et ton bec, je te le cloue

Si tu as d'autres projets !"

 

Quand l'élan est bon et doux,

Quand l’ardeur est juste et vraie,

Faut-il rester dans les clous

Ou bien agir en secret ?

Et lequel est d’après vous

Le plus précieux des coffrets ?

 

Que s’émoussent tous les clous

Éperons des cœurs  mauvais !

Que l’enfance rie et joue

Et volent les martinets !

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 08:22

La nature parfois joue à un jeu cruel

Et fait de certains êtres d'informes brouillons.

La disgracieuse enfant, vilaine jusqu'au front,

Ne pouvait pas sortir de son obscur tunnel.

Pourtant on entendait des soutiens fraternels :

"Qu'ell' se fasse la belle alors nous l'aiderons."

 

(laideron...)

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 09:11

Au Restaurant des Fauvettes,
Des douleurs au métatarse
Réduisaient le pas d'Annette.
Le patron, humeur de Mars,
Hurlait : "Qu'elle est lente et bête !
Va en cuisin' fair' la farce !!
Au moins tu sais la recette,
Et tu poseras ton tarse."

 

Donzelle pas si honnête,
Elle mit au cœur de la farce
Trop de piment d'Espelette,
D'autres épices éparses.
Puis la poudre d'escampette
Qu'ell' prit avec un comparse
Lui fit chanter à tue-tête :
"Ah vraiment quell' bonne farce !"
Puis elle compta la recette
Qu'elle avait volée, la garce !

 

Passé à la moulinette
Pour anomalie de farce,
Le Restaurant des Fauvettes
Fermera au mois de mars.

 

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4 septembre 2019 3 04 /09 /septembre /2019 09:29

Pelotes et bobines dans un coin du lavabo,

et sur l'émail fissuré, les gouttes régulières du robinet poussif.

Les angles de la pièce attendent l'heure

où craquellent les planches

et grincent les racines en expansion

de mes soupirs recroquevillés.

 

 

Rebord de la baignoire,

aiguilles et toile d'araignée.

Dans l'air saturé

je tricote des pulls pour Saturne enrhumé.

 

 

Plumes noires, ailes blanches

dans la chaleur d'une cage,

pieds nus sur carrelage

et patience des oiseaux.

 

 

Une maille à l'endroit,

mes doigts tournent la page.

Quelques mouches mortes attendent un coup de balai.

 

 

Des mitaines de lichen couvrent mes mains engourdies.

Je devine

des bruits sourds derrière la vitre sale,

l'étonnement d'une boîte aux lettres dont on a perdu la clef

et l'intensité du souffle sur de beaux tissus froissés.

 

 

Fermer les yeux,

arborescence de baisers

glissant d'un escalier en spirale.

Ecouter les appels lointains,

s'éveiller

et sortir.

 

Enfin.

 

 

S'étirer sous l'averse soudaine et fugitive,

au-dessus de la saison verte décimée

se laisser happer par la chorégraphie du ciel,

langage du corps reflété sur carreaux des fenêtres.

 

 

Je veux être toujours de ces doux piétons muets

traçant leur envol sur la buée du matin,

sur l'orbe et la nuée.

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3 septembre 2019 2 03 /09 /septembre /2019 21:28

Tel un calme bromure, un tendre carbonate,

Maniant tranquillement pipettes et flacons,

Faisant démonstration d'adresse d'acrobate,

Le bon laborantin a l'âme délicate.

On dit que le chimiste est doux comme un anion.

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 18:12

Devant le miroir, je me fais souvent la réflexion : qui imite qui ? Laquelle des deux suis-je ?

 

Comme tout est parfaitement synchronisé, les mouvements, au quart de milliseconde près, sont identiques. Mouvements que j'ai décidé de faire ou que mon reflet a décidé de faire pour moi, ou nous deux dans une harmonie superbe et néanmoins efficace.

Alors j'en viens à penser que véritablement je me dédouble. Ou du moins mon image. Bien sûr ma main droite devient ma main gauche et inversement, ce qui est loin d'être facile quand on n'est pas ambidextre, mais il suffit de ne pas avoir à écrire ou à touiller dans une marmite quand on se regarde dans le miroir et tout se passe très bien.

C'est pour cela que je ne mets pas de rouge à lèvres devant le miroir. Mon reflet le ferait de la main gauche et cela déborderait. Mais comme je le fais sans miroir, ça déborde quand même, même si moi je le fais avec la main droite. Mais au moins je sais que c'est moi qui me suis mis du rouge à lèvres. Et pas mon reflet qui aurait voulu me faire belle. Il paraît que ça sert à ça le reflet, se faire beau.

 

J'ai néanmoins une astuce pour savoir laquelle des deux je suis et qui est mon reflet : devant un miroir étroit je tends mon bras loin de moi et celle qui n'a plus de bras c'est mon reflet. Je le sais car je sais que j'ai la chance d'avoir deux bras et celle qui n'en a qu'un est forcément mon reflet. Si un jour un accident me fait perdre un membre, j'espère savoir encore qui je suis.

 

Quel que soit l'individu, le reflet l'imite. Ça, je suis parvenue à en avoir la certitude. Le reflet l'imite, c'est le reflet qui l'imite et non l'individu qui imite le reflet. Et je dirais même que le reflet limite, sans apostrophe. Le reflet n'apostrophe pas. "Hey ! Toi que je reflète !" Non. Définitivement. Le reflet n'apostrophe pas. Donc il l'imite sans apostrophe : il limite.

Le reflet permet de savoir ce que les autres voient de nous. Et comme il limite, ce que les autres voient de nous est limité. Les autres ont une vision limitée de nous. Et inversement car nous sommes les autres des autres.

 

Mais moi aussi je limite le reflet, en ne prenant que des petits miroirs, plus petits que moi, plus petits que ce que je pourrais être. Alors devant moi j'ai mon reflet sans bras parce que c'est moi qui ai décidé de le limiter.

Je limite ce qu'imite le reflet.

 

Tout ça, tout ce que je viens de vous dire, c'est le fruit de mes réflexions. Et elles sont parfois limitées.

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 23:31

Dans un pré au pied d'un phare,

Une vache limousine

Mâchonne auprès d'une mare
(Une sorte de piscine

Où poussent les nénuphars).

 

Sous le regard des copines

Légèrement goguenard,

De sommeil elle dodeline

"Oh la la ! Quel coup de barre !"

Et soupire des narines.

 

Soudain, fendant le brouillard,

Une énorme limousine

Dans un affreux tintamarre

Dévale de la colline

Et vient percuter le phare !

 

L'auto a mauvaise mine...

S'en extrait un malabar

Qui tempête et qui rumine

Et constate furibard

Les dégâts de sa titine.

 

Le choc a brisé les phares

Et plus rien ne s'illumine.

Trois génisses sont hilares

À voir l'homme qui piétine

En cravate et en costard.

 

Le spectacle les fascine.

Mais voilà que redémarre

Dans des bruits de trampoline

La voiture brisée au quart

Rafistolée aux rustines.

 

L'incident est plutôt rare,

Mais si l'affaire turlupine

L’esprit un peu pantouflard

Des vaches qui se dandinent,

Pas de trace dans leur regard.

 

Sur la nuit que l'on devine,

Le ciel allume un cigare.

Toujours la route chemine

Tout  près du pré du grand phare

Où s'endort la limousine.

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 22:59

On répète à tout propos :

"L'amour est la grande affaire,

Cerise sur le gâteau

D'une existence exemplaire."

 

Or parmi les animaux

Des histoires légendaires,

On voit bien que le crapaud

Est souvent célibataire...

Même quand il se fait beau,

Compliqué pour lui de plaire,

De répondre aux idéaux

Quelquefois bien arbitraires.

 

Pour tempérer ce fléau,

Et depuis un millénaire,

On escroque les marmots

D'une sordide manière :

On raconte qu'un bécot,

Par on ne sait quel mystère,

A des pouvoirs (quel pipeau !)

Et transforme en un éclair

Le crapaud en hidalgo,

Belle tournure et bel air.

 

Ainsi, près de son troupeau,

Il advint qu’une bergère

Embrassa un vieux crapaud.

 

Miracle, ils se transformèrent !

Un changement illico !

Mais le constat fut amer :

Le crapaud devint crapaud,

La bergère se fit bergère…

Ou devrais-je dire plutôt,

Si cela n’est pas très clair,

Qu’ils devinrent un duo

De fauteuils sous lampadaire.

 

Méfiez-vous des quiproquos,

Ah pauvres cœurs solitaires…

 

Toi assis sur le crapaud,

Moi lovée dans la bergère,

Si tu me donnes un bécot,

J’éteindrai le lampadaire.

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 22:48

Le ciel avant la pluie

Le lit après tes bras

Lampe éteinte au matin

 

J'ouvre une fenêtre sur le vacarme de la rue

Le visage débarbouillé par l'agitation de la vie des autres

 

La pluie chassée du ciel

Tes bras quittent le lit

Absence de promesse

 

Prières ou mensonges résonnent

Dans les cathédrales désertées du cœur

 

Je mesure la distance du ciel et celle de tes bras

Dans le ballet hypnotique du silence et des ombres

 

Le galop des nuages rapides

Sous les éperons du vent

Dessine ma ligne de fuite

 

Mystère et deuil entremêlés

Dans un voile de lumière

 

Gardienne d'une énigme

Devant le ciel trop bleu

Loin de tes bras qui m'attendent peut-être

Je suis mon propre effondrement.

 

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 22:40

Pour les gens que je connais, je suis pleine de défauts. C'est bien lisse et bien joli de loin, mais je vous assure que plus on se rapproche, plus on est proche de moi, mieux on connaît toutes mes imperfections, mes faiblesses, mes lacunes, mes insuffisances, ma part d'ombre, mes contradictions, ma manie de faire des listes interminables de synonymes. D'ailleurs beaucoup le disent : "On connaît bien tes défauts !"

 

Mais pour le reste du monde, je peux être parfaite. C'est irréfutablement lexical ou indubitablement syntaxique, l'un des deux. Ne dit-on pas une "parfaite inconnue" ? Pour les gens que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas, je suis une parfaite inconnue. Parfaite ! C'est pas une épithète de linotte ça ! Inconnue certes, mais parfaite. Et cela me fait un bien fou de penser cela.

 

Car pour être honnête, il y a dans le monde un million de fois plus de gens que je ne connais pas que de gens que je connais. Pour 7 milliards d'individus je suis une parfaite inconnue et pour quelques centaines de personnes, je suis une connaissance imparfaite. Il n'y a pas photo, le nombre parle de lui-même et je sais maintenant ce que je suis !

 

À ceux qui diraient que ça ne vaut pas grand chose puisque seul compte l'avis des gens qu'on connaît , je rappelle qu'une inconnue tient toujours le rôle principal de l'équation. Je suis l'inconnue d'une équation à une inconnue, simple à résoudre. Simple et parfaite.

Pour une équation à deux inconnues, ma valeur dépendra de l'autre inconnue. Toujours cette fâcheuse habitude de comparer, de jauger en fonction des autres...

 

En revanche j'ai renoncé à être la grande inconnue. Celle de l'expression : "Reste la grande inconnue". La grande inconnue c'est le temps qu'il fera, le nombre de licenciements, le cours de l'euro en fonction du dollar, le taux de participation ou le prix du lait. La grande inconnue, elle est souvent au futur, et elle fait parfois peur. Moi je ne fais pas peur, je suis au présent et je mesure 1m66.

Je ne suis pas une grande inconnue. Je suis l'inconnue parfaite.

Parfaite !

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