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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 14:20

Dos tourné dans ma robe noire,

je laisse mes cheveux se serrer en silence
dans un chignon de mélancolie.


Ce que je regarde, vous le voyez aussi.

 

Femme sans visage,

femme sans sourire ni larmes,

c'est mon dos qui vous parle,

et le tissu tombant de ma robe noire,

et les rubans de mon tablier,

et l'inclinaison douce de ma tête.

 

La nuque dégagée, je ne pose pas.

 

Je ne pose pas non plus de questions.

C'est vous qui vous les posez.

 

Les murs sont nus comme je ne le serai jamais,

nus d'un bleu de nuage,

d'un mauve agonisant,

d'un gris piqueté de rêve.

 

Une porte ouverte laisse entrevoir une porte ouverte.

Sans doute je suis passée et les ai traversées,

les pièces presque vides où seuls demeurent

une table, une soupière, une chaise, un cadre, une plante assoupie.

 

Un rayon de lumière s’invite, non loin d’une lettre dépliée,

et mon cou se penche en avant.

Et ma nuque, nue comme les murs ne le seront jamais,

porte sous le grain de peau ce que vous ne devinerez pas.

 

Qui suis-je ?

Où suis-je ?

Cette maison est-elle la mienne ?

Ne suis-je qu'un fantôme ou l'ombre d'un désir ?

 

Moi je ne pose pas de question :

c'est vous qui vous les posez.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 09:10

Pas besoin de prétexte ou de fausses excuses,

D'expliquer le contexte au bord de l'asphyxie,

Respirons l'oxygène délivré par la muse,

Répondons sans complexe à toutes nos envies...

 

Exaltation du texte ! Extases de syntaxe !!

Ne restons pas perplexes, exacerbons nos mots !

Oh ! le plaisir exquis s'exhalant du thorax

Quand s'extraient les syllabes dans un frisson d'air chaud.

 

Exhibons nos paroles et nos exclamations !

Cris extraordinaires parfois paroxystiques !

Indexons le plaisir de la déclamation

Sur le cours exclusif des plus puissants toxiques...

 

Excitons nos larynx, connectons nos cortex,

Semons des paradoxes et usons de suffixes.

Cultivons l'oxymore de la base à l'apex,

Extirpons de ses cendres l'exubérant phénix.

 

Une immense explosion de galaxies verbales,

Telle une apoplexie, libère nos axones.

Oh ! luxe du lexique ! Expression viscérale

De voluptés orales aux excès de cyclone.

 

Maximes et axiomes, excellence des mots,

Botoxons nos esprits avec dextérité :

Et avant l'extinction, exagérons le beau,

Puis exhortons chacun à vouloir s'exprimer

 

Soyons extravagants, toujours, jusqu’à l’extrême,

Jusqu'au jour d'expirer, jusqu’à finir exsangue !

Créons, parlons, fêtons l'existence en poème

Calice où nous buvons l'élixir de la langue.

 

 

 

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 16:25

Je compte parmi mes amis

Des officiers de la navale,

Sur la grammaire très à cheval.

Ils pestent lorsque je leur dis

Ingénument : "Mes amis râlent".

 

(mes amirals...)

 

fin alternative :

 

Je compte parmi mes amis

Des officiers de la navale,

Sur la grammaire très à cheval.

Ils pestent lorsque je leur dis

Que j'aime lire les journals.

Moralité : "Mes amis râlent".

 

 

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 13:33

Les gens qui louchent

Quand ils se mouchent,

Filles à grimaces

Maigres et grasses,

Les gars bossus,

Les cabossés,

Petits ventrus

Aux yeux cernés,

 

Les mal fringués

Pas réveillés,

Les têtes à claques

Pieds dans les flaques,

Grandes oreilles,

Nez en trompette

Aux joues vermeilles

Un peu pompettes,

 

Les nez qui coulent

Sous la cagoule,

Les boutonneux

Un peu fiévreux,

Les binoclards,

Les cheveux gras,

Les grands panards,

Les petits bras,

 

Les apathiques

Asymétriques,

Les voix fluettes

Des têt' à couettes,

Peaux distendues

À l'air flapi,

Menton velu

De ma mamie,

 

Les teints de bile,

Les gros sourcils

Qui se rejoignent

Et qui s’éloignent,

Gueul’ ridicules

Aux dents perdues,

Peaux à ridules,

Sourires tordus...

 

 

Moi je vous dis :

« Z’êtes jolis !

Z’êtes très beaux !

Y’a pas photo ! »

 

Et çui qui dit l'contraire,

C'est lui qu'il est mauvais !

Et pis de toute manière 

C’est çui qui dit qui'est laid !!!

 

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 15:03

Dans un enclos fermé, une demi-douzaine

De très beaux cervidés bramaient de longs couplets.

Impossible de fuir pour qui les entendaient :

Figés, les gens mouraient au bout d'une semaine !

Moralité : prenez garde au champ des six rennes...

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:07

Dès que le soleil chasse la nuit et son duvet,
Effrayés et craintifs, certains félins se cachent.
La queue entre les pattes, ils suent des coussinets,
Ces chats effarouchés, pétochards à moustaches.
Et on dit à l'aurore : "Oh ! Des poltrons minets !"

 

 

 

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 18:06

Consigne : écrire un poème en utilisant les mots suivants : crime, poignard, arsenic, intrigue, flic, corbeau, menottes, barreau, vigne, chais, cépage, zinc, raisin, fût, bouteille, barrique, palette, chevalet, pinceau, couteau, portrait, abstrait, gomme, collage

 

 

L’heure arrêtée à la pendule,

L’odeur de sang qui coagule,

Le cri d’un corbeau solitaire

Déchirant le silence austère…

Le visage fixe de la victime

Au cœur de la scène de crime :

Au pied de son vieux chevalet,

Le peintre est mort, qu’il aille en paix.

 

 

Dans sa main se trouve un pinceau

Et sa palette en mill' morceaux

A éclaboussé l’atelier

D’un camaïeu rouge carnassier.

Serait-ce un féru d’art abstrait

Qui lui a refait le portrait ?

Ou un débutant du collage

Voulant s’essayer au carnage ?

 

 

Près du cadavre encore fumant,

Sur le guéridon en bois blanc,

Une bouteille, deux verres à pied,

L’un des deux au bord maculé

Par quelques traces assez subtiles.

Est-ce un peu de peinture à l’huile ?

Le vin ? un cépage à piquette

Au vu du nom sur l’étiquette.

 

 

Du vin comme on boit sur le zinc,

De ces jajas qui vous dézinguent,

Qui sent le fût et le bouchon,

Pas de la came de chez Fauchon.

C’était pourtant un connaisseur

De grands crus, un vrai amateur,

Fils d’un ancien maître de chai

Né dans les vign' du bordelais…

 

 

L’intrigue est ardue et complexe,

Laissant les enquêteurs perplexes.

Qui a donc choisi ce pinard

Avant de mettre le bazar ?

Un coup à s’arracher les ch’veux :

Pas de couteau ni d’arme à feu,

Pas de corde ni d’arsenic…

De quoi rendre chauv' tous les flics…

 

***

 

L’air d’un Bacchus de Michel Ange,

D’un Picasso période orange,

Un type rond comme une barrique,

Raisin, le sourire éthylique,

Surveille depuis son cadre en bois

La scène qui cause tant d’effroi.
Dans son tableau il est peinard :

Il a pu cacher le poignard.

 

 

Un policier a remarqué

Ce poivrot peint très enjoué.

Il a vu quelques coups de gomme

Sur une partie du bonhomme.

Une idée dans sa tête trotte…

Mais comment mettre les menottes

Ou placer derrière les barreaux

Un personnage de tableau ?

 

 

Faites' attention, amis artistes,

Figuratifs ou bien cubistes,

N’invitez pas, c’est préventif, 

Vos œuvres à l’apéritif…

Ne vous faites pas Pygmalion !

L’œuvre peut être un vrai démon :

Souvenez-vous de Dorian Gray,

Ce qu’il y a derrière le portrait…

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 23:37

Texte écrit en atelier d'écriture. Récit d'un conflit à base d'onomatopées. Temps imparti : 15 minutes

 

Eh ! Oh ! ça va oui ?? Boum boum yé yé tout le temps ! Pfiou...

Il est quoi ? Tic tac tic tac, une heure du mat' ? Je tombe du lit, badaboum et flip flap les poches sous les yeux demain ! Et elle, "Ola ! Olé !" Flamenco tic a tic a tic a tic, les talons ploum ploum sur le parquet. Oh mon Dieu ! L'état de son parquet ! Beurk ! Tout abîmé, troué par ses talons aiguille, pic pic pic, de vraies poinçonneuses, des piverts à l'horizontale. Woody woodpecker version voisine pénible. Eh !! Tac tac sur les rythmes andalous... ahouuuu ! Paf ! Le balai ! Le plafond ! Trois coups comme au théâtre et attention je rentre en scène : tadam ! Poum poum l'escalier... Toc toc toc. Ding dong ding dong ou driiiiing plus exactement.

Scoink scoink scoink... Elle a enfilé des chaussons dis donc ! Youpi tralalala la mauvaise foi !! Œil de bœuf, meuh meuh, et sclac sclac la serrure.

Oh la vache ! La troooonche ! Maquillée splash splash à la truelle ! "Hum hum..." Toux qui donne de la contenance. Grrrrr raclement de gorge.

"Alors comme ça on fait la fête ? Hein ?" La déconfiture se tartine sur la face fardée. Un ange passe, flafla flafla flafla, les mouches volent, bzzzzzz. "Ah on ne sait plus quoi dire Carmencita ?!?! Viva España ! Bon, elle va me faire le plaisir, oh ouiiiiiiii, de baisser la musique, chuuuuuuuut, parce que sa voisine, mézigue, moi, wam, voudrait pioncer. Rompshhh, dodo ronflette, OK ?"

Je claque la porte, blam, remonte à l'étage, et pziout, me glisse dans les draps !! Ahhh !

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 14:56

Texte écrit lors d'un atelier d'écriture. Consigne : écrire un texte en utilisant le maximum de mots contenant un double L (liste fournie). Temps imparti : 15 minutes.

 

Ses semelles s'élancent sur la marelle. Un, deux, trois. Vacillante chandelle, à cloche-pied, elle avance peu à peu vers le ciel.

Jeune demoiselle, ballerine joyeuse, satellite incessant aux jupons de flanelle, elle court dans les vallons, bondit dans les venelles. Le mollet illico répond à ses envies. Elle se fait sauterelle, agile libellule. Il semble que toujours, elle saute ou elle vole, dans l'allégresse d'une folle bulle.

La nigelle et l'amaryllis saluent son ardeur rebelle d'enfant. Les collines défilent, tranquilles, sous l'ensorcellement de ses pas.

Oh la la ! Quelle allure quand ses bras de ficelle allument des ellipses dans l'air du temps qui va !

L'enfance, telle une abeille aux colliers de pollen, se pare d'aquarelles. Calligraphe prodige, elle parle en syllabes irréelles et rit des illusions qu'autour d'elle, elle répand.

Et dans nos cœurs fatigués, peu à peu, elle éveille de nouvelles espérances.

 

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 20:45

Mes rêves sont peuplés de Siamois, de Persans,

D'Angoras fiers, de beaux Chartreux qui m'accompagnent.

Je sais que des Ibères en vendent au jour naissant.

J'irai les voir si l'avenir me le consent.

Moralité :

Un jour j'achèterai des chats tôt en Espagne.

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