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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 20:20

Un décor plein de cachet !

De beaux costumes sur mesure !

Des comédiens au sommet !

Des vers de bonne facture !

Oh vraiment quel beau projet

Présenté sur la brochure !

Le spectacle est enfin prêt :

À nous la grande aventure !

 

Étant donné le budget

Conforme à son envergure,

Nous attendons le succès

Au moment de l'ouverture.

Mais dans le regard inquiet

De l'ouvreuse qui murmure :

"C'est bien loin d'être complet...",

On lit la déconfiture.

 

On s'est pris de plein fouet

Un échec dans la figure.

On connaissait le couplet

Mais sans commune mesure.

Avalant deux trois cachets

D'un flacon noté "bromure",

La patronne du cabaret

A perdu de son allure.

 

Elle recompte les billets...

Il faut régler les factures,

Il faut payer les cachets,

Sans faire de littérature.

Décidément elle serait

Moins gênée aux entournures

En cultivant des navets

Qu'en soutenant la culture.

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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 15:50

Parle

Ambre

Azur

Par l'embrasure

Ta voix s'immisce.

 

Echo d'un songe

Dans l'ouverture d'une porte

Menant à l'inconnu.

 

Tes mots se faufilent, glissent.

Quelqu'un t'a entendu.

Quelqu'un t'a attendu.

 

Toi le prisonnier insulaire,

Libéré de tes entraves,

Tu traverses le silence,

Tu t'imagines en particules dispersées

Envahissant l'espace.

Les pièces de la maison sont remplies

De ton souffle

Et du frémissement des pas

Qui piétinent les escaliers de l'absence.

 

Des racines d'insolence allument un immense incendie
Dans le cœur que tu avais laissé béant.

 

Toi l'insulaire esseulé,

Tu reviens habiter le monde.

Tu décides de pousser la porte,

Cette porte par laquelle tes mots s'immiscent.

 

Tu t'impatientes :

Vivre dans le possible est ce qui parfois nous sauve.

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 16:22

C'est la nuit des autres qui tombe à la fin du jour. Pas la mienne.

 

Tombée sur les genoux, la nuit des autres ! Tout écorchés, les genoux de la nuit des autres ! Les égratignures, rouges et gibbeuses comme la lune, la picotent, et sur la peau des rotules, ça devient parfois bleu. Mais pas de quoi faire des croûtes qu'on arrache avec l'ongle. L'ongle de la nuit des autres lui gratte plutôt le haut du crâne. Elle se dit qu'elle est encore tombée, sans faire exprès, comme ça d'un coup, sans bien savoir pourquoi. La nuit des autres a encore chu et s'est écorchée en dégringolade de dégingandée.

 

C'est la nuit des autres qui tombe, pas la mienne.

 

La mienne, de nuit, elle traîne encore dans un troquet. Sa robe tachée de vin sombre en froufrous emmêlés se froisse sous la main goulue de ses rêves. Ma nuit à moi, ce n'est pas qu'elle ne veut pas tomber, mais elle s'accroche au comptoir, tenace, elle ne glisse pas, comme on le dit du soir.

 

On le dit, ça, non, "le soir glisse" ? "Le soir glisse dans la vallée qui l'avale" ?

 

Mais c'est le soir des autres qui glisse. Il glisse sur le carrelage tout frais humide à la fermeture des bars. Le soir des autres s'aplatit sous le soleil lourd qui se couche. Ça s'effondre, ça valdingue, le soir des autres.

 

Mon soir à moi, il ne glisse pas : il valse. Il valse avec ma nuit, ils jouent à chien et loup, à l'heure bleue du poème. Bras dessus bras dessous. Farandole et rigolade passé minuit.

 

Mais c'est le minuit des autres qui sonne, qui lui sonne les cloches à la nuit. Pas le mien.

 

Mon minuit à moi ne fait pas de bruit. Distingué, très discret, il ne veut pas déranger la nuit à qui le soir compte fleurette. Ce n'est pas comme ça qu'elle va tomber, ma nuit.

 

C'est bête une insomnie.

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16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 21:41

La coiffeuse était revêche

Et faisait ce qu'elle voulait :

Dandys, dondons et filles sèches

Emettaient bien des regrets

Quand elle leur teignait des mèches

Bleues et roses ou noir de jais,

Quand elle leur rasait la pêche

Du côté droit de la raie.

 

La serveuse était de mèche

"Ça vous adoucit les traits !"

Puis elle débutait un prêche

Sur l'effet du poisson frais :

"Sur salade de livèche,

Nous servons des ailes de raie.

Les babines on s'en pourlèche :

Venez donc nous voir après !"

 

Il est clair que ces pimbêches

Pour leurs affaires se devaient

De fières chandelles à la mèche

Fumant comme un calumet.

Lorsque les bougies sont sèches,

Qu'il ne reste pour feux follets

Que la cire dans la bobèche,

Faut s’entraider en effet !

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 22:48

« Pourquoi donc faire cette mine ?

Pour quelle raison, quel motif

Se renverser la trombine

Et prendre cet air plaintif ?

Travailles-tu à la mine ?

Ou sans arrêt tel Sisyphe ?

En voilà un qui s'échine

Dans un métier bien poussif !"

 

"Tu déroules ta bobine

Sous un sourcil agressif,

Et ton sourire se débine

Quand ton tarin se rebiffe.

Pense à ceux qui à l’usine

Triment et se sentent captifs

D’un système qui les domine

Sans aucun dérivatif."

 

"Toi tu travailles de ta mine,

T’as un boulot créatif.

Tu écris et tu dessines !

C’est presque un emploi fictif !

D’une idée que tu déclines,

Tu inventes des motifs,

Tu vogues et tu imagines :

C'est plutôt récréatif."

 

Attablé dans sa cuisine,

Le porte-monnaie chétif,

Le pauvre artiste rumine

Ces discours bien incisifs
Tranchants comme une guillotine.

Il sait qu'il n'est pas fautif,

Que les gens jugent à la mine

Et qu'elle est taillée à vif.

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 15:15

Un précepteur à l'œil d'aigle

Veut transmettre à sa pupille

La totalité des règles

De l'usage de la cédille.

L'enfant aux cheveux de seigle

Préfère s'amuser aux billes

Que faire des traits à la règle

Sous le regard du gorille

Dont la vision se dérègle,

Se dilatent les pupilles :

La fille a écrit, espiègle,

Le mot "leçon" sans cédille.

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 14:34

Entendez-vous la sirène ?

Elle a la voix qui s'ébrèche,

Se débat à perdre haleine

Prise dans un filet de pêche.

Son chant clair comme fontaine

A filé comme une seiche,

Et par manque d'oxygène,

Elle se meurt et se dessèche.

 

 

Entendez-vous la sirène ?

L'ambulance se dépêche.

Là-bas son ombre lointaine

Se rapproche, et sur la brèche,

On affranchit de ses chaînes

La sirène un peu moins fraîche.

Sur le fil et à grand peine,

Elle s'enfuit comme une flèche.

 

 

C'est la saison de la pêche,

De la pêche à la sirène

Qu'on appâte avec des pêches

Au vinaigre de Modène.

Mêm' si c’est un peu la dèche,

Que vous êtes dans la gêne,

Mangez donc plutôt des pêches,

Ne pêchez pas les sirènes.

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13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 11:35

On dit qu'à certains accents,

On reconnaît le milieu.

On sait d'où viennent les gens

À l’oreille, c’est prodigieux !

 

Si le ton se fait traînant,

S'il est plus ou moins gracieux,

S'il semble bougon et franc

Ou carrément obséquieux,

On sait qui on a devant

Et c'est un atout précieux !

 

Mais, ne mettons pas l'accent

(Qui parfois est calomnieux)

Sur ce point uniquement…

Car certains sont fallacieux

Et ils mettraient des accents

Aigus, circonflexes au lieu

D'en mettre un grave simplement.

On en devient suspicieux.

 

Or c’est au milieu des gens

Qu’on peut les connaître au mieux

Et les écouter vraiment

Même quand ils sont silencieux.

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 22:23

Coincée derrière l'épiglotte,

Elle s'est cachée dans un coin.

C'est une petite note

Qui n'aime pas le tintouin.

Elle a un peu les chocottes

De sortir un peu plus loin,

D'arriver jusqu'aux quenottes

Et plonger dans le grand bain.

 

Quand elle n'était qu'une note

Sur la portée d'un refrain,

Avec ses compatriotes

Ça se passait plutôt bien.

Ce n’est point une chochotte,

Juste un si bémol qui craint

Qu'on lui décerne une note,

Qu'on lui donne un mauvais point.

 

Y a-t-il un antidote

Contre le trac qui l’étreint,

Cette peur qui la picote

Et dont elle fait tout un foin ?

Un petit point d’orgue flotte

Sur elle tel un argousin :

« Il faut y aller cocotte :

De toi le chœur a besoin. »

 

Alors façon rase-motte,

Oubliant tous les témoins,

Voilà donc que cette note

Sort dans un grand baragouin.

Et à ceux qui l’asticotent,

Elle répond d’un air mutin :

« Oh ! c’était de la gnognotte !

Je refais la même demain. »

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 08:21

L'identité, c'est un cri

Qui fait souvent bien du bruit.

 

C'est dans la corbeille à fruits

Qu'un kaki et un kiwi

En désaccord se sont mis.

 

Le kiwi fit au kaki :

"Pourquoi t'appelle-t-on ainsi ?

Tu n’es même pas kaki,

T'es orange !  Moi, je le suis !"

 

Ce à quoi le kaki dit :

"Et toi tu n'es pas un fruit !

Tu es un oiseau pardi !

- Pourtant c’est ce qu’on m’a dit !"

 

Le kiwi se dit kaki,

Le kaki fait des « cuicui ».

Si on croit ce qui se dit,

C'est foutu et tout est cuit.

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