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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 10:42

Décoiffée sous sa couronne

Une élégante marquise

Dévale les rues piétonnes

Guidée par la gourmandise.

Invitée chez la baronne

Du manoir près de l'église,

Elle débourse dix couronnes

Pour l'achat d'une marquise.

 

La pluie s'abat en colonnes

Sur elle et sa friandise.

Elle se dépêche et bougonne

Car l'averse l'a surprise.

Puis arrive chez la baronne,

S'avance sous la marquise,

Elle toque mais là, personne !?!...

Et son appétit s'aiguise.

 

Elle saisit son téléphone

"Aurais-je été imprécise ?"

L'appareil sonne et resonne.

"Y aurait-il eu méprise ?"

Plus tard un passant s'étonne

De trouver sous la marquise

La marquise portant couronne

Ayant mangé sa marquise.

 

"Oh comme vous êtes gloutonne !

Que faites-vous là assise ?

À vrai dire je vous soupçonne

(Permettez que j'ironise)

D'échapper à la couronne

Qu'aujourd'hui je réalise

Pour votre dent qui détonne

Et que je dévitalise."

 

Aujourd'hui pas de baronne…

Le programme la terrorise :

Dentiste et autre couronne,

La fraise mais pas de cerises.

Et voilà ce qu’on moissonne

À aimer les friandises :

Les caries n’ignorent personne

Et même pas les marquises.

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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 09:45

Dans les prières muettes de l'aube

Où s'envole un oiseau chétif,

Le mystère des serrures

Pose sa signature

Dans l'ombre des orifices.

 

Poignée grippée,

Clé perdue :

Aucune réclamation au service

Des objets trouvés.

 

Fragments de faïence,

Chaleur de l'argile modelée,

Débris de verre,

Éclats d'une grâce éteinte.

 

Immobile,

Tu recolles les morceaux,

Tu répares les creux en y déversant un baume liquide d'or et de soleil,

Tu soudes les longues et vieilles fissures qui s'étirent en années.

 

Parfois dans une déchirure viennent pousser les herbes folles.

 

Un jour ils repeindront les murs, boucheront les trous, lisseront le grain,

Ils remplaceront le seuil poli par les coups de l'été,

Et tu ne verras plus ce qui a été laissé, tracé, effacé,

Tu ne verras plus ce qui a été.

 


 

 

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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 14:21

Demoiselle, j'ai le cafard

Quand vos robes de dentelle

Passent sur le boulevard

En empreintes d'aquarelle.

Jamais un de vos regards

Ne vient reposer le ciel

Dans mes yeux qui se déclarent

En fragile ritournelle.

 

 

Demoiselle, je suis cafard.

Quand vous repliez vos ailes,

J'ai le cœur en nénuphar

Qui se fane et qui chancelle.

Je pensais que le hasard

Et deux trois bouts de ficelle

Feraient naître vos égards

Pour moi, pauvre coquerelle.

 

 

Demoiselle j'ai le cafard

Et d'autres desseins m'appellent.

Trop de mondes nous séparent

Mais je resterai fidèle

Au bleu nuit de vos départs,

À nos chemins parallèles :

Moi dans des recoins bizarres,

Vous sur l'eau qui étincelle.

 

 

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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 13:31

Je me suis fêlé la côte

Et déplacé le bassin,

Mais tout ça est de ma faute,

Je n'ai pas été malin,

Car en séjour chez mes hôtes

Dans un très charmant écrin,

J'ai joué à l'aquanaute

Et me suis brisé les reins.

 

Comme leur villa sur la côte

Possède un très beau bassin,

Quand on m'a dit "Vas-y saute !",

J'ai plongé fier et badin.

Ou la marche était trop haute,

Ou mon pas trop incertain,

Quoi qu'il en soit, boum la côte

Et patatras le bassin...

 

Reparti en ferry boat

Dans le bassin aquitain,

Au loin je revois la côte

Et le feuillage des pins.

Serré dans mon duffle-coat

Je fais coucou aux copains,

Mais ça me fait mal aux côtes

À moi le fou de bassin.

 

 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 10:29

Oh ! C'est un baiser qui grise,

Un baiser de feu follet !

Un de ceux qui vous défrisent

Des sourcils jusqu'aux mollets !

 

C'est une petite bise

Griffonnée sur un billet

Et dont la lecture aiguise

Les plus tendres des souhaits.

 

Le vent n'en fait qu'à sa guise,

Et voici que le billet

Est emporté par la bise

Au sifflement indiscret.

 

On devient la tour de Pise,

On se tient au parapet,

Quand sous la toile des chemises

L'amour jette ses filets.

 

Ah la la ! quoi qu'on en dise,

On donnerait trois billets,

Peut-être même une valise

Remplie de pièces de monnaie,

 

Pour retrouver cette bise

Voletant au vent frisquet,

Pour être encore sous l’emprise

D’un baiser sur un billet.

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 09:54

Deux copains vifs et joyeux

S'étaient donné un rancard

Dans un café de banlieue

À vingt et une heures et quart.

 

Ils faisaient partie de ceux

Amis au premier regard :

Le premier était un lieu

Et l'autre était un grand bar.

 

Dans la mer couleur des cieux,

Ils nageaient tout rigolards

Et arrivèrent au milieu

D'une foule de flétans fêtards.

 

Le bar trouva louche le lieu.

Le lieu n'aima pas le bar.

- On aurait pu trouver mieux.

- Oui on rentre, il se fait tard.

 

- C'est pas un bar pour un lieu.

- C'est pas un lieu pour un bar.

Nos amis un peu piteux

Quittèrent cet endroit blafard.

 

Car le bien le plus précieux

C’est d’avoir un pote peinard,

Qu’importe le bar ou le lieu,

Qu’importe qu’il soit lieu ou bar.

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 22:29

Dans le tintement des flûtes

Où le champagne claironne,

Des voix perchées en contre-ut

Provenant de deux matrones

Commentent tous azimuts

Leur dernier concert à Bonn.

Encerclées par les volutes

De tabac, elles fanfaronnent :

 

 

- A la huitième minute,

Au milieu de la chaconne,

Avez-vous vu cette chute,

Cette avalanche brouillonne

Des partitions de la flûte

Maintenues par un trombone ??

 

- Mais comment on les recrute,

Ma chère Marie-Anémone ??

Et le trombone qui dit "flûte"

Et dans sa barbe bougonne !!

Ça commente et ça chahute !

Il y a vraiment maldonne.

 

- Personne ne le réfute :

En coulisses on les pistonne !" (surtout le trombone...)

 

- Moi je me dis triple zut,

Faut-il qu'on se réabonne ?

 

- Si nous n’avions plus ce but

De sortie tous les automnes,

Même si là, ça vous rebute,

Cela serait monotone.

 

- C’est vrai, mon avis est brut,

Vous êtes vraiment bien bonne.

Mais prenons une autre flûte

Ça n’fait de mal à personne !

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 15:42

Un gingko dans un pot, un tricycle en plastique,

Et des nains de jardin devisant aux fenêtres,

Un grand papillon peint sur une boîte aux lettres,

Des rideaux en dentelle et des stores électriques,

 

Des façades bleu roi, vert pomme, jaune soleil,

Du lierre, du liseron et des roses trémières,

Une ipomée grimpante entre des vases en terre,

Et un chat blanc couché à l'iris vert bouteille,

 

Un trio de vélos laissés contre un muret,

Des verrières, un cactus, des courges, une brouette,

Les fleurs d'un hibiscus sous une girouette,

Le port, ses clapotis, ses bateaux en reflets,

 

Une plaque de rue au prénom d'Anathase,

Des pissenlits au pied d'un vieux portail rouillé,

Une statue de nymphe, un petit chat tigré

Ouvrant sur des lilas ses deux billes de topaze,

 

Un monument austère pour tous les marins morts,

Le rire d'une voisine près de deux balançoires,

Une énorme glycine sous laquelle vient s'asseoir

Un matou noir et blanc aux yeux de météore,

 

De la sauge, du persil, un poirier pantouflard,

Des balances Roberval et des moulins à vent,

Des fanions colorés, guirlandes de rubans,

Deux chants entremêlés dans un air de guitare,

 

De grandes vagues bleues peintes sur un pignon,

Encerclé d'agapanthes, un banc abandonné,

Dans un parfum de menthe, un arrosoir usé,

Un abri pour oiseaux, un chat roux à poils longs,

 

Une terrasse, un hamac, un cabanon en bois,

Des trottoirs envahis par des fleurs inconnues,

Un chaton tricolore dans les petits bras nus

D'un enfant aux yeux noirs et au riant minois,

 

Des hortensias, un chèvrefeuille, trois libellules,

Des mosaïques, des coquillages, et des boutons,

L'odeur de vase, faible et discrète, près du ponton,

Un chat tout gris qui se toilette au crépuscule,

 

Des ronces remplies de mûres encore rouges et vertes,

Des escabeaux pentus et de hautes échelles,

Du linge suspendu par de fines bretelles,

Un calvaire assoupi dans l'impasse déserte,

 

Des meubles de jardin, un café au comptoir,

Les deux mots "chat perdu" collés aux réverbères,

Sur les murs, des peintures de femmes, de montgolfières,

Et le fleuve à côté qui dort comme la Loire,

 

Ah ! Tant qu'il y aura des gens pour peindre en rose

Les portes et les semaines s’enchaînant bout à bout,

Je viendrai arpenter le port de Trentemoult

Et sous l’œil des félins, m'accorder une pause.

 

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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 20:58

L'un me démange le talon,

L'autre est une petite boule :

Le premier est un bouton,

La seconde est une ampoule.

 

Le premier c'est un bourdon

Qui me l'a fait, c'est pas cool.

Et l'ampoule c'est le béton,

Quand je marchais dans la foule.

 

S'ils étaient sur mon menton,

Je mettrais une cagoule,

Ou presserais un bouton

Pour éteindre mon ampoule.

 

Car dans le noir, c'est pas con,

On voit beaucoup moins ma goule.

Mais là c'est sur le talon

Que ça gratte et ça s'écoule.

 

(et c'est pas cool...)

 

 

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 08:13

Quand la triste Madeleine

Va le soir à l'opéra,

C'est pour promener sa peine

Comme un gros chat angora.

 

Elle s'était rêvée sirène,

Grande étoile ou petit rat…

Mais en remontant sa gaine,

Elle voit bien qu'elle ne peut pas.

 

Quand on a la cinquantaine,

Le dos rond et les pieds plats,

Qu'on a souvent la migraine,

Et qu'on rêve d'opéra,

 

Vaut mieux changer de rengaine,

Se dire « C'est fini basta ! »,

Se préparer un' verveine

Et arroser les freesias.

 

C'est ce que pense Madeleine

Sur les marches de l'Opéra,

Et lorsque la coupe est pleine

Sous les traces de mascara,

 

Elle écoule son bas de laine

Dans la pâtisserie d'en bas,

Et avale trois madeleines

Et un petit opéra.

 

***

 

Quand hier soir Madeleine

Glissa sur du chocolat,

Elle en perdit ses mitaines

Et sans un bruit s'envola.

 

On aurait dit une reine

Aux entrechats délicats :

C'était le ballet de Vienne

Sur les planches de la Scala.

 

« Oh là là ! Quel phénomène !

Bravo ! Quelle maestria ! »

Tous les témoins de la scène

L'applaudirent sous les hourras.

 

Ils étaient une cinquantaine

Sans falbala ni flafla.

Qu'elle était belle Madeleine

Quand la magie opéra !

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