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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 10:16

 

Attarde-toi sur les écorchures

Pour en déchiffrer les reliefs.

Apprends à lire au-delà des murs endormis,

À décoder les cicatrices, la fatigue des couleurs

Sous la démangeaison du temps.

 

Quelques coulures de rouille,

Comme un rimmel perlé de larmes,

Laissent deviner ce qui palpite sous la peau de peinture.

 

Par la fente d'un volet, tu saisis l'obscure fraîcheur qui règne derrière les murs,

Une nuit feutrée de silence

quand les lumières vives de midi te font plisser les yeux.

Il y a là, tu le pressens, un refuge ignoré traversé de fantômes.

 

Ton index égratigne les couches superposées.

Ta main paisible en plein soleil effleure les miettes de mortier qui s'effritent.

Des morceaux de couleurs se détachent,

La poussière tombe.

Tu t'habitues à effleurer les fêlures.

 

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 08:34

Ce que nous aurions pu être !

Grands, braves, courageux !

Embrassant tous les combats, luttant dans chaque escadron, fiers de nos convictions, forts dans notre engagement, avançant sans peur, marchant tête haute ou rampant ventre à terre mais toujours déterminés !

Ne laissant au sommeil que la fonction de régénérer nos forces, le rêve étant, lui, devenu réalisable ! Le rêve partout ! Habitant nos imaginaires, se fondant dans nos matins lumineux et nos nuits enfiévrées !

 

Ce que nous aurions pu être !

Justiciers formidables au bras puissant et intègre !

Bardes portés par des inspirations divines !

Nos fulgurances poétiques auraient chanté la grandeur humaine, dépassant toutes les qualités supérieures, touchant à l'excellence, frôlant la perfection.

Seule notre mortalité aurait limité notre œuvre. Et même ! L'ampleur de notre génie aurait dépassé la frontière de la mort physique. Et notre gloire infinie aurait été célébrée par les chœurs flamboyants des futures générations !

 

Ce que nous aurions pu être...

Si la chance avait été à nos côtés,

Si le destin s'était rangé à nos ambitions,

Si nous avions pu y croire suffisamment,

Si d’autres avaient cru en nous,

Si nous avions ignoré ce qui tuait dans l’œuf nos espoirs encore timides,

Si nous n'avions pas renoncé à maintenir vivante la flamme tremblante de la volonté,

Si nous avions eu le courage, l'audace, la ténacité...

 

Mais en y regardant bien,

Sans se voiler la face, sans se trouver de fausses excuses,

Nous n'avons jamais réussi à nous rêver grands, braves et courageux.

Notre justice s'est pliée à celle d'autres plus forts.

Nous avons baissé la tête, acquiescé, contre notre gré, mais acquiescé tout de même, quand il aurait fallu se lever, s'opposer, prendre la parole.

Nous n'avons cultivé aucun talent, inventé aucune nouvelle théorie, ni regardé au-delà de notre propre existence.

Nous avons même parfois dénigré l'autre pour asseoir une légitimité dont nous n’étions convaincus qu’à moitié.

Nous nous sommes endormis, d’un sommeil inutile, vaste prolongement de notre paresse aux rêves étriqués, et nos voix à peine audibles se sont éteintes dans un silence soumis.

 

Nous voulions être exemplaires et nous sommes devenus lâches.

 

Nous avons choisi des vies formatées et bien rangées, dans les clous, des vies bien carrées, coincées dans des boîtes (c’est rassurant les boîtes) et qui finiront dans des boîtes fermées par des clous.

Nous avons vécu en étant déjà morts, et fait de l’universalité tant désirée l'uniformité dont nous ne voulions pas.

 

Au moins avons-nous la décence d'être lucides... Au moins reconnaissons-nous notre médiocrité. Il nous reste au moins cette lucidité.

 

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 20:23

Rester là, sous l'averse,

Avec pour seul bagage

Cet air qui nous traverse,

Avec pour seul voyage

Le souffle régulier

D'un matin sans envie,

Immobiles et trempés,

Et se savoir en vie.

 

 

Respirer l'air de rien,

De ce rien inodore,

Invisible, incertain.

Inventer le décor

Du rien que l'on respire,

De ce courant qui vient

S'effacer en soupirs

Sur nos fronts diluviens.

 

 

L'air de rien, respirer,

Embrasser l'air du large.

Se dissoudre en buées,

Avancer sur la marge

D'un matin tout transi,

Né d'une fin d'hiver

Aux rayons si petits

Qu'ils rampent sur la terre.

 

 

Vertiges qui fascinent,

Manteaux des aquilons...

En nos cœurs se dessinent

L'ailleurs et ses frissons.

Nos mots tout embrumés

Aux verres cassés se collent.

Sur une vitre, un pavé,

Est inscrit notre envol.

 

 

Loin des bleus océans,
Résister aux tempêtes.

Faire du jour un serment,

De la pluie, une fête.

Se lier aux embruns.

Penser que nos soupirs

Deviennent au lointain

L'air que d'autres respirent.

 

 

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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 10:53

Paupière plume

Cils étoilés

Sous lesquels se cache ton regard.

 

Impressions imprécises,

Les vagues passent sur ta rétine insulaire

Et l'aile du sommeil doucement se retire.

 

La lumière vient alors s'abriter dans l'éclat de ton œil.

 

Je m'amuse à deviner,

Derrière l'électricité statique de tes réveils,

Le mystère de ta pupille

Le secret de ton iris

(Abîme et océan).

 

Je navigue sur la terre ronde de ton œil.

J'en fais cent fois le tour, inlassable,

Et goûte du bout des lèvres,

Dans l'ellipse d'une caresse,

Le sel de son eau évanescente.

 

Sans aucune carte,

J'explore, perdue et sereine,

L'immensité de ton silence.

 

Je suis satellite d'une sphère aux fractales infinies,

Aimant sans boussole.

 

Ta paupière cligne.

Une éclipse passe.

Ton regard se pose ailleurs.

L'éternité s'en trouve dévastée.

 

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 13:34

La vie des grands auteurs nous paraît passionnante.

On veut, pour égayer notre quotidien terne,

Savoir des potins qui en rien ne nous concernent,

Et parfois mensongers... D’où ma question suivante :

Allait-il vraiment en vacances à Bali Verne ?

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 09:05

C'est à la pêche à la crevette
Qu'on a pris des coups de soleil,
Des algues dans les épuisettes
Et des embruns plein les oreilles.
On a trouvé une gourmette
Qu’on avait égarée la veille,
Des réponses à des devinettes
Et des galets lourds de sommeil.


On a creusé l'après-midi
Des trous dans le sable mouillé,
Déniché un crabe endormi.
On a grimpé sur des rochers
Et des vagues nous ont surpris.
Sur nos genoux tout écorchés,
On a posé, tour de magie,
De la pommade en deux baisers.


On a gambadé dans les dunes.
Et dans les oyats insouciants,
Cartes marines de fortune,
On a exploré l’océan.
On a loué le clair de lune,
La mer et ses reflets d’argent.
Mais de crevettes ? Pas la queue d'une...
On a pourtant cherché longtemps.


La vie est souvent ainsi faite,
Comm' des vacances au bord de l'eau.
On part pour pêcher des crevettes
Et en se penchant sur le seau,
Pas l'ombre de la silhouette
D'un crustacé pour le fricot.
On croit qu'on sera grand poète
Et on s'en revient tout penaud.


Alors en valse pirouette,
La peau qui pèle sur le dos,
On rentre en chantant à tue-tête...
Les crevettes ont le dernier mot.

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 14:47

Ombres bleues,
Doux silence,
Nous marchons vers la nuit.


Les premiers rêves, comme des loups qui soufflent à nos oreilles,
Accompagnent nos pas, en marquent la cadence.

Nos lèvres demeurent closes.
Mais derrière les écorces, l'intime est resté gravé.

 

Un vent froid nous rapproche,
Épaules appuyées l'une contre l'autre
Près des constellations fragiles qui brillent sur nos têtes.


Une fleur éclose pour nos seuls regards perce la terre
Et son parfum fait tressaillir à peine l'aile de nos narines.
Elle est une parole que nous seuls entendons.

 

Nous avançons lentement,

Deux spectres glissant sur les pavés.

Les couleurs peu à peu disparaissent, nous avalent à leur tour.

 

Le monde existe-t-il toujours en-dehors de ce chemin où divaguent nos songes ?

Le monde existe-t-il ? Ce soir encore, il respire entre nos mains,
Et demain peut-être si l'aube se lève.

 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 10:23

Identiques jusqu’à l’iris

Qu’elles avaient d’un bleu pastel,

Deux sœurs jouaient sans malice

Dans un jardin d’aquarelle.

 

Échappant à leur nourrice,

Elles grimpèrent à une échelle.

Et là-bas où l’ombre glisse,

Loin du marchepied trop frêle,

Virent dans leurs frêles calices

Quatre fleurs exceptionnelles.

 

« Pour admirer ces iris

Que n’avons-nous des jumelles ? »

Firent les deux exploratrices

Dans un soupir mutuel.

Mais elles gardèrent dans l’iris

La couleur des fleurs pastel.

 

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 10:58

L’amour fait parfois des bourdes
Ou peut manquer de raison :
Il s’avéra qu’une gourde
Plut beaucoup à un pigeon.

 

« Allons brûler la falourde ! »
Fit-il gai comme un pinson,
Sans égard pour ses esgourdes
Où sifflait tel un clairon :
« Gare aux manières de palourde
De cette idiote dondon !! »

 

Cervelle d’oiseau resta sourde,
Et le fruit de sa passion,
Cette cruche nigaude et lourde
Le dépluma sans façon !

 

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 09:32

Certains ont de la chance
Ont des voisins sympas
Qui pendant les vacances
Nourrissent le petit chat
Le genre discret gentil
Qui porte des chaussons
Qui passe rarement l’aspi
Le soir et baisse le son
Sans trop de libido
Des voisins exemplaires
Qui prennent l’apéro
Sans faire de miettes par terre


Oui mais voilà
Ces voisins-là
Ce ne sont pas
Ceux que l’on a
Nos mitoyens
Jeunes et doyens
Sont très moyens
Concitoyens
Au grand loto
Des zigotos
Leurs numéros ?
C’est le gros lot

 

Le couple octogénaire
Qui hurle après minuit
Les nouveaux locataires
Au QI très réduit
Ceux qui font des travaux
A 5 heures du matin
« Ben quoi je me lève tôt
Après j’vais au turbin ! »
Celle qui laisse la poubelle
Embaumer le palier
Ceux qui cassent la vaisselle
À portes  déployées


Que peut-on faire
Dans cette galère ?
C’est un enfer !
Vont-ils se taire ?
Ils me dévissent
Les orifices
Violon qui crisse
Ils m’envahissent
Dans ma détresse
De boules Quiès
Je le confesse
Tout ça me stresse


Mais malgré tout cela
Un enfant est venu
Enfant du brouhaha
Dans le boucan conçu
Nous sommes trois désormais
Au grand opéra bouffe
À subir le ballet
Des champions du barouf
Mais qu’importe à présent
L’enfant est fantastique
Et a le cri puissant
D’une soprano lyrique


Quand il a faim
Qu’il est au bain                      
Toujours il geint
Et pour un rien
Hurlant si fort
Et sans effort
Notre trésor
Est un cador
Un virtuose
Qui souvent ose
Fleurer des choses…
Mais pas la rose

 

Vas-y mon bonhomm’ pleure
Réveille-les dans la nuit
Que ta mauvaise humeur
Se répande à grand bruit
Et que tes couches-culottes
Deviennent leur pir’ tourment
Vas-y bonhomm’ grignote
Leur blair et leurs tympans
Qu’importe l’insomnie
Pourvu que l’on se venge !
Fais-leur payer le prix :
Vas-y crie petit ange !!!


Vas-y crie petit ange !!!

 

 

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