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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 08:50

Cett’ contractuelle, étanche

Aux arts de la Création,

Verbalise tous les dimanches

Avec force conviction.

 

Sur un parterre de pervenches

Butinent deux papillons.

Ce beau tableau ne déclenche

Chez elle aucune émotion.

 

Sur une vieille auto blanche

Elle pose une contravention,

Mais sitôt qu’elle se penche,

Voilà le vif papillon

S’envolant vers une branche

Loin du lieu de l’infraction.

 

C’est une petite revanche

D’un papier sans ambition.

Pas la trace d’une avalanche,

D’un séisme ou d’un typhon.

On a chacun ses pervenches

Et ses effets papillon.

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 23:10

Un bambin bigouden, du haut de son cheval,

D'orgueil est tout bouffi. Son daron, ça l'agace !

Il lui dit : "Mon fils, descends de ton piédestal :

De vous deux le plus beau est ton noble animal."

Face à la vérité, on fixe ses godasses

Et on ne peut répondre que "Père, j'acquiesce hélas."

 

(contrepèterie de Per-Jakes Helias, auteur de Le cheval d'orgueil)

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 09:23

Files humaines, cortèges décharnés,

les yeux tournés vers la poussière que soulèvent vos pas lourds,

files humaines,

aux joues creusées d'oubli,

aux lèvres sans parole,

quel est ce chemin qui s'inscrit dans l'empreinte de vos chaussures trouées, dans la blessure de vos pieds nus ?

 

Nous allons vers la frontière de l'abandon et du courage.

Nous laissons derrière nous la terre de nos naissances, la source vive où nos mères ont rêvé nos destins. Nous allons, résignés, mais résolus pourtant. Frêles mais tenaces.

 

Nous portons dans nos yeux la mémoire de l'eau de nos puits, l'eau souterraine et profonde qui connaît les secrets de la terre. Nous avons dispersé les cendres de nos derniers feux et posé nos mains sur les portes de nos maisons. Nous les laissons dans le sommeil de leurs murs lézardés, près des arbres tortueux dont le soleil étire l'ombre jusqu'à la nuit.

 

Nous avons fermé une valise, préparé quelques sacs, peut-être tourné dans la serrure la clé de tous les jours, et nous sentons désormais le poids de l'errance dans la poche où nous l'avons glissée.

 

Les routes de l'exil sont semblables et singulières. Elles ont pour seule carte la ligne d'horizon des cheveux de nos enfants.

 

À nous maintenant seulement nos visages, nos bras, et le sang dans nos veines tandis que nous traçons des sillons qui ne finissent pas. Le regard de la mort surveille cela de près.

 

Dans les entailles s'immisce le silence,

et parfois le murmure d'un chant qui nous rappelle que nous avons appris la langue de quelque part,

la langue de quelque part.

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 09:10

- D’un toit tomba une tuile.
Imagine un peu la scène :
Le carreau chuta tout pile
Sur un badaud à bedaine
Et perforant le textile
Il lui sectionna une veine !


- Comme le destin est hostile :
De quoi risquer la gangrène !
C’est quand même une sacrée tuile !


- Il cicatrisa sans peine
Grâce à un onguent d’argile.
Et j’ignore par quelle aubaine,
Quel miracle du nombril,
Par quel étrange phénomène,
Il devint fin et gracile.


- Oh ! C’était une sacrée veine !

 

 

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12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 09:02

Quand je regarde la rivière,
je vois bien plus que la rivière.
Je remonte sa source, j’escorte ses poissons, je me laisse entraîner par sa fraîcheur et le bercement des algues ondulantes et plonge dans le fleuve qui la mène à la mer.
Je suis le sable fin qui coule entre les doigts,
le chant continu de l’eau sur les galets,
la berge humide et la lumière qui la dessine,
les bras des ruisseaux qui s’y rattachent dans des remous bruyants.
Et je deviens rivière.

 

Quand je perçois le vent qui souffle sur mon visage,
la caresse sur ma peau est bien plus que le vent.
Je pressens l’Est qui s'éveille, le balancement des cimes des tilleuls ou des branches nues qui s’agrippent à l’hiver, le sifflement aigu des fissures des greniers, les courants d’air glissant dans les rues labyrinthiques, les ailes des moulins aujourd’hui effacées.
Je me fonds dans la mémoire des ouragans.
Je suis voile de navire
ou drapeau flottant sous les folles rafales.
Et peu à peu je me fais vent.

 

Quand j'écoute l'oiseau,
j'entends bien plus que son chant d’oiseau.
J’apprends la fragilité du nid, l’appel de la couvée, les distances des migrations, les amours joyeuses et légères comme un battement d’ailes, les figures savantes esquissées sur le ciel.
Je m’incline devant la Nature protéiforme qui tient dans la même main
le rapace et le passereau,
l’oiseau frôlant les flots et celui guettant les déserts.
Je m’élève au plus haut des falaises.
À mes tempes palpite le cœur des forêts.
Un instant je me sens oiseau.

 

Quand j’observe les gens,
je sais qu’ils sont bien plus que des gens, bien plus qu’une foule quelconque, qu’une multiplication de silhouettes anonymes et toutes pareilles.
Derrière le parapluie cassé, l’habit un peu froissé, je discerne le peigne du matin, le café englouti dans une gorgée pressée et la tasse qui attend dans l’évier déjà plein, et le rythme précipité des journées qui s’enchaînent.
Je devine une peine dans la fuite d’un front, la colère rentrée d’un menton qui se lève, un succès dans un sourire vainqueur ou un flot de questions traversant l’ombre rouge d’un regard.
Je distingue à leurs rides les heures de labeur sur la main qui travaille ;
aux poils sur une manche, le buste qui se penche vers le chien de la maison ;
aux rubans dans les tresses, les bras enlaçant le cou des mères, et les baisers frais et rieurs, et les odeurs de cuisine ;
aux cernes bleutés, le bruit nocturne des immeubles et la fièvre et la douleur qui rendent les draps moites et malades.
Et la faim derrière la main immobile, tendue à peine pour demander l’aumône.
Et l’angoisse de ceux qui parlent fort pour montrer qu’ils existent.
Et l’incertitude de celles qui examinent leur reflet dans les vitres.
Et l’amour liant ce couple aux cheveux blancs qui se tient par la taille.

 

Dans ces bribes d’existence,
dans ce que les autres sont,
dans cette parcelle de monde dans lequel je vis,
j’entrevois ce que je suis,
ce que nous sommes,
nous,
miroir du monde et de l’humanité.

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 20:22

Ils sont au désespoir, tous ces cœurs trop aimants,
Quand la flamm’ qui les brûle n’embrase que leurs yeux,
Et laisse indifférent l’objet de leur tourment,
Qu’ils remuent ciel et terre, qu’ils le crient en tout lieu.

 

« Les amours impossibles sont des douleurs sans fin »,
Sanglotait un glaçon amoureux d'un grille-pain.

 

Le gant de la main gauche préférant la main droite,
La soupe toute fumante mordue de la fourchette,
La conserve à languette lorgnant sur l’ouvre-boîte,
Le jardin bitumé adulant la binette :
Ces béguins se délitent, ils sont incompatibles.
Pourquoi donc Cupidon a-t-il raté sa cible ?

 

Couples sans avenir, duos mal assortis,
Pions sur le jeu d’échecs courtisant une reine.
Malheureux prétendants se heurtant au mépris :
Pourra-t-il, ce merlan, plaire à une baleine ?

 

« Jamais tu ne me vois malgré mes sacrifices ! »
Soufflait la gousse d’ail au tube de dentifrice.

 

On ne peut ignorer que les grandes passions
Représentent un danger pour ceux qui s’y adonnent.
« La méfiance est de mise », soupirent avec raison
Les vénéneuses baies des belles belladones,
Le cactus entiché d’un ballon de baudruche
Et le Parkinsonien épris d’un œuf d'autruche.

 

L’eau de rose quelquefois sent vraiment le sapin.
Deux trois horribles drames se sont déjà produits.
Le fusil d’un chasseur aimait trop un lapin…
Un klaxon, adorant le silence, l’a détruit !
Une ampoule, désirant l’immense obscurité,
L’a faite disparaître quand elle s’est déclarée…

 

Et la brosse à cheveux se pâmant pour un chauve…
Et le marteau toqué d’une fin’ porcelaine…
Pour ces infortunés, point de secrets d’alcôve,
Point de liesse ni d’extase pour ces âmes en peine.

 

Et seul de temps en temps s’étire le long regret
Des amours misérables de ces tristes objets.

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 16:18

Lors d’un dîner chez Michou,
Le loup portait un boa,
Le boa portait un loup,
Ils ne se reconnurent pas.
« Bel ami boa t’es où ? »
« Mais alors loup t’es pas là ? »
Boa enleva son loup,
Loup retira son boa.
Se retrouvant tout à coup,
Ils se tombèrent dans les bras
(En fait, dans les bras du loup
Car le boa n’en a pas).
On dit qu’ils burent beaucoup
(Du rhum et de la vodka),
Qu’ils rentrèrent à pas de loup
Tout en titubant tout bas.


Et mon histoire finit là.

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 10:48

Amant des Muses, un flic écrivait des quatrains,

Mais qu’en alexandrins ou en vers de huit pieds.

Parfois la profession déteint sur l’écrivain...

Ainsi il ne créait que des vers balisés.

 

 

******

 

 

« Qui n’a pas fait la sauce ? Ni changé les couverts ? »

Fulminait le patron d’un resto  l’air chafouin,

Et ses reproches visaient toujours la cuisinière

Au motif qu’elle avait une poêle dans la main.

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 09:09

Le jongleur et la voltigeuse, d’amour transis,
Se croisaient sans jamais pouvoir tisser de liens.
Elle se levait à l’aube, et lui, après midi,
Si bien que peu à peu leur passion s’éteignit
Car jamais n’accordèrent leurs rythmes circassiens.    (circadiens......)


*****


Délaissant la moto, je me pris de passion
Pour la grimpe en plein air. Comme mon sang bouillonne !
La montagne est Goliath ! Vertiges de l’ascension !
Dans ces lieux je ne prends jamais mon téléphone.
Car souvent, quand j’enfile mon harnais, David sonne.    (Harley Davidson.....)

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 08:37

Si pour briser la glace entre deux inconnus,

L’usage d’un pic semble être une approche adéquate,

Je conseille pour ma part de goûter un grand cru :

Le bon vin est vainqueur quand souvent le pic rate.

 

*****

 

Une sage demoiselle que dix hommes courtisaient

Recherchait une passoire pour l’aider dans son tri.

« Car il faut séparer le bon grain de l’ivraie ! »

Comme on dit bien souvent (et ma foi il est vrai) :

On doit bien choisir son premier petit tamis !

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