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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 11:06

 

Le vol des hirondelles, le silence de l'horloge, une gorgée de café,

La pente sage de la colline cédant à la métaphore du littoral,

Les rides du rêveur glissant dans le linge de la parole,

L'argile de la langue modelée de pudeur.

D'autres gorgées de café, et de l’eau fraîche, insaisissable, riante,

Et des festins partagés de fruits mûrs, cueillis dans la lueur du matin,

Et la porcelaine du jasmin qu’un vent léger porte dans les chemins oubliés.

Et l'azur, et la tempête aussi, et la danse des insectes autour des ampoules blêmes quand le soir s'invite à la table.

Petites choses,

Petites choses infimes

Qui étreignent le cœur des vivants et lèvent à tout instant le voile de l'existence.

 

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 21:21

Lors du dernier atelier d'écriture que j'ai animé, j'ai sélectionné 150 mots dans les poèmes de Pablo Neruda. La consigne était d'en utiliser une dizaine. A chacun ensuite de les arranger comme il le souhaitait...

 

Dans la pénombre silencieuse s'allume l'incendie nocturne d'une lampe, phare tremblant dans la tempête de ma fièvre.

Un halo apparaît sur la feuille encore blanche.

Et j'attends le miracle profond, l'ivresse des infinis teintée de mélancolies fugaces.

J'attends que l'inspiration vienne, que, des atlas de mon imagination, émergent des paysages nouveaux et des horizons fulgurants.

 

En fermant les yeux j'essaie de me souvenir des mots picorés au coin des lèvres,

mots pleins de gerbes de blé, de rosée sur les pierres et de baisers heureux,

mots qui emportent les deuils où cheminent les douleurs dénudées,

mots fleuris du cerisier ou du pâle chèvrefeuille.

 

Je tente de réinventer un dialogue avec un autre moi-même.

Une lampe, une feuille, la nuit.

Ecrire quand le monde sommeille ailleurs.

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 20:46

Lors du dernier atelier d'écriture que j'ai animé, j'ai sélectionné 150 mots dans les poèmes de Fernando Pessoa. La consigne était d'en utiliser une dizaine. A chacun ensuite de les arranger comme il le souhaitait...

 

Il est inutile de vouloir saisir la nuit, ou la lune, ou l'ombre de l'oiseau. Leur mystère, trop profond et léger, vous file entre les doigts.

 

Il est inutile d'interroger le désert. Les pierres n'ont jamais rien dit sur la course des hommes, à peine sur celle de l'univers.

 

Il est inutile d'éveiller le visage de l'oubli. Il n'a plus de tendresse, ne sait pas consoler de la fuite du temps.

 

Il est inutile de mendier un secret à l'enfance.

 

Il est inutile d'éloigner à tout prix le malheur. Mieux vaut l'apprivoiser comme un chien galeux et affamé.

 

Il est inutile d'obliger les rails à rester à quai, de retenir la course des planètes, de forcer le vent à épargner la vague.

 

Il est inutile de regarder par la fenêtre l'hésitation du fleuve en espérant qu'il retrouve son cours.

 

Tout cela est parfaitement inutile.

 

Mais on peut bien passer une vie à le faire.

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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 09:49

Lors du dernier atelier d'écriture que j'ai animé, j'ai sélectionné 150 mots dans les poèmes de Fernando Pessoa. La consigne était d'en utiliser une dizaine. A chacun ensuite de les arranger comme il le souhaitait...

 

A la fenêtre du rêve, l'univers oublie d'exister.

 

Tout se fait secret, et brume, et mystère. Le visage de la lune s'habille de souvenirs. L'enfance revient se blottir au creux du crépuscule. Sous un liseré doux de solitude, comme un ivrogne sans ombre, comme engloutie par le fleuve, j'interroge le silence.

 

L'hésitation infinie de mon imagination marche vers l'inutile, marche dans le repos d'un port, sous les branches d'un arbre aux mille aurores où se rencontrent les passagers du sublime.

 

Puis je m'éveille, un peu moins étrangère au monde, dans le rire simple d'un soleil.

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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 21:38

Texte issu de l'atelier d'écriture que j'ai animé en février. Thème de la consigne : "Je suis une seconde". Temps imparti : 15 minutes.

 

Je suis une seconde. Le début d'un souffle. Une syllabe ou un mot. Trois points de suspension au coin d'une virgule.

Une seconde sans écho ou au souvenir sans fin. Un baiser, un regard, un murmure, une claque. Un "je t'aime". Un "ta gueule". Le bip d'un téléphone qu'on te raccroche au nez.

Je suis une seconde. La première de la vie. Une seconde d'existence, une date sur un carnet, une seconde d'un cri qui se poursuit longtemps. Une seconde qu'on célèbre, une seconde de joie. Une seconde. Rien que ça.

Je suis une seconde. Éclair d'inattention. Une seconde qui n'aurait pas dû. Une seconde qui revient sans cesse. Une seconde qui ne pardonne pas et ne rend rien de ce qu'elle a pris.

Je suis une seconde, un temps de liberté, une porte qui s'ouvre, un livre qui se ferme, un horizon tracé au détour d'un chemin.

Je suis une seconde, trop courte, trop petite quand il s'agit de dire comme la vie est immense, et comme le temps qui file a des parfums de rêve, de rêve sans contours.

Je suis une seconde.

Attendez-moi.

Juste une seconde.

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 22:44

Vraiment parfois je ne sais ce qui me retient....

Ou plutôt si, je sais : ce qui me retient, c'est ce que j'ai retenu des fois où je ne me suis pas retenue.

Lorsque je fais la somme des choses qui me retiennent, la somme sans oublier la retenue, je me retiens quand même beaucoup. Pourtant je ne retiens rien de mes sommes, non, je ne me souviens jamais de mes rêves. Peut-être que, lorsqu'on se retient, peut-être oublie-t-on qu'on rêve ?

 

A force de me retenir, je ne tiens plus. Nous sommes toujours tenus de nous retenir. On nous somme toujours de nous retenir. Qu'est-ce qui entre en nous quand on se retient ? Qu'est-ce qu'on entretient quand on se retient ? Entre ! Tiens ! Entre ! Tiens ! Entre !... Une litanie de gavage !! On fait entrer pour que rien ne sorte ! Une sorte de rien qui devient un antre.

 

Ce qui me retient, ce que je retiens, ce qui ne peut sortir, tout cela m'assomme. Ma somme avec retenue.

Mais au bout d'un moment, je me demande, au bout d'un moment quand je suis à bout, sans maintien, sans soutien, sans main pour me retenir, au bout d'un moment, je ne sais vraiment vraiment ce qui me retient !!!

Mais allons allons, il faut tenir... allons... un peu de tenue...

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 23:55
 
Pourquoi ?
Pourquoi pas ?
Pourquoi je ne sais pas ?
Pourquoi parfois je pense savoir et en fait, pas ?
Pourquoi je ne sais pas pourquoi je ne sais pas ?
Parce que si je savais pourquoi je ne sais pas, j'aurais au moins une réponse à un pourquoi...
Pourquoi je sais que je ne sais pas, mais pas "pourquoi" je ne sais pas ?
Pourquoi est-ce si important pour moi de savoir pourquoi ?
Alors que, lorsqu'on ne sait pas, on ne sait pas qu'on ne sait pas !
Et c'est très bien comme ça, et il n'y a pas de pourquoi !
On sait ce qu'on sait sans se demander pourquoi,
Mais on ne sait pas pourquoi on sait ce qu'on sait...
Alors pourquoi savoir pourquoi on ne sait pas ?
Mais au fond, pourquoi savoir ?
Hein ? Au fond ? Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Na !
 
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 09:08

J'ai peur de m'aigrir.

Avec les années, je le sens bien, je m'aigris. C'est parce que le temps qui passe fait perdre le goût, le sel de la vie, les baisers sucrés. Il ne reste plus que l'acide et l'amer, et l'amer à boire c'est désagréable, et puis ça fait beaucoup. Alors c'est inévitable, je m'aigris.

Quand un aliment est passé il devient aigre. Or on s'alimente de soi-même. Je dois être passée aussi puisque je m'aigris. Et si je m'aigris je flétris et je sens.

Je le sens que je sens. Je sens l'aigre. Je me retourne sur mon passé, et forcément à force de tourner, on tourne. Comme du lait pas frais. Et c'est mon être qui en fait les frais de ne plus l'être, frais.

Les gens ne voient pas que je m'aigris. Et quand je le leur dis ils ne me croient pas. "Ben non tu es pareille." Moi j'aimerais qu'ils le voient, ça me rassurerait."Ah oui ! Maintenant que tu le dis !"

Ben voilà, je te le dis, je m'aigris. Et de jour en jour. J'aimerais bien arrêter parce qu'il reste quoi après ? Si je m'aigris encore et encore il ne restera rien, rien de ce que j'étais.

Tout cela n'arrange pas mon mal au vide...

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 11:44

comme il est tôt comme il est temps

de faire un beau, faire un beau ban

sous vos bravos souvent bravant

je dis hello en vous hélant


mon numéro énumérant

mélimélo en m'emmêlant

tous les hameaux de mes amants

tous leurs défauts que je défends

et les jumeaux de ma jument

dans un traîneau

c’est entraînant


mais...


si mon cerveau vit en servant

tous ces vers sots dans leurs versants

pour c'que ça vaut d’faire son savant

primo c'est un peu déprimant


dans mon auto j'aim'rais autant

à la radio l’air irradiant

d’un concerto déconcertant

ou d’un piano aux pieds planant

un piccolo tout picolant

en soprano

c'est surprenant


il a fait chaud dans les grands champs

sous les chapeaux des chenapans

sous les manteaux se lamentant

des cheminots tout cheminant

 

tous nos héros sont nés errants

dans un étau dans un étang

dans un sanglot un peu sanglant

vont à vau-l'eau vont en volant


c'est l'embargo en embarquant

sur un bateau tambour battant

alors passons car l'heure passant

passons sous l'eau mais c'est soulant

 

a contrario c'est contrariant

ces asticots tout astiquant

leurs longs couteaux à prix coûtant

ces zigotos tout gigotant

qui sont barjos pour de l'argent

pour des cadeaux bien décadents


comme il est tôt comme il est temps

j'pars à Quito

en vous quittant

j'tire le rideau c'est déridant

et à bientôt, on a bien l'temps !

 

 

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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 20:36

Dans un silence sélène,

des lacis d'étincelles

scintillent et s'allient.
 

Petites étincelles

au céleste destin

si lestes et si lentes

oscillant

dans nos mains.

 

On s'attarde, on s'attend,

mais si d'ici là,

sali et lassé,

tu éteins celle

qui nous lie,

la petite étincelle

qui nous scelle ici...

 

Si l'étincelle s'éteint

est-ce bien celle-ci ?

Est-ce son dessein

de s'éteindre ainsi ?

 

Et si je le décèle,

si je te laisse aussi,

alors

qu'il en soit ainsi.

 

 

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