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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 09:48

la nuit n'en finit pas de tomber

dans un gouffre immense

 

et dans cette délicieuse sensation de vertige

elle y perd ses repères

en oublie l'équilibre

et moi je fonce à perdre haleine en cascades de rires

les bras libres et ballants

dans le bal ivre de ce nouveau monde

tout engrêlé de poussières d'étoiles

 

ma tête dépasse des nuages d'écume

je me cogne presque au plafond du ciel qui m'avale

je suis musique en notes évanescentes

et ne veux pas que le rythme s'arrête

 

et la nuit n'en finit pas

n'en finit pas de tomber

 

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 19:48

Devant une reinette tombée dans la baignoire,

Archimède et Newton se posent des questions.

Qu'est-ce qui fait donc "plouf" quand on voit la pomme choir ?

L'entrée dans le liquide ou la gravitation ?

Si la pomme est véreuse et que de l'eau s'infiltre

Dans le trou d'asticot, va-t-elle couler plus vite ?

Si la pomme est magique, envoûtée par un philtre,

Peut-elle rester en l'air ou même prendre la fuite ?

S'il s'agit d'une Elstar ou bien d'une Golden,

Y aura-t-il autant de gouttes projetées ?

Reste-t-elle comestible ? Faut-il une quarantaine ?

Peut-on la proposer au moment du goûter ?

 

Devant une reinette tombée dans la baignoire,

Archimède et Newton se posent des questions.

Pourrait-on remplacer cette pomme par une poire ?

Et si l'émail est sale, le récurera-t-on ?

Si à raison d'un litre toutes les dix secondes

La baignoire se remplit, après une heure passée,

(En excluant bien sûr toute fuite par la bonde),

Combien de fruits faut-il pour la faire déborder ?

"Qu'en penses-tu Newton, si j'ajoute à ce bain

Un peu de sel moussant, un canard en plastique ?

 - J'en dirais, Archimède, qu'un délicat parfum

Ne nuit en aucun cas à nos problématiques..."

 

Devant une reinette tombée dans la baignoire,

Archimède et Newton se posent des questions.

Mais il y en a une, c'est pas la mer à boire,

Qu'ils ne se posent pas... Quelle en est la raison ?

Car moi qui ne suis pas experte en la matière,

La première qui me vient et qui me tarabuste,

C'est comment un pommier poussant en pleine terre

Recouvre une baignoire de ses branches augustes ????

 

Mais c'est bien là la force de ces deux grands bonshommes :

Des détails encombrants, pouvoir faire abstraction.

Et trouver quelque part entre baignoire et pomme

La poussée d'Archimède et la gravitation !

 

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 19:27

je compte

je compte

je compte

les secondes avant que le feu ne passe au vert

les minutes dans les files d'attente avant d'arriver à la caisse ou au guichet

je compte

les heures avant que le jour ne décline

les jours avant mes règles

les mois avant mon anniversaire

tout le temps tout le temps je compte

tout le temps je le compte

 

je compte les moutons pour ne pas compter les nuits d'insomnie

je compte les pages qu'il reste à lire dès le début de chaque roman

je compte les kilomètres qui me séparent, qui me séparent de moi et des autres

je compte les calories, les grammes de pâtes et les kilos sur la balance

je compte le nombre de lignes, je compte le nombre de mots pour rédiger dans les règles

je compte l'argent épargné, dépensé, l'argent qui manque, celui qu'on espère et même les pièces dans le fond de ma poche

je compte les transactions, les opérations, les prélèvements de mon compte en banque

je tiens des comptes
 

 

je compte à rebours les numéros de ta rue

je compte les pas entre nos envies de danse

je compte le nombre de fois où je ne t'ai pas croisé

je compte les points de nos joutes silencieuses

je compte nos impossibles à la mesure de nos ailleurs

je compte les instants où j'ai entrevu la défaite

 

peut-être j'y trouve mon compte

 

je compte les gens dans les lieux où je passe, au cinéma, dans les gares, dans les salles d'attente, comme avant dans les salles de classe

je compte les grains d'un chapelet sans dieu

je compte les rayons dans les supermarchés

je compte sur les doigts d'une main les mains sur lesquelles je peux compter

je ne compte pas rendre de comptes à qui que ce soit

je me demande seulement si le compte est bon

 

quand on aime, quand on aime, on ne compte pas, et moi qui compte tout, n'y a-t-il rien que j'aime ?

je m'en rends bien compte que je ne peux pas tout compter comme ça, tout prendre en compte

 

pourquoi faut-il que toujours je compte ?

peut-être

peut-être

parce que j'attends

qu'on me dise

que je compte

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 21:43

Lors du dernier atelier d'écriture que j'ai animé, j'ai proposé un choix de photos à partir desquelles il fallait créer un texte. Je me suis également soumise à l'exercice à partir de l'image jointe. Temps imparti : 15 minutes.

 

Elle a ouvert la fenêtre. Il faisait bien trop chaud dans la chambre lambrissée. Il lui fallait de l'air, sentir le vent s'engouffrer entre les rideaux, apporter un peu de fraîcheur et de sérénité.

 

Oui, bien trop chaud. Bien trop sombre aussi. Elle avait soif de lumière et voulait que les yeux lui piquent, transpercés par les rayons d'un soleil qu'elle n'avait pas cherché pendant trop de temps.

 

Comment avait-elle pu rester ainsi enfermée des jours entiers, allongée sur ce lit aux draps fatigués ? A ne rien dire, à ne rien faire, à ne rien vouloir ? A compter parfois les lattes du parquet, les fissures du plafond, les franges de la lampe de chevet le plus souvent éteinte, les grains de poussière dormant sur les meubles inquiets ?

 

Elle se remémorait seulement une grande lassitude, dont elle avait oublié la cause. L'envie de s'effacer du monde, d'hiberner, de ne donner de signe de vie qu'à elle-même (et quelle vie ? une simple respiration la faisant alterner de l'état d'éveil au sommeil tranquille de celle qui ne désire rien).

 

Mais aujourd'hui elle a ouvert la fenêtre. Les gonds ont un peu résisté. Elle a écarté les volets, les plaquant consciencieusement contre les murs baignés de lumière. Le vent a décoiffé une de ses mèches. Le rideau a bougé tout doucement. Et tout était comme un lent réveil à la fin de l'hiver.

 

 

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 14:10

Parfois j'ai mal au vide.

 

Là, en ce moment, j'ai un de ces maux de vide. Généralement ça arrive quand mon vide est trop plein, quand j'ai trop voulu le remplir, ou parfois quand il est vide de chez vide.

Quand le vide gargouille, il faut voir de l'eau. Moi j'essaie de voir beaucoup d'eau. Je vais à la mer, cela calme un peu mon mal de vide.

 

C'est mal vu, le vide.

Souvent il faut le rentrer. Allez ! Rentre le vide ! Un vide qui ressort ce n'est pas beau. Les gens n'aiment pas voir les vides. Ou alors si, parfois : certains se baladent le vide à l'air, mais il faut qu'il soit plat, le vide. Or un vide plat, il n'est plus vide.

 

J'ai un grand vide. Et je n'arrive plus à rire à m'en tordre le vide. C'est dommage car un vide tordu, un vide tordu est un peu moins vide.

 

Globalement les gens ne parlent pas de leur vide. Ils ont peur qu'on leur dise quelque chose à ce propos. Ils lisent des magazines où sont donnés des conseils pour perdre le vide. "Diminuez votre vide en 3 semaines". Mais un vide ça ne s'efface pas comme ça.

Tout le monde regarde le vide de tout le monde. Nous sommes plein avec des vides, c'est évident. Nous sommes pleins de nos vides. Et nos vides nous envahissent, car à vrai dire, on vit de nos vides. Tout est si vain, tout est si vide.

 

Pour ne pas être celle qui se plaint de son vide, qui s'en plaint trop de son trop-plein de vide, je vais me taire.

Pour que cette petite histoire ne fasse pas un vide.

 

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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 09:26

Oh jolie mésange ! Que manges-tu en catimini ? Qu'as-tu ce midi mis à ton menu ? Et la mie que cette main un peu timide, ma main amie, a mise à même le macadam, l'aimes-tu ? Mon amie mésange, aimes-tu la mie, la mie de pain dans ma main ? Maintenant que ma main tenant ta mie t'amène à moi, dis moi tout.

Moi je m'adresse à toi et je te dis tu. Plutôt qu'aux gens, je te dis tu à toi, mésange.

Car les gens me tuent en ut majeur. Car ils me laminent en la mineur.

Ils insinuent que moi zaussi, oh petit oiseau si petit, que je zinzinule. Que, jolie mésange, comme toi zaussi, je zinzinule à mes anges.

Et que je suis nulle à zinzinuler.

Ils disent que je zinzinule que l’usine m’use, ne m'use que pour me rendre zinzin, que mieux vaudrait la zonzon que cette maison en bazar où le mazout me grise.

Ils disent qu'il me manque une case. Quelle mouise...

Ils osent m'accuser de musarder sans but, sans cause et sans musique.
Ils disent que je m'isole, que ma muse aussi est zinzin, qu'ils lui mettraient bien une camisole... Si ça les amuse : les camisoles, elle en raffole.

Je suis maussade. Y a-t-il une issue ? Une issue où je m’insinue pour ne plus zinzinuler ?

 

Quand je ne zinzinule pas, je soliloque.

Collée au sol, clopinclopant, la clope au bec, je soliloque. Plic ploc, mes pas se plaquent et se décalquent sur les flaques glauques. Je suis une loque, un colibri qui a la colique, incapable de claquer des ailes... Puis le déclic, je me disloque et déclame des quolibets alcooliques. Des claques oui !

Quel est l'alibi du soliloque ? Pour moi qui me console en soliloquant, c'est l'éloquence des solitudes éclatées, le soliloque.

L'éloquence des solitudes éclatées.

 

Toute seule, je soliloque et je hoquète. J'ai le hoquet... J'ai le hoquet coquet et le caquet au taquet. Un petit thé ? Un petit cake ? Un gâteau au coco ? Un kaki ?

Écoute, si tu veux, pourquoi pas...

 

Hein jolie mésange ? Qu'en dis-tu de ton hurluberlue candide ? De cette pauvrette fauvette lessivée sur la banquette ? Devant le péquin rancunier, l'inquiétude pécuniaire nous guette, moi et mon pécule de miettes. Le zinzolin me monte aux joues, et zou le joli teint de zazou...

Alors je soliloque, tu zinzinules, nous hoquetons, nous nous quittons.

 

Jolie mésange, nous nous quittons.

Ou à demain.

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 15:46

Un enfant est mort.

 

Un enfant de 3 ans est mort.

 

Un enfant de 3 ans est mort noyé.

 

Un enfant de 3 ans est mort noyé dans la mer Egée en tentant d'atteindre l'Europe.

 

Vous seul savez si vous avez ressenti la même peine à chacune de ces phrases ou si votre compassion a disparu après la dernière. Avez-vous été frappé par la même sidération, la même incrédulité, la même révolte, le même refus, le même deuil impossible face à l'enfance brisée ?

 

Il n'est pas seul cet enfant. Des centaines de frères et sœurs, partageant le même drame, flottent, petits corps éteints, quelque part dans l'eau des possibles, dans ce grand cimetière liquide qui s'ouvre tout près, à notre porte. Cimetière sans gerbe de fleurs, sans cérémonie, sans lamento que celui des vagues salées repenties, mais bientôt coupables à nouveau.

 

Bien sûr, d'autres enfants meurent, ailleurs. D'autres enfants se noient. Depuis toujours, dans cette grande partie d'échecs qu'est la vie, beaucoup quittent le jeu avant d'avancer leurs pions. Mais les règles ne sont pas les mêmes pour tous.

 

Un enfant de 3 ans est mort, qui aimait la vie et courir et chanter, qui aimait ses parents et voir le jour se lever. Un enfant comme un autre, qui savait dire son nom et qui savait déjà qu'on ne peut aimer que ce que l'on nomme.

 

Alors donnons-leur un nom, apprenons leur parcours, leur histoire. Identifions-les pour leur rendre une identité, une existence. L'homme qui crève de froid dans la rue, qui l'appelle encore par son nom ? Et ces milliers de gens souffrant dans l'indifférence, qui les nomme encore ?

 

Je ne veux plus entendre de chiffres, je veux connaître leurs noms.

 

On ne porte pas le deuil d'un nombre. Les nombres sont faits pour l'Histoire, pour se souvenir, pour ne pas répéter les mêmes erreurs qui seront pourtant répétées. Mais tant qu'on peut agir, il faut nommer les êtres car ils sont nos frères, nos sœurs, nos enfants, ceux qui portent avec nous le nom d'humanité.

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 15:36

Un visage flou, un prénom et un parfum : ce qu'il reste dix ans après une histoire sans intérêt. Quelques rendez-vous d'après-midi volés à la solitude, quelques agitations des corps sans frémissement du cœur. Déchéance lucide laissant un léger goût de honte. Habitude stupide.

Une tasse de café sans soucoupe sur l'évier de la cuisine. Le bourdonnement de la chaîne-hifi après la fin du disque. L'indication de la salle de bains, quelques mots échangés assez vagues. Le baiser d'au revoir sans rien d'amical.

Quatre ou cinq rencontres. Puis rien. Un rien succédant au rien.

Mais un parfum...

Une vague lui remonte le long du dos quand elle retrouve ce parfum au hasard, quand elle le recroise dans le sillon d'un passant. Une onde de chaleur, une réminiscence de plaisir l'asphyxient le temps d'une respiration. Le nom et le visage lui sont indifférents mais ce parfum...

Café, chaîne-hifi, salle de bains... Histoire répétée avec d'autres hommes avec d'autres prénoms dont elle peine à se souvenir. La mémoire joue des jeux bizarres.

Drôle d'époque où elle ne trompait personne, où elle se trompait elle-même. Les choses se passaient toujours de la même façon. Elle attendait le moment où le regard allait persister dans le sien, la main se poser sur la sienne, les lèvres glisser de sa joue à ses lèvres pour jouer la comédie du désir.

Quelques secondes seulement valaient la peine : ce moment court où le cœur se serre, où le ventre se noue. Le moment du doute. Entrera-t-il dans le jeu ?

Puis le scénario classique, sans intérêt.

Le lit une place sous les photos de voyages. Une seule place pour le dissuader de rester dormir (de tout façon, aucun n'avait voulu rester).

Tout cela n'était qu'un "trompe-l'ennui", un "trompe-la-solitude". Elle paraissait sans doute plus naïve qu'elle ne l'était en réalité, pourtant elle connaissait déjà la suite, l'issue, le rien qui vient après.

Mais elle voulait qu'on l'aime, elle voulait être touchée, être caressée. Alors elle donnait ça, qui n'était pas grand chose. Ce corps sans intérêt, cette peau sans éclat qui ne tremblait même plus tant elle savait la fin. Souvent malgré tout elle se laissait aller à croire que, peut-être, quelque chose naîtrait de ce rien. La seule chose qui est restée est le vertige de cette odeur, de ce cou, cette nuque dont elle ignore même aujourd'hui les contours.

Elle a senti tant de honte d'avoir lutté avec les seules armes qu'elle avait. Mais il faut bien combattre, pour ne plus être seule. Juste le temps d'une étreinte, se bercer d'illusions.

Avoir 20 ans et n'être l'univers de personne.

Avoir 20 ans et ne pas vouloir attendre.

Apprendre que le vide sera toujours au bout.

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 12:09

Dernièrement j'animais un atelier d'écriture autour des chansons de Pierre Perret. L'une des consignes était d'écrire un texte en utilisant au moins 20 des mots listés utilisés dans le lexique du chanteur. Souvent j'écris en même temps que mes stagiaires, et ça a donné ce texte...

 

Elle a un sourire en virgule,
Des yeux saveur de pain d’épices,
Des paupières ailes de libellule,
Des cheveux noirs comme réglisse,
Un côté dimanche en famille
Derrière ses lunettes sévères,
Des pianos jouant symphonies
Dans sa voix de fontaine claire.

 

Cette année, la maîtresse est belle !
Pas comme la vioc’ du CE2
Qui sent la soupe aux vermicelles
Et qui me tirait les cheveux.
Cette année, vrai, c’est décidé,
Je serai le roi du calcul,
Le prince consort de la dictée,
L’élève que tout le monde adule.

 

Elle porte un chignon en banane,
Des nénuphars sur sa chemise,
Et le parfum qui en émane
A des volutes qui me grisent.
Moi qui suis plutôt dégourdi
Pour les bêtises et les bons mots,
Me voilà tout abasourdi
Devant ses questions de géo…

 

Y’a du turbin, comme dit mon père,
Pour rattraper tout mon retard.
J’ai rendu ses billes à mon frère.
Finie la collec’ de pétards !
Comme j’ai la trombine de traviole,
Des courants d’air dans mon dentier,
Un mètr’ quarante tout en guibolles,
C’est le charme que j’dois travailler.

 

Bien sûr elle a un fiancé
(Le contraire m’aurait paru louche) :
Un moustachu un peu frisé
Qui prend des airs de Sainte-nitouche.
Mais faut pas se laisser abattre,
J’vais lui en mettre plein les mirettes
En récitant ma table de quatre
Une pile d’assiettes sur la tête !

 

Et même si ça n’aboutit pas,
Qu’elle me prend peut-être pour un con,
Que j’connaîtrai jamais ses bras,
Que je s’rai jamais son mignon,
Y'a des raisons moins avouables
Pour devenir un intello,
Un intégriste du cartable,
Un assidu des interros.

 

Peut-être que je s’rai ingénieur,
Chirurgien ou même président !
Et je dirai que c’est mon cœur
Qui m’a mené tambour battant,
A cause d’un sourire en virgule,
Et d’yeux saveur de pain d’épices,
De paupières ailes de libellule,
De cheveux noirs comme réglisse.

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 19:29

texte écrit pour Daniel Pennac, pour que jamais personne ne l'empêche de manger des œufs mayonnaise...

 

 

Souvent au restaurant je m’enquiers des entrées…
Fi de la macédoine ou des tranches de pâté,

Des bouquets de crevettes, des salades landaises,

Je n’ai d’appétit, moi, que pour l’œuf mayonnaise !

 

Comme faisait Môman, avec des p’tits oignons,

Avant le gigotin ou la tourte aux rognons,

C’est là ma madeleine, ce qui me remplit d’aise,

Ce goût de beau dimanche dans les œufs mayonnaise

 

Il faut évidemment qu’ils soient bien préparés,

Le jaune encore fondant, le blanc assez nacré,

La sauce bien légère (pas une crème anglaise !).
C’est tout un art, mon cher, les bons œufs mayonnaise.

 

Le docteur désapprouve, mon épouse le soutient,

Mes bons amis se taisent mais n’en pensent pas moins.
A tous ces rabat-joie je réplique : « Foutaises !

Il n’y a rien de plus sain que des œufs mayonnaise ! »

 

A m’en lécher les doigts, à tacher ma chemise,

Je les préfère à toutes les autres friandises.

Vous ne blâmez personne pour des envies de fraises,

Pourquoi vous acharner sur les œufs mayonnaise ?

 

Alors je le déclare, alors je vous le clame,

Rien ne peut m’emmerder, rien ne me trouble l’âme

(Et peu m’importe même qu’à table l'on soit treize)

S’il y a devant moi de bons œufs mayonnaise.

 

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