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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 13:41

Tels de preux chevaliers attendant la sentence,

Crosse menant troupeau dans les herbes folâtres,

Certains bergers semblaient partir en pénitence.

A croire qu'ils tendaient le bâton pour se faire pâtre.

 

 

 

On connut autrefois un homme réfléchi,

Usant de la parole toujours à bon escient.

Hélas il exhalait un fumet défraîchi.

Moralité : parfois, qui ne dit mot con, sent.

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 13:46

À force de me prendre pour un meuble,

Vous avez eu la conviction

À tous les étages de l’immeuble,

Lorsque j'ai eu une promotion,

Que c'n'était pas n’importe laquelle,

Mais une promotion canapé,

Celle qui se fait dans un duel,

Sous une table, sur les dossiers.

 

La rumeur a couru longtemps

Que j'avais signé mon contrat

Sur l'enfilade en laqué blanc,

"Houpala sur le bahut bas",

Que j'aimais jouer sur la bergère,

Faire des parties de saute-mouton

Au dessus des fauteuils Voltaire,

Le derrière sur le guéridon.

 

J'en ai reçu des petits mots,

Des sourires en coin et des piques.

J'aurais embrassé des crapauds

Derrière les volets électriques.

Et au jeu des tables gigognes,

J'aurais agi sous la férule

De ce petit chef dont j'me cogne

Que vous appelez Chaise à Bascule.

 

Je vous accorde que j'en ai

Parfois des avances douteuses,

Des « Viens explorer mon buffet »,

« Causons un peu sur la causeuse »,

« Laisse donc ta porte entrouverte

Pour qu'après le repas je vienne

Boire le café sur ta desserte,

Méditer sur ta méridienne… »

 

Mais je n'ai jamais répondu

Aux propositions malhonnêtes

De ces malades, de ces tordus

Qui veulent s'asseoir sur ma banquette.

Quand je convoque dans mon bureau,

C'est pour raisons professionnelles,

Et pas pour la bête à deux dos,

Ni pour le venin et le fiel.

 

Un jour, fouraillant mes cheveux,

J'ai eu des mains trop insistantes

Avec un "mon p'tit" bien mielleux

Et une moue condescendante.

Le lendemain tout le monde savait

Que j'avais dit qu'javais des poux !

Du coup je posais mon bonnet

Sur les yeux qui mataient mes genoux.

 

Les échelons que j'ai gravis,

Je les dois à mes compétences.

Je n'ai jamais eu dans mon lit

Une personne d'influence.

Certes il paraît bien plus commode

De céder sur le secrétaire,

Mais je ne suis pas cette mode

De l'avancement les jambes en l'air.

 

Parce qu'une femme qui réussit,

C'est pas normal ? ça semble louche ?

Si elle dit non, c'est du mépris ?

C'est parc'qu'elle fait la fine bouche ?

On a voulu me faire passer

Pour quelqu'un que je ne suis pas,

Les dents longues et intéressée,

Mais je ne suis pas ce genre-là.

 

Je n'passerai pas sur le billard.

Je préfère voir les choses en face.

Aurais-je fini dans un placard

Ou virée par l'armoire à glace ?

Quoi qu'il en soit j'me fais la malle,

Qu'on ne me prenne plus pour un pouf.

J'préfère éviter les scandales

(J'en vois quelques uns qui disent ouf !).

 

Et si personne ne me console

Lorsque je pleure sur le sofa,

Cabriolet sans cabriole,

Cela ne me dérange pas.

Je pars, non sans vous annoncer,

Que je vais dev’nir directrice

D'un magasin de mobilier,

De celui qui se monte... sans vice !

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 20:44

Le thé à la mandarine,

L'infusion à la verveine,

C'est un peu ma madeleine...

Les après-midi copines

Quand on allait chez Solange

Ou que Maman recevait,

Quand la sonnette tintait,

Moi, fillette, j'étais aux anges !

 

Mes pimpantes dames du dimanche

Aux parfaites mises en plis,

Aux vêtements sans un pli,

Au parfum de roses blanches.

Je courais ouvrir la porte

Ou j'attendais qu'on l'ouvrît.

Ô gentilles fées du logis,

Dire que mon enfance est morte...

 

Comme j'aimais vos bavardages

Autour de la toile cirée !

Comme vous m'avez inspirée

Mes jolies femmes de ménage…

Je restais assise au bord

D'une chaise en formica

Dans un bol de chocolat

Aux rayures tricolores.

 

J'avais quelques dents en moins,

Les cheveux dans un ruban,

Une chasuble en tartan,

Et un léger embonpoint.

Et pour moi, quelle merveille

D'avaler vos anecdotes

Toutes en version polyglotte,

Sucreries pour mes oreilles.

 

Vous perceviez des secrets

Sous les velours des rideaux,

Sous les tapis orientaux,

Sous les draps changés de frais,

Mais vos bouches coffres-forts

Avaient ingéré les clés

Et jamais n'ont dévoilé

D'inavouables trésors.

 

Jamais d'histoires d'alcôve

Ou de propos pernicieux,

Dans vos regards malicieux

Toujours la morale fut sauve.

Vous préfériez raconter

À renforts de fantaisie

Des tout petits bouts de vie,

De quoi rire, de quoi chanter.

 

Mes belles aux mains abîmées

Par l'eau chaude et la Javel,

Mes charmantes tourterelles

Aux doigts aux jointures gonflées,

Princesses aux bras doux et forts,

À l'échine endolorie,

Aux os lourds de cliquetis

Et fatigués par l'effort,

 

Comme ma mémoire sourit

De vos joies de pur cristal,

Vos manières de carnaval,

Vos mots cocasses ou fleuris.

Et aucune question d'habits

Lorsque vous parliez chiffons,

Mais de carrés de coton

Pour nettoyer l'argenterie.

 

Moi qui ne sais pas ranger,

Diagnostiquée bordélique

À tendance cataclysmique,

Comme je vous ai admirées !

Chez moi, semaine ou dimanche,

Il n'y a pas de mise en plis,

Pas de thé d'après-midi,

Et aucune rose blanche.

 

Dans mes bols de chocolat,

Des cultures de champignons,

Et des troupeaux de moutons

Sous la table en formica...

Sur le sol toujours des traces,

Du calcaire sur la baignoire

(Et les joints qui restent noirs),

Des trous lorsque je repasse.

 

La vitre du four est sale,

Je n'parle même pas des carreaux,

Ni de l'état du frigo

Et du givre qui s'y installe,

De la poussière sur l'armoire,

Des partitions qui s'envolent,

Des livres qui jonchent le sol,

Des couverts sur l'égouttoir.

 

Ah ! souvent je songe à vous,

Qui d'un seul coup de balai,

Saviez bâtir un palais,

Et je vous envie j'avoue...

Fées penchées sur mon berceau,

Quelquefois j'aurais aimé

Avec votre art échanger

Cette plume pour le plumeau.

 

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 12:51

note au lecteur, je ne dénigre pas du tout le chromosome Y, mais il est objectivement tout petit par rapport au chromosome X…

 

 

C’est le papa, par sa méiose,

Qui fait qu’on naît fille ou garçon.

Et ça se joue à pas grand-chose

Au moment de la conception.

Pour moi c’est tombé double X,

Deux croix à cocher dans les cases.

La première : garde le sourire fixe ;

La seconde : subis et écrase.

 

Seulement je ne suis pas d’accord,

J’n’ai rien demandé à personne !

Pour moi j’n'ai pas à faire d’effort

En plus pour que ma vie fonctionne.

Porteur du chromosome Y

(Tout p’tit et qui ne paie pas d’mine),

T’as la tête grosse comme une pastèque

Quand tu penses que tu me domines.

 

Je crois que tu n'as rien compris

Aux règles de la génétique,

Car nous sommes tous deux définis

Par quatre bases identiques.

ATGC, juste quelques lettres,

Nucléotides en codons,

Nulle part on ne voit apparaître

Qu'une fille vaut moins qu'un garçon.

Peux-tu me dire sur quel locus,

À quel endroit exactement

Il est écrit qu’un mâle fœtus

Aura un rôle prééminent ?

Et ne va pas t'imaginer

Que je suis juste une côtelette

Le sexe faible, l'autre moitié,

La cinquième roue de la charrette !

Nous sommes égaux, grand bien nous fasse,

Et pour tout dire, complémentaires :

Au dos à dos, au face à face,

C'est côte à côte que je préfère.

 

Ce que tu dois à l'ADN

(Ces poils en plus, ces seins en moins,

Ces deux p‘tites masses qui battent sur l’aine

Autour de ton phallique engin)

N'a absolument rien à voir

Avec certains comportements

Que tu t'autorises à avoir

Avec les femmes exclusivement.

 

Aucun gène ne t'a donné

Le droit de décider pour moi

De me juger, de me jauger,

Je reste libre de mes choix.

L'heure à laquelle je peux sortir,

Arranger ou non mes cheveux,

M'habiller comme je le désire,

Me déshabiller quand je veux.

Ne pas m'épiler sous les bras,

Parler sciences ou politique,

Aimer la bière et la vodka,

Et sans écouter les critiques.

 

Je ne vis pas dans ton regard,

Et même si cela te démange,

Garde tes préjugés braillards,

Que je te plaise ou te dérange.

 

Mon cher jeune homme, quand tu m'agresses,

Ou tu me siffles, ou tu m'insultes,

Non seulement tu manques de finesse

Mais tu te montres bien inculte.

Parce que le code à la base,

Celui que tu devrais connaître,

C'est que nos histoires sont des phrases

Écrites avec les mêmes lettres.

 

Ne brandis pas ton p'tit Y

Pour m'accabler ou me détruire,

Range tes hormones de petit mec

Qui humilie pour se construire.

Ne me sors pas ton caryotype

Pour justifier tes agressions,

Car tu pourrais être un chic type

Si tu avais plus d'ambition :

En traitant l'autre comme ton égale,

Tu ferais preuve d'humanité,

Et tu serais homme au final,

Bien plus que tu ne l'as été.

 

C'est le papa par sa méiose

Qui fait qu'on naît fille ou garçon,

Et à vrai dire c'est peu de chose,

Tout le reste est éducation.

 

Pour qu'il n'y ait plus à cocher

Toutes ces cases dès la naissance,

Et que l'on puisse se rapprocher

Et vivre en bonne intelligence,

Je te répète sans emphase

Ce message que je veux transmettre :

Toutes nos histoires sont des phrases

Écrites avec les mêmes lettres.

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 07:12

partout

ces gens qui s'agitent

et qui courent et vont droit

ces gens qui tournoient

en riant

les bras embrassant l'air qui les porte vers demain

qui tourbillonnent

sous le châle déployé de l'été

 

moi

sur la route

j'avance un peu

comme je peux

à pas comptés

mal assurés

je me débrouille

(enfin j'essaie)

pour pas tomber

pour pas rester collée au sol

figée dans ce temps incertain

où les doutes grignotent ma tête

en y creusant leur bout de chemin

ils me dévorent et je titube

je zigzague j'hésite je vacille

je me retourne et je regrette et je m'en veux

je crois savoir où il faudrait (où je devrais) aller

mais ce n'est jamais là où mes pas m'emmènent

 

et le temps qui fuit et me précipite

dans le vide des jours sans nom

et la distance entre les êtres

qui me torture depuis cent ans

et dans le ventre des questions

et aucune réponse qui n'apaise mon sommeil

 

j'oscille

je chancelle

pauvre chandelle

qu'un coup de vent jette au fossé

je bégaie des pieds je trébuche

les genoux empêtrés

en maladresse congénitale

je ne connais pas la route

si seulement il y avait

un plan

où serait écrit "vous êtes ici"

des traces à suivre

des empreintes où glisser mes pas

 

mais il n'y a rien

rien

rien

juste les cailloux

qui roulent

sous mes pieds

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:48

on se pomponne, on se parfume,

l'eau de Cologne coule à flots,

on s'robe du soir, on se costume,

on se maquille, on se fait beau,

on se bracelète, on se cravate,

on s'mocassin, on s'talons hauts,

on se courbette, on s'délicate,

on bombe le torse, redresse le dos

 

on se "ça va?", on se salue,

on se tortille, on se cadence,

on se remarque, on s'perd de vue,

on s'garde quand même une contenance,

on se sourit, on se questionne,

on s'balbutie, on se balance

d'un pied sur l'autre, on se maldonne,

on se recule, on se distance

 

car ce soir c'est sam'di,

et les bars sont ouverts !

tous les coups sont permis,

tous les bras sont offerts

aux baisers de la nuit,

paradis ou enfer,

car ce soir c'est samedi,

le monde est à refaire

 

on se décide, on se rapproche,

on se soupire, on s'jette à l'eau,

on se déclare, on se galoche,

parfois on se prend un râteau,

on se respire, on s'abandonne,

on s'assourdit, on s'peau à peau

on se murmure, on se frissonne,

on s'électrise le long du dos

 

on s'tapisserie, on s'invisible,

on s'porte-manteau ou sac à main,

on se bougonne, on se pénible,

on se presse à être demain,

on s'"à quoi bon ?", on s'"plus ou moins",

on se rabaisse, on s'évalue,

on s'fait tout p'tit ou moins que rien,

et peu à peu on s'habitue

 

car ce soir c'est sam'di,

et les bars sont ouverts !

tous les coups sont permis,

tous les bras sont offerts

aux baisers de la nuit,

paradis ou enfer,

car ce soir c'est samedi,

pour tous les solitaires

 

on se miroir, on se rassure,

parfois on s'écoute un peu trop,

on se tant pis, on se carbure

aux verres d'alcool et aux sanglots,

on se colmate, on se coltine

ses casseroles, on se fiasco,

on se raisonne, on s'agglutine

pour pas rater l'dernier métro

 

ce soir c'était sam'di,

les bars étaient ouverts !

les coups étaient permis,

les bras étaient offerts

aux baisers de la nuit,

paradis ou enfer,

ce soir c'était samedi,

on redescend sur terre

 

on rejouera samedi prochain,

ici, là-bas ou quelque part,

aux illusions que le destin

appelle l’amour ou le hasard,

en attendant six jours durant,

on se rêvasse, on se prépare,

et dans un ballet incessant,

on se fredonne jusqu’à tard

 

que

ce soir c'est sam'di,

et les bars sont ouverts !

tous les coups sont permis,

tous les bras sont offerts

aux baisers de la nuit,

paradis ou enfer,

car ce soir c'est samedi,

rendez-vous au vestiaire

 

on se pomponne, on se parfume

l'eau de Cologne coule à flots

on s'robe du soir, on se costume,

on se maquille, on se fait beau

on se bracelète, on se cravate

on s'mocassin, on s'talons hauts

on se courbette on s'délicate

on bombe le torse, redresse le dos

 

car ce soir c'est sam'di,

et les bars sont ouverts !

tous les coups sont permis,

tous les bras sont offerts

aux baisers de la nuit,

paradis ou enfer,

car ce soir c'est samedi,

rendez-vous au vestiaire

 

 

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 08:05

Oh tu es si jolie !

Et je me sens jaloux,

Aussi je songe aux loups

Qui rêvent de ton lit.

 

Et quand il est minuit

Sur ton sage minois,

Que sais-je encore de moi

Qui meurs de jalousie ?

 

Que sais-je encore de nous,

De nos jeux qui se lient,

De ta joue qui rougit,

De nos corps qui se nouent ?

 

Des vertiges si doux

Qui nous mettent en émoi,

Des jours tissés de joie

Où la nuit se dissout ?

 

Allongé sur le lit,

Sous nos draps un peu flous

Où je sens dans mon cou

Ton souffle de bougie,

 

J'imagine nos vies

S'emmêlant quelquefois

De nuages de soie

Couvrant notre logis.

 

La cage est sans verrou.

Par quel tour de magie

Pourrais-je être assagi

Lorsque je songe à nous ?

 

Oh je me sens jaloux !

Mais ton joli minois

Se moque un peu de moi

En embrassant ma joue.

 

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 16:51

ce texte est le résultat d'un atelier d'écriture dont la consigne était d'utiliser le maximum de mots à syllabes doublées

 

Quand je portais des couches-culottes,

Papa Manman bossaient beaucoup.
Alors pour me faire la popote,

Ils ont embauché une nounou.

 

Elle était cul-cul ma nounou !

C'était une nana très bébête :

Elle perdait toujours mon doudou

Et les joujoux qui f'saient pouët-pouët.

 

Tonton Jojo et P'tit Dédé,

Quand ils passaient nous faire coucou,

Glissaient : « C'est une sacrée pépée !

Une bien jolie gosse, ta nounou ! »

 

Mais moi je la trouvais neu-neu :

Trop de manières, trop de chichis,

Elle ne connaissait aucun jeu

Et trouvait cache-cache trop pourri.

 

Son toutou était un chow-chow

Pas très fute-fute mais très poilu.
Il s'appelait Gigi, Coco ?...

Ça fait longtemps, j'me souviens plus.

 

Le soir c'était souvent plan-plan :

« Trois pages de Tintin et dodo ! »

Sinon ça sera cul-cul panpan !

Et les plus grands tubes de Cloclo.

(ben oui elle aimait les yéyés...)

 

Elle s'prenait parfois pour Sissi,

Mettait des perruques en moumoute,

Des froufrous, des tutus aussi,

C'est vous dire qu'elle était prout-prout.

 

Son mec, un kéké très blingbling

Venait de sortir de zonzon,

Le look façon "sortie de ring".
Là ça a été le pompon...

 

Tonton Jojo et P'tit dédé,

Papa Manman, Tata Lili

Ont décrété (et même Mémé) :

« C'est pas c'qu'il faut pour le petit. »

 

Alors on lui a dit bye-bye,

De peur qu'il y ait entourloupe

Avec son zinzin la canaille,

Avec son zozo au coupe-coupe.

 

Renvoyée, elle s'est fait larguer

(Enfin c'est c'que disent les cancans).

Mais elle a bien vite retrouvé

Un gogo aimant les gnangnans.

 

Elle a épousé P'tit Dédé,

En rose bonbon et en tutu.

On a chanté Le Mal Aimé,

J'ai bien mangé, ils ont bien bu.

 

Plus tard ils ont fait un bébé,

Une fille cracra mais bien jolie,

Et à vrai dire plutôt futée :

Son baby-sitter, c'est bibi !

 

Moi je perds jamais son doudou,

Je soigne ses bobos aux bonbons,

Quand elle pleure je fais des youyous

Elle rit et dit : "Encore Tonton !"

 

Alors tant pis si ma nounou

A moi était vraiment cul-cul :

C'est la manman d'la petite Loulou !

Ça vaut quelques malentendus…

 

Rien n'est jamais tout blanc, tout noir,

Mais c'est assez, trêve de blabla,

J'vous ai raconté mon histoire

Mais j’dois partir fissa-fissa !

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 20:47

L'océan qui me soulève est celui que je veux porter,

Pour des bateaux voyageant au lointain,

Pour des pêcheurs aux filets pleins ou vides,

Pour des bords de mer fidèles comme des chiens qui lèchent les orteils quand on n'y prend pas garde.

 

L'océan trace un fil droit au bout du ciel aux reflets changeants,

Un fil à atteindre ou juste à contempler,

Pour celui qui reste ou celui qui part,

Celui qui revient au port et écoute les vagues déferler

Ou celui qui cherche un ailleurs et qui hisse les voiles.

 

La seule différence entre eux est le regard qu'ils portent à l'horizon.

 

L'eau revient toujours couvrir les mêmes plages,

Elle a toujours le goût des larmes

Et le souffle inspirant qui nous pousse au départ.

 

L'océan qui me soulève est celui que je veux porter.

Alors j'écoute et je pressens

Ce qui voyage en moi et ce qui reste immobile.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:04

Parfois je pourrais

Je pourrais hurler je crois

Je pourrais exploser

Comme ces gamines qui s’affament et se cognent la tête contre les lavabos pour faire taire la douleur

Celles que les verrous des salles de bains cadenassent à se briser les poings dans les méandres de sombres habitudes

Celles qui écrivent à la lame de rasoir sur leurs bras pour qu’on les lise enfin

Qui coupent la seule chose qui leur appartient, peut-être pour dire qu’elle leur appartient

Qui voient couler le sang et pensent "ce sang qui coule est le mien"

Qui cachent leurs cicatrices quand la blessure intérieure reste toujours à vif

 

Celles qui laissent des blisters d’anxiolytiques vidés sur la table de chevet près d’un verre qui n’a jamais été à moitié plein

Celles que l'angoisse étreint toujours plus fort, et qui chancellent, déjà éteintes, sans pouvoir balbutier un mot, et qui s'achèvent le cerveau à coup de psychotropes

Celles qui ouvrent leurs yeux comme des fenêtres sur le vide, prêtes à sauter dans le désert

Qui n’ont jamais appris qu’il y a autre chose que le désert

 

Anges tombés d'un ciel sans doute trop bleu

Et que le monde frappe, et griffe, et mord au-delà de leurs forces

Monde qui leur a déchiré les ailes avant même qu'elles n'apprennent à voler

 

Celles qui ont cherché dans l'alcool ou la fumée une porte vers un autre scénario

Pour perdre pied, décoller un peu, juste un instant

Et qui se précipitent sans cesse du manque à l'overdose

 

Celles qui s'épuisent, ne peuvent pas dormir, et n'ont d'autre refuge que le silence des nuits sans sommeil,

Celles qui se vendent sans jamais rien donner

Qui n'offrent qu'une façade aux regards transparents

Qui restent insaisissables au-delà de leur corps

 

Celles qui respirent à peine, celles qui ne parlent plus

Parce que les mots s'étranglent dans leur gorge

Parce que les mots brûlent et qu'elles ne veulent pas attiser les flammes

Parce qu'elles ne peuvent pas, parce qu'elles ne peuvent plus...

Parce qu'elles étouffent, asphyxiées de doutes, écrasées de craintes

 

Celles qui ont pourtant l’avenir posé sur leur visage, inscrit dans leurs pas pressés, dans leurs doigts nerveux

Mais qui serrent déjà la mort entre leurs dents

Celles qui hésitent entre le souffle du fauve et les yeux de la proie

Celles qui ont peur, de l’autre et d’elles

Qui ont tant de rage qu’elles pourraient renverser les murs

Mais préfèrent se renverser elles-mêmes

 

Celles dont les rêves se disloquent et qui restent hagardes, les mains vides, à espérer la fin de l'errance

Celles qui s’accrochent à un regard, à un sourire, à une parole juste pour elles

Qui sèment leur détresse aux quatre vents et voudraient qu'on les sauve

 

Quand l’éclosion devient explosion

 

Oh ! Comme j'ai pu hurler avant elles !

 

Je ne renierai pas la meute

Mais le temps passe, mes sœurs, mes filles, fragiles colombes

Le temps passe et les blessures aussi

 

Patience

Le temps réparera vos ailes

 

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