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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 14:38

Quand Valérie est là ça se passe bien. J'aime bien Valérie, on s'entend bien, on fait même du covoiturage de temps en temps, même si elle ne vit pas vraiment à côté de chez moi mais on s'entend bien alors ça ne me dérange pas de faire un petit détour. En plus comme ça on arrive à deux au travail et je préfère.

C'est vrai que quand elle n'est pas là, moi je suis un peu moins à l'aise au travail. Marie et Véronique sont sympas, c'est vrai, mais ce n'est pas pareil, elles ont leur petit train-train, elles font leur trucs, leurs bidules entre elles, leur petit clan quoi, et j'ai toujours le sentiment qu'elles se taisent quand je rentre dans leur bureau.

Avec Bruno et Henri c'est parfois compliqué, Henri fait des blagues trop lourdes, Bruno est trop réservé, il me met mal à l'aise, je ne sais jamais quoi lui dire. Une fois j'ai mangé au self toute seule avec Bruno parce que les autres avaient une réunion, je n'ai même pas fini mon pamplemousse tellement le silence me pesait.

Pendant les vacances c'est parfois difficile.

Si Bruno et Véronique sont là, ça va. Véronique trouve toujours quelque chose à dire. Bruno se détend. Je crois que c'est Henri qui l'empêche de s'exprimer, de se libérer un peu.

Si Henri et Valérie sont là, ça chauffe parfois mais ça rigole quand même. Valérie est hyper féministe alors l'humour d'Henri, ça ne passe pas toujours. Mais ça rigole bien.

Le pire c'est quand Marie, Bruno et Henri sont là. Silence de mort. Je crois qu'il y a eu une histoire il y a quelques temps entre Henri et Marie, ils s'adressent à peine la parole. Alors ce n'est pas moi et Bruno qui allons mettre l'ambiance. Ces jours-là je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer chez moi !

L'été dernier on a accueilli un stagiaire, le neveu de Bruno. Avec Valérie on se demandait comment ça allait se passer. Si le neveu ressemblait à l'oncle... ça pouvait devenir un peu... Mais en fait, très bien. Le gamin hyper sociable, volontaire, à l'écoute (en fait c'était pas vraiment son neveu à Bruno mais le neveu de sa belle-soeur). Quand il est parti, il nous a fait une petite carte à chacun. La mienne est encore posée sur mon bureau. C'était marrant parce que forcément Henri, il a arrêté ses blagues (Martin, le stagiaire, avait l'âge de sa fille, donc forcément, il se contenait un peu), Marie, beaucoup plus gentille, parce qu'elle est cassante Marie quand même, avec moi elle est dure parfois... Bref, tout le monde plus cool. On l'aurait bien gardé un peu plus longtemps Martin...

Avant de poser mes congés je regarde toujours qui sera là au retour. Histoire de me préparer.

Le truc c'est que Valérie et moi on est un peu sur les mêmes projets. Du coup, on prend nos vacances en décalé et les retours sont parfois un peu tristes quand elle est partie à son tour. En fait, ce qui se passe, c'est que Marie, j'ai vraiment du mal. Elle parle tout le temps de ses gamins. Tu lui parles de l'extinction des dinosaures, elle te coupe la parole et rebondit pour te dire que son plus jeune fils a une couette avec un diplodocus dessus... Elle ne me laisse jamais enchaîner trois phrases. Et elle trouve toujours un lien, elle est très forte à ça... c'est saoulant à force.

Véronique c'est un peu pareil, mais elle est vieille fille, alors c'est avec son chien. Je connais tout son dossier médical et toute sa vie de chien : quand il a vomi, quand il s'est bien promené, quand il a cassé quelque chose, quand il a grogné sur le voisin, quand il a mis des poils sur le lit.

Ça ne m'aurait pas dérangé je crois, s'il y avait eu une petite place pour les histoires de ma petite vie à moi. Mais elles prennent trop de place.

J'aime bien les gens en général mais parfois j'ai du mal. Ils sont bizarres non ? Ils n'arrivent pas à écouter sans ramener les choses à eux. Valérie et Henri ne sont pas comme ça, ils s'intéressent, ils écoutent, il y a de l'interaction. Bruno il écoute, ah ça, il écoute... il ne parle pas beaucoup mais au moins il écoute.

Les gens sont bizarres non ? Ou c'est moi peut-être ? Je décortique trop ? J'analyse trop ? Je dissèque ? J'autopsie ? Parfois je me dis que toutes les conversations passées sont des cadavres laissés les tripes à l'air qui jonchent ma route. A trop disséquer, rien ne reste vivant. Où est ma place dans tout ça ?

J'ai pas mal réfléchi à ces choses-là. A l'équilibre des groupes. Déjà petite, l'ambiance était différente quand toute la famille était là, tous les six, ou juste mes parents, ou juste mes parents avec mon frère, ou juste ma mère et mes sœurs, ou moi seule avec mon père... Oui, l'organisation est très différente. On a chacun un rôle, un équilibre se crée... Ouais... je crois que j'ai pas un bon sens de l'équilibre moi... Je trébuche toujours à un moment.

J'ai sérieusement envisagé de travailler en solo...

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 18:17

Si un molosse qui mord l’os du mollet d’un gosse

Y perd une paire de dents dedans, est-il perdant ?

Cela dépend des dents qu’il perd : si c’est devant,

Ça va, c’est vrai que c’est plutôt les crocs qui bossent.

 

Comme disent les commères qui lisent le dico,

C'est bien le corollaire des colères des molaires :

Quand les crocs se cramponnent comme à une cuiller,

Vaut mieux pas faire le fier et filer illico.

 

La trace des crocs gravée dans le gras du mollet

(Que le molosse lassé a enfin délaissé),

Malgré la gravité, au lieu de l'éviter,

Le gosse glousse et glisse sur la cire du parquet.

 

Le gosse a pris une crosse. Je crains qu’il fasse une crasse.

Il a mal au mollet qu’il malaxe agacé.

Sagace le molosse aux voraces pensées

Sait que l’homme va foncer quand il fait cette grimace.

 

L'instant est décisif, mollet contre incisives,

Voici la crosse qui crisse sur la crasse des godasses.

Si le gosse se voyait dans la glace fugace,

Il verrait que sa face repasse à l’offensive.

 

Le molosse a une bosse, la crosse l’a assommé.

Ses dents définitives ont une douleur si vive,

Son cri vient éclipser celui qui invective

Le sale gosse : c’est le boss qui le somme d’arrêter.

 

Le boss a pris la crosse dans ses mains de colosse

Le clebs et le mouflet ne peuvent plus moufter

Plus véloce que féroce, le boss vient les gronder

Et les deux combattants ne sont pas à la noce.

 

D’un côté un molosse aux dents qui se déchaussent

De l’autre un gosse méchant cachant sa cicatrice

Il n’y a pas de morale c’est juste un exercice

S’il prend moins d’une minute alors tes vœux s’exaucent.

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 20:20

Appelle-moi quand tu reviens

Ne laisse pas passer les semaines

Détricoter les bouts de laine

Sur le brouillard de mes matins

Appelle-moi quand tu t’ramènes

 

Mes mots ont froid dans leur silence

A s'habiller de solitude

Peu à peu on perd l'habitude

De réchauffer les espérances

Mes mots ont froid en ton absence

 

Appelle-moi à l'improviste

N'attends pas une invitation

Passe au hasard d'une question

Qui te tourmente ou qui m'attriste

Appelle-moi pour que j'existe

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 18:22

Comme il faut nommer ce qu'on aime,

J'l'avais appelé Napoléon.

Je n'savais pas qu'à cause d'un nom,

On pouvait avoir des problèmes…

Car il paraît que dans la loi,

Dans le code civil de l'empire,

C’est étonnant, vous allez rire,

On ne fait pas n'importe quoi :

Il est formellement interdit

De donner à son porcelet,

Qu'il soit joli ou qu'il soit laid,

Le doux nom que j'lui avais mis.

 

Ben mon cochon ! Si j'avais su !

J't'aurais appelé Georges ou Fernand !

C'est sûr que Georges c'est moins cossu,

Et que Fernand c'est moins marrant,

Mais mon cochon, mon p'tit dodu,

J'aurais dû t'appeler autrement.

 

 

Mais c'est son regard d'empereur,

Sa prestance et sa volonté,

Son poil fin, son air décidé

Qui m'ont fait commettre l'erreur !

Je sentais que de grandes choses

Pouvaient arriver dans sa vie

(Voire même conquérir l'Italie),

Et un prénom, ça prédispose !

Monsieur le juge, mes chers jurés,

Cette mascarade est ridicule !

Si je l'avais baptisé Jules,

On ne m'aurait rien reproché.

 

Ben mon cochon ! Si j'avais su !

J'aurais sans doute choisi César !

Tant pis si c'est plus répandu,

Y avait pas de coup d'Trafalgar !

Oui mon cochon, coquin têtu,

On aurait été plus peinard.

 

 

Les points communs sont si nombreux

Entre ces deux Napoléon :

N'aimant pas la restauration,

D'origine corse tous les deux,

Sans parler de leur odorat

A priori développé…

Les livres d'histoire sont truffés

De ce genre d'anecdotes-là !

Et comme un groin dans le giron,

Ça s'anagramme la bouche en cœur,

Il paraîtrait que l'empereur

Pouvait être un sacré cochon !

 

Ben ma p'tite couenne ! Si j'avais su !

Je t'aurais laissé anonyme             

On se serait bien entendus

Sans se donner de noms intimes…

Ah ma p’tite couenne, j’suis bien ému

Comme notre faute est infime...

 

 

Les jours où je le sors en laisse,

J’aime lui mettre un beau harnais,

Car croyez-le, il est coquet !

Admirez donc ce port... d'altesse !

Cette noblesse dans la dégaine 

De mon mignon filet mignon,

Mon quadrupède en tire-bouchon,

Mon marcassin de porcelaine !

Dire que je suis en infraction

Juste pour l'avoir prénommé

Comme ce bicorne galonné…

Ah ! servez donc moi un Bourbon...

(un Louis XVIII ! et plein de glaçons !!)

 

Ben mon cochon ! Si j'avais su !

J't'aurais appelé Brian ou Steve !

Même si cela t'aurait déçu

T'aurais subi moins d'invectives.

Ah mon cochon ! Joli joufflu !

La justice part à la dérive...

 

 

S'il avait été un cheval,

Ou une autruche ou un dindon,

Il s'appellerait Napoléon

Sans que cela fasse un scandale.

C'est absolument injurieux

Pour la famille des Suidés

D'être sans cesse stigmatisés

Pour des motifs si peu sérieux !

C'est bête de finir en prison

(Enfin... de passer hors la loi)

Pour avoir donné de bonne foi

Ce nom illustre à mon lardon.

 

Ben mon cochon ! Si j’avais su 

Que tant de lois subsistent en France,

Annihilant l’individu…

Combien faudra-t-il de souffrances,

De plaidoyers, de mises à nu,

Pour qu’enfin règne la tolérance ?

 

Ben mon cochon ! Si j’avais su !

Si j’avais su, on s’rait pas venu !

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 07:46

Les mouettes

Les libellules

Qui vivent dans la lune

Volent au-dessus de nous.

Leurs ailes ont des fenêtres

Qui s’ouvrent aux quatre vents

Et font rire les fous.

 

Elles font des tourbillons,

Et des tours de manège,

Et des sauts périlleux.

Les mouettes

Les libellules

Qui s’échappent en goguette

Ont des jeux courageux.

 

Sur l’océan immense,

Au-dessus d’un ruisseau,

Perchées sur les fontaines,

Les mouettes

Les libellules

Prennent souvent le thé

En invitant la reine.

 

Elles papotent et picorent

Des miettes et des morceaux

De petits biscuits secs.

Les mouettes

Les libellules

Aiment se lever tôt

Et jouer de la flûte à bec.

 

Les mouettes

Les libellules

Aiment se lever tôt

Et jouer de la flûte à bec !

 

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 12:50

Et me voilà devant la mer.

La mer vivante

Sans cesse revenant à la charge

Contre les rochers noirs

Inexorablement immobiles.

 

Le liquide et le solide.

Le mouvant et le figé.

 

Pourquoi se jette-t-elle ainsi,

La mer,

Sur ces montagnes d'impossible,

Sur ces rocs inébranlables ?

Et sans jamais souffler ?

Simplement parce que la lune se balance

Sous le fil de l'univers ?

 

Sur le sable,

L'eau dessine des arabesques,

Fait rouler les coquillages,

Crée des sillons et des dunes éphémères

Et déroule ses dentelles fragiles...

 

Mais contre les rochers, la mer...

Elle frappe, s'immisce et gronde,

Elle écume et s'époumone,

Et ne se retire que pour mieux revenir à l'assaut.

Elle s'acharne, et s'obstine,

Et s'engouffre,

Inlassable et tenace,

Elle mousse,

Elle claque,

Elle carillonne contre les cathédrales de pierre,

Elle s'écartèle, et se fendille,

Offrant ses hanches aux algues ondulantes,

Elle éclabousse, et s'écarquille

En baisers liquides et gelés.

 

C'est sa façon d'aimer, à la mer...

Une folle qui crie contre un mur.

Elle ne sait pas faire autrement.

 

Elle a beau scintiller,

S'épuiser de soleil,

Avaler les lumières des astres infinis,

Elle n'ébranle pas le moindre grain de pierre.

 

Alors il faut l'aimer en retour.

Et dans quelques millénaires peut-être, le roc aura répondu à son étreinte.

 

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 07:58

La pierre qui roule

La roue qui tourne

Le tour qui passe

Et qui revient

Le vent qui pousse

Et qui ressasse

La mort qui rôde

Autour du rien

 

Et sur son fil

L'équilibriste

Vient démêler

La pesanteur

Le jour qui tremble

Le poids des ans

En soulevant

Le plomb des cœurs

 

Bras écartés

D'un Christ en croix

N'ayant de choix

Que d'avancer

Et de glisser

Sans balancer

Afin d'enfin

Passer le fil

 

L'air suspendu

Reste immobile

Défier la chute

Guetter l'erreur

Fixer le vide

Et l'inutile

De ce chemin

Ténu, fragile           

 

Les nuages courent

Dans le ciel bleu

Le temps d'un rêve

Un enfant rit

Et dans nos yeux

Le tour s'achève

L'équilibriste

Est reparti.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 16:42

La boue est l'élément ultime de la détresse,

De la misère et du mépris.

Ceux qu'on traîne dans la boue.

Ceux qu'on laisse dans la boue.

Pourtant ce n'est qu'un mélange d'eau et de terre :

La terre pourrait être cultivée, l'eau pourrait la nourrir.

Mais non.


La boue est collante, la boue est poisseuse.
Elle s'attache, elle s'accroche, elle marque les corps qui la côtoient.

Elle efface les visages, elle avale leur histoire.

La boue des tranchées, des inondations, la boue des camps.

Elle envahit l'espace. Elle engloutit l'humain.

 


Il faudrait assécher la boue.

Il y a trop d'eau pour trop peu de terre.

Et pourtant il y a de la terre...

Trop de larmes pour trop peu d'espoir.

Et pourtant il faut cultiver l'espoir.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 15:12

Ce n'est pas moi

Qui marche sur les pavés défaits que les chaussures accrochent

En claquant le petit matin.

 

Ce n'est pas moi

Qui m'oublie en confidences sur les murs délavés.

Ni mon reflet qui glisse sur les vitrines à peine éveillées.

Ni mes yeux qui coulent sur le désert de l'aube.

 

Sans doute je rêve.

Et dans ce songe je m'abîme et j'abîme mes ailes.


Ce n'est pas moi

Qui ne peux entrer dans la bouche des serrures,

Qui pénètre l'enfer des égouts débordant,

Ou qui crie sans écho sous les fenêtres fermées.

 

Ma voix n'a plus de pays.

Quelque chose est resté là-bas.

 

Je ne suis pas cette ville : je la traverse.

Je n'ai de ciel que mon silence.

Je n'ai d'espoir qu'un souvenir lointain.

Je n'ai demain que pour m'enfuir.

 

Ici ce n'est pas moi.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 09:39

La dernière nouveauté au théâtre à vingt heures :

Une pièce étonnante portant un nom joli

Où une chaussure de sport chante "C'est quand le bonheur ?"

Venez à la première de L'Adidas Cali !

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