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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 22:59

Ó flor da amendoeira

suave estrela invernal

Ó perfume da figueira

e sobreiros de Portugal

 

saudades da minha mãe

e memoria do meu pai

 

Ô fleur de l'amandier

douce étoile de l'hiver

Ô parfum du figuier

et chênes liège du Portugal

 

nostalgie de ma mère

et mémoire de mon père

 

Mes parents m'ont appris une langue, une histoire, un chemin.

Je connais leurs souvenirs,

le décor de leur passé,

leurs mots pour les raconter,

leur souffle, leurs éclats de rire.

 

"Le français tu l'apprendras bien mieux à l'école,

nous faisons trop d'erreurs, nos phrases sont bancales,

apprends toujours avec celui qui t'enseignera le mieux

et nous, nous avons autre chose à t'enseigner."

Et avec eux j'ai appris...

La chanson des collines couvertes d'oliviers

et leurs jeunes années qui s'en faisaient l'écho,

Les lampes à pétrole aux flammes vacillantes

les contes des vieillards,

les bottines crottées au retour de l'école

les fêtes des campagnes qui rythmaient les saisons

les récoltes trop maigres et les hivers trop longs

J'ai appris à aimer leur courage,

à eux et leurs semblables,

leur travail sans relâche au sortir de l'enfance

leur force dans l'exil pour ceux qui sont partis

volontaires ou en fuite (l'Angola j'irai pas)

leur soif de s'en sortir

quel que soit le pays

J'ai appris une époque,

ce qu'est une dictature,

ce qu'est la liberté quand des oeillets, aux fusils des soldats, éveillent tout un peuple

J'ai appris l'humilité

dans les bras de ma mère

à l'entendre dire "je ne sais pas", elle qui sait tant de choses qui donnent sens à la vie

J'ai appris la persévérance

dans les yeux de mon père,

le temps qu'il faut toujours pour construire sa route 

J'ai appris qu'être fille d'immigrés ou fille de la femme de ménage

n'est ni cause de honte, ni source de fierté,

juste un état des faits, et que chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il est.

 

"Apprends toujours avec celui qui t'enseignera le mieux"

mes parents m'ont appris à écouter et regarder

des gens comme eux, ou comme moi,

les anonymes, les figurants,

et voir le beau et vouloir cueillir la poésie au coeur de chaque humain

 

Ó flor da amendoeira

suave estrela invernal

Ó perfume da figueira

e sobreiros de Portugal

 

saudades da minha mãe

e memoria do meu pai

 

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 08:25

On déambule sur la digue

Ou on trottine sur le sable

Fixant de nos yeux insatiables

L'horizon où d'autres naviguent

Le Val André c'est agréable...

 

Y'a des gentilles mamies caniches

Qui promènent leur solitude

Des bourgeois et leurs habitudes

Des adolescents qui s'entichent

Et des touristes qui se dénudent

 

Des magasins de souvenirs

Cartes postales et crêpes au beurre

Le casino et les demeures

Qui nous tirent bien des soupirs

Eveillent des envies de grandeur...

 

On s'arrêt' devant les annonces

De trois agences immobilières

Ca nous met l' moral au vestiaire

On sait bien qu'il faut qu'on renonce

A prendre ici not' pied-à-terre

 

Malgré nos finances de babas

On a des rêves de bobos

Ca coûte bonbon mais c'est si beau

Alors le soir on va là-bas

Après la journée de boulot

 

Ni vacanciers ni permanents

Juste des voisins qui s'invitent

Pour une glace ou des moules frites

Pour quelques heures ou un moment

On s'permet une petite visite

 

Le vent chatouille nos orteils

On regarde la mer qui s'emballe

Retour en banlieue de Lamballe

Mais la campagne c'est pas pareil

Nous on rêve de mettre les voiles

 

On s'dit qu'la mer c'est pour tout l'monde

Les grains de sable ne savent pas

Si c'est le pied de Jessica

Ou celui de tante Cunégonde

Qui les foule en pas d'entrechats

 

Alors demain quoi qu'il advienne

Qu'il pleuve ou qu'il fasse grand beau temps

On reprendra la clé des champs

Pour notre balade quotidienne

Les pieds dans l'eau cheveux au vent.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:36

Y'a d'la paresse qui pousse

Dans l'jardin d'sa tendresse.

Du lierre et de la mousse

Envahissent ses caresses.

Et la vanille en gousse

Qu'elle glissait dans ses tresses

Perd dans ses nattes rousses

Son parfum de promesses.

 

A se tourner les pouces

Les mourons apparaissent,

Les sentiments s'émoussent

Comme un outil qu'on laisse.

Le jardin devient brousse

Où se perd sa jeunesse.

Il l'a connue si douce

Et elle le fuit sans cesse...

 

Il revoit sa frimousse,

Sa bouche pécheresse

Qu'un grand rire éclabousse

Dans ses matins de liesse.

Et son dos qui se vousse,

Sa chevelure épaisse

Aujourd'hui le repoussent

Sans fiel et sans tristesse.

 

D'autres crient, se trémoussent,

Elle, se tait, sans faiblesse,

Sans un mot ni secousse,

Et ses pas disparaissent...

Son silence le détrousse

Des espoirs qu'il s'empresse

De lancer à ses trousses

Pour cacher sa détresse.

 

Mais rien à sa rescousse,

S'abat la sécheresse

Qui tue mourons et mousse.

Son absence le blesse

Gravée en taille-douce

Pour amants et maîtresses...

Et c'est ainsi que poussent

Des jardins sans adresse.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:05

je prends votre courrier   

j'arrose vos ficus             

j'appelle le plombier        

je trie les prospectus    

 

je surveille l'ouvrier                

qui répare les fenêtres         

je nettoie l'escalier                  

et les taches de salpêtre       

 

j'étudie les devis                      

pour changer les serrures     

j'appelle la mairie                   

pour la benne à ordures

 

je dis toujours bonjour

j'n'écoute jamais aux portes

(quelquefois dans la cour

mais jamais ne colporte)

 

je bichonne vos fleurs

prends soin de vos foyers

console quand ils pleurent

vos enfants si choyés

 

je veille sur vos ados

qui rentrent un peu trop tard

j'remplis leur sac à dos

de tranches de quatre quarts 

 

vous partez en congés

et moi je sors Killer 

et j'essaie d'oublier     

qu'j'ai peur des Rottweilers

 

je change les litières

de vos chats capricieux

je suis aux locataires

ce que l'ange est aux cieux

(l'ange gardien bien sûr) :

indispensable !

 

métier multifacette

et qui rime avec vierge

finie la devinette

je suis votre concierge 

 

fonction diplomatique

dont l'étymologie

n'a rien de bien phallique (quoique...):

détentrice de bougies

 

ou suivant les versions

compagne d'esclavage

choisissez votre option

je fais du gardiennage

 

oui c'est mon sacerdoce

mon boulot à plein temps

moi je brique et je brosse

de l'été au printemps 

 

entrez donc dans ma loge

où je suis la vedette

mais personne ne déroge

au port des patinettes

 

je suis un second rôle

pensez-vous messieurs dames,

figurante que l'on frôle ?

Mais... j'ai tous les Sésame

 

à défaut de César

pour l'interprétation

des ficelles de mon art

en organisation

 

je n'ai qu'un seul défaut, 

est-ce bien répréhensible ?

tant va la cruche à l'eau

que je suis susceptible

 

en période d'étrennes

particulièrement

gare à celui qui traîne

à me faire un présent

 

car je peux tout autant

êtr' l'ange de la maison

qu'agir en attisant

les feux des pires démons :

 

déchirer le courrier

épiler vos cactus

renvoyer l'ouvrier

le traiter de minus

 

épier vos amants

prévenir vos maris

qui en font tout autant

sur leur pause de midi

 

faire gonfler les devis

me réserver une part

faire une surprise party

inviter des clochards

 

un merci c'est bien peu

mais est-ce déjà trop

pour vos sales morveux

qui salissent mes carreaux?

 

devant leurs potes crier

"pour tes pipis au lit

ta psy a appelé

t'as rendez-vous mardi"

 

la veille de votre mariage

oublier au pressing

oh vraiment c'est dommage

votre veste de smoking

 

mettre de l'encaustique

bien glissant bien huileux

aux sites stratégiques

aux endroits dangereux

 

cacher dans la gamelle

de Kiki le carlin

une dose mortelle

de fluidifiant sanguin

 

appeler l'air de rien

l'URSSAF et les impôts

leur dire qu'elle travaille bien

la bonne de Bamako

 

j'ai bien d'autres idées

de charmantes bêtises

et si c'n'est pas assez

j'vous réserve une surprise

 

je prépare un roman

où tous les personnages

s'inspirent grandement

des gens dans les étages

 

d'ailleurs c'est amusant

les couples du premier

ressemblent étrangement

à ceux qu'j'ai poignardés...

 

ah bon vous ne savez pas ?

je suis en réinsertion...

j'n'en ai pas fait état 

en sortant de prison ?

 

oh... erreur de jeunesse

une pulsion gratuite

depuis cette maladresse

j'ai une bonne conduite

 

je vous laisse, le facteur

apporte un gros colis

j'adore les jolies fleurs

les enveloppes bien remplies   

 

allez n'oubliez pas

vous êtes sous mon emprise

et j'aime les chocolats

sauf ceux à la cerise 

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 22:46

Nous poètes qui sommes les descendants d’Orphée,

Pensons aux autres hommes qui n’eurent point nos fées

Pour se pencher un jour sur leurs berceaux fragiles

Et donner à leurs plumes des tournures habiles,

 

Ceux qui n’ont pas les mots pour dire ce qu’ils ressentent,

Qui portent leur fardeau, se noient dans la tourmente,

Sans qu’un vers, une phrase ne puissent les consoler,

Et qui dans le silence avancent désolés.

 

Souffrent-ils moins ces autres ? Ont-ils donc moins de peine ?

Ne pas avoir les mots rend-il l’âme sereine ?

A ne pas l’exprimer, a-t-on moins de chagrin ?

Faut-il être poète pour être plus humain ?

 

Orphée est au supplice et sa voix se déchire,

En perdant Eurydice il a su nous le dire.

Mais l’amour disparu dans les yeux du poète

Laiss’-t-il un plus grand gouffre qu’en pupille muette ?

 

La détresse de l’artiste a-t-elle plus de valeur ?

Son bonheur plus d’éclat ? Son rire plus de saveur ?

Ses larmes plus de sel ? Il me semble que non :

Ces choses sont réelles sans qu'on leur donne un nom.

 

Et le cœur de Christian avait-il moins de flamme

Que n’avait Cyrano pour la main de sa dame ?

Dans les faits, aurait-il été moins bon mari,

Piètre amant, mauvais père ? Ou l'aurait-il trahie ?

 

Nous avons il est vrai cette disposition

A faire avec aisance jaillir les émotions,

Car nous savons parler, et nous savons transmettre...

A nous de décider ce que nous souhaitons être.

 

Les mots sont avocats lorsque l’âme est coupable

Et une part de nous-mêmes vendrait ses vers au diable,

Mais n'est-il pas plus juste de se faire serviteur

Plutôt que de briguer de futiles honneurs ?

 

Doit-on se glorifier de notre seul mérite

De savoir formuler des pensées sélénites ?

Or pour ma part j'ignore d'où me viennent ces vers :

Je suis passeur de mots, le reste est un mystère.

 

Mais si ma plume peut dessiner un sourire,

Effacer une larme, engendrer un soupir,

C'est un rôle que j'accepte, même sans le comprendre,

Etre témoin du monde, c'est grisant à tout prendre.

 

Nous poètes qui sommes les descendants d’Orphée,

Gardons bien à l'esprit que nos nuits assoiffées

De visions et d'idées, de rimes et de doutes,

Trouvent écho au matin de ceux qui nous écoutent.

 

Donnons à leur douleur, prêtons à leur silence

Ce don qui entretient dans les autres consciences

Une étincelle de rêve ou de lucidité

Et agrandit chacun d'un peu d'humanité.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 17:06

Je me sens andalouse

Et mes lèvres jalouses

S'emparent de ta bouche

Comme on cueille l'orange

Avant de la jeter

 

Je me vois sévillane

Et mes dix doigts se damnent

Pour chasser quelques mouches

Que la chaleur étrange

Sur mes mains a posées

 

Sous les robes à volants

Les talons martelant

De leur rythme rageur

La brûlante poussière

Répètent un chant ancien

 

Et je deviens Carmen

Pâle devant l'arène

Où un torero pleure

En habit de lumière

Sous l'oeil des bohémiens

 

Je suis dans l'Alcazar

Aux plafonds mudejar

Aux murs frais et sereins

Couverts de mosaïques

En anis étoilé

 

Je suis l'après-midi

Qui somnole engourdi

Dans l'été souverain

D'un rêve oecuménique

Qui file inconsolé

 

Je me fais grenadine

J'élève des collines

En Sierra Nevada

Je sais la mer au loin

Où mon passé s'envole

 

Et dévalant ses tours

Vite et le souffle court

Je dévore l'Alhambra

A l'ombre des jardins

Que le soleil affole

 

Je suis Guadalquivir

Fleuve qui va et vire

Eau verte de promesses

Qui accroche à ses rives

Des villages blancs de chaux

 

Je m'égare dans Cordoue

Vivre y paraît si doux

Céder à mille ivresses

Partir à la dérive

Aux nuits de ton corps chaud

 

Les colonnes de marbre

Qui figurent autant d'arbres

Roses et gris de silence

Dans la mosquée des uns

Des autres cathédrale

 

Et je vous apostrophe

Statues de philosophes

Poètes hommes de science

Dans les rues et recoins

Aux parfums de santal

 

Cadix Jerez Huelva...

 

La barrière de Ceuta

Qu'on n'a pas pu franchir

 

Il reste le détroit

Quand on est clandestin

 

Mais un courant trop fort...

Et nos yeux déjà morts...

Adieu Guadalquivir

Adieu terre de joie

Qui scella mon destin

 

Jamais je ne serai

Espagnole jamais

Et notre embarcation

N'a rien d'une caravelle

Mais devient noir tombeau

 

La mer aux mains affreuses

Arrache les danseuses

Des bras des illusions

Et elle a pris cruelle

Mon dernier flamenco

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 22:54

Ce n'est pas dans l'ordre des choses

C'est pas comme ça que ça se passe

Bourgeon après la fleur éclose

Epilogue avant la préface

 

L'hiver qui survit au printemps

Toi qui pensais avoir le temps

Et moi qui le comptais déjà

 

Parfois j'oublie et dans mes rêves

Tu rends visite à mes vieux jours

Ce n'est plus ta vie qui s'achève

Ce n'est plus ton compte à rebours

 

Tenant ma main dans ta main fraîche

A mon chevet tes larmes empêchent

Les miennes de couler tout bas

 

(Mais c'est moi qui suis près de toi)

 

Jamais je n'aurais pu songer

Que ce lit aux draps anonymes

Verrait l'avenir s'envoler

Sans volonté vers ces abîmes

 

J'aurais aimé que tu ignores

Et pour quelques années encore

Que demain n'est parfois qu'un mot

 

Se souvenir de toi enfant

Courant après les lézards bleus

Tes yeux ton rire adolescent

Le mouvement de tes cheveux 

 

Derrière ce corps revoir ton être

Ce jour où nous t'avons vu naître

Comme on est loin de ton berceau

 

Ce n'est pas dans l'ordre des choses

C'est pas comme ça que ça se passe

Les coups après les ecchymoses

Le supplice avant la menace

 

Les estuaires avant la source

Et la fatigue avant la course

Que personne ne gagnera

 

Ce n'est pas dans l'ordre des choses

Et moi qui me consolera ?

Comme un brouillon que l'on expose

Une blessure avant le combat

 

Un soir qui survit au soleil

Un regard qui cède au sommeil

Et une aurore qui ne vient pas

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 20:37

En sortant du cinéma

Il prend des airs de voleur

D'homme d'affaires ou de malfrat

Dans un décor de thriller

 

Le trottoir devient Broadway

Sous l'averse de confettis

La rue murmure des regrets

Dans un air de Visconti

 

Son parapluie se transforme

En un fusil mitraillette

Son bonnet en haut de forme

Son blaze en veste à paillettes

 

Un réverbère lui fait de l'oeil

Il joue celui qui l'ignore

Il fonce dans un tas de feuilles

En mimant un toréador

 

Mais s'il croise le regard

D'une panthère d'une amazone

Il a le coeur en nénuphar

Tous les taxis deviennent jaunes

 

Il a vingt ans, il est grand-père

Il est marin, aventurier,

Il a enterré trois compères

Hier sous le grand cerisier

 

Quand le film est un navet

Il a le pas jardinier

Et quand les acteurs sont laids

Il fait le jeune premier

 

Au pied des grands HLM

Il devient un peu sérieux

Il est abonné au thème

Du genre social silencieux

 

En rentrant dans son deux-pièces

Il jette un oeil à Wanda

Le poisson de la kermesse

Qu'il a eu à la tombola

 

Il fait chauffer la bouilloire

A la façon film d'auteur

En cherchant dans un tiroir

Le paquet des petits-beurre

 

Il met un peu de musique

Sur le vieux poste radio

La BO est éclectique 

Ca colle avec le scénario 

 

En se glissant sous la couette

Dans ce lit où il est seul

Il repense à une starlette

En soufflant sur son tilleul

 

Sûr qu'il aurait pu en faire

Des films de cape et d'épée

Des castings pour des gangsters

Des dérapages contrôlés

 

Avec son regard de braise 

Il aurait fait des groupies

Il aurait causé des malaises

En saluant sur les tapis 

 

Son sommeil est un écran

Où il passe des comédies

Et des drames de temps en temps

Où il joue le type incompris

 

Mais quand le réveil sonne

Que lundi ouvre les yeux

Entre bouchons et klaxons

Il retourne à sa banlieue

 

Magazinier en semaine

Célibataire endurci

Dépassant la cinquantaine

D'une tête dégarnie

 

Le film du dimanche soir

C'est son poison son opium

Entrer dans la salle noire

Pour lui c'est marcher sur Rome

 

Un soir peut-être il ira

Voir un nouveau long métrage

Sur un fan de cinéma

Ayant à peu près son âge

 

Il pourrait réaliser

Que dans son monde bancal 

Dans sa vie un peu cassée

Il tient le rôle principal

 

En sortant du cinéma... La rue paraîtrait réelle... Sans filtre de caméra... Serait-elle vraiment moins belle ?

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 09:15

TER

il y a les habitués

ceux qui ont leur carte d'abonnement

qui ont leur place attribuée

dans un des wagons de devant

 

il y a les toutes premières fois

ceux qui regardent leur billet

qui vérifient leur place trois fois

et qui ont souvent l'air inquiet

 

il y a les contrôleurs

qui portent casquette ou bibi

et qui traquent les non poinçonneurs

et qui a oublié  ? ben c'est bibi 

 

c'est le train-train c'est le train-train

c'est le train-train du train

c'est terre-à-terre un TER

et ça fait pas l'tour de la terre

 

y'a les valises rangées en haut

qui menacent d'assommer en bas

les téléphones qui sonnent faux

et le mien qui ne sonne pas

 

y'a toujours un sandwich au thon

mangé à l'autre bout de la voiture

un dormeur qui fait des ronrons

un voisin qui sent la friture

 

il y a des joueurs de tarot

et pas loin forcément un chien

un étudiant à grand chapeau

qui lit une BD de Tintin

 

c'est le train-train c'est le train-train

c'est le train-train du train

c'est terre-à-terre un TER

et ça fait pas l'tour de la terre

 

y'a des  "oh ça fait un bail dis donc !

et t'as des nouvelles de Denis ?"

y a des réponses sans question

des phrases pour tromper l'ennui

 

y'a des "deux minutes d'arrêt"

des "correspondances pour Paris"

des gens qui ont froid sur le quai

et des gares que le train oublie

 

il y a les petites tablettes

fixées sur le siège de devant

pour ceux qui roulent leur cigarette

en attendant en attendant

 

c'est le train-train c'est le train-train

c'est le train-train du train

c'est terre-à-terre un TER

et ça fait pas l'tour de la terre

 

il y a les vendredis soir,

les vacances, les lundis matin,

ces moments où, au désespoir,

on tuerait pour un strapontin

 

y'a des "pardon c'était votre pied ?"

"excusez moi je veux descendre"

des sudokus des mots croisés

et de temps en temps un esclandre

 

y'a les gamins des internats,

livres de cours et linge sale

qui font un sitting de rires gras

y'a ceux qui lisent leur journal

 

c'est le train-train c'est le train-train

c'est le train-train du train

c'est terre-à-terre un TER

et ça fait pas l'tour de la terre

 

il y a parmi tous ces gens

des rêveurs et des voyageurs

des très sérieux, des très marrants

et toujours un marmot qui pleure

 

tous différents tous usagers

embarqués dans la même galère 

car du plus jeune au plus âgé

nos rêves, c'est pas des TER

 

on rêve d'air pur, on rêve d'espace

bouffer le monde à pleines dents

pour nous finie la seconde classe

trop p'tit pour nos jambes de géants

 

plus de train-train, plus de train-train

plus de train-train du train

ciao bye-bye le TER

on part faire le tour de la terre

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 09:24

en portugais, thé se dit chá

 

est-ce pour cela que mon chat châtré très taché

tâche de tremper ses moustaches dans ma tasse chaude

où mon thé maté chante* ?

mais si mon chat matou se brûle la trachée,

il déchantera et laissera mon thé pour chasser les rats

le scélérat

 

 

*petite explication pour le thé maté qui chante : mon arrière-grand-mère buvait le thé maté comme les Sud-Américains : dans une calebasse avec une paille argentée. Quand il ne reste presque plus d'eau chaude dans la calebasse, l'aspiration dans la paille fait un bruit particulier.  Quand elle entendait ce bruit, il paraît que ma bisaïeule disait : "le maté chante, il faut rajouter de l'eau".

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