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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 10:24

D'un flacon extrait des flots sortit un génie.

Devant ses trois sauveurs, il s'étira, ravi,

Puis donna à chacun la faveur d'un souhait.

"Etre un poisson volant !" dit le trio d'un cri.

Ainsi fut fait et chacun d'eux fut exocet.

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 22:35

J'ai du sommeil et du chagrin
et je ne sais lequel des deux
me pique la peau
me dévore les yeux
sous l'inquiétude chaude des paupières.


J'ai du sommeil en retard
et du chagrin en avance
(toujours en avance mon chagrin)
et c'est l'hiver qui toque à la vitre,
mes larmes sur mes joues
et mes yeux qui s'embuent.


Mon sommeil parfois rattrape mon chagrin.
Ils ne font pas la course,
ils se tiennent la main
puis s'enlacent et se blottissent tous deux
sur l'oreiller qui console et oublie,
et parfois oublie qu'il console.


Et moi je les regarde de loin
aller, main dans la main,
mon chagrin et mon sommeil,
boire aux fontaines grises d'un souvenir perdu.

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 08:18

D'un métier, le tempérament est le reflet.
Un lapin belliqueux et un canard servile
Recherchaient un emploi.  Et l'adage est si vrai
Que le destin, qui sillonnait aussi la ville,
Fit le lapin chasseur et le canard laquais.

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 19:39

Si personne n'écoute

Si malgré le silence

Si personne pour moi

Si personne n'est là,

par pluie ou grand soleil

ma parole s'assèche.

 

 

Si personne n'écoute

pas même le ruisseau

pas même le brin d'herbe

pas même les fenêtres que j'aime tant guetter,

ma parole n'a plus

les mots pour les décrire.

 

 

Si personne au balcon de mon cœur tout meurtri, plié et replié, de plus en plus petit

(mon cœur plein de tempêtes et à peine essoré, caché même oublié au fin fond d'une poche d'un manteau élimé),

Si personne ou rien

(le vent n'est pas passé me voir depuis longtemps)

Si personne à m'attendre

Si personne à m'entendre

Et ma phrase en suspens

qui jamais ne finit...

 

 

Si personne ne crie

en me voyant jeter

à travers la fenêtre

(celle que j'ai tant guettée)

et mon cœur et mes mots

et le vent de l'absence,

alors

...

 

 

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 22:07

à dire à plusieurs voix (d'abord une voix, puis deux, puis 4, puis collégialement) avec rythme percussif (pieds, ou poing sur table)

 

Entends-tu ce murmure ?
C'est le feu de la forge,
c'est le sanglot qui court
jusque dedans nos gorges,
qui déchire nos ventres
en remontant nos corps,
le temps d'ouvrir les yeux
dans ce premier effort.

 

Le murmure grandit
et se fait mieux entendre.
Il raconte une histoire
qui renaît de ses cendres :
c'est l'envie d'avancer,
redevenir humain
pour le peuple à genoux
qui se brise les poings.

 

Entends-tu ce murmure ?
La vague des consciences
dans de clairs lendemains
qui retrouvent du sens.
Car devant leur silence,
leur douleur sous les coups,
peut-on laisser nos frères
ne pas vivre debout ?

 

Écoute ce murmure,
sans le laisser s'éteindre.
Laisse le poids du monde
te toucher et t'étreindre.
Ouvre tes si bras frêles
qui ont tant à donner
à ceux qui pour un rêve
ont tout abandonné.

 

Multiplie ce murmure !
Qu'il s'immisce jour et nuit
dans les cœurs trop figés,
dans les regards transis.
Nous avons des mémoires
dont le fil se défait.
Nos lèvres ont oublié
qu'elles disaient : "Plus jamais !".

 

Donne voix au murmure,
qu'il se fasse clameur,
qu'il franchisse les murs
qu'il réduise nos peurs.
Et deviens ta parole,
fais toi porteur d'espoir.
Qu'une nouvelle école
nous apprenne à nous voir.

 

Ce n'est plus un murmure,
c'est devenu un cri
qu'on reprend dans les rues
où se dissout la nuit.
C'est la vie qui explose
dans un dernier effort.
Nous n'aurions jamais cru
que nous serions si forts.

 

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 21:57

Le café fume entre ses paumes fatiguées,
lui réchauffe le ventre et le sang.

 

Les racines noueuses des oliviers
creusent de nouvelles rides sur ses mains.
Sur la route du retour,
le temps d'une halte dans un restaurant de station service,
il entend parler
la langue des ancêtres
que l'exil n'a pu effacer.


Il laisse la tasse de café vide
et reprend sa place dans le car.
Squelette balloté sur le siège cahotant.
Et sa chair autour,
et ses muscles, harassés
d'avoir tant travaillé,
vibrent au diapason de la mémoire.


Route de poussière.
Peuple de poussière.


On devine des métaphores qui courent
sous les paupières fines des passagers.
Une espérance,
l'hymne des colombes,
et les festins de figues et de soleil.

 

Peu à peu,
"là-bas"
redevient
"ici".


Les langues s'inversent,
l'horizon module les voyelles.


L'identité se reconstruit dans une parole.

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 15:26

Les gens n'imaginent pas à quel point je souffle... Et pourtant je souffle énormément.

 

Je ne le dis pas, mais parfois, les autres, autour, le voient bien, que je souffle. Certains compatissent. D'autres ne comprennent pas, voire me tancent :

"Eh bien ! Vous ne manquez pas d'air !" ou alors "Allez ! Vous vous dégonflez ! Un peu de courage !"

Ce n'est tout de même pas de ma faute si je souffle autant ! Un peu d'indulgence, d'humanité. Depuis petite je souffle. Je souffle de stress, de solitude, d'ennui. Même quand j'ai un soupirant, je souffle... quand il me gonfle. Une petite contrariété, une attente trop longue, un mot de travers et ça y est, je souffle. Je suis trop sensible, c'est assez fou. Je ne connais personne qui souffle autant que moi. Ce n'est pas une vie.

 

Pour y remédier, pour que je souffle moins, on m'a suggéré de voir un médecin. Mais moi les médecins, je n'aime pas trop ça. Que peuvent-ils bien faire pour soulager leurs patients qui soufflent ? Et puis moi je ne suis pas patiente. Il paraît d'ailleurs que c'est pour ça que je souffle.

 

Je trouve très admirables tous ces gens qui soufflent intérieurement en silence. Je ne sais pas comment ils font, il doit y avoir une technique, une astuce pour que cela reste intérieur, que ça ne sorte pas. Ils soufflent sans en avoir l'air. J'en ai vu, ça m'a soufflée. Moi je ne peux pas, je souffle parfois à en mourir : j'expire, littéralement, j'expire à fond.

 

Un jour je serai à bout de souffle, ça sera peut-être le dernier ? Mais avant ce jour-là, j'espère en trouver un nouveau.

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 16:36

Parfois je fais du bruit : je papote, je discute, je palabre, je jacasse. Je suis un peu jacasseuse. Une vraie pie.

Alors parfois (cela n'arrive pas souvent mais parfois), on m'intime l'ordre de me taire.

Ce avec quoi je ne suis absolument pas d'accord. Et je ne me tais pas, au contraire, je le dis : "L'intime et l'ordre n'ont rien à faire ensemble !" J'en ai l'intime conviction.

L'intime, c'est le profond, l'essentiel, la signature de l'être, sa plus juste définition, ce qui ne ment pas, ce qu'on cache parfois, qu'on ne montre qu'avec parcimonie. L'intime et l'ordre n'ont rien à faire ensemble.

L'intime, c'est ce qui bouscule, ce qui chamboule ou déboussole, ce qui console. On ne peut pas être consolé si on nous ordonne.

L'intime, c'est le secret gardé, la confidence offerte. L'intime, c'est la pudeur, le fragile, la petite porcelaine toute fine qui nous sert de palpitant et qu'on autorise l'autre à manipuler avec mille précautions. C'est la vie privée, ce qu'on refuse farouchement de donner à tout le monde (le monde privé de notre soleil le plus enfoui et de nos ombres inavouables).

L'intime, c'est ce qu'on donne à corps perdu, à mains ouvertes, à bouche pleine de mots d'amour. Et on n'ordonne pas la bouche pleine !

Alors on n'ordonne rien à l'intime !

Et on n'intime pas d'ordre ! Et surtout pas celui de se taire !

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 15:18

"Mais tu es complètement à côté de la plaque !" m'a-t-on dit un jour où je ne comprenais absolument rien à la conversation en cours. Apparemment il me manquait des "références", ou du "bon sens", ou de la "vivacité d'esprit"... Toutes ces choses qui caractérisent les gens qui ne sont pas à côté de la plaque. Ceux qui, par conséquent, sont sur la plaque. C'est d'une logique implacable : si on n'est pas à côté d'une plaque, on se trouve dessus (ou potentiellement dessous, pour qui exerce la profession d'égoutier).

 

Pour être entendu et respecté, mieux vaut se trouver sur la plaque, pas à côté. Seulement il faudrait savoir de quelle plaque il s'agit. Je ne voudrais pour rien au monde être sur la plaque de cuisson. De même, aucun moucheron n'ambitionne de terminer sa courte existence sur une plaque d'immatriculation. Un éminent spécialiste en odontologie peut éventuellement discourir sur la plaque dentaire, mais vous conviendrez que cela n'arrive pas tous les jours de parler de tartre à la crème des dentistes.

 

Pour faire mon intéressante, lorsque je me suis retrouvée en porte-à-faux, j'ai déclaré que nous étions tous sans exception sur une plaque tectonique et que je n'étais donc pas à côté de toutes les plaques. Ma réplique sur les plaques n'a pas eu l'air d'ébranler grand monde. Les regards posés sur moi étaient glaçants.

Mais cela ne me fait ni chaud ni froid d'être à côté de la plaque. Je le vis très bien. D'ailleurs, si c'est en-dehors du tableau qu'on voit le mieux le tableau, n'est-ce pas logiquement à côté de la plaque qu'on voit le mieux la plaque ? C'est tout de même moins inconfortable que de marcher à côté de ses pompes.

 

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 20:36

Quand je serai seule au pied des arbres nus,

au pied des illusions enfuies,

figée dans l'indifférence du monde,

qui viendra me chercher ?

Moi, tourterelle écorchée

au lance-pierres du temps qui passe.

Une tache rouge en pendentif sur le collier de mon cou

et quelques plumes mortes

pour tout bagage.

 

 

Qui viendra ?

Un ange ? Un démon ?

Un cosmonaute qui me glissera dans son sac rempli d’étoiles éteintes ?

Une reine terrible sur un chariot de feu ?

Ou tout autre personnage de contes de fée,

de ceux qu'on sert aux enfants

comme on distribue la soupe aux affamés ?

 

 

Qui prendra ma main

qui n’a saisi que du vent,

qui n’a pas même tenu l’humanité dans une boucle blonde ?

Qui écoutera ma voix

qui n'aura raconté que l’attente ?

 

 

Et qui m'accompagnera au bord du précipice ?

 

 

Personne peut-être.

 

 

À l’heure de faire nos adieux

aux vagues et à l’écume,

les réponses souvent se mélangent et se désagrègent.

Les voyages les plus lointains se font souvent seuls.

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