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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 00:15

Ma banane est tombée.

 

Dans ma bonté

Je la ramasse,

(ça me harasse).

Je la tâte

Puis constate

Qu'elle est mûre mûre,

Qu'elle est  fort molle,

 

Que je dois

(que de joie...)

La manger.

Là j'en mets

Partout,

Tout part

En purée

(purée !).

 

Plus jamais

Jamais plus,

En dessert

Je ne sers

(c'est sacré)

De banane écrasée.

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 21:40

Ce n’est pas qu’il soit très important que je retrouve ma carte de fidélité du supermarché du coin. Non, bien sûr, je peux m’en passer de ma carte. Elle ne donne pas tellement de réductions vous savez, et puis il faut prendre toujours les produits signalés, par lots de trois ou quatre, et parfois des choses dont on n’a pas besoin. Pour avoir plein de points l’autre fois j’ai pris une tondeuse. Je n’ai pas de jardin...

 

Au fond vous voyez, ce n’est pas grave, c’est même peut-être une opportunité de changer de magasin, si je n’ai plus ma carte… Mais dans l’autre magasin, ils me proposeront là encore une autre carte, on me la tendra en me listant une multitude d’avantages et je me connais, je céderai… Alors je ne veux pas forcément aller dans un autre magasin, je ne veux pas forcément avoir une nouvelle carte, alors je viens vous demander si vous ne l’avez pas retrouvée.

 

Parce que j’ai des courses à faire voyez-vous et si je n’ai pas ma carte, ma carte de membre, je ne peux pas y aller. Je ne veux pas forcément faire partie d’un autre groupe, je me suis habituée au logo. Puis je connais bien les rayons, je dis bonjour au traiteur, et les dames qui rangent les boîtes de conserve dans les rayons, elles me reconnaissent. J’ai mes habitudes. Je crois même qu’ils doivent s’inquiéter s’ils ne me voient pas y aller.

 

Je ne sais pas comment je l'ai perdue, elle était dans mon portefeuille, derrière ma carte vitale, à côté des timbres poste. Et mon portefeuille ne sort jamais de mon sac. J'ai toujours le même sac à main vous savez. J'aurais pu changer de temps en temps de sac, mais c'est fastidieux de devoir transvaser les affaires d'un sac à l'autre alors je garde toujours le même. Un marron en vieux cuir. Enfin, un vieux marron en cuir. Parfois quand je veux porter mon manteau noir (j'ai d'autres manteaux mais parfois je veux porter mon manteau noir), je trouve que ce n'est pas du meilleur goût avec mon sac à main. J'ai deux possibilités dans ces cas-là. Soit je sors sans mon sac avec mon manteau et je ne peux ni faire de courses, ni conduire ma voiture, puisque mes papiers sont dans mon sac, forcément, ni appeler avec mon portable. Je ne mets alors mon manteau noir que pour des petites distances. Comme ma clé ne quitte jamais mon sac, qui reste à la maison, je laisse ma porte fermée sans verrou. C'est pour cela que je ne m'éloigne pas trop. Soit, deuxième solution, je prends sur moi, enfile mon manteau et mon sac en bandoulière, et je sors en sachant que ma tenue est mal assortie. Je croise alors les doigts pour ne rencontrer personne dans ces moments-là. C'est pour cela que je pars me perdre de longues heures en forêt quand je porte mon manteau noir et mon vieux sac marron en cuir.

 

C'est peut-être là-bas que j'ai égaré ma carte. En forêt. J'ai peut-être cru un instant que j'allais croiser quelqu'un, alors j'ai précipitamment mis mon sac derrière un arbre, pour qu'on ne me trouve pas mal fagotée. Peut-être n'était-il pas fermé, le sac ? Peut-être le portefeuille était-il lui-même ouvert ? Peut-être ma carte a-t-elle glissé, à peine retenue par la pression de ma carte vitale et des timbres qui eux sont restés bien évidemment collés ?

 

Si je ne l'ai pas perdue en forêt, elle doit être chez moi. Il faut que je regarde à nouveau partout, sous le lit, sous les chaises, sur les chaises, sur la table, sous le tapis, sous la douche, dans le lavabo, dans le four, sous le frigo. C'est contrariant une carte quand même. Mais elle doit être chez moi. Puis c'est plus facile à fouiller que la forêt. En tout cas je ne l'ai pas perdue chez quelqu'un, je connais très peu de monde, je ne vais jamais chez personne, personne ne vient jamais chez moi, je suis seule, j'avais une carte, je l'ai perdue.

 

Si je demande à la refaire, dans le même magasin, ils vont trouver ça bizarre, ou dire que je ne suis pas soigneuse. Ils fronceront les sourcils en me tendant la nouvelle. Le traiteur ne me dira peut-être plus bonjour s'il apprend que j'ai perdu la première carte... Mais il faut bien que je fasse des courses à la fin ! Je ne peux pas continuer à aller en forêt et me nourrir comme les bêtes de racines et de baies. C'est une question de survie. 

 

Ma carte c'était un peu comme ma clé. J'entrais chez moi, dans le magasin, j'étais bienvenue. D'ailleurs c'était écrit sur le tapis de l'entrée, juste derrière les grandes portes vitrées automatiques. J'y allais tous les jours. Pas pour des grosses courses, non, une boîte de pâté, du café, une livre de nectarines, du savon de Marseille, des langues de chat, de la langue de boeuf (sauce Madère, j'aime bien la sauce Madère). Je n'ose pas leur dire que j'ai perdu ma carte. C'est un peu comme trahir sa famille non ? Puis moi je n'ai pas de famille, alors c'est pire.

 

Alors si vous retrouvez ma carte, vous serez gentil, ramenez-la moi s'il vous plaît, ça me rendra un rude service. Et puis si vous voulez, vous resterez un peu, on prendra un café avec des langues de chat.

 

 


Toute utilisation, reproduction ou diffusion des textes de ce blog doit faire l'objet d'une demande à l'auteur.

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 18:45

Sur les hauteurs je ne sais plus ce que la pluie a porté

 

Immobile ruisselante yeux fermés à l'extrême

Ce n'est plus moi qui chante le silence

 

L'onde vient d'ailleurs

Le froid s'oublie dans mon dos

Jamais le ciel ne m'a semblé si lourd

 

Ma voix éteinte s'émerveille du vent

Que je ne peux entendre

 

Sur les hauteurs loin des chemins empruntés

où chaque solitude devient toute solitude

J'ai trouvé ce que l'ombre redoute du soleil

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 16:22

Origami

Papier plat de couleur

Qu'on découpe en carré

Et qu'on replie vers soi

Avant de le tourner

De plier à nouveau

(Mais dans le sens inverse)

 

Marquer la diagonale

Rejoindre les deux bords

Rabattre vers le centre

Aplatir les pointes

Tirer vers le bas jusqu'à mi-hauteur

Plier sur la moitié mais pas complètement

Retourner le papier

Glisser les pouces à l'intérieur

Pour donner du volume

Suspendre par un coin

 

Moi je ne sais pas faire

De beaux origamis

Ma grue n'a pas de bec

Mon éléphant pas de trompe

Mon avion ne décolle pas

Mes boîtes se défont

Mes fleurs ont l'air fâné

Ma grenouille reste à terre

et ne sait pas sauter

 

 

Je ne sais faire que des poissons

Mais de toutes les tailles et de plein de couleurs

(Mais d'une seule forme)

Des poissons je pourrais en faire tant et tant

Que j'en remplirais un océan

Et le jour où je connaîtrai le savant pliage d'un chalutier

Et de goulus goélands

Je leur apprendrai à mes poissons à se cacher dans les profondeurs

Pour échapper aux appétits marins

 

Mais je dois retourner à ma leçon de géométrie où je ne comprends rien

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 19:39

Sur le papier tue-mouche

J'évalue à la louche

Le nombre de diptères

Passés dans les enfers.

 

Elles sont bien plus de vingt

Paires d'ailes enfin

Au repos... qui se taisent...

Et je m'en vois bien aise.

 

Avant de me coucher

Je les avais comptées :

Il y en avait quatre

En train de se débattre.

 

Et voilà ce matin

Le collant serpentin

Tout moucheté, tout noir.

Quel présage d'espoir !

 

J'en tire une conclusion

Qui me donne un frisson :

La nuit, le papier colle,

La nuit, les mouches volent,

 

Leur rencontre est fatale,

Le combat, inégal,

Et moi _quelle indécence !_

Je dors, tout innocence.

 

Je dors en ignorant

Le massacre écoeurant.

Je me pensais victime,

Je suis l'auteur du crime...

 

Mais malgré le carnage,

Je le dis sans ambages :

Mon sommeil a un prix

Et j'ai si bien dormi !

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 12:00

Je m'ennuie !

 

Prends donc un bout de carton,

Découpe un cercle bien rond,

Dessine un bijou de calife, 

Ou une étoile de shérif.

Puis va, cours dans le jardin,

Va chasser deux trois indiens

Ou rechercher un trèsor

Avec ton insigne en or.

 

Il pleut !

 

Eh bien reste à l'intérieur !

Prends tes crayons de couleurs,

Tes feutres, tes pots de peinture,

Essaie des caricatures,

Crée, invente, imagine,

Des dragons, des ballerines,

Des forêts vierges, des feux follets,

Des villes aux reflets violets.

 

Mon dessin est raté...

 

Avec ta feuille chiffonnée,

Fais une boule de papier.

Tu peux viser la poubelle,

L'accrocher à une ficelle

Et jouer avec le chat

Qui ne demande que ça.

 

C'est nul !

 

Ah j'ai une très bonne idée !

Prends une feuille de papier,

Un crayon bois et une gomme

Et écris mon p'tit bonhomme :

"J'arrêterai de me plaindre 

le mercredi et de geindre

Le jour entier sans raison

Par manque d'imagination"

 

Mais euh !

 

Tu le recopies cent fois

Sans prendre cet air matois.

Mais si tu trouves une idée,

La punition est levée !

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 15:16

A l'heure où l'informatique envahit nos espaces, à l'heure où internet peut répondre en deux secondes à de nombreuses questions (combien de pattes a un mille-pattes ? quel est le temps de cuisson de l'oeuf poché ? quelle est la capitale de l'Azerbaïdjan ?), à l'heure où tout se numérise, certains d'entre vous sont peut-être tentés par le livre électronique. Je ne vous blâme pas, il faut vivre avec son temps. Moi-même cela fait longtemps que je n'écoute plus de 33 tours sur mon vieux tourne-disque.

Il est vrai que le livre électronique est léger, peu encombrant, et possède une capacité de stockage impressionnante. On peut se balader avec une bibliothèque dans la poche (grande la poche, mais une poche quand même). Pas une bibliothèque complète bien sûr, tous les livres n'ayant pas été numérisés, mais il y a déjà de quoi faire.

 

Cependant, personnellement, je reste attachée à l'objet livre. A sa couverture, aux feuilles qui le composent, à l'odeur du papier. Quand le livre est neuf, tout frais sorti de l'imprimerie et que son parfum d'encre nouvelle s'efface entre les pages. Quand il est acheté déjà vieux, déjà corné, chez un bouquiniste, et qu'il sent le tabac froid, la naphtaline ou la rose ancienne. Peut-être un jour les fabricants de livres numériques pourront reconstituer ces sensations et ces parfums. Mais même s'ils parviennent à cela, arriveraient-ils à faire s'exprimer les 19 façons que j'ai répertoriées de tourner une page de livre ?

 

Voici ma liste. Elle n'est pas exhaustive et j'invite chacun à la compléter.

 

1ère façon : classique, avec l'index droit ou un éventail de 3 doigts qui glissent sur la feuille (pour plus de facilité, il faut parfois mouiller le doigt) 

 

2ème façon : en pinçant le livre et en poussant la feuille avec le pouce droit

 

3ème façon : lorsqu'on tourne deux pages au lieu d'une seule, en les séparant entre pouce et index

 

4ème façon : en retournant sur la page que l'on allait tourner parce qu'on n' a pas bien compris un mot ou qu'on veut revenir sur une phrase

 

5ème façon : quand la page est cornée, en la prenant par le coin 

 

6ème façon : silencieusement, quand on est près de quelqu'un qui dort

 

7ème façon : quand on a les mains sales (cas typique du livre de cuisine), en soufflant dessus ou avec le coude  

 

8ème façon : en froissant involontairement la feuille tournée et en essayant de la défroisser après

 

9ème façon : en utilisant la main gauche plutôt que la droite, en refermant presque le livre avant de ramener la page du côté déjà lu grâce au pouce gauche

 

10ème façon : en hésitant à refermer le livre si on le trouve ennuyeux

 

11ème façon : en passant directement à la dernière page pour savoir qui est le coupable

 

12ème façon : avec la main de quelqu'un d'autre ou avec un crayon que l'on tient dans la bouche si on n'a pas la possibilité d'utiliser ses mains

 

13ème façon : avec un doigtier si on en a beaucoup à tourner

 

14ème façon : en se coupant avec le bord de la feuille si on est maladroit (ou malchanceux)

 

15ème façon : sur la plage ou en plein air, en attendant que le vent souffle pour tourner la page

 

16ème façon : en humifiant le doigt et en l'appliquant sur la feuille pour voir si elle reste collée (cela peut aussi se faire avec un chewing gum mais c'est dégoûtant)

 

17ème façon : en étant couché sur le dos et en libérant la page qui vient d'être lue, puis en la rattrapant avec le pouce gauche. Cela rappelle la 9ème façon dans laquelle cependant on n'utilise pas la gravité

 

18ème façon : par la simple force de la pensée si on a des pouvoirs de télékinésie

 

19ème façon : avec le gros orteil, pour rigoler

 

Voilà messieurs et dames les fabricants de livres numériques ce à quoi je vous mets au défi. Le jour où vous aurez réussi à intégrer ces 19 façons de tourner la page de vos livres, il y aura peut-être un festival "les petites tablettes numériques en fête". Mais puisque le papier est aujourd'hui vainqueur de ce combat, c'est à lui que je consacre un instant de poésie. 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 14:44

Murmure de la plume

Qui livre ses secrets,

Si doucement qu'il semble un souffle continu.

Un soupir que la page blanche

Accueille en son sein comme une prière d'exil.

 

Crissement du crayon,

Virages et déliés,

Majuscules élégantes,

Points de i, barres de t,

Qui peu à peu dessinent

Des lignes imparfaitement horizontales.

 

Syllabes égrenées, sensées ou fantaisistes,

Qui volent du papier au regard qui les lit,

Aux lèvres qui les disent.

Phrases habitant l'espace rectangulaire d'une feuille

avant d'envahir l'espace d'un moment.

Résonance des mots

Dont on garde la trace.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 14:35

- Papiers s'il vous plaît !

- Quels papiers voulez-vous monsieur le policier ?

J'ai des papiers de bonbons au fond de la boîte à gants,

Des papiers peints derrière (j'refais la tapisserie),

Et du papier journal pour protéger les meubles

 

- Vous vous moquez de moi ?

- Je n'me permettrais pas monsieur l'autorité !

J'n'ai plus de papier filtre, j'ai arrêté de fumer,

Le papier d'Arménie parfume ma voiture,

J'ai encore un bloc-notes, et deux ou trois brochures...

 

- Vous ne comprenez rien ! Papiers du véhicule !

Carte grise ! Assurance ! Et permis de conduire !

- Ah ça ! Je n'voyais pas ! Vous m'avez dit : "papiers".

Comment voulez-vous que je devine lesquels,

Parmi tous ceux que j'ai, vous désiriez avoir ?

 

- Je n'ai pas été clair ? Ce n'était pas logique ?

Savez-vous que pour moins on a mis des amendes ?

- Il y a tant de papiers, des p'tits, des cartonnés,

Des importants et des futiles, des oubliés,

Des billets, des reçus, et des tickets de caisse.

 

- Dépêchez-vous de tendre ceux que j'ai demandés,

Ou je serai dans la pénible obligation

De dresser un procès-verbal pour insolence.

Cela serait le comble d'ajouter un papier

A la liste de ceux que vous m'avez cités.

 

- Oui voilà, j'obtempère, voici les documents.

- Très bien, tout est en règle, vous pouvez donc partir...

Mais avant laissez moi avouer quelque chose :

Il m'arrive parfois de rêver que je laisse

S'envoler mes papiers qu'on nomme papillons...

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:00

Si tu veux, mon p'tit gars,

être dans mes p'tits papiers,

faudra que tu arrêtes

de chercher la petite bête,

 

faudra que p'tit à p'tit,

après la petite semaine,

après un petit temps,

après la petite mort,

ce soit notre petite vie,

ou même plutôt une grande

si tu en as envie.

 

Mais surtout j'aimerais

que tu sois aux p'tits soins

en laissant un petit peu

voguer au p'tit bonheur

les p'tits tracas de la vie.

 

Alors tu seras

dans mes p'tits papiers,

dans mes lettres enflammées,

sur les enveloppes sans adresse,

sur les murs de la cour

placardé en vitesse,

dans mes chansons d'amour,

sur les cartons d'aménagement,

sur les documents officiels,

dans mes mots doux pliés,

sur les dessins de notre enfant

le premier jour de maternelle.

 

 

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