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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 12:28

Il n'y avait plus chez la fleuriste

Ni de roses ni de camélias

Alors l'enfant s'est fait artiste

Avec du papier du rafia

 

Il a coupé des ronds jolis

Chaque fleur avait sa couleur

Et juste avant d'aller au lit

Il les a nouées dans un coeur

 

Maman fête son anniversaire

Je prendrai un peu de parfum

Pour les pétales blancs et verts

Parfum de muguet et jasmin

 

Au matin le voilà parti

Dans les placards de salle de bain

Chercher les flacons interdits

Flacons de muguet et jasmin

 

J'attends que Papa me conduise

Dans le milieu d'après-midi

Les hôpitaux à ce qu'ils disent

Ne sont pas faits pour les petits

 

Maman est là. Plein de douceur

Je lui tends mon petit bouquet

Ses cheveux sont comme mes fleurs

Je sais bien qu'ils ne sont pas vrais

 

On est resté longtemps ainsi

Dans la chaleur de son parfum

La nuit tombait, Papa a dit

"Mon coeur nous reviendrons demain"

 

 

 

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:32

Elle en a fait couler de l'encre cette affaire, et pas seulement dans le Ouest France du 4 novembre 2011. Beaucoup d'articles en parlent sur internet. Ci-dessous, celui de la rubrique "Tout peut arriver" du quotidien précité.

 

"

Elle prend l'oeuvre d'art pour une baignoire sale

Emportée par son élan, une femme de ménage du musée de Dortmund, dans l'Ouest de l'Allemagne, a détruit une oeuvre d'art. Elle s'est mis en tête de récurer une baignoire en caoutchouc, placée sous des planches en bois empilées, et en a retiré la patine. Baptisée Quand des gouttes d'eau commencent à tomber du plafond, l'oeuvre était assurée pour 800 000 €. En 1986, une motte de beurre suintante avait elle aussi été « nettoyée » dans un musée de Düsseldorf. "

 

 

Encore une fois, nous avons affaire à un article riche d'enseignements et d'une grande profondeur philosophique. Voici en vrac quelques divagations et réflexions :

 

- Je ne blâme pas cette femme. Certaines oeuvres d'art peuvent être hermétiques, et inversement on peut être hermétique à certaines oeuvres. Chacun a sa sensibilité, qu'elle soit artistique, ménagère, culinaire. Moi par exemple, contrairement à cette dame, devant une baignoire sale, ma sensibilité ne me pousse pas à la récurer. Mais devant un panier de pommes qui commencent à se flétrir, je prépare systématiquement une compote.

 

 

-  Cette dame est payée pour nettoyer et elle le fait bien. La formule "emportée par son élan" me fait d'ailleurs imaginer un balai ployant sous l'enthousiasme déployé par l'employée...

 

 

- L'article évoque une motte de beurre suintante "nettoyée" dans un musée de Dusseldorf. Alors là je dis "bravo l'artiste" ! Ironiquement bien sûr ! Imaginez les effluves de beurre ranci vous parvenant aux narines alors que vous flânez dans les salles du musée... Ah ça ! ça peut dégoûter des générations de toutes les galeries, collections d'art et pinacothèques existantes ! Une motte de beurre suintante... Et pourquoi pas un verre de lait périmé ?

 

 

- A ce propos, existe-t-il un musée olfactif ?... Dans ce type de musée, la définition de l'art se rapprocherait sans doute plus de la définition du beau... Enfin, ce que j'en dis... C'est un sujet de philosophie récurrent : l'art doit-il être beau ? l'art doit-il sentir bon ? et à l'inverse, une oeuvre  provoquant le dégoût jusqu'à la nausée est-elle artistique ? Comment l'artiste justifie-t-il la présence de l'art dans une motte de beurre suintante ? Futurs bacheliers, pensez-y, ce thème n'est pas sorti depuis quelques temps il me semble.

 

 

- En ce qui concerne l'oeuvre de la baignoire, la patine du temps était sans doute une forme de poésie discrète, effacée mais présente, évoquant certainement la mélancolie du temps qui passe (je n'en sais rien, j'imagine, je suppute, je suppose, je n'ai pas fait les Beaux Arts !). L'oeuvre en tout cas devait être intéressante. Dommage qu'elle ait perdu son sens, et de ce fait, sa valeur marchande. Je propose de la rebaptiser "Quand une éponge efface le travail de l'artiste". Je suis sûre qu'accompagnée d'une explication sur l'histoire du titre, la baignoire retrouverait une certaine valeur.

 

 

-  Faire le ménage dans un musée... Seule au petit matin ou à la nuit tombante au milieu de milliers d'oeuvres d'art. Scrutée par des centaines de regards peints et fixes. Je ne connais pas le musée de Dortmund, mais pour en avoir visité quelques uns en France et à l'étranger, il y a quasi systématiquement des scènes similaires à celle de Judith égorgeant Holopherne, de Salomé recevant la tête de Saint Jean-Baptiste, de l'enlèvement des Sabines, presque toujours on peut y voir des agonisants, des trépassés, des meurtriers et des enfants inquiétants ressemblant aux jumelles dans le film Shining... Alors une baignoire, forcément, ça rassure ! On se met à la récurer pour ne plus penser à toutes ces mauvaises intentions qui rôdent dans la semi-obscurité... Ou comme dans la pièce de Jean-Michel Ribes, Musée haut, musée bas, cette dame a été, à l'instar des gardiens dans le livre, épuisée, renversée, anéantie par le Beau, et ne savait plus ce qu'elle faisait !

 

 

- Mais quand même, une baignoire en caoutchouc... Elle aurait dû avoir un doute... Puis une baignoire au milieu d'oeuvres d'art, ce n'est pas courant... Peut-être a-t-elle pensé que l'objet servait à la toilette des statues ou des habitants des tableaux qui, comme chacun sait, sortent la nuit de leur cadre ? Peut-être ?

 

 

Quant à moi, à l'inverse, j'invite les gens qui débarquent à la maison à l'improviste de prendre la baignoire sale pour une oeuvre d'art...

 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 23:47

Ca y est, j'ai trente ans.

L'âge auquel on se dit : il va falloir être raisonnable et responsable . Finie la plaisanterie. Hop hop hop. Adulte maintenant. (Oui, la petite voix intérieure du trentenaire comme je l'imagine a un petit côté militaire et "marche au pas"). Alors comme vous savez que j'aime les listes (article du 24 novembre dernier), j'en ai fait une pour mon anniversaire.

 

Clotilde, tu as 30 ans, voici ce que tu dois et ne dois plus faire (et la liste n'est pas exhaustive) :

 

Ne plus manger des chocolats les uns après les autres mais savoir attendre une journée au moins entre chaque (!!!)

 

Ne plus rater la corbeille de linge sale et laisser traîner ses chaussettes dans la salle de bain

 

Faire la vaisselle directement après chaque repas (ceux qui ont un lave-vaisselle ont bien joué sur ce coup-là)

 

Dégivrer le frigo régulièrement

 

Mettre de la crème hydratante tous les jours pour prévenir l'apparition des rides

 

Regarder les reportages intéressants à la télé (au lieu de ne pas regarder la télé du tout)

 

Changer mon allure, ou ma garde robe, ou je ne sais quoi qui fait croire aux gens que j'ai à peine 20 ans

 

Réussir à repasser les couettes sans faire de faux pli

 

Classer mes papiers administratifs au fur et à mesure

 

Rester polie et courtoise lorsque les susdits papiers administratifs paraissent aberrants et ne pas piquer de crise de nerfs quand je remplis ma déclaration d'impôts

 

Dire clairement les choses aux gens, dans la vie professionnelle, personnelle et au restaurant : "non, je n'avais pas commandé de pâté de tête mais une salade de chèvre chaud. Je ne compte pas manger du pâté de tête pour vous faire plaisir. Alors je vous prierais de rectifier votre erreur. Merci." Le tout avec un grand sourire bien sûr.

 

Ne plus tirer la langue en fronçant le nez pour sgnifier "mais euh ! arrête de te moquer de moi !"

 

Ne plus dire "mais euh ! arrête de te moquer de moi !"

 

Ne plus sortir sous la pluie sans parapluie

 

Avoir toujours un paquet de mouchoirs dans mon sac à main

 

Souscrire une assurance vie

 

Me retourner quand on dit Madame et froncer les sourcils quand on m'appelle "ma p'tite"

 

Ne plus être bordélique

 

 

Pfiou... ça en fait des choses à faire, à corriger, à ne plus faire, à changer... Je ne sais pas si je veux avoir trente ans moi au final... Comment ? On n'a pas le choix ? Bon ben c'est parti alors !

 

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 12:56

"Comment ? Ca fait un mois et demi que tu es rentrée d'Australie et tu nous en parles encore ??" Eh ouais ! J'ai pris plein de notes. Certaines ne seront pas exploitées, mais il y en a qui doivent absolument faire l'objet d'un article, même plusieurs semaines après.

 

 

En arrivant dans un nouveau pays, une des premières choses que je fais est  trouver un supermarché lambda et me promener dans les rayons, surtout alimentaires. Cette exploration est souvent très instructive. Elle permet de se renseigner sur les goûts et les habitudes des autochtones, mais aussi d'estimer le pouvoir d'achat de la population.

 

Je développerai trois points. Il n'y a pas de suspense, ce sont les trois points du titre...

1er point : bananes

2ème point : Strepsils

3ème point et non le moindre : Vegemite

 

1

Bananes... Non je ne vous insulte pas chers lecteurs. Mais le premier mot qui me vient lorsque je pense à un supermarché australien est "bananes". Je me souviens comme si c'était hier de ma première rencontre avec une banane australienne. C'était le premier jour où nous partions à la découverte de la belle Sydney (en-dehors du quartier résidentiel de ma tante). Nous pique-niquions dans un parc situé entre la gare "Central" et Paddington market (ce n'est pas très précis ? la distance entre les deux est longue ? sur le moment nous ne le savions pas et pour le plus grand malheur de nos orteils, nous avons tout fait à pied !!! bref, là n'est pas le propos...). 

Ayant fini mon sandwich avant mon ami, j'avisai un supermarché pour acheter le dessert. Je revins affolée.

 

- Euh... en fait, ça va être chaud pour le budget qu'on avait prévu pour les déjeuners...

- Ah bon ? C'est si cher que ça ?
- Les bananes, elles sont à 15 dollars le kilo.

- Quinze dollars ! Ah ouais... Quand même...

 

Effectivement les bananes qu'on mange en Australie sont des bananes australiennes en grande majorité. Et comme les conditions météo début 2011 ont été catastrophiques dans le Queensland, région d'où proviennent ces fruits, le prix s'en est fortement ressenti ! Sur le moment, on n'avait pas fait le rapprochement avec les tempêtes et les inondations, et on était un peu embêté par ces prix, croyant que tout allait être du même acabit, ce qu'on n'avait absolument pas prévu. C'était comme aller à une soirée en jeans et baskets et se retrouver au milieu de robes somptueuses et d'élégants smokings. Bon après bien sûr, on a vu qu'il y en avait d'autres en jeans et baskets, et on s'est senti mieux. Les mangues notamment n'étaient pas chères du tout (si l'on compare aux prix français) ! Allez, une banane de perdue, dix mangues de retrouvées !

 

 

2

Strepsils... En France, généralement, quand on a mal à la gorge (je ne parle pas de grosse angine avec les amygdales qui triplent de volume, juste le petit mal de gorge gênant), on a plusieurs options. Par exemple, l'infusion de thym avec du miel, le jus de citron avec de l'eau chaude et du miel, la tisane de camomille avec du miel, ou tout simplement du miel. Si les remèdes de grand-mère ne marchent pas, vous pouvez aller à la pharmacie prendre des pastilles adaptées avec petit désinfectant et petit anesthésique local (il y en a même au goût de miel).

 

En Australie, c'est globalement la même chose, mais ce n'est pas la porte d'une pharmacie que l'on pousse pour acheter son traitement. Eh non ! Regardez bien parmi les bonbons et sucreries qui vous narguent en bout de caisse du supermarché...

 

IMG3197.JPG 

 

Vous les avez vues les pastilles, juste sous les chewing gums ?...

 

Parallèlement, on trouve des pharmacies low cost : dans le quartier de Glebe, un magnifique "Discount Cincotta Chemist" ouvre ses portes à quiconque veut acheter des bonbons, des souvenirs ou une casquette...

 

Il y a un vrai mélange des genres... Le supermarché dans lequel la photo ci-dessus a été prise propose également du paracétamol... Pour un pays où l'alcool s'achète dans des magasins spécialisés (bottle shops) et sur présentation de la carte d'identité, je trouve assez étonnant de laisser du paracétamol en libre service. Accessoirement c'est quand même un médicament, avec des indications certes, mais avec des effets secondaires aussi...

  IMGP0150

 

 

 

3

Vegemite... (pronocer vé-gé-ma-y-t')

On le sait, on le dit, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas... J'aimerais quand même en parler... Surtout les goûts. En fait surtout un goût, celui du (de la?) Vegemite.

 

En Australie nous avons été assez supris par l'offre gastronomique. En effet, on n'a jamais autant mangé asiatique de notre vie ! Chinois, vietnamien, népalais, japonais... On a de la chance, on aime ça. Surtout les sushis géants à emporter et leur petite sauce dans un contenant en forme de petit poisson ! Que c'était bon ! Et abordable !! Car en France, comme j'aime le répéter dix fois de suite sans respirer, "c'est un souci que le sushi soit si cher".

 

Mais si on voulait manger quelque chose de typiquement australien ? D'accord c'est un pays issu d'un merveilleux melting pot, mais il y a bien quelque chose qui est absolument propre à ce continent (autre que la viande de kangourou) ? L'unique chose dont m'a parlé ma tante est le (la ?) Pavlova. Apparemment il y a d'autres recettes, j'ai trouvé pour vous un petit lien :  http://www.australiance.fr/australie/culture/nourriture/pavlova-lamingtons-australie

 

Mais bon sang, ce sont des anglais qui ont fondé l'Australie ! Cessons de leur faire mauvaise presse sur tout : leurs pies (prononcer à l'anglaise sinon le sens n'est pas le même) et leurs gâteaux aux carottes sont absolument divins. Mais quand même ! Il doit bien y avoir un petit aliment bizarre, une spécialité étrange, un goût indéfinissable dans la gastronomie de ces descendants de convicts britanniques ?

 

Oui ! Il y en a bien un ! Et son nom est Vegemite !

IMG3196.JPG

 

Connaissez-vous la (le ?) Marmite (prononcer mar-ma-y-t') anglais(e) ? Eh bien c'est globalement la même chose ! 

 

Vegemite (j'enlève le pronom personnel, ça va m'énerver sinon) est une espèce de pâte à tartiner, mais salée, très salée, de couleur brun foncé, préparée à partir de levure de bière, très riche en vitamines B, et dont le goût est très difficile à décrire... Disons qu'étalé en couche fine sur du pain de mie, la première bouchée de découverte peut engendrer les commentaires suivants : beurk, pouah, pas bon, vite de l'eau, plus jamais ça. 

 

Nous avons ramené un petit pot de Vegemite dans nos bagages, bien enroulé dans du papier bulle, en croisant les doigts pour qu'il n'y ait pas explosion du pot dans nos vêtements (quand on sait comme les bagages sont bringuebalés parfois...). Le but était de faire découvrir ce goût particulier à notre entourage : "Goûte ça ! C'est pas bon hein ?"

 

Je me suis fait piéger...

 

Aujourd'hui mon pot est presque vide. A force de proposer aux autres de goûter ce produit et de les accompagner dans leur dégustation, je me suis peu à peu habituée au goût. Le must du must étant de tartiner Vegemite sur mes tartines beurrées du petit déjeuner... Mon compagnon reste fidèle à la confiture et me dit "comment tu peux manger ça ?" Je me pose la même question. Comment puis-je avaler avec plaisir ce petit déjeuner so Aussie alors qu'il y a deux mois et demi, je n'en supportais pas l'odeur ?

 

Comme quoi, les goûts et les couleurs, ça se discute et ça peut même se changer ! 

 

 

 

NDA : Pour en savoir plus, un petit lien sympa sur le / la Marmite :  http://www.marmite.co.uk/

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 09:30

De temps en temps il est bon de se remettre en question et de connaître l'avis des autres sur son travail. J'ai donc demandé à Jean de la Fontaine, en visite au Louvre, ce qu'il pensait de mon blog, et notamment de ma fable de la coquille de moule.
Permettez-moi l'oxymore : son silence fut éloquent.

 

la fontaine

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:51

Les bibliothécaires savent avoir le sourcil expressif. D'un simple haussement, elles signifient "Veuillez parler doucement s'il vous plaît". Elles savent si l'auteur russe que vous cherchez est encore en rayon, et cela parfois sans consulter l'ordinateur.

Elles parlent d'une voix toute douce mais très distinctement, ce qui fait qu'on répond d'une voix toute douce aussi. En fait je crois qu'elles ont peur de réveiller les livres. "Chut, les livres dorment. Si vous voulez les réveiller, il faut les emprunter. Si vous les consultez sur place, conservez leur un demi-sommeil."

 

Je me verrais bien bibliothécaire. Moi aussi j'ai le sourcil expressif et je peux parler d'une toute petite voix. Et globalement, j'aime bien l'alphabet .

 

Quand on est bibliothécaire, on doit aussi serrer la vis. Pas seulement pour consolider une étagère bancale. Pour envoyer des lettres de rappel aux retardataires. Ca aussi j'aimerais bien :

 

"Monsieur, le 23 mars dernier, vous avez emprunté à la bibliothèque le livre "Comment ne plus être en retard ?". Nous vous rappelons que les emprunts se font pour des durées de 3 semaines. Nous sommes le 12 juillet. Ceci est votre 4e lettre de relance. Avec le prix des timbres et du papier, nous aurions mieux fait de racheter un exemplaire de ce livre, que selon toute vraisemblance, vous n'avez pas daigné ouvrir... Cordialement. La bibliothécaire."

 

Ah oui, j'aimerais bien envoyer des lettres comme ça.

 

Et puis si j'étais bibliothécaire, je ferais appel à des artistes, à des poètes ou des écrivains, ou des gens qui écrivent des choses un petit peu drôle sur un blog, qui font un petit peu de théâtre aussi... Si j'étais bibliothécaire, je crois que je me demanderais de faire des animations dans ma bibliothèque...

 

Enfin, moi je dis ça...

 

 

NDA : je me rends compte que j'ai parlé des bibliothécaires au féminin. Mes excuses à la gent masculine, mais tous les bibliothécaires que je connais sont des bibliothécairEs.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:15

En janvier !

J'aime la galette en janvier quand on doit manger la galette.

Pas du tout pour l'aspect religieux de la chose. Je ne fais pas un scandale si on ne mange pas la galette le 6 janvier. Je ne suis pas une intégriste de l'Epiphanie. Puis allez trouver trois personnes prénommées Balthazar, Gaspard et Melchior pour la partager cette galette ! Quoi que... avec la tournure que prend la mode des prénoms actuellement (oui, encore, c'est un sujet que j'aime bien...), il y a des chances qu'on y arrive prochainement (pour ma part, je connais déjà un petit Gaspard et un petit Melchior).

 

Non, pas pour l'aspect religieux, ni pour la tradition, mais juste parce qu'il y a un temps pour tout.

 

Voir dans les galeries marchandes des galettes des rois à la fin du mois de novembre, c'est comme voir des fournitures scolaires de rentrée en mai, ou des oeufs de Pâques en février (attendez... j'ai peut-être déjà vu des oeufs de Pâques en février... et gourmande comme je suis, il est impossible que ce soit l'excédent de l'année précédente...).

 

Je le répète, il y a un temps et une saison pour tout.

 

Ce n'est pas l'avis des enfants de mon frère qui réclament des beignets portugais à chaque fois qu'ils viennent chez mes parents. Or ces beignets-là, c'est à Noël. Ca prend un temps fou à faire d'après la recette traditionnelle, et beaucoup d'énergie. Je me souviens, enfant, de ma mère qui m'appelait pour tenir la bassine orange où elle préparait la pâte à beignets. J'encerclais la bassine de mes petits bras potelés et ma mère pétrissait pétrissait pétrissait. La pâte était dense et si personne ne retenait le récipient, celui-ci décollait de la table, rendant la préparation difficile. Ma mère et moi en avions les doigts engourdis et le visage rougi par l'effort. Et là mes petits morveux adorés de neveux veulent des beignets en mars ou en juillet ? On voit que Mamie ne vous a jamais demandé de tenir la bassine !... Les enfants de ma belle-soeur quant à eux réclament parfois des raclettes au mois d'août (certes, mois d'août en Bretagne, mais mois d'août quand même).

 

Mes enfants, mes neveux, écoutez ce que Tatie Clotilde a à vous dire...

 

L'hiver, c'est fait pour se peler, c'est comme ça, il fait nuit tôt, il fait jour tard, on déprime à cause du manque de lumière et on se console en ouvrant des cadeaux qui vous ennuiront dans deux jours et en mangeant trois fois trop, ce qui donne l'objectif pour le printemps de perdre les kilos de foie gras et de chocolats qui sont restés sur les hanches...

C'est comme ça, il pleut, il fait froid, jouer dehors entre les gouttes relève de l'inconscience et la voiture à énergie solaire, vous attendrez quelques mois avant de la sortir.

 

Alors qu'est-ce qu'il reste pour se consoler ?

Les beignets, la galette, la raclette !

Si vous en mangez toute l'année, quelle joie aurez-vous, au plus froid de l'hiver, à savourer votre part de gâteau ou à remplir votre poelon ?

 

Personnellement, je ne suis pas trop fan des beignets. Ce que j'aime moi, c'est le "flar", le gâteau traditionnel de Pâques, fait de successions de couches de pâte à pain parfumée d'herbes anisées, couches liées entre elles par un mélange de beurre, sucre et cannelle... L'eau m'en vient à la bouche... Mais l'attente, mes enfants (non pas moi, l'attente en un mot), l'attente est aussi délicieuse que la première bouchée. Si je mange du flar toute l'année, quel sera mon petit plaisir au mois d'avril ? Et pourtant, on en trouve tout le temps maintenant, les flars, dans les boutiques portugaises. C'est la même chose pour le turron espagnol : normalement, c'est une gourmandise de Noël, mais dans les magasins Corte Ingles, genre de Galeries Lafayette ibériques, il y en a toute l'année... Mes enfants, les lois du marché et de la vente à tout prix tuent l'attente (non, toujours pas moi, ne vous en faites pas).

 

Je pense qu'il est important d'apprécier chaque chose en son temps. J'aime les couleurs des camélias en janvier, le parfum du mimosa en février, les chocolats chauds en regardant tomber la pluie... quand il pleut (je ne peux décemment pas dire "en hiver", il pleut bien plus souvent...).

 

Vous n'êtes pas obligés d'apprécier tout cela, mais l'automne, l'hiver, le froid, la pluie existent. Sachez garder ses spécificités et ses plaisirs à chaque saison... Le printemps ne vous en paraîtra que plus doux ! 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 11:15

Encore un faire-part ! Cette fois-ci c'est un mariage. Bonne nouvelle ! Et puis cela fait longtemps qu'on n'a pas vu les tourtereaux. J'aime bien les mariages. Les gens sont souriants et bien habillés. La mariée est belle, le marié comblé. Et rien ne devrait troubler cette joyeuse agape.

 

Il y a juste un hic, l'ombre d'une légère inquiétude... Ce que j'appréhende un peu, dans ces journées pourtant joyeuses, pleines d'amour et de petits fours, c'est la table.

 

Non pas la table en elle-même bien sûr, je m'entends généralement bien avec les meubles. Lorsque je parle de LA table, c'est la table de "ceux qu'on n'a pas su où mettre ailleurs et de toute façon, on ne va pas y passer la nuit sur ce plan de table, ça leur fera les pieds" (oui, la mariée peut être un peu nerveuse pendant les préparatifs). Vous voyez de quelle table je veux parler ? Vous l'avez connue vous aussi, cette table des solitudes embarrassées, des entrechoquements de verres qui tentent désespérément de combler le vide sidéral entre des êtres totalement dissemblables et de couvrir la conversation soporifique de votre voisin de gauche, celui qui porte une cravate avec un loup hurlant à la mort ?

Par amitié pour les mariés et pour ne pas être celle qui a crié son désespoir à la face du monde devant une assiette de fruits de mer, on ravale la question qui nous titille les cordes vocales, nous brûle les lèvres, nous arrache la gorge : POURQUOI ?

 

J'avais dix-neuf ans. Parmi les invités, je connaissais très bien mes parents, bien trois couples d'amis de mes parents et les parents du marié qui sont des amis de mes parents et un peu le marié, sa soeur et son frère. Bref, c'était le mariage du fils d'amis de mes parents.

J'avais dix-neuf ans, trop vieille pour partager la table des enfants (quoique, à vingt-sept ans, des gens se sont permis de me mettre à la table des enfants... à mon mariage, il y aura donc deux quincagénaires assis au milieu des mioches) et trop jeune (et trop âgée aussi) pour être à côté de papa maman et de personnes qui m'étaient familières.

 

Les mariés ne me connaissaient pas bien. Je devais sans doute faire partie de ces noms auprès desquels on trace un point d'interrogation gêné au moment de faire le plan de table. Je me suis donc retrouvée assise à LA table, et je précise que tout ce qui suit est vrai et s'est réellement passé.

 

Au bout de LA table, à gauche, un jeune homme atteint d'un handicap mental et sa maman, qui coupait ses aliments. En face de moi un adolescent dégingandé d'une quinzaine d'années. L'animateur de la soirée, qui fuyait la table dès qu'il pouvait pour lancer un jeu ou de la musique. Et à ma droite, le clou de la soirée, un couple de futurs jeunes mariés, dont la vulgarité flirtait parfois avec l'obscénité. Ma voisine de gauche, discrète et silencieuse, ouvrait des yeux ronds. Comme moi, elle venait de se rendre compte qu'on l'avait mise à LA table.

 

A cette époque, on fumait encore très souvent à l'intérieur. Pas de chance, rare non fumeuse de la zone, je me retrouvai coincée dans un véritable guet-apens. Ma voisine de droite, d'un geste qu'elle jugeait sans doute élégant, aspirait le poison près de la joue de son futur, puis tournait la tête et crachait sa fumée dégoûtante juste sous mon nez, gâchant le plaisir du repas (qui, tant est que je m'en souvienne, devait être très bon sans assaisonnement nicotinique). Et c'était clope sur clope, bouffée sur bouffée. Lorsqu'elle déclara avoir vingt-huit ans, je pensai intérieurement que cela faisait dix ans qu'elle avait arrêté de compter, tant sa peau tendait (ou plutôt distendait) vers sa vocation de parchemin... Mais laissons ce couple à leurs cigarettes et leurs verres de vin pour l'instant, nous y reviendrons bien assez tôt. Continuons le tour de table.

 

L'adolescent de quinze ans fumait également, mais ne buvait pas d'alcool. "C'est mauvais pour la santé" disait-il dans une longue bouffée de cigarette. Il se prenait pour un grand, mais avait un vocabulaire d'enfant de huit ans. Lors d'un sketch mettant en scène des amis des mariés, l'un d'entre eux dit le mot "inférieur" et Super Fumeur de demander "ça veut dire quoi inférieur ?". Véridique et affligeant. Je me suis retenue de tout commentaire. D'ailleurs je ne parlais pas. Pas le temps de placer un mot, ni l'envie d'ailleurs. Et la conversation était si désolante que je suis incapable aujourd'hui de vous en rapporter le contenu.

 

Puis j'ai failli craquer... J'ai énormément de respect pour les personnes atteintes d'un handicap, qu'il soit mental ou physique, et je m'imagine très bien les difficultés qu'elles doivent rencontrer au quotidien et dans leurs projets de vie. J'ai énormément d'admiration pour leur entourage qui les soutient et les aide jour après jour. Mais ce soir-là, je vous avoue, lorsque le jeune homme près de sa mère se mit à remuer sur sa chaise, à me désigner d'un doigt accusateur et à me crier dessus lorsque pour la première fois je me servis un peu de vin (il fallait bien noyer mon désarroi dans quelque chose), toute ma sympathie naturelle s'envola...

 

Mais déjà le spectacle reprenait à ma droite ! "Ah tu verras dans trois semaines, quand ça sera notre tour ! Ah j'en tiendrai une belle ! Il faut bien ça ! Une bonne cuite pour notre mariage !" Les termes ne sont peut-être pas exacts, mais le sens y est. Monsieur le futur marié avait descendu une ou deux bouteilles (et à lui on n'avait rien dit !), laissant tout de même quelques verres à sa femme, comme le laissait deviner le rouge sur ses joues papier crépon. Et l'alcool faisait son petit effet sur le mâle ragaillardi ! Effarée, je voyais sa main gauche remonter la jupe de sa dame sur sa cuisse, laquelle dame donnait des petites tapes gênées sur les doigts audacieux en rouspétant des "arrête, arrête je te dis". Là les termes sont exacts, je m'en souviens parfaitement. La scène dura longtemps : la fiancée avait les larmes aux yeux, le futur avait les siens brillants. Le dessert arriva et ce fut un soulagement pour tout le monde.

 

Je me levai et allai me dégourdir les jambes sur le tube de l'année. Sur la piste, la mariée accordait une danse à chaque convive. Ce fut bientôt mon tour. Ravie, magnifique dans sa robe de fée, des étoiles dans les yeux, elle me demanda : "Tu passes une bonne soirée ?" A ce moment, le futur marié de ma table, monsieur Main-sur-la-cuisse, passablement émêché et souhaitant sans doute profiter de ses dernières semaines de liberté, glissait à l'oreille d'une charmante jeune fille qui passait par là  : "Tu es jolie ! Tu veux danser ?". Puis il s'étala lamentablement sur le sol, relevé presque immédiatement par sa promise énervée. Je regardai la mariée. Comme elle était heureuse ! Et là, bien évidemment, j'ai menti : "Oui, je passe une très bonne soirée, je m'amuse bien."

 

Un jour prochain, vêtue de ma belle robe de princesse, je partagerai une danse avec quelqu'un qui me dira peut-être "je passe une très bonne soirée".  J'espère seulement qu'on ne l'aura pas mis à LA table...

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:38

Sous le feuillage tendre des forêts de printemps,

percé de mille éclats de soleil,

je respire

 

Allongée, les pieds nus, les cheveux en pagaille,

j'ignore un merle curieux qui surveille

mon silence

 

Une écorce m'appelle de ses rides marquées

La sève dans le tronc voyage de toutes

ses forces

 

Une écorce m'appelle. Elle est vierge de tout écrit

Pas un poème n'est venu érafler

sa peau

 

Je songe alors à ces arbres, ses frères, ses aïeux,

dont on fait le papier, bois dont on prend

la fibre

 

Que pense un arbre de forêt de cet étrange commerce :

faire des feuilles de papier au lieu de faire

des feuilles ?

 

Je l'ignore mais je ne veux pas que tout cela

soit inutile, alors fébrilement

je griffonne :

 

"Sous le feuillage tendre des forêts de printemps,

percé de mille éclats de soleil,

je respire."

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 16:00

Aujourd'hui vingt et un novembre

Je ne suis pas encore levée

Le soleil tarde à éclairer

Les meubles et les murs de la chambre

 

J'ai un spleen bleu au fond de moi

Je veux retourner dans un rêve

Les jours sont courts, les nuits sont brèves

Et les heures semblent en émoi

 

Il y a beaucoup de choses à faire

Beaucoup de mots à marier

Des mélodies à inventer

Mais las ! je me sens étrangère 

 

Certains jours ressemblent à l'hiver

Et carillonnent en silence

Certains jours sont glas et sentence

Dans la grise douceur de l'air

 

Aujourd'hui vingt et un novembre

Les mots me semblent en sursis

C'est un jour sans, un jour transi

Par la pluie froide de novembre.

 

 

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