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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 17:02

Vous, cruels meurtriers, qui prenez un grand soin
À agir dans des lieux déserts et sans voisins,
(Parfois même tuez-vous dans des "maisons conseils"),
Rappelez-vous ceci : les murs ont des oreilles.

Moralité:
Assassins, prenez garde aux pavillons témoins.

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 16:08

Lorsqu'un éternuement expulsé tout à coup
Menace grandement de se faire bronchite,
L'agriculteur inquiet court et se précipite
Vers son stock de maïs, les pieds dans la gadoue.

Moralité :
Il prend dès que possible un silo pour la toux.

 

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 17:42

Le tronc vient de tomber sous les coups de la hache.
Un promeneur distrait sur la souche trébuche.
"Ah ! Un arbre mourant !" Il essaie sans relâche
De le réanimer. Absurde et vaine tâche.


Moralité : à rien ne sert le bouche à bûche.

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 17:33

Le tronc vient de tomber sous les coups de la hache.
Un promeneur distrait sur la souche trébuche.
"Ah ! Un arbre mourant !" Il essaie sans relâche
De le réanimer. Absurde et vaine tâche.


Moralité : à rien ne sert le bouche à bûche.

 

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 14:05

Répartissant les tâches en toute parité,

Ce couple-là avait le sens de l’équité

Au point que leurs deux peaux fonctionnaient en osmose :

L’un suait sous les bras, l’autre suait des pieds.

Moralité : c’était moite-moite pour toute chose.

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 20:56

Il est recommandé, lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois, et les fois suivantes bien entendu, de respecter quelques codes de bonne conduite. Et en première place sur le mémento des préceptes de savoir-vivre, au moment de saluer, on retrouve celui-ci : tendre la main.

Il y a des mots qui vous bouleversent tant ils cachent leur jeu. Lorsque leur mystère vous est enfin dévoilé, ils vous laissent une déchirure au cœur, un peu de triste et d’incompréhension.

Et ces quelques mots, « tendre la main », m’ont cruellement fourvoyée.  

 

Je me réjouissais d’entrer dans le monde, de me montrer, de dire aux autres humains : « Me voilà, c’est moi ! Vous voilà, c’est vous ! Rencontrons-nous, échangeons, rions, discutons, vivons et créons du lien. » J’avais bien en tête, pour éviter tout impair et bien me comporter, ces quatre syllabes apparemment anodines : « tendre la main ».

 

Pour moi ce n’était qu’un début : si « tendre la main », alors « tendre le regard », et « tendre la voix, et le discours, et la parole ». Tendre. Ah ! j’aimais cela : cette idée de tendresse. Elle est tendre, la main, il est tendre, le regard !

 

Ainsi, à la première main que je saisis entre mes doigts, je prodiguai un effleurement particulièrement amical. Mes phalanges n’étaient que prévenance et bonté. Je tentai même avec le pouce un léger chatouillement de l’index de mon hôte. La main se retira vivement, son propriétaire grommela quelque chose et s’en fut sans demander son reste.

 

Devinant mon trouble, on me remit sur les rails : « Voyons, tendre la main, c’est au sens propre qu’il faut le prendre. »

 

Je ne comprenais pas : ma main était propre et j’ai le sens de l’hygiène. Il n’y avait pour moi aucun problème : tendre et propre la main, tendre et clair le regard, tendre et caressante la voix.

 

On insista : « Non, pas du tout, tendre la main au sens propre, pas au sens figuré. »

Je demandai plus loin à quelqu’un d’autre ce que signifiait « tendre la main » au sens figuré : apporter son aide. Et on ajouta même : « Si vous vous figurez que parce qu'on vous tend la main, on vous tend la main, vous vous mettez le doigt dans l’œil, au sens figuré. » Je pensais à part moi : « Bien sûr au sens figuré, puisque l’œil est sur la figure… Étrange qu’on me le précise… »

 

Je retins qu’il ne fallait donc pas «aider son interlocuteur », mais bien se laver les mains pour lui présenter une main propre et tendre.

« Mais non ! Il ne s’agit absolument pas d’une main tendre que vous devez tendre ! Qui vous a mis cette idée absurde en tête ?!? C’est simplement une main tendue. »

Me voilà très perturbée : d’une humeur douce, délicate et affectueuse il me fallait donc passer à un état tourmenté, énervé, préoccupé pour continuer à rencontrer les gens ?

 

Je me répétais donc « main tendue, main tendue ». Ainsi je serrai très fort les mains suivantes, mes doigts bien crispés pour qu’on en sentît parfaitement la tension. Je m’aventurai même à glisser quelques coups d’ongles dans la peau.

Alors que je suivais à la lettre les indications qu’on m’avait données, je sentais que je contrariais les détenteurs des mains serrées. On me fuyait.

 

« Mais que ne comprenez-vous pas dans « tendre la main » ? » finit-on par me hurler dessus. « Tendre, tendre comme tendre un élastique ou une ficelle ou le bâton pour se faire battre. »

Ah !!!! Tendre !! Il s’agissait du verbe tendre !

Moi je me sentais davantage adjectif que verbe ! J’ai toujours été très adjectif… Depuis petite...

Pourtant je le sais qu’au commencement était le verbe, et que se présenter la toute première fois aux autres par un verbe est somme toute assez logique.

 

Je compris mon erreur : la main ne devait être ni tendre, ni tendue, elle devait juste être tendue... Tendue au participe passé et au neutre de la bienséance.

Ah ! Cruelle dualité du mot tendre... Tendre la main... Je pense en avoir peu à peu saisi le sens en saisissant des mains, mais parfois je tends à croire que je n’y comprends rien.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 18:18

C'est fou, tout ce qu'on espère.

 

Tout cet espoir qu'on lance à la volée,

dans nos voix,

dans nos vœux,

dans nos messages,

dans nos prières même peut-être.

 

"J'espère que tu vas bien" ;

"j'espère que nous nous reverrons" ;

"j'espère que ton nouveau travail te plaît" ;

"j'espère que vous irez bientôt mieux" ;

"nous espérons te voir à Noël" ;

"nous espérons qu'elle aimera son cadeau" ;

"j'espère que tu es heureux."

 

Bien sûr nous espérons

car le futur est incertain,

qu'il joue des tours à nos destins et nos désirs.

 

Évidemment, évidemment,

nous savons tout cela,

nous savons tous cela.

 

Mais n’espérons-nous pas aussi

car nous ne sommes pas là ?

car nous ne sommes plus là ?

plus assez près,

plus assez proches,

plus assez vivants de la même pulsation

de la même essence

de la même ardeur ?

 

Et plus nous nous éloignons, et plus nos mots espèrent,

plus notre langage se force à espérer,

plus notre plume ne peut qu’espérer.

 

Nous espérons car notre vie s'écarte des vies des autres.

 

Évidemment, évidemment,

mais combien d'entre nous savons cela ?

 

Il n'y a pas besoin d’espérer si je vois comment tu vas,

que ton travail ne te plaît pas,

qu'elle n'a pas aimé son cadeau,

que tu es heureux, au moins un peu.

 

Ce que nous espérons en paroles,

c’est tout ce que nous ne vivons pas avec l'autre.

 

Car nous ne savons plus être présents.

 

 

L'espoir est alors la seule chose qui nous reste

pour nous consoler

de cette distance entre les êtres

qui croît inexorablement

 

même quand ils s'aiment,

surtout quand ils s'aiment.

 

C'est fou, tout ce qu'on espère.

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 09:22

Quand nous nous reverrons,
nous réapprendrons
la foudre et le ruisseau
le silence de la dune
la brume dans les bruyères
les naissances de la lune.


Nous apprivoiserons à nouveau
nos peaux
et nos baisers aux bribes frissonnantes,
nos corps aux pulsations fragiles,
aux interludes chaotiques.


Nous fêterons la longue convalescence de nos mélancolies.


Nous ferons courir des arcs-en-ciel dans nos labyrinthes
et nous nous retrouverons.
Et puisque nous aurons appris
à conjuguer l’éphémère au temps de l’espérance,
nous marcherons sans peur
au bord de l’horizon.
Nos pieds nus arpenteront
les ellipses des continents.
Nous danserons sous la pluie.


Nous oublierons les trahisons et les ruptures.
Nous saurons recoudre nos tapis volants
tissés d’améthystes, de perles et de carmin.
Nous descendrons des fleuves merveilleux,
et nous jetterons dans la mer
comme de grands soleils libérés.
Nous goûterons l’écume
et le sable si fin,
la vague qui s’y brise et qui revient toujours.


Et puis de nouveaux mots
viendront fleurir nos lèvres,
des mots que nous saurons cultiver
et dire à tour de bras.
Nous aurons extirpé un nouveau monde
hors de sa chrysalide
hors du vacarme de l’univers.
Un monde né de la douceur de l’inachevé.


Le liseron tranquille s’entortillera
tout autour de nos doigts
en entrelacs savants.
Nous le laisserons faire.

 

Nous aurons dessiné un peu de sagesse.
Nous ouvrirons nos fenêtres aux orages
et nos rires allumeront des brasiers gigantesques.
Apprentis alchimistes,
nous mélangerons l’or des métamorphoses
au plomb des solitudes.


Nous renommerons les rues,
accrocherons des rubans
aux branches des pommiers en fleurs.


Nous rangerons les cages et les horloges
et nous réfugierons
dans le parfum tiède et insolent des roses.


Nous chercherons partout où se cachent
le poème
et la vie
et la joie qui nous ont fait défaut :
dans le repos des étoiles
sous les cloches des perce-neige
dans la soie des anémones
ou la toile de l’araignée laborieuse.
Les yeux levés aux nues sous les dentelles de la canopée,
nous regarderons chaque recoin,
chaque fragment,
pour en imbiber nos mémoires
pour y noyer nos yeux.


Nous soignerons la terre,
et le baume de nos mains
pansera ses ecchymoses.


Tout cela sera possible
Puisque nous aurons été fidèles au ciel et au temps.


Nous n’avons qu’une seule conviction :
un champ de ruines
reste avant tout un champ.
Il y poussera ce que nous y sèmerons.

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 16:11

texte de chanson à caractère fortement revendicatif - Tous droits réservés - mai 2020

 

 

 

 

Monsieur le président, promis, je serai sage,

Je respecterai bien tous les gestes « barrière »

Si vous m’autorisez à retrouver la plage

Où j’allais très souvent griffonner quelques vers.

 

La côte est, voyez-vous, bénéfique à ma muse.

La mer et ses embruns vivifient mon cerveau.

Je vous demande ainsi sans malice et sans ruse

De me laisser déambuler au bord de l’eau.

 

Car c’est le quotidien qui cadence ma verve,

Et ces deux derniers mois ne m’ont pas inspirée :

J’ai tout juste pondu des textes en conserve

Que j’estampillerais «poésie confinée ».

 

Monsieur le président, promis, je serai sage,

Je ne cracherai pas, je fermerai la bouche.

L’oiseau qui trop longtemps s’est retrouvé en cage

Sait le prix d’être libre, et le vent l’effarouche.

 

S’il faut porter un masque (et cela sans tuba),

Je suis prête à le faire, et plutôt deux fois qu’une.

Tout pour fouler le sable et sentir sur mes bras

L’air frais chargé de sel et contempler les dunes.

 

Je n’approcherai ni mouettes ni goélands,

Et si jamais je croise un gros Bernard l’Hermite,

Aussitôt, sans délai, je quitterai l’estran :

Je sais l’impératif des distances limite.

 

Quant à frôler des gens, des bipèdes lambda,

Jamais ça ne s’est fait sur notre littoral !

On pourrait l’imputer au fluctuant climat

(À l’instar des décisions gouvernementales…).

 

Certes il est arrivé que sur deux kilomètres,

Nous ayons été quinze ! Mais faites le calcul !

Le risque est bien plus grand, vous devez bien l’admettre,

De poser son panard sur une crépidule.

 

Nos bords de mer ici, ce n’est pas Paris plage.

Si nous sommes têtus, vous êtes jacobin.

Car si le corona chez vous fait des ravages,

Nous croisons fort les doigts, ici on en est loin.

 

Et loin de moi l’idée de vouloir fair’ des vagues :

Évitons la deuxième, mais goûtons à l’écume !

J’ai besoin de la mer (ou ma raison divague)

Comme le macareux a besoin de ses plumes.

 

Bien que dansant l’andro, le plinn et la gavotte,

Je n’ai jamais été une indépendantiste,

Car j’aime la « province », le Nord, le Tarn, le Lot,

Même parfois Paris, qui ignore qu’on existe.

 

Mais si l’interdiction stupide continue,

Que vous la prolongez en dépit du bon sens,

Je m’envelopperai d’un drapeau Gwen ha Du

Pour chanter la Bretagne et son indépendance.

 

envoi :

 

Il s’en faut de très peu que mes neurones  gèlent (hydroalcoolique)

Que je tombe le masque, et sans mettre de gants (chirurgicaux)

Je signerais alors d’une plume rebelle

L’attestation que tout ceci est fort navrant.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 19:16

"Il faut qu'on fasse le point."

Le ton est péremptoire et n'autorise aucune discussion. Or, faire le point, c'est discuter. C'est ouvrir des guillemets, fermer les parenthèses pour s'attaquer aux sujets principaux.

C'est du sérieux, faire le point. Au lieu faire le pont, de faire le poirier, la potiche, le pied de grue. À un moment donné, il faut ce qu'il faut. Point.

 

"Il faut qu'on fasse le point".

Cette phrase, c'est moi qui me la suis dite à moi-même. Devant mon reflet dans le miroir. Mon reflet passait par là, juste dans le miroir, à point nommé.

Mon reflet a répondu qu'effectivement qu'il ou plutôt je le savais que je devais faire le point.

Mais lequel ? Interrogatif ? Exclamatif ? Ou ce petit point ridiculement petit, qui signifie qu'il n'y a rien après, que c'est fini, que c'est comme ça, un point c'est tout ?

Un point dans la tronche oui ! Un uppercut de ponctuation.

 

J'aimerais bien, si ça ne te dérange pas (enfin si ça ne me dérange pas, parce que c'est à moi que je cause), faire plutôt la virgule que le point. C'est moins définitif et moins abrupt. On peut se laisser glisser le long d'une virgule, se laisser caresser même, par ce cil étonné qui se balade dans les phrases. C'est charmant une virgule...

C'est une constante, je négocie toujours avec moi-même. Parce que là, tout de suite, en fait, non, je ne veux pas vraiment faire le point. Le point me fait peur, point barre.

Rien que d'y penser me voilà mal en point. Pourtant je me fais toujours un point d'honneur à discuter avec mon alter ego qui a régulièrement un point de vue intéressant, bien que je puisse lui reprocher de vouloir systématiquement mettre les points sur les i pour aller d'un point A à un point B, ce qui constitue, convenons-en, un sacré détour alphabétique.

 

Lorsque je veux faire le point, les choses se passent souvent de la même manière. La conversation prend une tournure qui ne plaît pas à mon reflet. Je lui dis : "Mais enfin réfléchis !" Ça l'agace. J'ai un point de repère : quand mon reflet fulmine et devient tout rouge, c'est le point d'orgue, à deux doigts du point de non-retour. Je laisse souvent tomber et finalement je fais rarement le point.

Si on attend une chute à ces réflexions pointues, il n'y en a point.

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