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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 11:03

Je connais des gens qui commentent à tout va. Même quand tout va, quand tout va plutôt bien, il faut que quelque chose aille mal. Tout le temps. Des tatillons tout tracassés tout chiffonnés qui chicanent, qui chipotent et discutent.

C'est sans doute que quelque chose va vraiment mal dans le fond. Parce que quand tout va bien , ça se passe de commentaire.

Peut-être qu'ils commentent pour noyer le poisson ? Pour brouiller les pistes, cacher le fond du problème ? N'est-ce pas la fonction du "comment taire ?"

Le commentaire qui met entre parenthèses ce que les parents taisent,

qui nomme foutaises ce que les fous taisent,

qui fait une synthèse de ce que les saints taisent,

qui qualifient d'impro ce que les pros taisent,

sans parler de ce que Sancho pensa mais que tous les servants taisent.

 

J'ai envie de leur dire, à ces gens-là : "Commenter, commenter, commenter, commenter... Comment t'es quand tu commentes ? Que tais-tu quand t'es têtu et que tu commentes et commentes et commentes ? Arrête de commenter et dis-moi comment t'es ! Vraiment !"

Vraiment. Vrai-ment ?... Alors qui croire ?

Celui qui dit la vérité est souvent celui qui se tait.

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 10:56

Lorsque la secrétaire me lança dans le couloir : "Vous êtes perdue mademoiselle ?", je la dévisageai avec consternation.

Mais non, pas du tout, je n'étais pas perdue, j'étais au contraire gagnée.

Gagnée par le doute dans l'organisation labyrinthique du bâtiment.

 

Je ne savais pas s'il fallait tourner à droite ou à gauche après le quatrième couloir, celui de la secrétaire, qui s'empressa de répéter : "Vous êtes perdue mademoiselle ?"

Je cherchais mon chemin, je n'étais pas perdue. En quoi le fait de chercher relève-t-il de la défaite ? C'était même tout l'inverse, je souhaitais gagner un lieu. Et puis on ne perd que ce qu'on a à perdre, et le chemin, je ne l'avais pas encore trouvé. Sèchement je lui répondis :

"Pas du tout, absolument pas, je ne suis pas une demoiselle perdue. Ne savez-vous pas qu'on n'est jamais perdu dans un lieu qu'on ne connaît pas ? On découvre, on apprend et parfois on se trouve, et bien plus encore. Alors merci de ne plus être désagréable et arrêtez de dire que je suis une fille perdue.

- Je voulais juste vous faire gagner du temps.

- Mais vous m'en faites perdre et vous n'avez rien à y gagner.

- Si, votre reconnaissance : je vous renseigne, vous me remerciez, c'est gagnant gagnant.

- C'est gagnant gagnant si je suis perdue ? Je ne vous suis pas.

- Je vous ai perdue ?"

 

Je m'éloignai en grommelant. Une sorte de malaise me gagnait peu à peu. Enfin j'arrivai à destination. Bureau 453. Une deuxième secrétaire, jetant un œil rapide à ma convocation, s'exclama :

"Mais ce n'est pas le bon bureau ! Comment avez-vous échoué ici ?"

C'en était trop.

"Moi, échouer ? Moi, échouer ?"

Pourquoi me parler d'échec ? Il n'y a pas d'échec quand on n'a rien à gagner, ni à perdre d'ailleurs ! Non, il n'y avait pas d'échec, je n'avais rien raté, pas même une marche dans l'escalier en marbre. Moi je ne l'étais plus, de marbre : l'employée avait réussi à me faire perdre patience, alors que j'avais pourtant gagné le bon bureau.

"Mais ne vous énervez pas, ne perdez pas votre sang-froid, vous n'avez rien à y gagner !"

 

Ces deux femmes gagnaient leur vie en parlant d'échec et de perte à longueur de journée. À la sortie du bâtiment, je dois bien l'avouer, je me sentais un peu perdue en regagnant mes pénates. Échec et mat.

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 20:56

Il est recommandé, lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois, et les fois suivantes bien entendu, de respecter quelques codes de bonne conduite. Et en première place sur le mémento des préceptes de savoir-vivre, au moment de saluer, on retrouve celui-ci : tendre la main.

Il y a des mots qui vous bouleversent tant ils cachent leur jeu. Lorsque leur mystère vous est enfin dévoilé, ils vous laissent une déchirure au cœur, un peu de triste et d’incompréhension.

Et ces quelques mots, « tendre la main », m’ont cruellement fourvoyée.  

 

Je me réjouissais d’entrer dans le monde, de me montrer, de dire aux autres humains : « Me voilà, c’est moi ! Vous voilà, c’est vous ! Rencontrons-nous, échangeons, rions, discutons, vivons et créons du lien. » J’avais bien en tête, pour éviter tout impair et bien me comporter, ces quatre syllabes apparemment anodines : « tendre la main ».

 

Pour moi ce n’était qu’un début : si « tendre la main », alors « tendre le regard », et « tendre la voix, et le discours, et la parole ». Tendre. Ah ! j’aimais cela : cette idée de tendresse. Elle est tendre, la main, il est tendre, le regard !

 

Ainsi, à la première main que je saisis entre mes doigts, je prodiguai un effleurement particulièrement amical. Mes phalanges n’étaient que prévenance et bonté. Je tentai même avec le pouce un léger chatouillement de l’index de mon hôte. La main se retira vivement, son propriétaire grommela quelque chose et s’en fut sans demander son reste.

 

Devinant mon trouble, on me remit sur les rails : « Voyons, tendre la main, c’est au sens propre qu’il faut le prendre. »

 

Je ne comprenais pas : ma main était propre et j’ai le sens de l’hygiène. Il n’y avait pour moi aucun problème : tendre et propre la main, tendre et clair le regard, tendre et caressante la voix.

 

On insista : « Non, pas du tout, tendre la main au sens propre, pas au sens figuré. »

Je demandai plus loin à quelqu’un d’autre ce que signifiait « tendre la main » au sens figuré : apporter son aide. Et on ajouta même : « Si vous vous figurez que parce qu'on vous tend la main, on vous tend la main, vous vous mettez le doigt dans l’œil, au sens figuré. » Je pensais à part moi : « Bien sûr au sens figuré, puisque l’œil est sur la figure… Étrange qu’on me le précise… »

 

Je retins qu’il ne fallait donc pas «aider son interlocuteur », mais bien se laver les mains pour lui présenter une main propre et tendre.

« Mais non ! Il ne s’agit absolument pas d’une main tendre que vous devez tendre ! Qui vous a mis cette idée absurde en tête ?!? C’est simplement une main tendue. »

Me voilà très perturbée : d’une humeur douce, délicate et affectueuse il me fallait donc passer à un état tourmenté, énervé, préoccupé pour continuer à rencontrer les gens ?

 

Je me répétais donc « main tendue, main tendue ». Ainsi je serrai très fort les mains suivantes, mes doigts bien crispés pour qu’on en sentît parfaitement la tension. Je m’aventurai même à glisser quelques coups d’ongles dans la peau.

Alors que je suivais à la lettre les indications qu’on m’avait données, je sentais que je contrariais les détenteurs des mains serrées. On me fuyait.

 

« Mais que ne comprenez-vous pas dans « tendre la main » ? » finit-on par me hurler dessus. « Tendre, tendre comme tendre un élastique ou une ficelle ou le bâton pour se faire battre. »

Ah !!!! Tendre !! Il s’agissait du verbe tendre !

Moi je me sentais davantage adjectif que verbe ! J’ai toujours été très adjectif… Depuis petite...

Pourtant je le sais qu’au commencement était le verbe, et que se présenter la toute première fois aux autres par un verbe est somme toute assez logique.

 

Je compris mon erreur : la main ne devait être ni tendre, ni tendue, elle devait juste être tendue... Tendue au participe passé et au neutre de la bienséance.

Ah ! Cruelle dualité du mot tendre... Tendre la main... Je pense en avoir peu à peu saisi le sens en saisissant des mains, mais parfois je tends à croire que je n’y comprends rien.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 19:16

"Il faut qu'on fasse le point."

Le ton est péremptoire et n'autorise aucune discussion. Or, faire le point, c'est discuter. C'est ouvrir des guillemets, fermer les parenthèses pour s'attaquer aux sujets principaux.

C'est du sérieux, faire le point. Au lieu faire le pont, de faire le poirier, la potiche, le pied de grue. À un moment donné, il faut ce qu'il faut. Point.

 

"Il faut qu'on fasse le point".

Cette phrase, c'est moi qui me la suis dite à moi-même. Devant mon reflet dans le miroir. Mon reflet passait par là, juste dans le miroir, à point nommé.

Mon reflet a répondu qu'effectivement qu'il ou plutôt je le savais que je devais faire le point.

Mais lequel ? Interrogatif ? Exclamatif ? Ou ce petit point ridiculement petit, qui signifie qu'il n'y a rien après, que c'est fini, que c'est comme ça, un point c'est tout ?

Un point dans la tronche oui ! Un uppercut de ponctuation.

 

J'aimerais bien, si ça ne te dérange pas (enfin si ça ne me dérange pas, parce que c'est à moi que je cause), faire plutôt la virgule que le point. C'est moins définitif et moins abrupt. On peut se laisser glisser le long d'une virgule, se laisser caresser même, par ce cil étonné qui se balade dans les phrases. C'est charmant une virgule...

C'est une constante, je négocie toujours avec moi-même. Parce que là, tout de suite, en fait, non, je ne veux pas vraiment faire le point. Le point me fait peur, point barre.

Rien que d'y penser me voilà mal en point. Pourtant je me fais toujours un point d'honneur à discuter avec mon alter ego qui a régulièrement un point de vue intéressant, bien que je puisse lui reprocher de vouloir systématiquement mettre les points sur les i pour aller d'un point A à un point B, ce qui constitue, convenons-en, un sacré détour alphabétique.

 

Lorsque je veux faire le point, les choses se passent souvent de la même manière. La conversation prend une tournure qui ne plaît pas à mon reflet. Je lui dis : "Mais enfin réfléchis !" Ça l'agace. J'ai un point de repère : quand mon reflet fulmine et devient tout rouge, c'est le point d'orgue, à deux doigts du point de non-retour. Je laisse souvent tomber et finalement je fais rarement le point.

Si on attend une chute à ces réflexions pointues, il n'y en a point.

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 11:22

Sur toutes les lèvres en ce moment, il n'y a qu'un mot : résilience. "Il faut résilier." C'est dans l'air du temps, la résilience. Je l'entends beaucoup autour de moi.

Les gens résilient à tout va. Ils n'étaient pas contents, en colère, parfois même effondrés, traumatisés par des abonnements qui leur sortaient par les yeux. Forcément à un moment, face à la pile qui s'accumule, en concédant qu'effectivement, au bout de quelques années ça prend beaucoup de place, ça envahit jusqu'au grenier, des cartons remplis, ils ont décidé que les choses devaient changer. Alors ils résilient. C'est comme ça.

Abonnés à un comportement ou à un mode de pensée qui ne convient plus, il faut y mettre un terme et évoluer. C'est ce que les gens disent. Mais parfois il en coûte de résilier ! Beaucoup promettent de résilier sans frais mais il y a toujours les petites lignes du contrat. Parfois on paie, même longtemps après. Pour tous les abonnements ça marche comme ça. Et puis aux dates anniversaire, on est à nouveau sollicité… Difficile de ne pas se réabonner.

 

Pourtant, qu'est-ce qu'il y en a, des gens qui résilient ! Après le choc du départ du voisin avec sa belle-sœur, la voisine résilie. Après la fermeture de son usine, l'ouvrier résilie. Après être devenu aveugle, le vieil homme résilie. Mais que sait-on vraiment de ces résiliences ??

Mais peut-être que c'était le voisin, et pas la voisine, qui était abonné ? Mais peut-être que l'ouvrier n'avait plus de sous pour rester abonné ? Peut-être que l'abonnement n'existait pas en braille ??

 

On m'invite souvent à résilier moi-même. "Tu devrais résilier." Mais moi j'aime bien mes petits abonnements. Parfois je résilie et après ça me manque. Je n'ai rien à me mettre sous la dent pour raconter.

"Tiens j'ai ouvert dernièrement un de mes cartons avec mes abonnements. Je peux te raconter si tu veux.

- Comment ?? Mais tu n'as pas résilié ??

- Ben non.

- Il faut résilier, faire le vide, c'est mieux pour le karma."

Le vide ? Mais j’ai déjà dit que souvent j’ai mal au vide ! Pour me convaincre ils s'appuient sur des modèles de résilience.

"Tu verras c'est formidable, la flexibilité que l'on trouve dans la reconstruction ! Ou la reconstruction qu’on trouve dans la flexibilité ! Tu l'as aussi en toi, cette capacité à rebondir après un traumatisme.

-Ah non je t'assure, je n'ai pas ça. La dernière fois que je me suis cogné le gros orteil contre un des cartons de mes abonnements, il n'a absolument pas rebondi, mon orteil. Il a gonflé et j'ai dû porter des tongs pendant 3 jours."

Quand on me parle de résilience, souvent je suis aux abonnés absents.

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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 15:10

Texte issu d'un atelier d'écriture où je proposais d'écrire une histoire abordant la peur sous l'angle "peur de" et / ou "peur pour". Temps imparti : 20 minutes.

 

 

La plupart du temps, il rentrait en titubant. Il s'acharnait sur la serrure, trouvait enfin la bonne clef et je l'entendais s'étaler de tout son long sur un canapé ou un fauteuil. La chute, ponctuée d'un monumental "Bordel !", ne laissait pas de doute sur un état avancé d'ébriété.

À peine entendais-je ses pas dans l'escalier que je fermais la porte à double tour, machinalement, mais un peu inquiète tout de même. Le matin, je me surprenais à attendre qu'il fût descendu pour sortir de mon appartement. C'était loin d'être une obsession mais il était certain que si je pouvais éviter de le croiser, je ne m'en portais pas plus mal.

Parfois cela sentait l'urine et l'alcool jusque sur le palier. Je n'osais pas en parler au syndic de copropriété, mais je ne voulais pas non plus perdre du temps à nettoyer, aérer, désodoriser. Ce n’était pas mon problème ce type-là. Et puis une part de moi craignait sans doute qu'il ne s'en rendît compte. Il aurait alors pu mal le prendre, cogner à ma porte, m'injurier, que sais-je ? Nous avions à peine échangé trois mots lorsque j'avais emménagé quatre mois plus tôt. Quand l'ascenseur rempli de cartons s'était arrêté au troisième étage, il m'avait fixée d'un œil torve. "Ça va durer longtemps ?" Moi qui pensais qu'un voisin sympathique eût éventuellement pu me donner un coup de main, ou du moins, se présenter, afficher un sourire (hypocrite peut-être) de bienvenue. Mais non, rien. Et pire que rien, l'hostilité déjà. Et déjà dans son haleine, la suspicion d'un alcoolisme rapidement avéré.

Certains soirs il criait, et les murs de sa salle de bains attenante à la mienne tremblaient sous la poussée puissante de ses poings. Que faisait-il ? Je l'imaginais hurlant devant le miroir, saisissant à deux mains le meuble ou la vasque, les secouant nerveusement. Je poussais le bouton de la radio pour ne plus l'entendre. Deux ou trois fois, en plus de la porte d'entrée, je fermai à clef la porte de ma chambre.

 

Puis le silence. Plus de cris, plus de tintement de trousseau de clefs, plus de pas lourd et traînant, plus son odeur.

La voisine du quatrième m'apprit qu'il avait été hospitalisé. Son vélo s'était fait renverser à deux pas de l'immeuble. Faire du vélo dans cet état... Enfin, c'était toujours mieux que conduire une voiture. Je n’aurais pas aimé le croiser sur ma route.

Il revint dix jours plus tard. Une jambe dans le plâtre, le visage encore violacé. Sobre. Il me dit « Bonjour » en sortant de l'ascenseur. Je crus même l'apercevoir sourire, un pauvre sourire, comme si ses lèvres en avaient perdu l'habitude. D'une voix étrangement douce il articula :

"Ça vous dérange ?
- Pardon ?
- Le bruit que je fais parfois. Ça vous dérange ?
- Euh... Non... Enfin... Ça me fait un peu peur.
- Peur ? Vous avez peur ? Pour moi ?"
Son visage s'éclaira un instant. Je balbutiai :
"Euh, en fait, je... je suis pressée. Excusez-moi. Bonne soirée."

Je restai ce soir-là longtemps immobile sur une chaise, à repenser à ce voisin étrange. Pour la première fois, l'idée que je ne savais rien de lui, rien des raisons qui le poussaient à boire, à s'autodétruire ainsi m'effleura. Pour la première fois. Bien sûr je n'allais pas jouer les Mère Theresa ou les bonnes samaritaines ou je ne sais quoi, je m'étais déjà souvent fait avoir, mais peut-être devais-je lui demander si ça allait.

Je frappai à sa porte le lendemain. "Besoin de rien ?" Nous étions partis sur des phrases courtes. "Un café j'veux bien." J'entraperçus le living, des photos au mur, une guitare. Je ne l'avais jamais entendu jouer. Il remarqua mon regard appuyé sur l'instrument et murmura : "Elle était à ma femme. Elle a été fauchée par un camion l'an dernier."

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 23:37

Texte écrit en atelier d'écriture. Récit d'un conflit à base d'onomatopées. Temps imparti : 15 minutes

 

Eh ! Oh ! ça va oui ?? Boum boum yé yé tout le temps ! Pfiou...

Il est quoi ? Tic tac tic tac, une heure du mat' ? Je tombe du lit, badaboum et flip flap les poches sous les yeux demain ! Et elle, "Ola ! Olé !" Flamenco tic a tic a tic a tic, les talons ploum ploum sur le parquet. Oh mon Dieu ! L'état de son parquet ! Beurk ! Tout abîmé, troué par ses talons aiguille, pic pic pic, de vraies poinçonneuses, des piverts à l'horizontale. Woody woodpecker version voisine pénible. Eh !! Tac tac sur les rythmes andalous... ahouuuu ! Paf ! Le balai ! Le plafond ! Trois coups comme au théâtre et attention je rentre en scène : tadam ! Poum poum l'escalier... Toc toc toc. Ding dong ding dong ou driiiiing plus exactement.

Scoink scoink scoink... Elle a enfilé des chaussons dis donc ! Youpi tralalala la mauvaise foi !! Œil de bœuf, meuh meuh, et sclac sclac la serrure.

Oh la vache ! La troooonche ! Maquillée splash splash à la truelle ! "Hum hum..." Toux qui donne de la contenance. Grrrrr raclement de gorge.

"Alors comme ça on fait la fête ? Hein ?" La déconfiture se tartine sur la face fardée. Un ange passe, flafla flafla flafla, les mouches volent, bzzzzzz. "Ah on ne sait plus quoi dire Carmencita ?!?! Viva España ! Bon, elle va me faire le plaisir, oh ouiiiiiiii, de baisser la musique, chuuuuuuuut, parce que sa voisine, mézigue, moi, wam, voudrait pioncer. Rompshhh, dodo ronflette, OK ?"

Je claque la porte, blam, remonte à l'étage, et pziout, me glisse dans les draps !! Ahhh !

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 13:38

Consigne d'écriture que j'ai proposée lors d'un atelier : composer un texte à partir du maximum de mots contenant la lettre K (temps imparti : 15 minutes)

 

Elle m’épuise ! Ma mamie geek ? C’est le jackpot ! Une pile électrique. Coiffure punk, jupe en skaï, look kitch, mais le funk dans la tête ! Un vrai festival de folklore à la maison, le souk façon jukebox dans les oreilles et les chakras qui t’explosent le crâne dès le réveil.

Elle aurait dû être livrée en kit, Mamie Geek ! Elle me met sur les rotules. Faut la conduire partout : elle a perdu son permis. Forcément le penchant pour le mix vodka whisky, ça fait des étincelles sur les jantes de la Twingo. Sans compter les extras : raki de Turquie et saké de Tokyo. Ah ça ! c’est pas une mémé à Kirch ou à kir royal. Mamie Geek, elle carbure pas à la troussepinette !

Tout le temps elle veut faire des trucs ! Lundi ukulélé, mardi aïkido, mercredi basket… Eh oh ! c’est raisonnable ça quand on fait 1 mètre 52 tout tassé ? Elle pourrait pas plutôt faire mumuse avec son Teckel ou jouer à la coiffeuse avec son Yorkshire ?
Non, elle a un Husky. Pour aller au ski. Elle kiffe ça le ski avec Hubert, le Husky. Elle lui enfonce une chapka sur la tête. Pauvre clebs ! Et elle envoie des cartes postales : « Ça glisse nickel chrome ! »
Elle m’épuise je vous dis.

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 23:10

Nous vivons une époque de grande suspicion.

Dans tous les domaines.

La semaine dernière je suis tombée des nues au moment de me revêtir chez le médecin. Il m'a fortement conseillée de surveiller mon alimentation. Ah ! cette méfiance, cette paranoïa, partout ! Depuis l'état d'urgence c'est terrible. Moi qui ne suis pas vraiment favorable à la délation. "Surveiller mon alimentation". Pourquoi ? Je n'ai jamais entendu personne dire : "J'ai balancé mon assiette de frites parce qu'elles ressemblaient à des mini kalachnikovs. L'assiette est sous scellé, les flics interrogeront la sauce mayo demain..."

Surveiller mon alimentation... Je suis rentrée chez moi songeuse.

Comme le docteur ne m'avait donné aucune consigne concrète, j'ai appliqué des méthodes cartésiennes et rigoureuses : j'ai pris un carnet, une montre et j'ai noté mes observations.
Bien sûr, j'ai systématiquement pris une photo de mon assiette : face, profil gauche, profil droit. C'est important : on rate parfois une demi tomate cerise cachée par un peu de purée. Sous la photo, un petit papier donnait le lieu, la date et le contenu. "Lundi 4 novembre, cuisine, tagliatelles au beurre." "Mardi 5 novembre, salle à manger, petit salé aux lentilles." Etc.

Après les annotations commençait la surveillance à proprement parler. J'ai tout noté : la fonte du beurre le long des pâtes, celles qui restaient collées entre elles, la forme qu'elles dessinaient dans l'assiette, le temps de refroidissement. J'ai regardé longtemps des patates dans les yeux : elles n'ont pas cillé. Pour les lentilles, je les ai comptées. Un vrai boulot à plein temps, la surveillance. Mais rien ne se passait, pas un mouvement, aucune pressentiment d'attaque. Et avec ça, je ne savais pas si je pouvais les consommer. J'ai tout laissé tomber au bout de 5 jours mais j'ai tout de même envoyé mes notes au médecin. Il fera sans doute remonter les infos aux RG.

Nous vivons une drôle d'époque. Dans un autre registre, le kinésithérapeute m'a dit que lors de mes séances de kiné respiratoire, ma toux devait être productive, sinon elle n'avait pas lieu d'être. Eh bien... Si même la toux doit être productive... Le monde est devenu sacrément libéral.

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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 10:42

Exercice d'atelier d'écriture. A partir d'une liste de vocabulaire, recyclons des mots oubliés ! Temps de l'exercice : 15 minutes.

 

Elle avait l’œil smaragdin, la joue rubescente, le cheveu flavescent et la hanche alliciante. Et callipyge avec ça !

Un élan incoercible me poussait vers elle. Elle me semblait si loin de toutes les péronnelles à la voix de chanterelle que j'avais rencontrées, et n'avait rien de commun avec ces pauvresses revêtues de pendeloques aux genoux cagneux et aux propos caligineux.

Elle ? Une beauté silencieuse et nivéale : la neige en plein été ! Un zéphyr salvateur dans le désert !

Oh ! je ne suis pas malitorne : je lui offrais des mélopées, parfois de petits brimborions, de jolies fanfreluches. Un cadeau, même minuscule, donne un peu de nitescence à la relation...

Sa peau satinée sentait le néroli, un parfum lénifiant qui m'alanguissait. J'osais parfois demander la caristade d'un baiser. Oh ! Un baiser vulnéraire pour panser les plaies d'un pauvre homme transi... Mais mes psittacismes amoureux l'agaçaient. Un jour, sans que rien ne le laissât présager, elle prit pour la première fois la parole et déclara :

"Je pige que dalle à ce que tu dis avec tes phrases."

Fin d'une histoire que j'avais crue immarcescible...

 

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