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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 12:20

Petit (gros ?) délire où je réveille des velléités de démiurge ! Ou comment l'auteur de théâtre peut se vouloir tout-puissant...

 

Décor

Un salon meublé en style Louis Philippe, à l'exception d'une chaise Henri II peinte en rose trônant au milieu de la pièce. Bibliothèque en fond de scène possédant 256 livres, rangés par ordre alphabétique des auteurs. Trois tiroirs dans lesquels se trouvent 17 clés. Pieds de la bibliothèque légèrement usés par les 4 précédents déménagements. Huit chaises dont les dossiers sont tournés vers le public. Un tapis de 1956 orange et bleu occupe le cinquième de la scène.

Le soleil se couche 9 fois pendant la pièce. Il se lève 9 fois. On le comprendra grâce à l'ombre changeante sur le plateau. Le coq ne chante pas. Aucun coq ne doit chanter pendant la représentation de la pièce dans un rayon de 25km. Si un coq chante, la représentation doit être annulée et les comédiens battus par les deux plus jeunes spectateurs avec des branches de houx cueillies le 27 novembre par temps de pluie.

 

 

Personnages

- Robert : homme de 55 ans et 3 mois (l'acteur sera changé tous les mois pour les besoins de vraisemblance de la pièce), moustachu, chauve sur le sommet du crâne et portant les cheveux longs tressés à l'arrière. Il porte un survêtement bleu marine et blanc et des baskets violettes. Une serviette blanche à rayures noires lui entoure les épaules. Tout le long de la pièce, il restera assis sur le bord de la chaise Henri II. Ses fesses ne doivent en aucun cas toucher le dossier de la chaise.

- Carole : Femme blonde de 28 ans mesurant 1,79 et chaussant du 37. Pieds nus, elle porte une tunique en soie jaune. Elle est assise à califourchon sur l'une des chaises. Elle changera de chaise pendant les moments où la scène sera dans le noir et s'y installera toujours à califourchon.

- Suzanne : Femme noire de 39 ans à l'accent suisse de l'est très marqué. N'a plus d'annulaire droit. Elle porte une robe en laine rouge, une ceinture noire, des chaussures noires plates à boucle.

 

 

La pièce sera jouée uniquement le mardi et le vendredi en après-midi ou le soir, les jours impairs.

Durée de la pièce : 48 minutes 22 secondes

 

DIDASCALIES

 

 

Suzanne (inquiète, le sourcil droit légèrement relevé, le pied gauche indique un angle de 40 degrés avec le bord de scène où elle se trouve. Tout à coup elle court à l'allure de 6.3 km/h vers la bibliothèque, prend le 58ème livre, et le cache sous sa robe) : Ce que le feu nous a pris...

 

Carole (statique, les yeux fermés) : Dans le tiroir à gauche... non pas là, sous le soleil des armures...

 

Robert (s'arrachant les cheveux) : Mais pourquoi ?

 

Carole (toujours statique, ouvre soudainement les yeux) : L'homme n'a jamais conscience de sa fin.

 

Robert (jetant à Carole une poignée de cheveux) : Je te hais.


Suzanne (en retirant le livre caché sous sa robe) : Il fallait que cela se sache.

 

 

NOIR

 

 

Suzanne (remet le 58ème livre à sa place et prend le 173ème livre) : Ce que le feu nous a pris...

 

Carole (se retourne yeux ouverts vers Carole) : Dans le tiroir à gauche... non pas là, sous le soleil des armures…

 

Robert (en retirant ses baskets) : Mais pourquoi ?

 

Carole (se retourne vers Robert et lui crie) : L'homme n'a jamais conscience de sa fin.

 

Robert (jetant une basket à la figure de Carole) : Je te hais.


Suzanne (en s'allongeant par terre et en feuilletant le livre) : Il fallait que cela se sache.

 

 

NOIR

 

 

Suzanne (renverse la bibliothèque Louis Philippe, la fouette avec sa ceinture et lance sur le public les 17 clés rangées dans les tiroirs) : Ce que le feu nous a pris...

 

Carole (les bras grands ouverts) : Dans le tiroir à gauche... non pas là, sous le soleil des armures…

 

Robert (se cachant le visage dans la serviette à rayures) : Mais pourquoi ?

 

Carole (se met debout sur sa chaise) : L'homme n'a jamais conscience de sa fin.

 

Robert (se désignant avec les deux index) : Je te hais.


Suzanne (arrachant les pages des livres qu'elle ouvre) : Il fallait que cela se sache.

 

 

FIN

 

Pour tout commentaire argumenté de la pièce, merci de formuler votre demande auprès de l'auteur (moi-même). Quelques pistes : 256 c'est "2 puissance 8", donc 2 à la puissance de l'infini renversé.... Il y a 17 clés, 179cm, une pointure 37, uniquement des nombres premiers, donc indivisibles !!! Cette pièce aborde, via ses didascalies, l'indivisibilité du monde et la rage contre son caractère supposé infini (signifié par le renversement du 8)... L'absence d'annulaire à la main de Suzanne, l'incapacité de Robert de toucher un dossier, la couleur jaune de la tenue de Carole sont autant d'éléments pouvant être discutés pendant des jours !!! C'est formidable autant de commentaires possibles, pour un texte écrit en 30 minutes !!!!

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 11:19

Dans notre monde si absurde, il est temps de mettre un peu d’ordre et de sérieux.

 

Quand nos amis anglophones évoquent le regain d’intérêt de nos contemporains pour la musique classique romantique, ils se trompent lourdement en déclarant : « Beethoven is back. »

 

Bien sûr que non ! Beethoven est Beethoven et Bach est Bach !

                                             

Certes, Bach et Beethoven sont tous les deux allemands, mais c’est une vision bien réductrice et complètement fausse de dire qu’un allemand en vaut un autre. Pensez-vous vraiment qu’il soit de bon ton de faire ce genre de déclaration ?

Dear English friends, Beethoven is not Bach, it’s not the same you understand ?!?

 

Pour preuve, il est complètement impossible de faire une belle fugue (à siffloter) avec quatre pommes dans chaque poche (Pom pom pom pom Pom pom pom pom).

 

Beethoven admirait Bach, ce qui n’était pas réciproque… Certains pourront m’opposer que Jean-Sébastien était mort depuis 20 ans quand Ludwig vint au monde, certes… mais au final cela ne fait que confirmer l’affirmation du début, Beethoven is not Bach parce qu’on ne peut être et avoir été.

 

D’autres différences remarquables devraient permettre aux respectables sujets de la Reine de ne plus faire, comme on le dit beaucoup ces temps-ci, l’amalgame (même pour ceux qui ne sont pas dentistes). Outre leurs différences musicales, Bach et Beethoven n’avaient ni le même coiffeur, ni le même handicap, ni la même vie sexuelle :

-          Alors que le premier arborait fièrement la perruque blanchie, baroque et ondulée, le second laissait sa chevelure libre et furieuse comme une symphonie de lui-même.

-          Beethoven commençait à être sourd à 26 ans, Bach était aveugle à la fin de sa vie.

-          Bach eut 20 enfants. Beethoven, malgré plusieurs pièces pour musique de chambre, n’en eut aucun. Il se contentait d’écrire quelques lettres, à Elise notamment, glorifiait le Clair de lune mais aucune de ces approches n’aboutit… Alors qu’un contrepoint bien placé permit à Bach d’avoir une ribambelle de presque deux équipes de foot.

 

Certaines œuvres de Beethoven laissent un goût d’inachevé. A l’opposé, Bach avait beaucoup de suites (dans les idées je ne sais pas, mais beaucoup de suites quand même).

 

Beethoven a donné son nom à un chien. Bach a donné son nom à un examen.

Nous devons à Beethov notre hymne européen, l’hymne à la joie, alors que les fleurs de Bach soignent les états de tristesse.

Les différences sont donc nombreuses. Un point commun cependant, ils aimaient bien numéroter leurs œuvres. Symphonie numéro tant pour Loulou, prélude numéro tant pour Jean-Seb. Mais gare là encore aux amalgames (majeurs ou mineurs) : tous les allemands ne sont pas forcément des gens ordonnés !!

 

Donc non, chers amis d’outre Manche, Beethoven is not Bach. En revanche, quand je vois la programmation actuelle dans les salles de concert, on peut vraiment dire que la musique de Beethov est de retour…

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 20:39

Toute utilisation, reproduction ou diffusion des textes de ce blog doit faire l'objet d'une demande à l'auteur.

 

personnage : une directrice RH. Elle a un ton jovial tout le long de la scène, elle peut être assez extravagante et accentuer ses propos par de grands gestes.

 

Ah la la la Rachel !... Comment allez-vous ? Hein ? Ben mal oui forcément... Vous ne vous attendiez pas à la lettre de licenciement ? Quand même après huit mois d'absence, qu'espériez-vous ?... Mais vous venez retenter votre chance chez nous aujourd'hui et j'en suis ravie. Si on peut s'arranger à l'amiable pour un nouveau contrat sans passer par la case prud'hommes...

 

Et sinon, vous avez apprécié le cadeau qu'on vous a fait pendant votre hospitalisation ? Vous l'avez essayé ? On s'est tous cotisés vous savez. On ne savait pas trop quoi vous prendre. Bon c'est un modèle un peu classique mais c'est vrai qu'on n'a pas tous les jours l'occasion d'acheter une perruque...

 

Alors le médecin du travail m'a informée, elle a eu la lettre de votre cancérologue et donc vous venez me voir pour l'aménagement de poste. C'est normal, les ressources humaines sont faites pour ça. Vous avez l'attestation de RQTH faite auprès de la MDPH ? Merci. (lit le document)

 

Bon... je comprends bien euh... votre demande...  mais en ce moment c'est un peu la crise du logement des bras cassés... enfin je veux dire, des personnes en situation de maladie ou de handicap... bien qu'il y ait aussi des bras cassés parfois, notamment au retour des vacances de ski... Comme je vous dis c'est un peu délicat, on a atteint notre quota, on a dépassé nos 5%. Mais si, vous savez bien ! Le texte qui dit que les entreprises d'au moins vingt salariés ont l'obligation d'employer 5 % de handicapés. Et bien nous c'est fait ! (grand sourire) On n'a plus à payer la taxe qu'on payait avant... Avant, quand on sélectionnait que des gens normaux... euh... pas handicapés ou malades, pas euh... enfin des gens euh... en pleine possession de leurs capacités...

 

Et puis là comme c'est un nouveau contrat, ben... Parce qu'on a eu des consignes, "5%, pas plus"... Pas sûr qu'il y ait de la place pour vous reprendre...  Mais je le sais que vous avez travaillé douze ans pour nous, mais ce n'est pas moi qui fais le règlement... Et vous croyez que ça n'a pas été difficile lorsqu'on s'est fait coiffer au poteau sur notre projet phare parce que vous étiez partie sans nous laisser tous les éléments du dossier ? Je comprends bien vos "circonstances atténuantes" mais vous avez manqué de professionnalisme ! Vous avez frôlé la faute grave !... Bref...

 

Je vais essayer de voir quand même ce qu'on pourrait envisager... Temps partiel, salle de repos, etc... Mais vous savez, ça nous coûte cher ces petites affaires ! Et puis la boîte, faut qu'elle tourne aussi, on ne vient pas au travail pour avoir mal ou avancer au ralenti... Il faut que ça... que ça envoie !

 

Alors voyons voir, déjà, par rapport au quota... Je disais donc, le quota... (feuillette un dossier) Qui on a déjà en ce moment en stock ?

 

Alors, Bernard, qui a un diabète, part à la retraite dans deux ans. Il a des problèmes de vue qui s'aggravent avec sa maladie, c'est un peu embêtant pour un informaticien, donc peut-être une retraite anticipée, peut-être une place pour vous... Comment ? Vous voulez voir pour le long terme ? Vous êtes sûre ? Je pense qu'il faut y aller progressivement, on ne donne pas les CDI comme ça, il faut bien que les gens en profitent assez longtemps...  Oh pardon, je vous ai choquée ?... Excusez-moi, dans ressources humaines j'oublie parfois qu'il y a autre chose que les ressources... Mais ça serait plus raisonnable un contrat de 3 mois, renouvelable, si vous ne faites pas de rechute évidemment...  (se replonge dans le dossier)  Bon il y a bien Anne-Marie et sa sclérose en plaques mais depuis qu'elle a changé de traitement elle n'a pas fait de poussée... Elle est marrante Anne-Marie vous ne trouvez pas ? Avec son visage qui tombe et sa canne hein ? Sauf quand elle n'arrive pas à temps aux toilettes, c'est moins drôle... Jean-Michel et sa prostate, Sophie et sa thyroïde... Comment ? Confidentiel ? Ce sont des données confidentielles ? Ecoutez, pour votre perruque on a quand même fait un Doodle pour choisir la couleur alors la confidentialité... nous sommes une grande famille !

 

Alors voyons voir... Les postes des agents d'entretien, est-ce que ce sont les mêmes lignes budgétaires ?... Là aussi on a Colin. Oui il a aussi la reconnaissance travailleur handicapé Colin. Ca ne se voit pas? Non bien sûr c'est psy. Mais moi je l'ai vu une fois essayer d'étrangler sa serpillière et je vous assure que là ça se voyait.

 

Bon je vais en parler en réunion la semaine prochaine. Je vous tiens au courant. Il y a peut-être moyen de faire quelque chose. Je peux presque vous garantir qu'on pourra vous reprendre et que vous ne serez pas mise à la porte. (phrase suivante à part) Au placard peut-être, à la porte je ne pense pas...

 

J'ai un rendez-vous super important pour le renouvellement de la machine à café. Je dois écourter notre entretien mais on en reparle bientôt. (se lève) 

 

Au revoir Rachel. (lui serre la main et la retient) C'est drôle quand même non ? Vous travaillez dans la boîte pharmaceutique qui a créé le traitement qui vous a soignée ! Rachel vraiment, j'espère que vous voyez tout ce que vous devez à notre entreprise... Pensez-y ! Au revoir.

 

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 10:25

Les essuie-glaces sont à fond

A cent dix sur le goudron,

Ma voiture file vers l'Ouest,

Direction : Brest !

 

RN12

La Nationale de mon coeur,

RN12

C'est la route du bonheur !

 

Il me faut ma dose d'embruns,

Je suis en manque de crachin,

L'odeur du soja me hante

Dans les descentes.

 

RN12

La Nationale de mon coeur,

RN12

C'est la route du bonheur !

 

Ca y est j'arrive sur Morlaix,

Il y a des panneaux juste après

Qui indiquent dans 50 bornes:

Pont sur l'Elorn.

 

RN12

La Nationale de mon coeur,

RN12

C'est la route du bonheur !

 

Une fois passé Landivisiau,

Une fois dépassé Landerneau,

On a fait le plus difficile

Jusqu'à ma ville.

 

RN12

La Nationale de mon coeur,

RN12

C'est la route du bonheur !

 

C'est bon, je sens que l'on arrive,

Y a plus qu'des 29 qui se suivent.

L'odeur de soja est présente,

C'est donc qu'il vente.

 

RN12

La Nationale de mon coeur,

RN12

C'est la route du bonheur !

 

Pour bien arriver à Brest mêm',

Pas de variation sur le thème :

C'est la route des fans de krampouz,

La RN12.

 

RN12

la la la la

La Nationale de mon coeur

la la la la

RN12

la la la la

C'est la route du bonheur

la la la la (à reprendre autant de fois qu'on veut)

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 19:07

 

EXTRAIT DU MONOLOGUE. Toute utilisation, reproduction ou diffusion des textes de ce blog doit faire l'objet d'une demande à l'auteur. Merci de respecter le droit d'auteur. 


Tout au long de la scène, la femme épluche des légumes et prépare le dîner. Il y aura tout un jeu avec les légumes qu'elle coupe.

 

 

(imitant son mari) "J'aurai du retard ma chérie, mais tu serais un ange de m'attendre pour dîner." (reprenant sa voix normale)  L'attendre ! Pour lui je ne suis bonne qu'à attendre. Faire la popote et attendre. Qu'est-ce qu'il peut bien faire ? C'est la deuxième fois de la semaine qu'il me fait le coup. Si ça se trouve il est en train de discuter avec sa collègue là, celle qui a fait un tour du monde (imitant son mari) "Christine est formidable ! Tu sais que lorsqu'elle était en Papouasie, et gnagnagnagna, gnagnagna..."  (reprenant sa voix normale) Pendant ce temps, bobonne se coltine la soupe à préparer. Rentrer plus tôt pour donner un coup de main ? Non, bien sûr, quelle idée ! (imitant son mari) Ma chérie, c'est vraiment super, depuis que tu es à mi-temps, tu es beaucoup plus sereine ! (grand coup de couteau sur une courgette,...)

 

Pour obtenir la suite de ce texte, merci de me contacter.

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:52

Petit cadeau pour vous qui souhaitez chanter de beaux chants de Noël en anglais !

 

Gigue belle

 

Gigue belle, gigue belle,

Gigue aux oeufs ouais !

Oh ouate fun attise tout rail

Il a un morse aux peignes laids (avec une liaison entre peignes et laids)

 

 

Mai rit, crie, se masse

 

Oui oui, chou à mai rit, crie, se masse

Oui oui, chou à mai rit, crie, se masse,

Oui oui, chou à mai rit, crie, se masse,

Un deux à biniou hier

 

 

Sale hante n'aille au lit n'aille

 

Sale hante n'aille au lit n'aille

Au lit se calme, au lit braille

"Wouah, on veut Régine"

Maux se rangent, aïe

Au lit, il feinte, saute et dort en maille

Slip énervant, il pisse

Slip énervant il pisse

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 14:36

Je ne suis pas contente, pas contente du tout ! Vous prenez mes vêtements dans mon armoire, soit. Vous les portez, soit. Vous les enfilez à des petits chiens, passe encore. Mais un peu de bon goût quand même ! Un haut léopard sur un caniche abricot, ça ne va pas du tout ! Vous voyez bien que ça le grossit ! Puis ils vont me les salir et me les déformer. Ma jolie robe noire et bleue sur un Bouledogue ! Ils n’ont qu’à se les tricoter eux-mêmes les cachemires ! Voilà, voilà une pelote, 3 aiguilles, un catalogue, dans deux jours ils auront un petit cardigan. Bien sûr que si ! Moi j’ai eu une chèvre qui tricotait très bien !

 

Et arrêtez avec votre perceuse, vous n’arriverez pas à transpercer mes rotules. J’ai de l’arthrose et des varices mais les bas ne laissent pas passer les forets. Nous n’aurez qu’à me les servir ce soir avec des petits pois farcis. Ah encore un dalmatien en short zébré ! Mais je sais bien que vous me cachez des choses ! Quand je rentrerai chez moi je mènerai mon enquête ! J’ai une loupe vous savez ! Et je vous mettrai tous sur écoute ! Mon fils a un Minitel, il connaît toutes les formules pour vous faire coincer.

 

Demain je vais voir le médecin, c'est écrit sur le frigo. Je ne sais plus pourquoi, c'est la voisine qui m'emmène. Elle va vouloir voler la voiture, comme la dernière fois. Elle a toujours été envieuse. Elle vient presque tous les jours. "Comment ça va Madame Jonquet ? Elle va mieux Madame Jonquet ? Elle a pas encore fait sa toilette Madame Jonquet !" Elle m'embête ! Comment elle veut que je fasse ma toilette si la salle de bain est occupée par ma grand-mère ?  Un peu de respect pour les aînés. Je la trouve bizarre la voisine. A chaque fois elle regarde mes boîtes de médicaments et elle me dit "Faut bien les prendre hein ! Faut pas oublier !" Et elle me les tend, et elle veut que je les avale devant elle... Oh la la la la, je me dis, et si elle voulait m'empoisonner ? Je me rends compte parfois que j'ai plus toute ma tête. C'est peut-être elle qui me drogue ? Alors parfois, je n'avale pas, je fais semblant mais je garde le cachet dans la main ! C'est pas bête ! Je suis maline ! Pas sur la gazinière, le cheval ! Oust oust oust !

 

J'aime pas trop être ici, j'ai hâte de rentrer. Les haricots ont dû pousser dans le jardin, ils vont être trop gros si on les laisse, avec plein de fils dedans.

 

Chut ! (un temps)  Ah non ça va, j'ai cru que ça sentait le gaz... C'est le cheval qui ouvre le gaz parfois. Il ne fait pas exprès mais c'est dangereux. J'aimerais qu'il reparte, avec les chiens, c'est trop petit ici pour avoir tout ce monde.

Mon fils est venu hier me voir. Il m'a apporté des fleurs (elle montre un vase vide). Il a beaucoup de travail, il ne reste jamais longtemps. Il me fait le café, il m'apporte des madeleines. Il aimait bien les madeleines aussi quand il était petit. Je ne sais pas s'il les aime encore, il n'en prend plus avec moi en tout cas. Pour moi ça m'en fait plus ! (silence puis chantonne) "C'est le vent qui emporte mon ruban / Vers la fenêtre de mon amant / Il me le rendra tout doucement / Et lala lala lalala, lalala lalala lala" (s'assoit, reste un moment immobile en chantonnant bouche fermée puis sort de sa torpeur d'un coup) Je vais fermer cette armoire à clé ! Ce n'est pas possible ! Arrêtez de tout vider comme ça ! Il y a trop de chiens ici, trop de chiens !

 

Ah j'entends la voisine. Déjà... Qu'est-ce que je fais ? Je dis que j'ai déjà pris mes médicaments ?

 

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:00

Le café était froid, la douche était brûlante,

La journée commençait de façon contrariante,

Mais je sais rester calme en toutes circonstances.

C'est la clé de mon charme et de mon élégance.

 

J'ai vu que le pare-brise était couvert de givre.

Je n'avais pour gratter que mes ongles et un livre,

Et pressée par le temps (car j'étais en retard),

J'écaillai mon vernis juste avant le départ.

 

Ma voiture, capricieuse, ne voulait pas partir.

J'attendis un moment avant de ressortir.

C'est un brin ennuyée que je dus constater

Qu'un sabot sur sa roue avait été posé.

 

Promptement, j'appelai un taxi en urgence.

Je voulus faire de même en toute bienséance

Avec mon entreprise... Mais plus de batterie...

Mon téléphone portable me lâchait lui aussi.

 

Le taxi arriva, je montai à l'avant.

Le souffle du chauffeur était préoccupant...

J'en eus confirmation quand sur le boulevard

Il freina violemment pour "sauver un canard".

 

Moi, le coup du lapin, lui, le coût de la course...

Quand j'arrivai enfin et que j'ouvris ma bourse,

Nos humeurs à tous deux étaient presque changées :

Lui quasi dégrisé, moi un peu agacée.

 

Ebouillantée, à jeûn, la manucure gâchée,

Les cervicales démises, les cheveux décoiffés,

Je gardai néanmoins une mine positive

Pour justifier au mieux mon arrivée tardive.

 

A peine étais-je entrée que c'était l'avalanche :

Invectives et reproches, ma patronne fut franche

Et siffla que ce jour je venais de commettre

L'erreur impardonnable qu'elle ne pouvait admettre.

 

Me voilà licenciée, sans travail, au chômage,

Et de cette injustice, j'avoue, je pris ombrage.

J'arpentai le trottoir cherchant l'arrêt de bus.

Près du poteau une femme tendait des prospectus.

 

"Aujourd'hui tous en grève". J'étouffai un juron

Et contemplai pensive la taille de mes talons.

Il fallait donc marcher. Pas de deuxième taxi !

Non ! J'avais supporté trop de péripéties.

 

J'allais donc mon chemin, ampoules et durillons,

Quand je fus entraînée dans un grand tourbillon.

Je repris mes esprits à temps pour voir filer

La moto emportant mon sac et mes papiers.

 

Il se mit à pleuvoir. Mon maquillage bien sûr

N'était pas adapté pour de telles aventures.

Et je restai un temps sous les gouttes énormes,

Avant d'apostropher un homme en uniforme.

 

"Monsieur le policier, je demande assistance.

On vient de me voler et comble de malchance,

Je n'ai pas de voiture, pas de clé, rien du tout ! 

Pourriez-vous s'il vous plaît m'aider ? Je suis à bout."

 

Apparemment il crut, et c'est plutôt cocasse,

Qu'il avait devant lui (non vraiment ça m'agace)

Une femme, comment dire ? de moeurs assez légères,

De celles qui font payer les maris adultères.

 

Me voilà embarquée vers le commissariat.

De victime je passais du côté des parias. 

Sur la route nous vîmes mon logeur ébahi

Qui déclara outré : "Je passerai mardi." 

 

Trois heures après j'étais toujours dans le bureau.

Il consentait enfin à me tendre un verre d'eau.

Il lui fallut encore une heure et dix minutes

Pour qu'il admît que je n'étais pas une... chut...

 

"J'vous fais raccompagner." Il n'était pas trop tôt !

"Et pour un serrurier, voici un numéro."

Au final cet agent n'était pas si mauvais.

"Le taxi vous attend." J'eus un air stupéfait.

 

"La dame de ce matin ! Quel hasard ! Quel hasard !

Je n'aurais jamais cru, sous son air snobinard."

Alors je vous le jure, je ne fais jamais ça,

Jamais un hurlement, non, jamais un éclat.

 

Moi qui sais rester calme, mais vu les circonstances,

Je laissai de côté le charme et l'élégance,

Et je poussai un cri en me roulant par terre ! 

Je crois que je faisais ma première crise de nerfs. 

 

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 10:53

Décor : chambre d’adolescente en désordre. Personnage : une ado de 13/14 ans.

 

(s’adressant à la porte) Non je ne sortirai pas de ma chambre !  Je ne sortirai pas ! (sur la phrase suivante, crescendo jusqu’à hurler) Si je te dis que je ne sortirai pas c’est que je ne sortirai pas ! Franchement maman, tu devrais me respecter  et respecter mes choix ! Mais je sais que c’est l’anniversaire à Brigitte et que tu as tout préparé… Mais oui je sais que ça lui ferait plaisir que je sois là, mais oui c’est bon j’ai compris ! Moi aussi ça me ferait plaisir. Ce n’est pas que je ne veux pas la voir. Je lui ai même fait une carte si tu veux lui donner. (prenant un crayon et une carte d’anniversaire) Euh… maman ? Marraine, ça prend bien deux N ? Quoi ? Deux R et un N ? Ah nan ! Je suis sûre, on dit « Marainne », avec un tout petit R et deux N (en insistant bien sur le N) ! Quoi ? Le dictionnaire ? (regard vers le dictionnaire) Non c’est bon. De toute manière je ne l’appelle plus marraine alors je vais mettre Brigitte… Quoi deux  T ? Ben oui deux T. (prend l’effaceur, rectifie, puis glisse la carte sous la porte)

 

Non je ne change pas d’avis. Pourquoi je ne veux pas sortir ? Alors primo, c’est quoi toutes ces questions ? T’es pas une mère, t’es la Gestapo quoi ! Alors si je ne veux pas sortir madame l’inspectrice, c’est, déjà, parce que j’attends un coup de fil de Marianne, un R, deux N si tu veux savoir ! Et puis j’ai un gros spot sur la joue, je ne veux pas me montrer comme ça c’est trop la honte. Non mais déjà l’année dernière à son anniversaire, tout le monde avait mitraillé mon appareil dentaire, quand j’ai vu les photos, j’ai plus osé ouvrir la bouche pendant trois jours. En plus je m’étais coincé une feuille de menthe dans une des bagues, (fin de la phrase crescendo) si tu crois que c’est marrant de passer plus de temps avec ma brosse à dents qu’avec mes copines !

 

(un temps) Et en plus, j’ai mes trucs, je sais jamais comment m’asseoir, j’ai toujours peur que ça se voie, et son chien c’est un détecteur à machins, il viendrait me renifler tout le temps, tout le monde saura, trop la honte... Oui c’est bon… Non mais arrête, c’est gênant !... Je sais que c’est parce que je deviens une femme, c’est pas une raison pour que tous les clébards viennent foutre leur nez là où tu penses !... Où j’ai appris les mots clébards et foutre ? Mais réveille-toi maman ! C’est pas parce que tu m’as mise dans un collège privé qu’on n’apprend pas certaines choses. Je crois que tu devrais un peu regarder la télé et les magazines de société pour te tenir au courant…

 

Mais vas-y, ils vont bientôt sonner à la porte… Mais vas-y, moi je m’occupe, t’en fais pas.  Tu sais qu’à force de trop t’inquiéter pour moi, tu empêches mon développement personnel et tu atteins ma future confiance en moi ? Non ? Ben tu liras ça dans mon dernier « Psychologies junior ». (soupir) Oui je vais ranger ma chambre ! Oui promis, si le bouton disparaît, je viens vous rejoindre dans le salon…

 

Maman ? T’as fait quoi comme gâteau pour son anniversaire ?... Tu me gardes une part ? J’adore ta tarte au citron… C’est du chantage ça ! Dire bonjour pour avoir une part de gâteau, c’est bon, je n’ai plus 5  ans !(sonnerie de portable) Ah ! C’est Marianne ! Un texto… « Ma cop adorée je t’appelle pas today, mes parents ont invité mes cousins, on fait un Monopoly et je suis en train de gagner. Trop trop bien le week end. Je te raconte tout ça au cours de maths. Bisous bisous »

 

(Un temps où elle se dit qu’elle va passer son dimanche toute seule sans voir personne ni papoter avec sa copine) Maman, tu pourrais me prêter ton fond de teint ?  Pour camoufler le bouton. Ben oui j’ai changé d’avis, c’est comme ça, « quand un ado ne change jamais d’avis c’est mauvais signe », alors tu devrais être contente ! (enfile des chaussettes et cherche des chaussons en disant les prochaine phrases) Mais faut pas que son chien m’approche hein ? Tu promets ? Et tu prends des photos juste avec mon profil gauche ? Et tu parles pas de mon exposé en anglais hein ? Sinon on pourrait faire un jeu de société, ça pourrait être cool ?

 

(un temps) Maman ? Ca dure longtemps la crise d’adolescence ? Parce que tout ça, ça m’épuise ! (elle sort)

 


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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 18:58

A vous qui n'avez pas inventé le fil à couper le beurre, tout simplement parce que finalement avec un couteau ça marche aussi. A vous qui avez installé un paratonnerre chez vous par crainte d'avoir un jour un éclair de génie. A vous pour qui innovation et créativité sonnent uniquement comme un slogan publicitaire pour une voiture de luxe.

 

A vous donc, je tiens à rappeler le 20e anniversaire de la disparition de Denis Laiguille. Celui qui a inventé plein de choses qui n'ont jamais marché : les chaussures à semelles décompensées, pour paraître plus petit que dans la réalité , les hauts-parleurs silencieux pour ne pas déranger les voisins, le four à macro ondes et le tissu indéfroissable.

 

Eh oui, vingt ans déjà que cet inventeur a disparu... Non qu'il soit décédé !! Oupala ! Non dame ! Mais il a bel et bien disparu après avoir inventé un rétrécisseur de particules organiques.

 

Denis Laiguille, et son inséparable comparse Jean-Pierre Scoubidou (inventeur des fils de couleur plastifiés du même nom) ont permis d'ouvrir le débat sur cette question fondamentale : une invention doit-elle être utile ?

 

Doit-on trouver une finalité à tout ? Vous pensez que oui ? Alors, que celui qui n'a jamais gardé un crayon qui n'écrit plus, un couteau qui ne coupe pas bien, un torchon de cuisine qui ne sèche rien me jette la première gomme bleue et rose qui n'efface rien et fait des trous dans le papier...

 

Laiguille et Scoubidou ont tenté toute leur vie de montrer qu'un objet peut simplement être là et faire partie du décor, pas seulement en tant que bibelot mais en tant que témoin d'un monde qui accepte les objets défaillants et inutilisables. Un objet comme un message d'espoir pour lutter contre l'hyper rentabilité et la productivité galopante qui laissent peu de chances à ceux qui vont plus lentement et moins sûrement que la moyenne. Un objet pour dire : "Tout est utile, même l'inutile ! Rien ni personne ne sera laissé de côté."

 

Si vous aussi avez une invention qui ne marche pas ou qui ne sert à rien, ne la présentez pas au concours Lépine mais au concours Laiguille. Elle sera très certainement récompensée. Les dates du concours seront choisies ultérieurement grâce à un calendrier sans date (qui permet de remettre au lendemain ce qui n'a pas été fait le jour-même, tout en respectant son planning).

 

Alors à vos méninges !

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