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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 16:13

"Hey ! t'as-tu vu la grande baleine bleue ?"

 

Sur les bords du Saint Laurent, vers les Grandes Bergeronnes, assis sur les rochers aux lichens vert intense, le pantalon trempé par l'humidité matinale de la rive, les jumelles posées près d'un arbuste maigrelet mais tenace, nous guettons tous les deux l'horizon vaporeux et blanc poudré de soleil.

 

Un brouillard de fin d'été recouvre le grand fleuve, et les gouttes de pluie plic-ploquent dans le gobelet de café fumant, qui maintient nos mains au chaud et nos yeux grand ouverts. Une couverture à rayures orange nous sert d'abri de fortune, et armés de patience, nous appelons la chance pour apercevoir un bout d'aileron ou la queue de la grande baleine bleue.

 

La queue de la baleine bleue ! Grosse comme un croissant de lune d'azur ! Deux ailes immenses fendant l'eau dans un plongeon superbe ! C'est ainsi qu'on l'imagine, ainsi qu'on nous l'a dépeinte !

 

Sur les bords du Saint Laurent, sous la manche à air gonflée, le vent enveloppe nos oreilles et s'engouffre dans nos manteaux. Majestueux chant de sirènes auquel se mêle la corne de brume quand passent les paquebots.

 

Au-dessus de nos têtes, le vol des fous de bassan ralentit, accélère, dans une chorégraphie savante, juste avant qu'ils ne se jettent à pic dans l'eau glacée. A nos pieds, l'écume s'écrase contre la côte. Plus loin quelques oiseaux tranquilles se laissent bercer par le flux aquatique régulier.

 

Le soleil s'extirpe peu à peu de ses haillons de brume et le miroir liquide scintille sous nos yeux émerveillés.

 

On pourrait y rester des heures, à contempler l'estuaire, et attendre que passent les cétacés, et surtout, surtout, espérer encore observer la grande baleine bleue !

 

La grande baleine bleue ! Derrière sa porte de fanons, Pinocchio nous y attend peut-être ? C'est ainsi qu'on l'a rêvée, ainsi qu'on nous l'a racontée !

 

Trempés de restes d'averses, mais heureux, galvanisés par l'air frais pénétrant nos poumons, nous nous collons un peu plus l'un à l'autre et partageons les jumelles. Les vaguelettes trompent nos regards en figurant des ailerons. Quelques goélands moqueurs planent dans le ciel éclairci.

 

Puis là-bas ! Quelque chose !! Oui j'ai vu quelque chose ! Les jumelles ! Vite !! Un petit rorqual nous montre son dos ! C'est fugace, rapide. Puis il réapparaît ! Nous rions ! Le dos d'un petit rorqual !!... Puis plus tard, la tête géante, noire et blanche sur le dessous, du rorqual commun, et le souffle étonnant que produit son évent !!

 

Mais il est temps de partir, déjà, avant que la nuit ne se glisse sous nos paupières et que le sommeil nous prenne par la main. J'éternue un peu, ton nez est bien froid. Rentrons.

 

A notre retour, on me demandera : "Hey ! t'as-tu vu la grande baleine bleue ?"

Je répondrai "non" et ne dirai rien d'autre. Mais je l'ai attendue avec toi et c'était aussi beau.

 

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 20:15

Dans le lit d'à côté, Mme Pauchard mange sa compote. J'entends ses claquements de langue fatigués et consciencieux finir le petit pot qu'elle prend le temps de déguster. Comme elle a une angine, il n'y a que ça qui passe, elle a dit à l'infirmière.

Je sais qu'elle s'appelle Mme Pauchard parce qu'en allant aux toilettes de notre chambre, je l'ai lu sur le tableau blanc en face de son lit, juste en-dessous de l'écran plat de la télé à 3.50 euros la journée. Elle a le côté couloir, Mme Pauchard. Moi j'ai le côté fenêtre. C'est curieux, à l'hôpital j'ai toujours le côté fenêtre alors que dans le train, plutôt le côté couloir. Le train et l'hôpital ce n'est pas la même chose.

Plus tard, j'apprendrai que Mme Pauchard a un prénom : Thérèse.

Mme Pauchard ne devrait pas manger de compote : elle a trop de potassium dans le sang, le médecin a dit. C'est courant chez les insuffisants rénaux en dialyse. Mais c'est le seul moyen qu'elle a trouvé pour prendre son médicament. Le médecin comprend bien, ce n'est pas toujours facile.

Thérèse a quatre filles. Deux sont venues la voir. Je les entends mais je ne les vois pas : on a baissé entre nos deux lits un store vénitien. J'aime écouter leurs trois voix, l'une de ses filles a un joli timbre grave. Comme elles ne me voient pas, elles oublient ma présence, recréent l'intimité du foyer, parlent comme on parlerait après le café du déjeuner dominical, quand on cherche des banalités à dire pour ne pas somnoler à table avant de se lever pour l'habituelle promenade.

Après un silence assez long, la voix grave prend un ton ferme mais tendre pour dire à sa mère qu'il faut qu'elle s'accroche, hein maman, parce qu'elle a besoin d'elle et que ça serait trop dur. Madame Pauchard n'est pas du genre à recevoir des ordres sans rouspéter un peu, elle lui répond que oui c'est bon, elle fait ce qu'elle peut.

"Je t'aime maman", reprend sa fille. L'autre, doucement jalouse, rétorque : "Et moi ?" "Toi aussi bien sûr, mais maman c'est maman." Et elle a bien raison, et la sœur le sait car elle ne dit rien, et moi derrière le store baissé, je sais aussi qu'elle a raison.

Assise dans mon lit, j'écoute Mme Pauchard et ses filles continuer à vivre en oubliant les murs blancs, les draps médicaux, la télé à 3.50 euros, le plateau repas avec le pot de compote vide.

Tout à l'heure quand je quitterai la chambre, je souhaiterai à Mme Pauchard bon courage, ses filles me souriront, je fermerai tranquillement la porte et les laisserai toutes les trois tisser le temps qu'il leur reste ensemble.

Mais pour le moment, j'écoute le monde me traverser et j'écris les empreintes que laisse son passage.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 22:52

La bouilloire chantait dans la cuisine. L’eau était enfin chaude. Elle se leva, prit un mug, choisit dans la boîte métallique bleue un thé noir, et versa doucement l’eau sur le sachet. Puis elle vint se rasseoir devant l’écran, tenant la tasse à deux mains pour se les réchauffer.

 

Il était quinze heures. L’absence de bruit saturait l’air immobile. Elle avait mis du temps à s’habituer à ce silence, confirmation sans appel de sa solitude à cet instant. Pourtant elle avait souhaité ne jamais s’y habituer, ne pas avoir le temps de s’y accoutumer, voire d’y prendre goût. Le goût de l’ennui, ou plutôt de l’inaction.

 

Six mois c’est long. C’était trop long pour elle. Elle n’aurait jamais cru qu’elle resterait plus de trois mois dans cette situation, et là, déjà le double… Sur l’écran de l’ordinateur qu’elle allumait dès le réveil, des poissons exotiques passaient et repassaient dans un bruit d’aquarium. Elle remua légèrement la souris sur le tapis, les poissons disparurent pour laisser place au texte d’un email qu’elle devait rédiger. Elle n’y arrivait pas, pas ce jour-là. Forcément, comme on dit, il y a des jours avec et des jours sans, mais ces derniers commençaient à être de plus en plus nombreux. Son cerveau, sa volonté, son dynamisme semblaient engloutis dans une sorte de marécage de coton épais. Difficile de s’en extirper et tellement tentant parfois de s’y laisser tout simplement enfoncer.

 

Elle trempa les lèvres dans le breuvage brûlant et réussit à avaler une petite gorgée. En s’adossant au siège, elle sourit, comme ça, d’un sourire destiné à personne, à elle-même. Cela lui fit du bien de sentir ses lèvres s’élargir et ses joues remonter, un peu chaudes sous les vapeurs de la tasse. Etrangement, elle souriait car elle avait peur, la peur classique du lendemain. La crainte que les jours à venir soient pareils à ce jour, et la crainte qu’ils soient différents. Tout en elle décidément était contradictoire.

 

Une fois par semaine, parfois deux quand c’était nécessaire, elle sortait faire les courses. Souvent elle y allait en fin de matinée ou sur l’heure de midi. Elle évitait les heures où il n’y avait personne. Elle voulait voir du monde, mais rester anonyme, qu’on ne lui dise rien surtout. Une fois elle y était allée en plein milieu d’après-midi, l’hôtesse de caisse lui avait demandé si elle était en vacances. Elle avait alors senti le feu lui monter aux joues et s’était entendue répondre d’une voix effacée : « Non, mais je ne travaille pas aujourd’hui. » L’adverbe sauvait les apparences. Ce n’était pas un mensonge, elle laissait juste planer le doute.

 

Quand elle arpentait les rayons, elle croisait surtout des personnes âgées et de jeunes mères de famille poussant un landau et traînant parfois les aînés au bout d’un bras fatigué. « Un milieu féminin », pensait-elle. Les vieux, les femmes et les enfants d’abord, dans les rayons du supermarché. Les vieux, les femmes, les enfants, et les chômeurs.

 

Cette vie lui avait appris à se taire, à en dire moins. Faute d’interlocuteur au début, puis peu à peu, l’habitude de ne plus parler, d’écouter seulement, le silence ou la radio dont elle aimait le bourdonnement bienveillant. Elle autrefois plutôt bavarde peinait à trouver des sujets de conversation, se refermait un peu sur elle-même mais n’en souffrait pas vraiment. Elle s’effaçait tout doucement du monde que l’on dit actif, elle devenait une ombre mais aimait la lumière. « Ce n’est que provisoire » se répétait-elle en boucle.

 

Souvent elle se laissait entraîner par ses pensées, ses rêveries. Elle avait établi « la théorie du paradoxe du temps disponible ». Elle en avait parlé à quelques personnes. Celles qui n’avaient jamais été au chômage ne semblaient pas bien saisir. Quand elle travaillait, elle faisait plein de choses, en plus de son travail. Son esprit était sans cesse en ébullition. Maintenant la recherche d'emploi lui laissait de nombreux temps morts dans sa journée, et pourtant elle ne parvenait pas à remplir ce vide. Moins elle avait de temps, plus elle faisait de choses, plus elle avait de temps, moins elle l’occupait. Le paradoxe du temps disponible.

 

Néanmoins elle était loin de ne rien faire, elle ne passait pas ses journées en peignoir devant l’écran d’une télévision abrutissante (vision dégradante que certains veulent donner de ceux qui ne travaillent plus). Cette semaine elle avait juste regardé une émission sur l’intolérance au gluten. Elle faisait le repas du soir et du lendemain, s’attelait au repassage, finissait de laver la vaisselle… Mais quand elle travaillait, elle faisait la même chose... Alors que se passait-il ? Y avait-il une distorsion de l'espace-temps dans les journées du chômeur ? Les heures où on est seul passent-elles plus vite que celles qu'on partage avec d'autres humains ? Ou est-ce un effet secondaire de l’ennui ?

 

Elle répondait à des offres d’emploi, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Elle jouait le jeu et s’efforçait d’oublier la bêtise des lettres de motivation et des entretiens d'embauche. Un entretien d'embauche réussi montre juste que vous êtes bon aux entretiens d'embauche. Or il n’y a aucun intitulé de poste ainsi formulé : « vous serez chargé de passer des entretiens d'embauche ». Certes il faut bien que les recruteurs puissent choisir… mais on ne la choisissait pas.

 

Elle aurait voulu se sentir utile, servir à quelque chose. Le temps qui passait, elle avait le sentiment de le perdre. Et plus les jours filaient, plus elle dérivait. Quel livre, quel ami, quelle activité pour la ramener à la berge ? Peu à peu elle n’avait plus envie. L’ennui n’était plus vraiment de l’ennui, il était devenu quotidien. Elle s’amusait de peu, dormait beaucoup, toujours dans cette angoisse que le lendemain soit pareil, ou différent.

 

Ce jour-là, elle avait laissé le thé refroidir près de l’ordinateur et avait réussi à sortir pour une promenade. Le ciel était bleu, le vent un peu froid, mais elle avait besoin de prendre l’air. Après une heure d’absence, à son retour, elle vit derrière les poissons jaunes et bleus de l’écran une réponse à un de ses entretiens. Elle commençait lundi en huit. Un CDD de trois ans. Son visage resta immobile. C’était la fin. C’était le début. Une seule question l’assaillait : qu’avait-elle fait de tout ce temps libre ?

 
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 11:29

personnage : bourgeoise parisienne, valise à roulettes, bien habillée, s'assoit à la terrasse d'un café

 

Un café rallongé s'il vous plaît... Avec trois sucres s'il vous plaît... (se caresse la joue en la palpant discrètement) Non, deux édulcorants s'il vous plaît... non trois sucres, ça sera parfait.... Excusez moi, je prendrais plutôt un thé Earl Grey, non sucré et sans bergamote... Merci...

 

Ah ! Cela fait un bien fou d'être de retour à Paris ! Après une semaine de vacances chez ma cousine Clarisse en Bretagne... Très sympa ma cousine, là n'est pas le problème, mais la vie parisienne c'est tout de même autre chose.
Ici je me sens revivre, les gens, l'effervescence, le mouvement, le tourbillon, le manège merveilleux de la capitale !

Je me voyais dépérir dans son village. Alors certes, on a de l'espace, on a la nature, mais il n'y a que ça ! Ecoutez, l'ennui semble être un mode de vie là-bas. Ils ont une façon charmante de le dire pour des provinciaux mais je ne suis pas dupe. Ils disent : "On prend le temps de vivre". J'ai trouvé cela tellement triste.

 

Ma cousine, Clarisse, parisienne d'origine, avec qui nous faisions du shopping sur les Champs, les boîtes les plus branchées, qui m'avait offert un abonnement à l'Opéra, avec qui j'avais taaaaant d'affinités, la voir enfourcher une bicyclette à moitié rouillée pour aller acheter une baguette au bourg, c'était d'un pathétique...

 

Je suis arrivée un dimanche après-midi. La gare était vide, ça on ne peut pas dire qu'on ait eu du mal à se retrouver, ce n'est pas Montparnasse. Arrivée chez elle, le quartier, enfin le lieu-dit : désert ! Des arbres, des plantes et des oiseaux, ça oui, plein, trop même. Moi les oiseaux, ça m'angoisse, je ne sais pas si c'est Hitchcock, ou des reportages que j'ai pu voir, je trouve ça effrayant. Une poule ? Le summum de l'horreur ! Ca vous regarde avec ses petits yeux ronds et bêtes ! C'est fou la bêtise dans le regard d'une poule, mais pas que la bêtise, une espèce de cruauté, on la sent prête à tout et moi ça me fait peur. Bref. Là en l'occurrence, ses poules étaient rentrées, mais plein d'oiseaux qui faisaient du bruit dans les arbres, c'était assez désagréable.

 

Donc je vous disais, arrivée un dimanche après-midi, on me montre ma chambre, je pose mes bagages, je les ouvre, et là je me rends compte que j'ai oublié ma brosse à dents. Bon, classique, je n'en parlerais même pas si c'était arrivé à Paris. Mais là, lorsque je fais part du problème à Clarisse, elle me dit : "Faudra attendre demain." Je lui demande pourquoi. Elle me dit : "C'est dimanche". Je lui dis "Et alors ?". Elle me répond que le magasin de la petite ville d'à côté est fermé le dimanche. Je lui dis : "Pas grave on va à une autre boutique". Elle me dit : "C'est la seule à moins de trente minutes". Je vous avoue que cela m'a contrariée, mais bon, je suis invitée, je prends sur moi.

Le soir, son mari et les enfants rentrent, ils étaient partis faire une balade en forêt. Ils ont un panier plein de champignons, ma cousine est folle de joie. Ils lui auraient rapporté une paire de Louboutin ça aurait été pareil. Inquiétant...

 

Certes, ils ont une grande maison, j'avais une belle chambre d'amis, on a très bien mangé. Mais j'avais parfois l'impression d'être revenue une cinquantaine d'années en arrière. Ils avaient internet bien sûr, quand je dis cinquante ans c'est une façon de parler, mais ils n'avaient pas le haut débit, et ma clé 4G passait très mal.

Il a plu une partie du séjour. Les conversations, bon... très orientées : nature, fête de l'école,deux, trois bouquins qu'ils avaient lus. Mais enfin, la dernière fois qu'ils sont allés au cinéma dans la "grande" ville, c'était il y a six mois. Je ne me souviens plus du film, un truc en 3D mais apparemment, le cinéma n'avait pas les lunettes, autant dire vie culturelle, zéro... C'est triste, vraiment... (un peu émue) Je leur ai proposé de venir passer un week-end à Paris. Il y a un hôtel pas très cher pas loin de chez moi. Ca va les aérer un peu, leur apporter un peu de... un peu de baume au coeur... Excusez moi ça m'émeut, je repense à ce qu'elle m'a répondu lorsque je lui ai proposé ça. Elle m'a dit : "C'est gentil mais il faut qu'on s'occupe des poules..." Je crois qu'elle ne se rend même pas compte, j'ai trouvé ça dur...

 

Ah ! Je suis contente d'être rentrée. Vraiment. Et à Paris, il y a une certaine élégance, une manière d'être que je n'ai pas retrouvée là-bas. Je suis chez moi ici...

Bon il arrive mon thé ? (plus fort) Il ne faut quand même pas trois heures pour faire chauffer de l'eau ?... Quoi ?... Bon je n'ai pas le temps, je m'en vais. Au revoir... Pfff le service...

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 22:15

J'ignore si les conteurs, écrivains, poètes et autres seront d'accord avec moi, mais il me semble que lorsqu'on tient un bon début d'histoire, on ne sait jamais trop comment va se poursuivre l'aventure, ni comment elle va finir. Il y a mille façons d'en inventer la suite, suivant son humeur, son envie, suivant qui on est et ce qu'on veut transmettre. Mille paramètres entrent en compte, et entre le conte de fées et le roman noir, il n'y a parfois qu'un pas d'hésitation suivant que l'on a repris deux fois de la mousse au chocolat au dîner ou que l'orage gronde sur les toits.

 

Voici ci-dessous le début d'une histoire à compléter. Je me suis amusée à imaginer ce que l'exercice donnerait si différents auteurs, caractères ou styles voulaient s'y prêter.

 

"Treize heures. Un peu à l'écart de la boulangerie, une femme assise en tailleur tend sa main sale aux passants. Un carton repose sur ses genoux : "j'ai faim, donné moi une pièce, un ticket restaurant ou à manger SVP". Pris de pitié pour la malheureuse, je coupe mon sandwich en deux et lui en tends la moitié."

 

Dans quel sens les auteurs et personnages ci-dessous feraient-ils évoluer les choses ? En quelques mots, quelle serait leur suite de l'histoire ?

 

Shéhérazade : Soudain entre les tranches de pain rompues, une feuille de salade se redresse, commence une danse amusante et se transforme peu à peu en génie vert et joufflu. Il saisit la main de la femme et du narrateur et les conduit dans un nuage de fumée bleue à l'intérieur d'une boulangerie géante où les cerises confites sont grosses comme des ballons de baudruche.

 

Michel Houellebecq : La fille lève un regard torve vers le narrateur et sort un flingue brillant de son vieux sac. Elle le pointe sur la tête du gars. "Tu croyais quoi pauv' type ? que t'allais me sortir de là avec ton pauvre bout de pain ? que t'allais me culbuter peut-être ?" Elle tire. Le corps tombe. Elle croque dans le sandwich sec, mâche, avale une bouchée et jette le reste dans le caniveau. Elle se lève. "Monde pourri."

 

un prêtre : Voilà, voilà ce que St Martin aurait fait s'il y avait eu des sandwichs à son époque !

 

Amélie Nothomb : Le narrateur s'apprête à partir mais le regard de la femme le retient. Elle l'intrigue. Puis il se décide à reprendre la route mais au bout de quelques pas, une sensation étrange l'envahit. Il se retourne. La femme est là, silencieuse. Elle le suit. Il fait un pas, elle en fait un. Elle le suivra comme cela à distance sans dire un mot jusque chez lui. Elle passera la nuit devant sa porte, le lendemain, elle sera là et le suivra à nouveau jusqu'à ce qu'elle disparaisse laissant un malaise durable chez le narrateur.

 

Patrick Cauvin : Le narrateur part tout content de lui, se félicite du sourire que lui a rendu la jeune fille, mais vingt minutes après, son estomac qui gargouille lui rappelle qu'il a encore faim. Et zut.

 

Walt Disney : La jeune fille était en fait une princesse et en croquant dans le sandwich, elle se retrouve habillée avec une robe de princesse avec des paillettes et des dentelles. Ils se marièrent et ouvrirent un Starbuck coffee.

 

un jeune idéaliste : Mais est-ce vraiment à la population de régler le problème de la faim ? le problème de la mendicité ? J'en appelle au gouvernement, à ceux qui sont au pouvoir et aussi à ceux qui sont dans l'opposition et à ceux qui n'ont pas d'opinion ! Laissera-t-on des gens crever la dalle devant une boulangerie ?? C'est inadmissible !

 

un publicitaire : "Le sandwich de boulangerie ? Tellement bon qu'on le partage !"

 

Bescherelle : "Je vous donnerai ce sandwich si vous corrigez la faute qu'il y a sur votre carton. Donnez, c'est EZ, pas E avec un accent aigu. On est à l'impératif, vous comprenez ? Donnez c'est  ???" "Donner c'est donner, alors tu me lâches et tu me donnes ma bouffe !" "Infinitif puis présent de l'indicatif, n'oubliez pas le S à la deuxième personne du singulier. Bonne journée."

 

Victor Hugo : Les yeux brillants de reconnaissance, la femme murmure un merci d'une voix émue. Elle sent d'un coup peser sur elle le poids de sa déchéance. Elle aimerait s'élever au-dessus de sa condition, et porter son âme à la hauteur du geste que cet homme a eu pour elle. Ce jour marquera le début de sa réhabilitation, de son retour au monde. Elle travaillera, prendra des cours et plus tard elle tendra elle-même une main secourable à un homme qui viendra de voler des couverts en argent.

 

 

Voilà. Lorsque l'inspiration me manquera, lorsque la muse sera partie en vacances sans m'envoyer de carte postale, je me dirai : "Et eux ? Et d'autres ? comment continueraient-ils mon histoire ?" Et je ne serai plus seule devant la page blanche.

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 11:41

J'aime les brocantes, les foires à tout, les vide-greniers. Non seulement on peut y faire de bonnes affaires mais on y découvre aussi des objets insolites ou terriblement communs, mais tous ouvrant une porte vers la petite histoire de celui qui les vend.

 

Derrière la machine à pain et la yaourtière à peine utilisées, on devine une femme qui n'aime pas la cuisine mais que les conventions ont poussée à jouer les épouses modèles. Derrière la collection de cartes postales, on devine les heures qu'a passées cet homme mûr à choisir ses vieilles photos, à les classer, les ranger, par départements et par communes, par époques ou par thèmes. Mais il faut bien faire de la place et se faire un peu d'argent, sa femme a bien voulu vendre ses paires de chaussures à talons... depuis qu'elle a ses problèmes de chevilles, elle ne les met plus, c'est gâché, alors lui aussi, il vend une partie de ses souvenirs.

 

Les bibelots ethniques révèlent d'anciens voyages. Les tableaux de natures mortes, les bracelets brésiliens, les cartes de scrapbooking racontent de longs après-midis pluvieux. 

 

Les vieux meubles en grand nombre annoncent une mauvaise nouvelle, une aïeule est partie, en maison de retraite ou ailleurs. Les vieux meubles moins nombreux annoncent un heureux présage, un déménagement ou une promotion qui permet de changer la déco.

 

Les vêtements d'enfants devenus trop petits rappellent qu'"ils grandissent trop vite". D'ailleurs ils vendent déjà leur tractopelle rouge et jaune ou leurs poupées presque chauves sur le stand d'à côté.

On reconnaît les maniaques ou les étourdis, ceux qui ont tout étiqueté, jusqu'au tabouret pliant sur lequel ils attendent, et ceux qui ne savent plus s'ils vendent la théière bleue un peu fêlée. Il y a les extravertis qui bradent une paire de maniques en donnant de la voix et en interpellant le passant qui a jeté un bref coup d'oeil à leur étal. Il y a les réservés qui murmurent à peine quand on leur demande combien pour le coffre en osier.

 

Outre les gens, il y a les objets. Ah ! l'objet dans la brocante ! Le bibelot, celui qu'on vend, qui trouve une deuxième famille, soit pour décorer un intérieur éclectique et généreux, qui se moque parfois du bon goût, soit pour servir de cadeau empoisonné... Et le bibelot qu'on n'a pas vendu... Après la foire, que faire de ces objets ? S'ils regagnent un carton au grenier, carton qu'ils connaissent bien pour y avoir déjà passé quelques années, ils s'installent, résignés, dans la tranquillité de l'objet blasé, celui qui ne demande rien, à qui on ne doit rien et qui attend son heure, le jour où il sera vendu, ou jeté, ou recyclé. Mais s'il reprend sa place, l'air de rien, dans la maison ?...

 

Parmi tous les objets, j'ai une tendresse naturelle pour les livres, forcément... Alors les livres qu'on vend, ça m'intrigue.

Il y a ceux qui restent, ceux qui partent, ceux qu'on brade car on veut s'en débarrasser, ceux qu'on vend trop cher, peut-être parce qu'au fond, on y est attaché. Mais le livre qu'on remet, innocemment, après la foire, sur un rayon de bibliothèque, le même livre que deux heures avant on était prêt à céder pour 50 centimes, "et même je vous l'offre si vous m'en prenez deux autres"... Comment le vit-il ? "Ah ouais ? c'est comme ça ? tu veux te débarrasser de moi et après, la bouche en coeur, hop à nouveau sur l'étagère ?... Un livre bouche-trou je suis pour toi ?"  

 

Il y a aussi ceux qu'on jette. Voilà, j'ai essayé de te vendre trois fois, personne ne t'a regardé. Je te jette. Désolée.

 

Il y a celui qu'on voulait vendre, et pendant qu'on espérait l'acheteur providentiel, on a replongé dans les aventures de tel ou tel héros, et on a glissé le livre dans son sac à main. "Celui-là je le relirais bien."

 

J'aime les brocantes. On y fait toujours des rencontres. Et il y a toujours des histoires dans les gens et dans les objets, et dans les livres qu'on vend ou qu'on ne vend pas. 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 20:52

Mesdames, Meurthe et Moselle, Messieurs,

Il est l'Eure de voir les choses en face : c'est la mIsère. 

Nous sommes en pleine période Creuse au niveau de l'emploi et tout est Cher.

Où trouver notre consolation ? en buvant du Calvados ? en mangeant de la Lot et du Cantal ? en nous empiffrant de chocolat Côte d'or ? Ou en pensant aux temps anciens où les femmes étaient Gironde et les hommes des Hérault

 

Non, simplement en cultivant le bonheur de vivre.

 

Je siYonne la France et les gens sont en Mayenne assez pessimistes. Il est vrai que la vie semble parfois débIlle-et-Vilaine. Mais ses aléas, nous devons nous en faire des Allier. Aveyron ce que nous verrons et ce que l'avenir nous réserve. Et arrêtez de croire que l'enfer c'est les autres, comme l'écrivait Sarthe. Chaque être est un trésor, parfois l'Ain un peu plus que l'autre je vous l'accorde. Par exemple, je suis en Corrèzepondance avec un ami, Marti, qui habite Lozèrebaïdjan et Savoie me transporte de joie à chaque fois, il me Tarn toujours d'avoir de ses nouvelles (mais des nouvelles sages attention, je ne veux pas savoir si Martinique).   

 

Cultivez le bonheur de vivre... 

 

Regardez moi : j'ai mal à l'Aisne, Haut Rhin, mes lèvres Gers et pourtant je dors comme un Loire. Je vous le dis : Gard à la morosité. Je vous Jura tous que nous sommes à l'Aube d'une nouvelle ère. On prend le Paris ? Mais je sais que vous êtes têtus, Charente pas dans vos petites têtes, cha veut pas rentrer...

 

Que faire pour vous rendre le sourire ?  Si ça vous aMeuse je peux vous raconter une histoire ? Il était une fois, Bas Rhin bel après-midi, un berger qui avait Deux-Sèvres, nommées Aude et Yvelines... Non, je sens que cette histoire ne vous plaît pas, et puis elle est un peu Nièvre...     

 

Bien sûr, je ne peux f'Indre d'ignorer certaines aberrations de notre société. Par exemple, les cotes des tableaux d'artistes vivants ne sont pas élevées, en revanche, les Côtes d'Armor ! Surtout les tableaux qui représentent des Seine Maritime ou ceux qui Orne les murs des palais. Et pourtant ce sont les peintres vivants qui devraient vendre. Le monde devrait leur dire : Vendée, vendez, et que plus jamais vous ne fassiez la Manche ! Que le vivant vive et puisse vivre correctement ! Quant aux morts, qu'on les hoNord, c'est suffisant, en écoutant l'inFinistère... 

 

La Réunion se termine ici. En Somme, que la joie Vienne Essonne le glas de la grisaille !

 

 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 09:07

Le personnage est une secrétaire d'une cinquantaine d'années, assise derrière l'ordinateur. Elle est au téléphone tout au long de la scène. De temps en temps, elle regardera l'écran de l'ordinateur, tapotera sur le clavier, prendra des notes, fera des sourires aux gens qui passent devant son bureau.

 

Maryvonne, oui c'est moi, je t'avais dit que je te tiendrais au courant... Ecoute Maryvonne, quel malheur quel malheur !! Ah la la la la ! La garce ! Han... Mon pauvre Jean-Marie, mon pauvre Jean-Marie... Ca s'est confirmé, elle lui a laissé une lettre et elle est partie. Tu te rends compte Maryvonne ?... Avec leur bébé de deux mois. Tu imagines un peu ? Elle n'a pas froid aux yeux hein ! Faut quand même pas avoir honte hein ? Mariés il y a trois ans, et déjà elle part !... Lui ? C'est un collègue de boulot, elle l'a connu il y a même pas un an, elle était tout juste enceinte. Tu te rends compte Maryvonne ? Jamais, jamais j'aurais cru... Elle cachait bien son jeu. Mon pauvre Jean-Marie... tout seul maintenant... il se sent mal, il ne va pas bien... Je lui ai dit de poser deux trois jours pour réfléchir, il ne veut pas, il dit que le travail lui permet d'oublier un peu... Ah malheur malheur... Un coup de massue... Et ils vont partir s'installer chez lui, à cinquante bornes au moins... Et la petite, elle a pensé à la petite ? ça ne serait quand même pas mieux qu'elle vive avec ses deux parents, plutôt qu'avec ce type, là ? Et il a déjà deux enfants, de deux mères différentes, tu vois le genre...

 

Là sur le bureau j'ai la photo du faire-part où ils ont l'air bien tous les trois, Jean-Marie a l'air heureux. Mais elle ! L'hypocrite ! La garce ! Ecoute je peux plus la voir, même en photo, ça me donne la nausée.

 

Ses copines à elle étaient au courant, c'est elles qui ont prévenu Jean-Marie il y a quelques jours. Elles ne voulaient pas s'en mêler mais quand elles ont vu que ça se concrétisait, elles ont préféré le préparer. Tu sais Maryvonne, je me pose des questions... La petite Manon, si ça se trouve, c'est la fille de l'autre. A deux mois, on ne peut pas trop dire les ressemblances mais c'est surtout sa mère qu'on reconnaît en la regardant... Il faut que j'arrive à convaincre Jean-Marie de faire un test de paternité. Ah la la la la... Autant te dire que je n'ai pas la tête à travailler aujourd'hui...

 

Ecoute, c'est terrible, j'ai du mal à réaliser quand même... Ah ! Ah non ! Je viens de me rendre compte que la bague de fiançailles qu'elle porte, c'est celle de ma belle-mère ! La grand-mère de son mari qu'elle a fait cocu, elle a sa bague ! Alors ça... y a plus aucun respect hein, même pour les vieux... Faut que je demande à Jean-Marie si elle a laissé la bague, c'est pas correct quand même... Et la petite Manon j'en viens à souhaiter que ça ne soit pas la fille de Jean-Marie. Tu imagines la douleur ? Si pour la voir il doit voir la mère avec l'autre. Mon pauvre Jean-Marie...

 

Bon je dois te laisser Maryvonne, je te tiens au courant... Oui... dès que je sais je t'appelle... Oui... Non, n'appelle pas Jean-Marie, il faut le laisser un peu.. respirer... Non non il va encore dire après que toute la famille s'en mêle, mais je te tiens au courant... Oui bisous, bisous... (raccroche) Ah la la la la... (un temps) Faut que j'appelle Chantal...

 

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:04

Afin de ne pas dénaturer la beauté complexe de la langue française, je vous prierais de ne pas confondre non plus d'autres expressions. Ainsi il faudra faire bien attention de ne pas utiliser à la place de l'autre les formules suivantes :

 

- dire merci et être à la merci 

mais à force de remercier et d'être redevable, on peut se retrouver assujetti à l'autre et donc à sa merci

 

- manger aux frais de la princesse et manger la princesse au frais

peu de gens confondent les deux, mais il y a bien quelques ogres et autres anthropophages parmi mes lecteurs

 

- ce n'est pas la mer à boire et ce n'est pas ma tasse de thé

 peut-être que les choses se passent mieux si on met la mer dans une jolie tasse de thé

 

 

- être dans le plus simple appareil ou dans l'appareil le plus simple

on a néanmoins vu des gens nus dans des voitures sans aucun équipement (quand je dis on, ce n'est pas moi, je n'ai pas des passe-temps aussi tordus qu'espionner les exhibitionnistes dans leur automobile)

 

- une personnalité bien trempée et une personnalité trempée

soyez prudent, si vous souhaitez lancer un seau d'eau sur un individu à la personnalité bien trempée, attendez-vous à des représailles

 

- faire d'une pierre deux coups et faire d'un coup deux pierres

dans un cas on est très malin, dans l'autre on est très musclé

 

- s'en moquer comme d'une guigne et avoir la guigne et s'en moquer

on peut aussi se moquer comme d'une guigne d'avoir la guigne

 

- celui qui porte la culotte et celui qui porte le chapeau

souvent ils vont de pair : celui qui porte la culotte, pour peu qu'il ait une personnalité bien trempée, fait relativement souvent porter le chapeau à l'autre...

 

- la cour des miracles et le miracle des cours

de nombreux enseigants aimeraient que l'ensemble de leurs élèves soient atteints par la seconde formule au lieu d'illustrer la première

 

- être habillé pour l'hiver et être habillé pour les sports d'hiver

dans les deux cas on peut avoir chaud aux oreilles

 

Voilà, on a fait un petit tour des expressions à ne pas confondre. J'ai en outre des doutes métaphysiques sur le bien-fondé de deux expressions. Tout d'abord, "avoir la main verte", car la main de celui qui l'a verte devient vite noire de terre. Et l'autre : "aller bon train". "La négociation va bon train...." mais... même à la SNCF ??

 

 

 

Allez, promis, un jour j'arrêterai de  tout prendre au pied de la lettre...

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 20:04

En ce début d'année, soyons précis, évitons les abus de langage, les inexactitudes, les approximations, les inversions. En un mot, ou plutôt en deux, parlons correctement. C'est une gageure sérieuse que je vous propose, et pour vous y aider, voici quelques éléments qu'il ne faut absolument pas confondre :

 

- se casser la pipe et casser sa pipe

bien qu'on puisse casser sa pipe après s'être violemment cassé la pipe

 

- un grand homme et un homme grand

on le sait, il y a des grands hommes petits et de ridicules hommes grands

 

- un monstre sacré et un sacré monstre

mais il paraît que les monstres sacrés ont tendance à être de sacrés monstres

 

- être un  bras cassé et avoir le bras cassé 

un bras cassé se retrouve rarement avec le bras cassé dans un accident de travail 

 

- avoir un beau pied et avoir un pied bot

tous les goûts étant dans la nature, certains bobos trouveraient un pied bot beau 

 

- être coiffé au poteau ou coiffé comme un poteau

cela n'a strictement rien à voir, mais les deux peuvent être vécus comme une humiliation

 

- être bavard comme une pie et bayer aux corneilles

on retrouve souvent ces deux comportements dans le même dialogue : l'un dégoise à qui mieux mieux, l'autre s'ennuie profondément

 

- être la coqueluche de quelqu'un et prendre quelqu'un en grippe

le capital sympathie de chaque maladie n'est décidément pas le même

 

- une mine radieuse et une mine radioactive

ne surtout pas dire à une jeune femme, même ukrainienne,  "tu as une mine radioactive aujourd'hui"

 

- faire le poireau, faire l'oeuf, faire un four...

autant préparer un flan aux légumes... pour peu que quelqu'un ramène sa fraise, ça fera le dessert

 

La suite au prochain épisode...

 

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