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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:48

Micro trottoir. Plusieurs personnages sont interrogés par un journaliste hors plateau.

 

 

Non, moi la crise de la quarantaine, en toute modestie, je l'ai très bien gérée. Vous pouvez demander à mes colocataires, ils me trouvent zen. J'assume. Oui j'ai 45 ans, oui j'ai des rides au coin des yeux. Mes enfants me trouvent hyper jeune, quand ils viennent me voir deux fois par mois, ils me le disent : "Maman t'es juste cool". Par contre leur père ! Oh le coup de vieux !

 

 

C'est pour ? Une enquête ? Oui... Moi la crise de la quarantaine ? J'ai 38 ans, crétin !

 

 

J'avoue, quarante ans, ça a été un cap. Pas d'enfant, pas de conjoint, un travail très prenant mais sans réelle satisfaction. En faisant le bilan, je me rendais bien compte que ma vie n'était pas forcément celle que j'avais attendue. J'y pensais beaucoup, je me disais "Il est encore tant de changer, de faire des choses". Parce que vous n'imaginez pas la pression sociale... Alors je me suis inscrite sur un site de rencontres, j'ai rencontré quelqu'un, rapidement on a décidé de faire un enfant, je vous passe les difficultés techniques. Bon les jumeaux sont arrivés, le père est parti. Voilà, je vous laisse imaginer comment je gère ça... Ma vie à quarante ans n'était pas si mal en fait.  

 

 

Hé ! Ca tombe bien que vous posiez la question, c'est mon anniversaire demain ! J'ai 43 ans demain et tout va bien ! On va faire la fête avec mon mari et les copains, ce sont les gosses qui ont proposé de faire le repas. Ca va, je n'ai pas à me plaindre. Ouais, la crise de milieu de vie... C'est la crise partout, au début à la fin, au milieu aussi. Faut pas trop se prendre la tête sinon on ne vit plus.

 

 

(parle tout en faisant des mouvements de Qi Gong avec des respirations interrompant les phrases) Alors moi, la crise de la quarantaine, je suis partie trois semaines en trekking au Népal. Pour réfléchir, pour m'ouvrir à d'autres choses, à l'univers. Pour être honnête, ça n'a pas suffi. A la fin de l'année, j'ai prévu de traverser la Belgique à pied. J'ai bon espoir de trouver d'autres réponses.

 

 

En tant que sociologue, la crise de la quarantaine est un sujet qui m'a vraiment interpelée. Concernant les statistiques

on a environ une prévalence de 10% de vraie crise chez les quadragénaires. Mais il semblerait que de fortes disparités culturelles existent, on la retrouve beaucoup plus dans les pays où le culte de la jeunesse est très présent. Cette crise peut avoir lieu entre 35 et 50 ans et se manifester par divers bouleversements, dans la vie professionnelle, privée, sociale. Enfin vous le savez si vous faites cette enquête. Personnellement je ne l'ai pas vécue cette crise. Par contre depuis mes 20 ans je fais de grosses crises de panique. Bah, on ne peut pas tout avoir.

 

 

Toute ma vie, toute ma vie, j'ai voulu faire du théâtre, de la musique, tout ce qui concerne le spectacle. Et puis avant je n'étais pas à l'aise, je n'osais pas trop aller dans ces cours-là, j'essayais de me convaincre que ce n'était pas pour moi. Et puis, je ne sais pas si c'est la crise de la quarantaine ou autre chose, mais en tout cas, à 42/43 ans, je me suis lancée, je suis allée m'inscrire. Je croyais qu'il n'y aurait que des petits jeunes, mais en fait pas du tout, il y a même un couple qui doit avoir dans les 60 / 65 ans. Eux ils sont à fond, ils sont en retraite, ils connaissent très bien leur texte à chaque répétition. On prépare une comédie musicale, "Le vent dans les étoiles". Si vous voulez je vous montre ma partie dans la danse de la constellation du Nord. Je joue une des étoiles. (chante et danse) "Je suis une étoile de la constellation du Nord. Et mon éclat guide les voyageurs du vent. Du vent !" Je dois encore m'entraîner mais ça me plaît, j'ai trouvé un loisir qui me va, j'ai rencontré de nouvelles personnes et c'est une deuxième vie !

 

 

Toute utilisation, reproduction ou diffusion des textes de ce blog doit faire l'objet d'une demande à l'auteur.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 10:14

En lisant la rubrique "Tout peut arriver" du Ouest France du 24 mai 2012, j'ai eu une belle frayeur. Voici l'article ci-dessous suivi des raisons de ma panique :

 

" Deux mouches maxi dans les toilettes !

Les toilettes publiques de Pékin ne doivent pas abriter plus de deux mouches, selon une nouvelle norme du comité municipal chargé de l'image de la ville. L'accumulation d'urine, d'eau et de déchets est également proscrite. Aucune limite n'est fixée pour les éventuels cafards, moustiques, fourmis, cloportes..."

 

Si j'ai eu peur en lisant le titre de cet entrefilet, c'est que j'avais mal compris le sens de "maxi". Pour moi, deux mouches maxi, c'était deux mouches géantes. Vous comprenez mieux mon angoisse à la lecture de ce titre. J'imaginais un individu entrant dans les toilettes et se trouvant nez à trompe avec deux insectes se disputant pour s'asseoir sur la lunette. J'imaginais des diptères d'une taille extraordinaire, la taille d'un chihuahua (c'est énorme un insecte de la taille d'un chihuahua). Une mouche mécontente avec un corps de petit chien, si elle vous met une gifle, vous gardez la trace du plan des lignes du métro pékinois pendant deux jours. Cette réflexion emporta mon imagination plus loin : je m'étais trompée, ce n'était pas des chihuahuas, originaires du Mexique, mais bien des pékinois et d'un coup beaucoup de choses s'expliquaient !

 

Je me suis ensuite calmée, j'ai lu le contenu et ai immédiatement compris qu'il s'agissait d'un quota de mouches. Ah ! J'étais soulagée. Mon cerveau en ébullition trouva néanmoins d'autres pensées et réflexions qu'il me faut absolument partager.

 

La première, le tout premier conseil que je puisse vous donner :  IL NE FAUT JAMAIS S'ARRETER AU TITRE DES ARTICLES !!! Cela peut provoquer des tachycardies et des sueurs froides très désagréables. Que cela ne vous oblige pas à lire les magazines people dont les titres sur les couvertures laissent présager les pires horreurs. Souvent leurs montagnes accouchent de toutes petites souris.

   

Revenons à l'article. Quel drôle de métier, agent du recensement entomologique ! Passer son temps dans les toilettes publiques, c'est vraiment un boulot de m... Pardon, excusez cet accès de vulgarité. J'ai du mal à concevoir comment se fait la limitation du nombre de mouches par pissotière. Pour les humains, là-bas, des mesures coercitives sont mises en place pour les limitations de natalité et on peut dire ce qu'on veut, c'est quand même plus simple qu'avec des insectes ! Amendes, stérilisations et avortements forcés, ils ont trouvé les solutions (Note de l'auteur : je sais c'est horrible, mon blog ne vous a pas habitué à l'humour noir et au cynisme, mais il faut bien que j'introduise le dialogue foireux qui vient ensuite)  "Mais vous comprenez bien que vous ne pouvez pas vivre ici à trois ! " "Bzzzzzzzzzz." "Je vois votre point du vue mais la loi est la loi. Partez à la campagne, je sais que les conditions ne sont pas les mêmes, mais à Pékin vous êtes devenus indésirables !" "Bzz bzzzzz !" "Ne me prenez pas par les sentiments ou d'autres viendront avec des bombes insecticides." "Bzzzz bzzzzzzzz." La négociation sera rude et dans le combat, beaucoup y brûleront leurs ailes...

 

Et après ? Pour les habitants, pour les touristes, quelle différence ? "Très bien, très propre." "Et les cafards là ?" " Pas de mouche, pas de mouche, très bien très propre. Agréé par la ville de Pékin." "La farandole de fourmis qui défile sur le papier toilette c'est normal ?" "Pas de mouche, pas de mouche, très propre..." Bon, s'ils le disent... 

 

Je vous laisse, j'entends bourdonner dans la cuisine. Je vais voir si le quota est respecté.

 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 19:41

J'ai participé à un atelier d'écriture. Les consignes étaient :

- choisir 5 situations contrariantes vécues dans l'année

- choisir 5 personnages grandioses

-  consigne d'écriture : vous revivez la situation et un des personnages vient vous sauver de cette situation 

Temps imparti : 15 minutes

 

situation choisie : les boutures de rosiers n'ont pas pris l'an dernier

personnage choisi : Alfred Hitchcock

 

Ci-dessous, le texte brut issu de ces 15 minutes :

 

 

Novembre. Le jardin s'habille d'automne. La radio chuchote dans un coin, posée sur la table du jardin qu'il faudrait décidément rentrer. J'enfile mes gants de jardinier, je cherche le petit sécateur, celui qui coupe bien si on s'y reprend à deux fois, et je me remémore les consignes de ma belle-sœur. "Tu comptes trois nœuds au-dessus de la tige de l'année et tu coupes en retirant les fleurs." Ou non, c'était plutôt : "Tu retires les fleurs, tu comptes trois nœuds en-dessous des fleurs de l'année".

Mince... Voilà, comme l'an dernier, pareil, exactement pareil, je ne sais plus comment faire les boutures de rosiers. L'hormone de bouturage, les pots, le terreau pas trop tassé, c'est bon. Mais la coupe... Aucun souvenir... Je n'ai pas envie de la déranger pour ça, je ne supporte pas que les gens croient que je n'écoute pas ce qu'ils disent, alors que c'est juste la mémoire qui me fait défaut. Tant pis, j'essaie. Un, deux, trois. Clac. Allez, une autre branche. Il faudrait vraiment que ça marche cette année. Ces roses anciennes ont un parfum si puissant et agréable. J'aimerais garder ce souvenir après le déménagement, les replanter et redécouvrir l'odeur des fleurs rose pâle au printemps prochain, dans un autre jardin.

 

Une silhouette étrange se penche sur le portail. Absorbée dans mes pensées, je ne l'avais pas vue s'approcher. Une silhouette au profil pansu, au crâne lisse et malicieux, comme les crânes savent parfois être malicieux. Sa tête me dit quelque chose. Je l'ai déjà vue sur la couverture d'un livre ou d'un DVD quelconque... Hitchcock ! Derrière le portail, Alfred Hitchcok me regarde bouturer mes rosiers. "Bonjour ! Me permettez-vous ?" Il pousse le portail, marche sur la pelouse, s'avance vers moi. Je balbutie : "Bonjour monsieur." Il tourne sa face ronde vers moi, il sourit. "Il a des yeux gentils", je pense, " il a le même visage que sur les DVD de la collection Télérama."

Il me retire délicatement le sécateur des mains, et dans un geste d'une précision très douce, coupe une tige du rosier et me la tend. Une goutte de sang perle à son index. "Essayez les cadavres de pigeons dans le terreau. Grâce à cette technique, certains meurtriers ont eu des résultats remarquables." 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 10:13

De la ville ! de la ville ! de la vie ! des gens ! plein de gens ! la foule !! Des voitures, des immeubles, du bruit, des devantures de magasins, des affiches de cinéma, des parapluies partout quand il pleut, et en été des cafés qui déversent les clients sur les trottoirs écrasés de soleil ! Des arbres qui s'accrochent à leur bitume, des oiseaux en bandes sur les fils électriques, des géraniums sur un balcon à côté du vélo qu'on a remonté au 4e pour ne pas le laisser à la cave. Des toboggans et des balançoires dans un vieux parc en bas des tours, des égouts qui débordent, des enseignes électriques qui clignotent le soir.

 

Des gens surtout, encore des gens, des petits, des vieux, des noirs, des grands, des souriants, des malpolis, des comme-il-faut, des punks, des gamins, des chefs d'entreprise, des fatigués de la vie, des concierges. Des gens qui vont au boulot, qui reviennent des courses, qui ont rendez-vous, qui chialent au téléphone, qui s'asseyent sur un banc, des gens qui ferment leur manteau, qui s'arrêtent sur le trottoir, qui fouillent leur sac à main, qui fouillent les poubelles, des gens qui crient, des gens qui ne savent plus parler, des gens qui sortent de chez eux, des gens... De la vie quoi !

 

J'ai le cafard dans la cambrousse. Il y a juste la voisine qui arrose ses hortensias.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:40

Parmi toutes les horreurs qu'on peut trouver dans le journal, certaines sont classées dans les faits divers, et d'autres dans la rubrique "Tout peut arriver" du quotidien Ouest France. C'est le cas pour l'article suivant, en date du 25 mai 2012 :

 

"Un enfant dans la machine à laver

Dans une laverie du New Jersey, un Américain, voulant amuser sa compagne, a mis leur bébé d'un an dans le lave-linge. Pas de chance, la porte s'est bloquée, le cycle se déclenchant. Le jeune garçon a finalement été sauvé par un employé qui a débranché la machine après une minute de panique. Le propriétaire pense à doter sa laverie d'un panneau interdisant ce genre de comportements."

 

Sans commentaire... Ou plutôt si (sinon il n'y a aucun intérêt à en faire un article).

 

- La première réflexion qui m'est venue est "heureusement que ces gens-là sont allés à la laverie et qu'ils n'ont pas lavé leur linge chez eux". Sinon l'employé ne serait pas intervenu et la minute de panique aurait pu se transformer en heure de cauchemar avant que l'un des deux géniteurs trouvent une solution au problème. Bravo donc au sauveteur de cet enfant !! Et on ne le dit jamais assez, les héros exercent parfois des professions bien ordinaires... D'ailleurs, cela m'a grandement inspirée et j'écrirai peut-être les aventures d'un simple journaliste à lunettes un peu gauche se transformant en super-héros à cape... l'idée me semble intéressante...

 

- "Voulant amuser sa compagne".... cela m'interpelle sur le "comment maintenir la flamme, version américaine, et être drôle aux yeux de sa chère et tendre" ...

On a tous entendu parler du chat dans le micro-ondes, mais il doit y avoir des variantes qui enrichissent la passion amoureuse et le bonheur de vivre en couple. Quelques exemples : 

"Regarde chérie, j'ai enfermé le chien dans le sani-broyeur ! "

"J'ai fait une bonne blague, les poissons rouges sont dans la bouilloire en marche ! "

"Ah la la ce que je suis drôle : la tondeuse est en marche dans le jardin, et comme j'ai accroché une cordelette à la couche de notre fille, si elle n'avance pas plus vite que ça à quatre pattes, elle va se faire rattraper !! "

"Eh t'as vu mon coeur, si je mets la main dans le blender, ça fait aaaahhhhhhhhhhhh!!! mes doigts !!!!!!!!!!!!!! "

Effectivement, point de routine, finie la monotonie ! Tous les jours de nouvelles expériences ! C'est ça le US love !!

 

- Notons qu'a priori la mère n'a rien dit, et a trouvé cela sans doute amusant. Si la porte s'est bloquée, c'est qu'elle était fermée. Comment peut-on trouver drôle de fermer une porte de machine à laver sur un gamin ? Cela dit, le gérant du pressing a un tort dans l'affaire : si ses machines n'étaient pas à hublot, mais avec une ouverture sur le dessus, cette triste histoire ne serait jamais arrivée ! Ou alors je n'ai pas compris l'élément pseudo-comique de la situation...

 

- J'aime beaucoup la partie de phrase "le propriétaire pense". Eh bien ça en fait déjà un !

 

- L'employé a débranché la machine après une minute. Qu'a-t-il bien pu se passer dans la tête des différents protagonistes pendant cette minute ??

le père : "Ah !! Fais coucou hublot !! Johnny !! Coucou hublot ! Arrête de cracher de l'eau et fais coucou !"

la mère : "Mon homme est formidable, je l'aime tant, comme je suis chanceuse d'être tombée sur lui ce jour magnifique où il montrait son derrière au vigile du supermarché... "

l'employé : "Non mais c'est pas vrai !! Pauvre gamin ! Et c'est qu'ils vont m'abîmer la machine avec leurs bêtises !  J'espère que je ne vais pas devoir forcer la porte, ça sera retenu sur mon salaire."

l'enfant : "Si je savais parler je leur demanderais bien s'ils n'ont pas échangé les berceaux à la naissance." 

la machine : "Vvvvloum,vvvvloum, wwloum, grelin grelin (bruit du hochet contre les parois), vvvvloum vvvvloum...." 

 

- Espérons qu'il n'y aura pas de séquelles chez ce petit... Ou alors... C'est à se demander si les parents n'ont pas connu la même expérience dans leur enfance...

 

Bon, toute cette histoire m'a lessivée, je vous laisse, j'ai une machine à faire tourner avant de tondre la pelouse. 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 11:07

C'était un retour de vacances. La nuit était tombée depuis bientôt deux heures et la voiture filait tranquillement vers notre home sweet home. Morphée me tendait les bras et après avoir lutté quelques minutes, je cédais peu à peu à l'appel du sommeil. Le dossier de mon siège déjà incliné, je m'apprêtais à faire une pause délectacle, bercée par les légères vibrations de l'auto.

Je n'ai pas mentionné que je n'étais pas au volant. Bien sûr. Sinon la pause n'aurait pas été délectable.

 

Bien qu'ayant toute confiance dans les qualités d'automobiliste de ma moitié, le laisser conduire dans l'obscurité sans mon regard bienveillant guettant tout écart de la route, toute accélération inutile ou tout signe de fatigue, ne me laisse pas sereine. Je lui demandai donc : "Je vais faire un petit somme... Toi ça va ? Tu n'as pas sommeil ? Pas de risque de t'assoupir au volant ?" Et il me répondit : "Non ça va, tu peux dormir sur tes deux oreilles."

 

Sur le coup cela m'a réveillée. Je veux dire, l'expression m'a réveillée. Je n'y avais jamais pensé, mais "dormir sur ses deux oreilles", ce n'est pas évident. Anatomiquement parlant.

Celui qui peut au sens propre dormir sur ses deux oreilles a effectivement un sommeil de très bonne qualité, nullement altéré par les tourments d'un complexe physique tout à fait compréhensible. Personnellement je ne connais personne dont l'emplacement des oreilles permette un tel exploit. Cela éveille d'ailleurs en moi une autre question : un cyclope qui ne dort que d'un oeil dort-il forcément mal ?

 

Bref, l'expression ne doit pas venir d'une observation morphologique. Ou alors... à la limite... un lapin, "aux grandes oreilles", peut, lui, coller parfaitement à la locution. Mais bon, si ça ne convient qu'aux lagomorphes, ce n'est pas très utile... Il faut trouver une autre explication.

 

Pour dormir sur ses deux oreilles, on peut aussi envisager l'utilisation d'un oreiller très mou, à "mémoire de forme", qui enveloppe la tête et recouvre entièrement les orifices auditifs. Dans ce cas-là je conseille de dormir sur le dos, toute autre possibilité me paraissant imprudente, sans quoi, on peut effectivement bien dormir, mais qu'une seule fois.

 

Ou alors, on peut dormir sur ses deux oreilles en mode alternatif. Un coup sur l'oreille droite, un coup sur l'oreille gauche, en changeant de côté à une fréquence que je vous laisse le soin de choisir. Mais je ne suis pas sûre qu'un sommeil si agité soit de très bonne qualité.

 

On peut considérer une autre solution. L'expression n'est pas "dormir sur ses deux oreilles à soi", rien n'empêche alors de dormir sur les oreilles de quelqu'un d'autre. Cela peut fonctionner si vous êtes un pervers tueur en série (oui, en série, car je pense que de temps en temps il faut changer les oreilles sur lesquelles on dort, simple question d'hygiène) ou un torero, comme dans la chanson de Cabrel ("ce soir le torero dormira sur ses deux oreilles", rien ne nous garantit que ce soit les siennes, bien au contraire).

 

Bon, les lapins, les tueurs en série et les toreros, c'est fait, mais pour un quidam plus classique ?

 

Mon homme (forcément pris dans mes questionnements métaphysico-linguistiques)  m'a proposé une autre hypothèse, qui ne me semble pas mal du tout. L'expression aurait évolué avec le temps. Initialement, il s'agissait de "dormir sourd des deux oreilles". Effectivement quand on dort bien, rien ne peut nous réveiller, on devient sourd aux bruits extérieurs. Bon, la transformation du mot sourd et le changement de "des" en "ses" pour arriver à la formulation actuelle n'ont pas encore d'explication mais nous y pensons désormais tous les jours...

 

Le temps de toutes ses réflexions, le trajet était fini et nous arrivions à la porte de chez nous, prêts à nous affaler dans notre lit et à dormir comme un bébé... Quoique... Là aussi il y aurait fort à discuter...

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 21:40

Ce n’est pas qu’il soit très important que je retrouve ma carte de fidélité du supermarché du coin. Non, bien sûr, je peux m’en passer de ma carte. Elle ne donne pas tellement de réductions vous savez, et puis il faut prendre toujours les produits signalés, par lots de trois ou quatre, et parfois des choses dont on n’a pas besoin. Pour avoir plein de points l’autre fois j’ai pris une tondeuse. Je n’ai pas de jardin...

 

Au fond vous voyez, ce n’est pas grave, c’est même peut-être une opportunité de changer de magasin, si je n’ai plus ma carte… Mais dans l’autre magasin, ils me proposeront là encore une autre carte, on me la tendra en me listant une multitude d’avantages et je me connais, je céderai… Alors je ne veux pas forcément aller dans un autre magasin, je ne veux pas forcément avoir une nouvelle carte, alors je viens vous demander si vous ne l’avez pas retrouvée.

 

Parce que j’ai des courses à faire voyez-vous et si je n’ai pas ma carte, ma carte de membre, je ne peux pas y aller. Je ne veux pas forcément faire partie d’un autre groupe, je me suis habituée au logo. Puis je connais bien les rayons, je dis bonjour au traiteur, et les dames qui rangent les boîtes de conserve dans les rayons, elles me reconnaissent. J’ai mes habitudes. Je crois même qu’ils doivent s’inquiéter s’ils ne me voient pas y aller.

 

Je ne sais pas comment je l'ai perdue, elle était dans mon portefeuille, derrière ma carte vitale, à côté des timbres poste. Et mon portefeuille ne sort jamais de mon sac. J'ai toujours le même sac à main vous savez. J'aurais pu changer de temps en temps de sac, mais c'est fastidieux de devoir transvaser les affaires d'un sac à l'autre alors je garde toujours le même. Un marron en vieux cuir. Enfin, un vieux marron en cuir. Parfois quand je veux porter mon manteau noir (j'ai d'autres manteaux mais parfois je veux porter mon manteau noir), je trouve que ce n'est pas du meilleur goût avec mon sac à main. J'ai deux possibilités dans ces cas-là. Soit je sors sans mon sac avec mon manteau et je ne peux ni faire de courses, ni conduire ma voiture, puisque mes papiers sont dans mon sac, forcément, ni appeler avec mon portable. Je ne mets alors mon manteau noir que pour des petites distances. Comme ma clé ne quitte jamais mon sac, qui reste à la maison, je laisse ma porte fermée sans verrou. C'est pour cela que je ne m'éloigne pas trop. Soit, deuxième solution, je prends sur moi, enfile mon manteau et mon sac en bandoulière, et je sors en sachant que ma tenue est mal assortie. Je croise alors les doigts pour ne rencontrer personne dans ces moments-là. C'est pour cela que je pars me perdre de longues heures en forêt quand je porte mon manteau noir et mon vieux sac marron en cuir.

 

C'est peut-être là-bas que j'ai égaré ma carte. En forêt. J'ai peut-être cru un instant que j'allais croiser quelqu'un, alors j'ai précipitamment mis mon sac derrière un arbre, pour qu'on ne me trouve pas mal fagotée. Peut-être n'était-il pas fermé, le sac ? Peut-être le portefeuille était-il lui-même ouvert ? Peut-être ma carte a-t-elle glissé, à peine retenue par la pression de ma carte vitale et des timbres qui eux sont restés bien évidemment collés ?

 

Si je ne l'ai pas perdue en forêt, elle doit être chez moi. Il faut que je regarde à nouveau partout, sous le lit, sous les chaises, sur les chaises, sur la table, sous le tapis, sous la douche, dans le lavabo, dans le four, sous le frigo. C'est contrariant une carte quand même. Mais elle doit être chez moi. Puis c'est plus facile à fouiller que la forêt. En tout cas je ne l'ai pas perdue chez quelqu'un, je connais très peu de monde, je ne vais jamais chez personne, personne ne vient jamais chez moi, je suis seule, j'avais une carte, je l'ai perdue.

 

Si je demande à la refaire, dans le même magasin, ils vont trouver ça bizarre, ou dire que je ne suis pas soigneuse. Ils fronceront les sourcils en me tendant la nouvelle. Le traiteur ne me dira peut-être plus bonjour s'il apprend que j'ai perdu la première carte... Mais il faut bien que je fasse des courses à la fin ! Je ne peux pas continuer à aller en forêt et me nourrir comme les bêtes de racines et de baies. C'est une question de survie. 

 

Ma carte c'était un peu comme ma clé. J'entrais chez moi, dans le magasin, j'étais bienvenue. D'ailleurs c'était écrit sur le tapis de l'entrée, juste derrière les grandes portes vitrées automatiques. J'y allais tous les jours. Pas pour des grosses courses, non, une boîte de pâté, du café, une livre de nectarines, du savon de Marseille, des langues de chat, de la langue de boeuf (sauce Madère, j'aime bien la sauce Madère). Je n'ose pas leur dire que j'ai perdu ma carte. C'est un peu comme trahir sa famille non ? Puis moi je n'ai pas de famille, alors c'est pire.

 

Alors si vous retrouvez ma carte, vous serez gentil, ramenez-la moi s'il vous plaît, ça me rendra un rude service. Et puis si vous voulez, vous resterez un peu, on prendra un café avec des langues de chat.

 

 


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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:31

Depuis plusieurs jours, je dirais même deux trois semaines, les bulletins météorologiques à la radio (et sans doute à la télévision mais je ne regarde pas beaucoup la télévision) nous serinent avec les températures ressenties.

 

Bon. En effet, oui c'est vrai, il fait froid, très froid. De mon point de vue, trop froid : vivre en Bretagne depuis presque toujours a limité mon amplitude personnelle de confort thermique. Oui, en effet, l'humidité et les rafales de vent n'arrangent rien, et on se caille bien plus que si l'air était sec et calme.

 

Pourtant, parler de température ressentie, moi ça me gêne.

 

Ce n'est pas la notion de température ressentie que je discute ici, mais bien le terme. Je suis convaincue que des scientifiques éminents et très sérieux ont calculé un très éminent et sérieux indice permettant de dire que, si le thermomètre affiche -5°C, la température ressentie peut être de - 8°C ou de -17°C selon les conditions extérieures. C'est d'ailleurs très pratique, cela est fort utile pour savoir si les bottes fourrées, la doudoune, le bonnet et l'écharpe en laine seront de sortie, ou si je peux envisager de moins me couvrir.

 

Température ressentie... L'épithète choisie dans cette expression me chiffonne. Pour moi, "ressentie" apporte une notion de subjectivité impropre au domaine de l'information. En gros, ça ne veut rien dire ! Enfin, pour moi... Je ressens du froid, du grand froid, mais je ne dis pas "Ouh la ! j'ai bien un ressenti de -9°C !" Et puis ce qui est froid pour moi ne l'est peut-être pas pour d'autres ! Prenez un Sami, un Lapon, avec ses beaux vêtements traditionnels. Placez le dans un hiver à -10°C. A-t-il froid ? Et le froid qu'il ressent est-il le même que le mien ? Prenez un Breton, placez-le dans un été à 25°C... Il y a de grandes chances qu'il étouffe !

 

Non... on devrait utiliser le terme de "corrigée", la température corrigée comme on parle d'autres mesures corrigées : pression corrigée, calcémie corrigée, ou autre mesure de risque corrigée elle aussi. Ou un autre terme, "modulée ". Température modulée par l'humidité et les courants d'air, ou je ne sais quoi...

 

 

Parce que, dans ce cas, allons-y, laissons place à tous les débordements !

 

On pourrait parler d'ébriété ressentie. Lors d'un contrôle routier par exemple. "Euh, là monsieur vous avez 0.2 grammes d'alcool dans le sang, mais au niveau du ressenti je pense que vous êtes au-dessus de la norme, je vais devoir vous mettre une amende et retirer des points sur votre permis." L'inverse étant aussi possible: "Monsieur l'a... Monsieur l'agent... euh... madame la policière... Un gramme huit, oui ! Je veux bien, si vous le dites, je ne vais pas vous contredire... Mais au niveau de l'ébriété ressentie, je vous assure, Monsieur euh Madame l'agent, que je suis sobre comme un bébé !"

  

Et quid de la distance ressentie ? Pour moi le ressenti d'une distance c'est loin ou près. On est toujours trop loin de ceux qu'on aime et trop près d'une usine de retraitement des déchets. Et la vitesse ressentie ? Il y a une modulation au niveau du radar ?  Et le poids ressenti ? Et la taille ressentie ? On peut TOUT ressentir !!! EST-CE UNE RAISON POUR EN PARLER AU BULLETIN METEO ?!!??!

 

 

Si les infos étaient sur le même modèle que le bulletin météo que l'on entend actuellement, ils devraient faire un JT ressenti :

"Mesdames et messieurs bonjour.

Au sommaire de notre journal ressenti, la grogne ressentie des grévistes et l'incompréhension ressentie du patronat.

Un reportage sur l'efficacité ressentie des mesures gouvernementales.

La note d'électricité augmente-t-elle vraiment ? EDF propose une note d'électricité ressentie. Les contribuables ont peur de la ressentir passer.

Le hold up a mal tourné, selon le ressenti du restaurateur dépouillé ; il a très bien tourné, selon le ressenti des malfaiteurs qui ont emporté plus de 15000 euros

La bourse : un ressenti plutôt mitigé sur les places boursières européennes, mais un très bon ressenti aux Etats Unis..."

 

Et pour finir, bien sûr, le fameux bulletin météo !!! Avec ses fameuses températures ressenties !!!

 

Pfff, bon ben pour le coup, je me ressens un peu fatiguée de ce coup de gueule ressenti... Je vais me faire une bonne sieste et je me ressentirai mieux après !

 

 

 

 

 

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:57

Petite introduction :

 

Arriver dans une nouvelle ville

N'est pas une chose si facile

Et surtout quand elle est petite

On peut s'ennuyer assez vite.

 

Pour s'intégrer, on a le choix :  

Badmington, gym ou point de croix.

Hier, tous deux, nous sommes allés

Au cours d'andro et laridé.

 

 

NDA : hé hé ! c'est la première fois je parie que vous voyez le mot badmington dans un texte en rimes !

 

Voilà, tout est dit dans l'introduction : nous nous sommes inscrits cette année au cours de danse bretonne. Un cours à l'ambiance conviviale réunissant une trentaine de débutants et habitués.

 

Lorsqu'on arrive dans un groupe, il y a comme en littérature et en théâtre les adjuvants (ceux qui sont là pour vous aider) et les opposants. Et il est vital de bien repérer ces derniers pour éviter de se placer près d'eux (ils peuvent être très sympathiques par ailleurs, mais dans l'activité, ils tiennent ce rôle à la perfection).

 

Notons qu'il y a dans toutes les activités de loisirs des "opposants" : au cours de théâtre, celui qui ne laisse pas l'autre terminer ses répliques, au ping pong, celui qui vise malencontreusement la tête, à la peinture, celle qui donne un coup de coude alors que votre pinceau hésite à se poser sur la toile, à la gym, celle qui prend le dernier tapis... 

 

En danse bretonne, je dirais que l'opposant est celui qui, sans raison apparente, a décidé de faire de votre petit doigt une confiture de phalanges.

 

Lors du premier cours, on a tenté de me prévenir. Après une danse où mon auriculaire a un petit peu souffert de l'étreinte digitée de ma voisine de droite, cette dernière me confie qu'au début du cours, elle avait dansé avec la dame, là-bas, assise sur la chaise, et que son doigt et son épaule s'en souvenaient encore trois danses plus tard... Je retiens la mise en garde, mais... Passent une gavotte et un rond de Saint Vincent et je me retrouve auprès de la susdite dame à la chaise qui s'est levée pour danser un laridé 8 temps.

 

A l'exception des danses en couple, les danses bretonnes sont des danses communautaires et se pratiquent en chaîne ou en cercle. Disons qu'il y a deux types de danses bretonnes en groupe (dans les plus classiques, je vois d'ici arriver les puristes me dire que c'est trop simpliste) : celles où on se donne tous la main et où souvent notre avant-bras gauche se loge sous le coude droit du voisin de gauche (et où on loge l'avant-bras gauche de notre voisin de droite sous notre coude droit), et celles où on se tient par les petits doigts, en faisant des mouvements plus ou moins amples et plus ou moins synchronisés suivant l'avancement de l'apprentissage de chacun. Le laridé 8 temps fait partie de cette deuxième catégorie : petits doigts accrochés et balancier des bras, tantôt pliés, tantôt tendus...

 

Je danse déjà. J'ai pris des cours lors de mes jeunes années et fréquenté assez régulièrement les fest noz à la même époque (mais pas dans le même département, ni avec les mêmes mouvements de bras, ce qui a posteriori n'a pu qu'aggraver la situation).

 

Premières notes de musique. Le rythme est bien dans la tête. Allez on y va ! Un deux trois quat.. Aïïïïïïïïe !!! Mais ça ne va pas de serrer comme ça, pensé-je intérieurement tandis que de l'autre côté de la ronde, deux trois sourires compatissants m'encouragent à tenir bon et semblent me plaindre : "ben non, fallait pas te mettre à côté d'elle".

 

Au bout d'une vingtaine de secondes, craignant pour la survie de mon petit doigt mignon, et pour ne pas être obligée de quitter la danse et laisser le doigt de mon homme (placé à ma droite) se retrouver enserré dans ce piège, je propose à ma voisine mon index, en espérant secrètement que le frottement de ma bague lui fasse relâcher un peu son étreinte...

La voilà qui refuse. A ce moment-là je fais le parallèle avec le gars au théâtre qui ne te laisse pas finir ta réplique et qui te reproche en plus de ne pas bien dire ton texte...

 

J'ai tenu bon. La danse est passée. Mon doigt a mis une Scottish et un Hanter Dro à s'en remettre...

 

                                                                                *  *  *

 

Nous retournons à ce cours hebdomadaire avec plaisir et commençons à connaître quelques personnes. Mais j'ai bien retenu la leçon. Je ne me mets plus à côté de cette dame pour les danses "avec les doigts". Et j'évite de me mettre près de son mari, qui en plus d'avoir une énergie similaire dans ses auriculaires, porte une paire de sabots qui tapent vigoureusement le sol lors de la danse fisel. Ce genre de détail peut provoquer de petites sueurs froides lorsqu'on s'imagine l'état des orteils de sa voisine si un malencontreux accident de contretemps survient. D'un autre côté, rien de tel pour motiver à rester dans le rythme.

 

Leur fille d'une dizaine d'années vient de temps en temps danser avec nous. Lors du premier cours, elle portait une atèle sur deux doigts de la main...

 

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:32

Elle en a fait couler de l'encre cette affaire, et pas seulement dans le Ouest France du 4 novembre 2011. Beaucoup d'articles en parlent sur internet. Ci-dessous, celui de la rubrique "Tout peut arriver" du quotidien précité.

 

"

Elle prend l'oeuvre d'art pour une baignoire sale

Emportée par son élan, une femme de ménage du musée de Dortmund, dans l'Ouest de l'Allemagne, a détruit une oeuvre d'art. Elle s'est mis en tête de récurer une baignoire en caoutchouc, placée sous des planches en bois empilées, et en a retiré la patine. Baptisée Quand des gouttes d'eau commencent à tomber du plafond, l'oeuvre était assurée pour 800 000 €. En 1986, une motte de beurre suintante avait elle aussi été « nettoyée » dans un musée de Düsseldorf. "

 

 

Encore une fois, nous avons affaire à un article riche d'enseignements et d'une grande profondeur philosophique. Voici en vrac quelques divagations et réflexions :

 

- Je ne blâme pas cette femme. Certaines oeuvres d'art peuvent être hermétiques, et inversement on peut être hermétique à certaines oeuvres. Chacun a sa sensibilité, qu'elle soit artistique, ménagère, culinaire. Moi par exemple, contrairement à cette dame, devant une baignoire sale, ma sensibilité ne me pousse pas à la récurer. Mais devant un panier de pommes qui commencent à se flétrir, je prépare systématiquement une compote.

 

 

-  Cette dame est payée pour nettoyer et elle le fait bien. La formule "emportée par son élan" me fait d'ailleurs imaginer un balai ployant sous l'enthousiasme déployé par l'employée...

 

 

- L'article évoque une motte de beurre suintante "nettoyée" dans un musée de Dusseldorf. Alors là je dis "bravo l'artiste" ! Ironiquement bien sûr ! Imaginez les effluves de beurre ranci vous parvenant aux narines alors que vous flânez dans les salles du musée... Ah ça ! ça peut dégoûter des générations de toutes les galeries, collections d'art et pinacothèques existantes ! Une motte de beurre suintante... Et pourquoi pas un verre de lait périmé ?

 

 

- A ce propos, existe-t-il un musée olfactif ?... Dans ce type de musée, la définition de l'art se rapprocherait sans doute plus de la définition du beau... Enfin, ce que j'en dis... C'est un sujet de philosophie récurrent : l'art doit-il être beau ? l'art doit-il sentir bon ? et à l'inverse, une oeuvre  provoquant le dégoût jusqu'à la nausée est-elle artistique ? Comment l'artiste justifie-t-il la présence de l'art dans une motte de beurre suintante ? Futurs bacheliers, pensez-y, ce thème n'est pas sorti depuis quelques temps il me semble.

 

 

- En ce qui concerne l'oeuvre de la baignoire, la patine du temps était sans doute une forme de poésie discrète, effacée mais présente, évoquant certainement la mélancolie du temps qui passe (je n'en sais rien, j'imagine, je suppute, je suppose, je n'ai pas fait les Beaux Arts !). L'oeuvre en tout cas devait être intéressante. Dommage qu'elle ait perdu son sens, et de ce fait, sa valeur marchande. Je propose de la rebaptiser "Quand une éponge efface le travail de l'artiste". Je suis sûre qu'accompagnée d'une explication sur l'histoire du titre, la baignoire retrouverait une certaine valeur.

 

 

-  Faire le ménage dans un musée... Seule au petit matin ou à la nuit tombante au milieu de milliers d'oeuvres d'art. Scrutée par des centaines de regards peints et fixes. Je ne connais pas le musée de Dortmund, mais pour en avoir visité quelques uns en France et à l'étranger, il y a quasi systématiquement des scènes similaires à celle de Judith égorgeant Holopherne, de Salomé recevant la tête de Saint Jean-Baptiste, de l'enlèvement des Sabines, presque toujours on peut y voir des agonisants, des trépassés, des meurtriers et des enfants inquiétants ressemblant aux jumelles dans le film Shining... Alors une baignoire, forcément, ça rassure ! On se met à la récurer pour ne plus penser à toutes ces mauvaises intentions qui rôdent dans la semi-obscurité... Ou comme dans la pièce de Jean-Michel Ribes, Musée haut, musée bas, cette dame a été, à l'instar des gardiens dans le livre, épuisée, renversée, anéantie par le Beau, et ne savait plus ce qu'elle faisait !

 

 

- Mais quand même, une baignoire en caoutchouc... Elle aurait dû avoir un doute... Puis une baignoire au milieu d'oeuvres d'art, ce n'est pas courant... Peut-être a-t-elle pensé que l'objet servait à la toilette des statues ou des habitants des tableaux qui, comme chacun sait, sortent la nuit de leur cadre ? Peut-être ?

 

 

Quant à moi, à l'inverse, j'invite les gens qui débarquent à la maison à l'improviste de prendre la baignoire sale pour une oeuvre d'art...

 

 

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