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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 23:47

Ca y est, j'ai trente ans.

L'âge auquel on se dit : il va falloir être raisonnable et responsable . Finie la plaisanterie. Hop hop hop. Adulte maintenant. (Oui, la petite voix intérieure du trentenaire comme je l'imagine a un petit côté militaire et "marche au pas"). Alors comme vous savez que j'aime les listes (article du 24 novembre dernier), j'en ai fait une pour mon anniversaire.

 

Clotilde, tu as 30 ans, voici ce que tu dois et ne dois plus faire (et la liste n'est pas exhaustive) :

 

Ne plus manger des chocolats les uns après les autres mais savoir attendre une journée au moins entre chaque (!!!)

 

Ne plus rater la corbeille de linge sale et laisser traîner ses chaussettes dans la salle de bain

 

Faire la vaisselle directement après chaque repas (ceux qui ont un lave-vaisselle ont bien joué sur ce coup-là)

 

Dégivrer le frigo régulièrement

 

Mettre de la crème hydratante tous les jours pour prévenir l'apparition des rides

 

Regarder les reportages intéressants à la télé (au lieu de ne pas regarder la télé du tout)

 

Changer mon allure, ou ma garde robe, ou je ne sais quoi qui fait croire aux gens que j'ai à peine 20 ans

 

Réussir à repasser les couettes sans faire de faux pli

 

Classer mes papiers administratifs au fur et à mesure

 

Rester polie et courtoise lorsque les susdits papiers administratifs paraissent aberrants et ne pas piquer de crise de nerfs quand je remplis ma déclaration d'impôts

 

Dire clairement les choses aux gens, dans la vie professionnelle, personnelle et au restaurant : "non, je n'avais pas commandé de pâté de tête mais une salade de chèvre chaud. Je ne compte pas manger du pâté de tête pour vous faire plaisir. Alors je vous prierais de rectifier votre erreur. Merci." Le tout avec un grand sourire bien sûr.

 

Ne plus tirer la langue en fronçant le nez pour sgnifier "mais euh ! arrête de te moquer de moi !"

 

Ne plus dire "mais euh ! arrête de te moquer de moi !"

 

Ne plus sortir sous la pluie sans parapluie

 

Avoir toujours un paquet de mouchoirs dans mon sac à main

 

Souscrire une assurance vie

 

Me retourner quand on dit Madame et froncer les sourcils quand on m'appelle "ma p'tite"

 

Ne plus être bordélique

 

 

Pfiou... ça en fait des choses à faire, à corriger, à ne plus faire, à changer... Je ne sais pas si je veux avoir trente ans moi au final... Comment ? On n'a pas le choix ? Bon ben c'est parti alors !

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:51

Les bibliothécaires savent avoir le sourcil expressif. D'un simple haussement, elles signifient "Veuillez parler doucement s'il vous plaît". Elles savent si l'auteur russe que vous cherchez est encore en rayon, et cela parfois sans consulter l'ordinateur.

Elles parlent d'une voix toute douce mais très distinctement, ce qui fait qu'on répond d'une voix toute douce aussi. En fait je crois qu'elles ont peur de réveiller les livres. "Chut, les livres dorment. Si vous voulez les réveiller, il faut les emprunter. Si vous les consultez sur place, conservez leur un demi-sommeil."

 

Je me verrais bien bibliothécaire. Moi aussi j'ai le sourcil expressif et je peux parler d'une toute petite voix. Et globalement, j'aime bien l'alphabet .

 

Quand on est bibliothécaire, on doit aussi serrer la vis. Pas seulement pour consolider une étagère bancale. Pour envoyer des lettres de rappel aux retardataires. Ca aussi j'aimerais bien :

 

"Monsieur, le 23 mars dernier, vous avez emprunté à la bibliothèque le livre "Comment ne plus être en retard ?". Nous vous rappelons que les emprunts se font pour des durées de 3 semaines. Nous sommes le 12 juillet. Ceci est votre 4e lettre de relance. Avec le prix des timbres et du papier, nous aurions mieux fait de racheter un exemplaire de ce livre, que selon toute vraisemblance, vous n'avez pas daigné ouvrir... Cordialement. La bibliothécaire."

 

Ah oui, j'aimerais bien envoyer des lettres comme ça.

 

Et puis si j'étais bibliothécaire, je ferais appel à des artistes, à des poètes ou des écrivains, ou des gens qui écrivent des choses un petit peu drôle sur un blog, qui font un petit peu de théâtre aussi... Si j'étais bibliothécaire, je crois que je me demanderais de faire des animations dans ma bibliothèque...

 

Enfin, moi je dis ça...

 

 

NDA : je me rends compte que j'ai parlé des bibliothécaires au féminin. Mes excuses à la gent masculine, mais tous les bibliothécaires que je connais sont des bibliothécairEs.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:15

En janvier !

J'aime la galette en janvier quand on doit manger la galette.

Pas du tout pour l'aspect religieux de la chose. Je ne fais pas un scandale si on ne mange pas la galette le 6 janvier. Je ne suis pas une intégriste de l'Epiphanie. Puis allez trouver trois personnes prénommées Balthazar, Gaspard et Melchior pour la partager cette galette ! Quoi que... avec la tournure que prend la mode des prénoms actuellement (oui, encore, c'est un sujet que j'aime bien...), il y a des chances qu'on y arrive prochainement (pour ma part, je connais déjà un petit Gaspard et un petit Melchior).

 

Non, pas pour l'aspect religieux, ni pour la tradition, mais juste parce qu'il y a un temps pour tout.

 

Voir dans les galeries marchandes des galettes des rois à la fin du mois de novembre, c'est comme voir des fournitures scolaires de rentrée en mai, ou des oeufs de Pâques en février (attendez... j'ai peut-être déjà vu des oeufs de Pâques en février... et gourmande comme je suis, il est impossible que ce soit l'excédent de l'année précédente...).

 

Je le répète, il y a un temps et une saison pour tout.

 

Ce n'est pas l'avis des enfants de mon frère qui réclament des beignets portugais à chaque fois qu'ils viennent chez mes parents. Or ces beignets-là, c'est à Noël. Ca prend un temps fou à faire d'après la recette traditionnelle, et beaucoup d'énergie. Je me souviens, enfant, de ma mère qui m'appelait pour tenir la bassine orange où elle préparait la pâte à beignets. J'encerclais la bassine de mes petits bras potelés et ma mère pétrissait pétrissait pétrissait. La pâte était dense et si personne ne retenait le récipient, celui-ci décollait de la table, rendant la préparation difficile. Ma mère et moi en avions les doigts engourdis et le visage rougi par l'effort. Et là mes petits morveux adorés de neveux veulent des beignets en mars ou en juillet ? On voit que Mamie ne vous a jamais demandé de tenir la bassine !... Les enfants de ma belle-soeur quant à eux réclament parfois des raclettes au mois d'août (certes, mois d'août en Bretagne, mais mois d'août quand même).

 

Mes enfants, mes neveux, écoutez ce que Tatie Clotilde a à vous dire...

 

L'hiver, c'est fait pour se peler, c'est comme ça, il fait nuit tôt, il fait jour tard, on déprime à cause du manque de lumière et on se console en ouvrant des cadeaux qui vous ennuiront dans deux jours et en mangeant trois fois trop, ce qui donne l'objectif pour le printemps de perdre les kilos de foie gras et de chocolats qui sont restés sur les hanches...

C'est comme ça, il pleut, il fait froid, jouer dehors entre les gouttes relève de l'inconscience et la voiture à énergie solaire, vous attendrez quelques mois avant de la sortir.

 

Alors qu'est-ce qu'il reste pour se consoler ?

Les beignets, la galette, la raclette !

Si vous en mangez toute l'année, quelle joie aurez-vous, au plus froid de l'hiver, à savourer votre part de gâteau ou à remplir votre poelon ?

 

Personnellement, je ne suis pas trop fan des beignets. Ce que j'aime moi, c'est le "flar", le gâteau traditionnel de Pâques, fait de successions de couches de pâte à pain parfumée d'herbes anisées, couches liées entre elles par un mélange de beurre, sucre et cannelle... L'eau m'en vient à la bouche... Mais l'attente, mes enfants (non pas moi, l'attente en un mot), l'attente est aussi délicieuse que la première bouchée. Si je mange du flar toute l'année, quel sera mon petit plaisir au mois d'avril ? Et pourtant, on en trouve tout le temps maintenant, les flars, dans les boutiques portugaises. C'est la même chose pour le turron espagnol : normalement, c'est une gourmandise de Noël, mais dans les magasins Corte Ingles, genre de Galeries Lafayette ibériques, il y en a toute l'année... Mes enfants, les lois du marché et de la vente à tout prix tuent l'attente (non, toujours pas moi, ne vous en faites pas).

 

Je pense qu'il est important d'apprécier chaque chose en son temps. J'aime les couleurs des camélias en janvier, le parfum du mimosa en février, les chocolats chauds en regardant tomber la pluie... quand il pleut (je ne peux décemment pas dire "en hiver", il pleut bien plus souvent...).

 

Vous n'êtes pas obligés d'apprécier tout cela, mais l'automne, l'hiver, le froid, la pluie existent. Sachez garder ses spécificités et ses plaisirs à chaque saison... Le printemps ne vous en paraîtra que plus doux ! 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 11:15

Encore un faire-part ! Cette fois-ci c'est un mariage. Bonne nouvelle ! Et puis cela fait longtemps qu'on n'a pas vu les tourtereaux. J'aime bien les mariages. Les gens sont souriants et bien habillés. La mariée est belle, le marié comblé. Et rien ne devrait troubler cette joyeuse agape.

 

Il y a juste un hic, l'ombre d'une légère inquiétude... Ce que j'appréhende un peu, dans ces journées pourtant joyeuses, pleines d'amour et de petits fours, c'est la table.

 

Non pas la table en elle-même bien sûr, je m'entends généralement bien avec les meubles. Lorsque je parle de LA table, c'est la table de "ceux qu'on n'a pas su où mettre ailleurs et de toute façon, on ne va pas y passer la nuit sur ce plan de table, ça leur fera les pieds" (oui, la mariée peut être un peu nerveuse pendant les préparatifs). Vous voyez de quelle table je veux parler ? Vous l'avez connue vous aussi, cette table des solitudes embarrassées, des entrechoquements de verres qui tentent désespérément de combler le vide sidéral entre des êtres totalement dissemblables et de couvrir la conversation soporifique de votre voisin de gauche, celui qui porte une cravate avec un loup hurlant à la mort ?

Par amitié pour les mariés et pour ne pas être celle qui a crié son désespoir à la face du monde devant une assiette de fruits de mer, on ravale la question qui nous titille les cordes vocales, nous brûle les lèvres, nous arrache la gorge : POURQUOI ?

 

J'avais dix-neuf ans. Parmi les invités, je connaissais très bien mes parents, bien trois couples d'amis de mes parents et les parents du marié qui sont des amis de mes parents et un peu le marié, sa soeur et son frère. Bref, c'était le mariage du fils d'amis de mes parents.

J'avais dix-neuf ans, trop vieille pour partager la table des enfants (quoique, à vingt-sept ans, des gens se sont permis de me mettre à la table des enfants... à mon mariage, il y aura donc deux quincagénaires assis au milieu des mioches) et trop jeune (et trop âgée aussi) pour être à côté de papa maman et de personnes qui m'étaient familières.

 

Les mariés ne me connaissaient pas bien. Je devais sans doute faire partie de ces noms auprès desquels on trace un point d'interrogation gêné au moment de faire le plan de table. Je me suis donc retrouvée assise à LA table, et je précise que tout ce qui suit est vrai et s'est réellement passé.

 

Au bout de LA table, à gauche, un jeune homme atteint d'un handicap mental et sa maman, qui coupait ses aliments. En face de moi un adolescent dégingandé d'une quinzaine d'années. L'animateur de la soirée, qui fuyait la table dès qu'il pouvait pour lancer un jeu ou de la musique. Et à ma droite, le clou de la soirée, un couple de futurs jeunes mariés, dont la vulgarité flirtait parfois avec l'obscénité. Ma voisine de gauche, discrète et silencieuse, ouvrait des yeux ronds. Comme moi, elle venait de se rendre compte qu'on l'avait mise à LA table.

 

A cette époque, on fumait encore très souvent à l'intérieur. Pas de chance, rare non fumeuse de la zone, je me retrouvai coincée dans un véritable guet-apens. Ma voisine de droite, d'un geste qu'elle jugeait sans doute élégant, aspirait le poison près de la joue de son futur, puis tournait la tête et crachait sa fumée dégoûtante juste sous mon nez, gâchant le plaisir du repas (qui, tant est que je m'en souvienne, devait être très bon sans assaisonnement nicotinique). Et c'était clope sur clope, bouffée sur bouffée. Lorsqu'elle déclara avoir vingt-huit ans, je pensai intérieurement que cela faisait dix ans qu'elle avait arrêté de compter, tant sa peau tendait (ou plutôt distendait) vers sa vocation de parchemin... Mais laissons ce couple à leurs cigarettes et leurs verres de vin pour l'instant, nous y reviendrons bien assez tôt. Continuons le tour de table.

 

L'adolescent de quinze ans fumait également, mais ne buvait pas d'alcool. "C'est mauvais pour la santé" disait-il dans une longue bouffée de cigarette. Il se prenait pour un grand, mais avait un vocabulaire d'enfant de huit ans. Lors d'un sketch mettant en scène des amis des mariés, l'un d'entre eux dit le mot "inférieur" et Super Fumeur de demander "ça veut dire quoi inférieur ?". Véridique et affligeant. Je me suis retenue de tout commentaire. D'ailleurs je ne parlais pas. Pas le temps de placer un mot, ni l'envie d'ailleurs. Et la conversation était si désolante que je suis incapable aujourd'hui de vous en rapporter le contenu.

 

Puis j'ai failli craquer... J'ai énormément de respect pour les personnes atteintes d'un handicap, qu'il soit mental ou physique, et je m'imagine très bien les difficultés qu'elles doivent rencontrer au quotidien et dans leurs projets de vie. J'ai énormément d'admiration pour leur entourage qui les soutient et les aide jour après jour. Mais ce soir-là, je vous avoue, lorsque le jeune homme près de sa mère se mit à remuer sur sa chaise, à me désigner d'un doigt accusateur et à me crier dessus lorsque pour la première fois je me servis un peu de vin (il fallait bien noyer mon désarroi dans quelque chose), toute ma sympathie naturelle s'envola...

 

Mais déjà le spectacle reprenait à ma droite ! "Ah tu verras dans trois semaines, quand ça sera notre tour ! Ah j'en tiendrai une belle ! Il faut bien ça ! Une bonne cuite pour notre mariage !" Les termes ne sont peut-être pas exacts, mais le sens y est. Monsieur le futur marié avait descendu une ou deux bouteilles (et à lui on n'avait rien dit !), laissant tout de même quelques verres à sa femme, comme le laissait deviner le rouge sur ses joues papier crépon. Et l'alcool faisait son petit effet sur le mâle ragaillardi ! Effarée, je voyais sa main gauche remonter la jupe de sa dame sur sa cuisse, laquelle dame donnait des petites tapes gênées sur les doigts audacieux en rouspétant des "arrête, arrête je te dis". Là les termes sont exacts, je m'en souviens parfaitement. La scène dura longtemps : la fiancée avait les larmes aux yeux, le futur avait les siens brillants. Le dessert arriva et ce fut un soulagement pour tout le monde.

 

Je me levai et allai me dégourdir les jambes sur le tube de l'année. Sur la piste, la mariée accordait une danse à chaque convive. Ce fut bientôt mon tour. Ravie, magnifique dans sa robe de fée, des étoiles dans les yeux, elle me demanda : "Tu passes une bonne soirée ?" A ce moment, le futur marié de ma table, monsieur Main-sur-la-cuisse, passablement émêché et souhaitant sans doute profiter de ses dernières semaines de liberté, glissait à l'oreille d'une charmante jeune fille qui passait par là  : "Tu es jolie ! Tu veux danser ?". Puis il s'étala lamentablement sur le sol, relevé presque immédiatement par sa promise énervée. Je regardai la mariée. Comme elle était heureuse ! Et là, bien évidemment, j'ai menti : "Oui, je passe une très bonne soirée, je m'amuse bien."

 

Un jour prochain, vêtue de ma belle robe de princesse, je partagerai une danse avec quelqu'un qui me dira peut-être "je passe une très bonne soirée".  J'espère seulement qu'on ne l'aura pas mis à LA table...

 

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 09:16

Le 27 août dernier, c'est un article assez curieux de la catégorie "tout peut arriver" que j'ai découpé dans le Ouest France.

 

"C'est un homme tout à fait normal, il a juste été un peu perturbé affectivement." C'est en ces termes qu'un enquêteur du commissariat d'Albi a justifié à la presse les agissements d'un retraité de 67 ans. La police a retrouvé à son domicile une centaine de panneaux de signalisation. "Pour surmonter un divorce douloureux, il voulait décrocher tous les panneaux lui rappelant des lieux où il avait passé de bons moments." Il attend désormais à son domicile que les collectivités propriétaires viennent les reprendre."

 

De nombreuses idées m'assaillent à la lecture de cette histoire poignante.

 

- Tout d'abord, quels panneaux cet homme a-t-il arrachés ? Les indications de lieu-dit ou de ville ? les panneaux sens interdit ou voie sans issue ? L'information n'est pas donnée mais aurait néanmoins pu intéresser les habitants d'Albi et des alentours, ou les touristes passant dans la région à ce moment-là. "Je te dis que le gîte est là ! La dernière fois qu'on est venu il y avait ce gros arbre à côté d'un restaurant !" "Ce n'est pas possible, il y avait un panneau de limitation à 30 et le nom du lieu-dit "bois d'amour". Pas de panneau, pas de gîte. Allons plus loin..." 

 

- Notons le jeu de mots du journaliste dans le titre : "il tombe dans le panneau", alors qu'en fait, il ne tombe pas du tout dans le panneau dans le sens réel de l'expression. Mais pardonnons à l'auteur du texte qui doit souvent titrer : "il sombre dans l'alcool", "il plonge dans la drogue", "il s'enlise dans les dettes", etc. On comprend mieux alors l'intitulé de l'article.

 

- Les gens "tout à fait normaux" font des choses parfois assez insolites. J'ai vu des enfants "tout à fait normaux" faire un gros bouquet avec des fleurs d'un parc botanique en laissant un gros espace vide dans un parterre, et une mère "tout à fait normale" leur dire tout doucement, "il ne faut pas les cueillir, il faut en laisser pour les autres". Je suis rassurée, partout il y a des gens tout à fait normaux qui arrachent des fleurs et des panneaux...

 

- J'espère que ce monsieur n'a pas beaucoup voyagé avec son ex-femme. Cela peut revenir cher de devoir retirer les panneaux de leur voyage de noces à Venise, de leur escapade en Belgique ou de leurs vacances à Benidorm.

 

- Peut-être après avoir tenté vainement de reconquérir sa femme par de belles lettres d'amour ou des poèmes suppliants, s'est-il décidé à lui en envoyer un dernier ? 

 

       Te souviens-tu, nous nous étions

       Embrassés sur le petit pont,

       Mais maintenant que c'est fini

       J'ai arraché le panneau gris

       Qui indiquait qu'en cas de vent

       On pouvait basculer devant.

       As-tu parcouru le journal

       Et cet article pas banal

       D'un groupe de jeunes écoliers

       Qui dans ces eaux froides a glissé ?

 

      Ce n'est pas drôle et c'est de ta faute.  

 

       signé : ton ex mari

 

- Si vous vous trouvez dans la même situation que ce pauvre monsieur, d'autres exutoires sont possibles. Il y a la solution des photos qui se déchirent, des souvenirs qui se cassent, ou qu'on range dans une boîte et qu'on n'ouvre plus, ou qu'on ouvre finalement un jour pour en casser le contenu. Mais l'idée des panneaux n'est pas des plus judicieuses : avez-vous pensé où les stocker ?

   

 

J'espère que le protagoniste de cette affaire ne lira pas cet article, je ne veux pas le blesser. Si par le plus grand des hasards il faisait partie de mes vingt lecteurs, voici ce que je lui dirais :

Je sais que ce n'est pas bien de s'amuser de la souffrance des gens, mais dans certaines situations, monsieur, la seule chose qui reste à faire est de prendre du recul et de sourire à nos dérives de personnes "tout à fait normales". Bon courage. Et dites-vous qu'il y a sans doute mille fois plus de panneaux  dans le monde que ceux que vous avez partagés avec votre ex-épouse, et il y en a même sans doute un qui vous indiquera la bonne direction pour vous en sortir.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 10:24

Pour pallier les petites défaillances de ma mémoire, je fais des listes. Il faut avouer que j'ai toujours aimé faire des listes et des petites notes. La reine du post it, c'est moi !

 

J'ai quatre sortes de listes :

La classique liste de courses, que l'on oublie une fois sur deux. "Non mais ce n'est pas grave, je vais me souvenir. Il reste de l'adoucissant ou pas ? Les oranges, on les a mangées ? j'en reprends ?" Cette liste est très importante et très utile lorsqu'elle ne reste pas sur la table de la cuisine alors qu'on arpente les rayons avec son caddie. Elle permet de respecter son planning de repas ("tiens c'est bizarre, sans ma liste, j'ai acheté trois tablettes de chocolat au lieu de prendre des pâtes au blé complet...") et fait faire de substantielles économies d'argent (éviter les 36 yaourts à consommer dans les 3 jours qui remplissent la moitié du frigo) et de temps (zut, j'ai oublié le papier toilette, je dois reprendre la voiture, faire 5 kilomètres, trouver une place où me garer, faire la queue à la caisse, changer de caisse, regretter la première caisse et repartir chez moi mes 6 rouleaux sous le bras, enfin, dans le coffre).

 

La liste des choses à faire, divisée en trois catégories : court terme, moyen terme et long terme. Très utile aussi dans le monde professionnel. Quasi systématiquement, le court terme passe dans le moyen terme, le moyen terme, je le délègue et le long terme... doit-on vraiment faire des boutures de nos rosiers cette année ?

Cette liste est source de joie intense lorsque, rempli de la satisfaction du devoir bien fait, on prend un crayon au trait épais pour barrer une des tâches accomplies. Elle est également source de désespoir profond lorsqu'on la voit s'allonger jusqu'au moment fatidique où tout ne tient plus sur la même face et où on trace dans le coin droit en bas une petite flèche pour continuer au verso la litanie des choses à faire.

 

La liste des gens à appeler, pour prendre des nouvelles, répondre à des échéances. Elle est particulièrement labile et varie selon les humeurs et les envies du moment. Si j'apprends que la personne du haut de liste, celle que je dois contacter au plus vite dès que j'ai un moment, est partie en vacances pour trois semaines, elle redescend dans les priorités d'appel. Quand j'ai tenté trois fois de joindre quelqu'un, que je tombe systématiquement sur le répondeur et que je laisse un message, je note près du nom "me rappellera". J'avoue, c'est la liste qui marche le moins bien. Elle est d'ailleurs souvent remplacée par une petite liste auxiliaire, celle des mails à envoyer.

 

La liste des objets à ne pas oublier quand on part en vacances ou en week end. Très importante cette liste-là. Elle permet d'éviter de se retrouver deux semaines en camping sans brosse à dents ou avec une seule paire de chaussettes, ou d'arriver les mains vides à l'anniversaire de son filleul car son cadeau est resté sur la table de la cuisine, juste à côté de la dernière liste de courses.

 

Mais malgré tout cela, je me rends bien compte que ma mémoire me fait défaut sur d'autres choses. Alors je fais une liste pour ne pas oublier d'éteindre le four ou les plaques électriques, éteindre l'ordinateur quand je pars de la maison, vérifier que je suis bien coiffée, voire habillée car sortir dans la rue en pyjama n'est pas très bien vu dans le quartier. Un post-it me rappelle ensuite où j'ai mis ma liste.

 

Certains diront "prends un agenda". Evidemment, j'y ai pensé ! Pour qui me prenez-vous ? Mais avez-vous remarqué cette mesquinerie de l'agenda qui une fois la page tournée fait comme si de rien n'était, comme si vous étiez à jour puisque la nouvelle feuille est totalement blanche ? Et il faut retourner dix pages en arrière pour se rappeler qu'on a oublié d'appeler Bidule pour le remercier de sa carte postale ! Alors l'agenda ! C'est bon pour les gens organisés !

 

Autre méthode, tout dire à mon compagnon. Deux cerveaux valent mieux qu'un. Le problème est le suivant : souvent je pense qu'il a fait ce qu'il fallait et lui pense que j'ai fait ce qu'il fallait. Alors que c'est lui qui aurait dû savoir que si je lui avais demandé, c'est que forcément, j'allais oublier et que j'allais penser qu'il allait faire ce qu'il fallait.

 

Tiens je viens de retrouver un post-it : "poste cet article sur ton blog". Bon je le fais tout de suite sinon je vais oublier...

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 21:53

L'année dernière, à la même période, je me trouvais dans la même situation que cette année. Non pas géographique mais professionnelle. En clair, j'étais en recherche d'emploi. Ceux qui n'ont pas connu les affres du chômage ne ressentiront jamais le petit pincement au ventre qui surgit au moment d'ouvrir un mail de réponse d'un recruteur. Que celle-ci soit positive ou négative, sa lecture est toujours un moment intense, et particulièrement dans le cas présent : être au chomage et apprendre qu'on a changé de sexe le temps d'un mail, ça peut faire beaucoup...

 

 

De : Clo

Pour : emploi lambda

Date: 13/10/20xx 14:41

Objet : candidature offre d'emploi - référence XXX

 

Bonjour,

veuillez trouver ci-joint ma candidature pour le poste de blablabla proposé sur le site *** (référence : 123456).

Cordialement.

Clo

 

 

Le 8 décembre 2010 16:14, Annick L*** a écrit :

        Madame,

Suite à votre candidature et à votre entretien dans le cadre du recrutement au poste de ***,

nous vous confirmons que nous n’avons pas retenu votre candidature.

En vous remerciant de l’intérêt manifesté à l’égard de notre entreprise,

Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.

Service ***

Entreprise ***

 

 

Ce à quoi j'ai répondu :

 

Monsieur L*** (je me permets chère Annick de vous appeler Monsieur puisque j'ai le droit au même traitement à la fin de votre mail. Pour votre information sachez tout de même que Clotilde est un prénom féminin),

je vous remercie grandement de m'avoir ouvert les yeux sur mon amnésie. Vous me dites en effet que j'ai passé un entretien pour votre entreprise, or, j'ai eu beau feuilleter mon agenda et fouiller ma mémoire, je n'ai trouvé aucune trace de ce rendez-vous.

 

Mon amnésie est d'autant plus grande que vous me "confirmez" que vous n'avez pas retenu ma candidature, ce qui signifie que vous me l'avez déjà signalé auparavant. De cela non plus je n'ai pas souvenir...

 

Vous avez peut-être reçu de nombreuses candidatures pour ce poste. Mais est-ce une raison pour que les lettres de refus soient si aberrantes et peu réfléchies ? Je le prends avec humour (j'espère que vous aussi), mais comprenez que cela peut être blessant de recevoir ce type de mail. Un effort pourrait sans doute être fait pour que cela ne se reproduise pas à l'avenir.

 

Sans rancoeur, je vous prie d'agréer, Madame, mes meilleures salutations.

Clotilde de Brito

 

 

Et elle m'a répondu :

 

 Bonjour

Effectivement j'ai fait plus d'une centaine de réponses négatives hier, et j'ai donc fait une grossière erreur en vous répondant, car ce courrier ne vous était pas adressé.

Je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses.

Contrairement à certaines entreprises, nous nous obligeons à répondre aux candidats qui se donnent la peine de répondre à nos offres d'emplois,

et j'ai malheureusement voulu faire un peu trop vite hier, mais seules les personnes qui ne font rien ne se trompent pas...

Je renouvelle donc mes excuses.

Veuillez agréer, mes meilleures salutations.

 

 

Quels enseignements tirer de cette expérience ?

 

- certains recruteurs ont un peu d'humour et savent reconnaître leurs torts. Attention, j'ai bien écrit certains. Ne tentez pas cela avec n'importe qui, surtout si vous pensez postuler à nouveau dans l'entreprise quelques temps après. "C'est vous le petit monsieur qui m'avez envoyé une lettre de mécontentement après un refus il y a quelques mois ? Ce n'est pas la peine de revenir à la charge madame, votre nom est resté gravé dans ma mémoire !" 

 

- "j'ai fait plus d'une centaine de réponses négatives hier." Cette phrase m'étonne, me désole et m'inquiète. Cent ! C'est énorme ! Moi qui me dis à chaque fois qu'on ne doit pas être nombreux à postuler (c'est une méthode d'autopersuasion efficace à court terme, le temps d'envoyer ma candidature), j'en tombe à la renverse. Je suis également triste pour cette personne dont le métier consiste à refuser une centaine de candidatures par jour ! Honnêtement, est-ce bon pour la paix intérieure ? ne vaudrait-il pas mieux de temps en temps, pour le moral, envoyer des lettres positives ? Hein, pour diminuer le stress, tout ça ?

 

- "seules les peronnes qui ne font rien ne se trompent pas." Bel adage effectivement et je suis tout à fait d'accord avec ce monsieur-dame. Donc je n'ai pas postulé à nouveau dans cette boîte : la crainte de me tromper m'oblige à ne rien faire...

 

 

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 10:01

PA110831.JPG

J'ai photographié cet article à cause de son titre.

Pour moi, jam en anglais c'était de la confiture. Bien sûr, on le décline : strawberry jam, raspberry jam, apricot jam... Chacun a sa propre déclinaison de confitures. Mais la confiture de doigt, je n'en avais jamais entendu parler (ni la marmelade d'orteil d'ailleurs).

Je connaissais aussi les "jam sessions", dans un bar ou une boîte de jazz.... Mais là non plus ça n'avait aucun sens : de la musique improvisée par un doigt qui sauve un policier... Et puis cela ne correspondait pas du tout avec la suite de l'article.

 

J'ai voulu en savoir plus. J'ai laissé de côté mon mini dictionnaire de poche français/anglais, et arrivée en France, j'ai vérifié. Et là, stupeur, émerveillement, découverte d'un univers d'une richesse lexicale incroyable ! Voyez vous-mêmes ci-dessous la forêt que cachait l'arbre "jam" (informations trouvées sur un site internet de traduction) :

 

jam : v. serrer; presser; comprimer, pousser; coincer; caler, engager; se bloquer; étaler de la confiture sur une tartine; s'attarder; interférer; jouer de la musique de façon improvisée ; n. blocage, coincement; enrayement; foule, cohue; confiture, embouteillage, encombrement, bourrage, bouchon; situation embarrassante
 
   
Ils ont de la chance les anglophones quand même. En plus d'avoir trois ou quatre définitions différentes pour un même terme, ils possèdent plus de 500 000 mots de vocabulaire, sans compter les phrasal verbs (vous savez, les look at, loof for, look into et j'en passe). Comme j'ai regretté de ne pas être anglaise... Tous les jeux de mots que j'aurais pu faire !!! Et vous imaginez les possibilités au Scrabble (en plus pour eux, placer le w, c'est facile) !
                                                                            
Mais il est vrai que cela peut causer des incompréhensions, des quiproquos. Toujours avec jam, prenons la phrase : "I love surfing the net while I am in the jam"  que l'on traduit par : "j'aime surfer sur internet quand je suis" :
A . "dans la confiture" (pas pratique, mais possible pour un pâtissier)
B. "dans un embouteillage" (avec un I-phone, pourquoi pas ?)
C. "dans une situation embarrassante" (pour voir qu'il y a plus malheureux que moi ou pour trouver une solution sur la toile)
On est bien embêté, les trois sont possibles...
                             
C'est la même chose avec "to lie". Imaginez, vous êtes au plus mal, gisant par terre, agonisant presque, et vous trouvez juste la force de saisir votre portable, d'appeler un ami pour qu'il vienne à votre secours et lui dire: "I'm lying" sans pouvoir ajouter "on the floor". Ce à quoi il vous répond un glacial "I always knew that you were a liar". Et il raccroche.
   
Alors au final, je me dis qu'il y a peut-être assez à faire avec les 50 000 mots de la langue française (à quelques milliers près, je ne connais pas les chiffres). En tout cas, moi j'essaie de faire ce que je peux avec...
 

NDA : pour plus de phrasal verbs, ce site en recense quelques uns : http://www.englishclub.com/vocabulary/phrasal-verbs-list.htm

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 10:38

Le 25 août dernier (j'ai du retard dans mes lectures), un petit article de la rubrique "Tout peut arriver" du Ouest France a retenu mon attention. Je vous retranscris ici son contenu :

 

"A Lennon, petite commune du Finistère, une pomme semblait avoir poussé sur une branche de noisetier. Greffe ? Pollen de pomme déposé par des abeilles ? Les spécialistes se disputaient. L'explication de cette affaire, qui a fait grand bruit localement, est plus simple. C'était un canular."

 

Personnellement, cette histoire m'en bouche un coing, euh, un coin. Mais que peut-on en penser ?

 

-  que le journaliste n'a pas été assez assidu à l'école : s'il n'y a pas de pomme dans le noisetier, pourquoi l'auteur de l'article a mis un S à pommes ??

 

- que les habitants de Lennon non plus n'ont pas été assez assidus à l'école, car comme on nous l'apprend :

Il n'y a pas de pomme dans le noisetier.

Il n'y a pas de pêche dans le noyer.

Il n'y a pas de poire dans le prunier.

Il n'y a pas d'abricot dans le cognassier.

Mais il peut y avoir, en cas d'accident de la route, un avocat dans un platane.

 

- que les spécialistes n'ont pas été assidus à l'école : ce n'est pas beau de se disputer.

 

- que l'auteur du canular ne s'est sans doute pas rendu compte de l'ampleur médiatique et scientifique qu'aurait eue la réalité de la chose. Imaginez les possibilités qu'aurait offerte une telle découverte : en la retransposant sur d'autres végétaux, le problème de la faim dans le monde aurait été résolu en 10 ans ! Ce n'est pas joli joli de donner de faux espoirs comme ça... Ta ta ta.... Et tous ces spécialistes mobilisés pour cette farce alors qu'il y a des  gènes à découvrir, des maladies à guérir, et plein d'articles en anglais à rédiger ? Donc l'auteur du canular n'a pas été assidu à l'école, ne m'en demandez pas la raison, mais certainement qu'il ne l'a pas été...

 

- que si la pomme avait existé et était jaune, on aurait pu l'appeler de son lieu d'origine, pomme jaune Lennon...

 

Sur ces réflexions, je vais devoir vous laisser. Je dois m'occuper de ma chienne. Elle vient d'avoir des chatons.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:45

Il fallait bien en arriver là un jour ou l'autre, le thème, grave et crucial car au coeur de nombreuses préoccupations, devait être abordé et j'ai ici l'occasion de le faire. Aujourd'hui, il sera question de l'âge, du temps qui passe, des rides qui s'installent, de l'adolescence tardive, de la jeunesse que l'on tient à conserver envers et contre tout.

 

Aujourd'hui,

je vais vous parler...

des auberges de jeunesse.

 

Dans "auberge de jeunesse", il y a "auberge". Accueil chaleureux, bon repas, lit douillet dans chambre cosy, ambiance conviviale. A priori ça rentre tout à fait dans nos critères d'hébergement. Il y a "de" bien sûr, mais je ne vois pas l'intérêt de m'étendre sur ce mot-là, on le trouve partout, rien d'extraordinaire, je ne vais quand même pas faire deux lignes sur une simple préposition !! Et il y a "jeunesse". Et ce terme-là chamboule toute l'expression, et par le fait même, notre conviction de faire encore partie des Jeunes.

 

Notons qu'en anglais, on préfère souvent au terme "youth hostel" celui de "backpacker". Il y a "back", le dos,"pack", sac à dos, et "er" pour celui qui porte le sac à dos. Je pense personnellement que l'expression anglaise convient mieux au type de lieu.

 

Pour en revenir à notre expérience personnelle, mon compagnon et moi-même, embourgeoisés à Sydney dans la maison de ma tante et mon oncle, traités comme des rois venant de l'autre bout du monde, choyés, baignant dans le confort d'une grande chambre, bénéficiant de notre propre salle de bains, avons voulu voir du pays (enfin, un autre bout du pays) en partant quelques jours à Melbourne.

 

Juste un mot sur l'état de mon estomac à l'arrivée à Melbourne : le pilote a dû expérimenter la technique d'atterrissage par paliers de hauteur et les aliments de mon précédent repas ont failli adopter la même méthode dans le sens inverse. Mais passons. Avec nos sacs sur le dos, nos lunettes de soleil, notre peau blanchie par la crème solaire et notre plan de la ville, on nous donnerait 22 ans à tout casser (20 si je porte mon bob rose). Le problème, c'est qu'à nous deux, nous dépassons d'un poil l'âge légal de la retraite (ce qu'il y a de bien avec la phrase précédente c'est qu'elle sera encore sans doute vraie dans 5 ans !).

 

Quelques jeunes fument et boivent de la bière devant l'entrée du backpacker. Les couleurs vives de l'entrée ont un petit côté rétro kitsch assez sympathique. Un escalier de bois sombre nous mène à l'accueil. Je remarque une table où sont posés quatre bocaux et un panneau indiquant "free coffee !! free tea !! free rice and free pasta !!". Youhou ! On est jeune ! On est bien ! On aura du café au petit dèj ! Et on mangera des pâtes ! Bon en fait, il n'y avait plus de café... et on n'a jamais pu faire des pâtes parce que les plaques de cuisson de la cuisine étaient toujours occupées...

 

Alors que nous discutons avec le responsable pour obtenir nos clefs, le bruit de fond se fait de plus en plus perceptible jusqu'à devenir prédominant. Sans aucun doute, c'est bien Bob Marley. D'aucuns pourraient trouver cela plutôt plaisant si en montant deux étages et en traversant un grand couloir, "tournez à gauche puis à droite, c'est là", on avait pu bénéficier du silence reposant d'une chambre claire et aérée. Or, Bob (Marley, pas mon chapeau) nous avait suivi. Il avait même dû glisser sous la très vieille porte. Certes pas au volume de l'accueil mais suffisamment pour qu'on ait à élever la voix pour se dire qu'on aurait peut-être dû aller ailleurs. En outre, la réservation concernait une chambre de 4 personnes. Les deux occupants déjà en place devaient l'ignorer car notre lit superposé servait d'étagères et de cache-sac à dos sous la couette...

 

A ce stade, il n'y a pas que mon estomac qui se sent dérangé... Un changement de chambre pour une "suite deux personnes" s'impose (moyennant finances, évidemment). Je vous décris les meubles de notre nouvelle chambre : un lit superposé,... Un lit superposé. Pas de chaise, pas de table, pas de meuble où poser ses affaires. Ah ! j'allais oublier : un lit superposé et une corbeille à papier. Dans le backpacker, tu as à nouveau 15 ans : tes fringues, c'est par terre, tes bouquins, c'est par terre, ta bouteille de soda, c'est dans la corbeille à papier, et si elle est pleine, c'est par terre.

 

Dans la salle de bains que l'on doit être une quinzaine à partager, il y a deux douches, deux toilettes, deux lavabos de petit diamètre (style lave-mains), dont un ne marche pas et dont le robinet de l'autre retombe. En refermant la porte derrière soi, une affiche nous demande de faire attention à la quantité d'eau consommée, pas de douche de plus de 5 minutes. Sur ce point-là je suis d'accord. La ligne suivante conseille de la prendre à plusieurs pour faire de plus grandes économies. Je suis moins d'accord. A ce moment je croise un jeune homme, serviette autour de la taille et claquettes de circonstance : "Hello". "Hello" aussi. Une fille sort des toilettes. Moi je veux juste me laver les dents.

 

Allez, les voisins sont plutôt calmes, il n'y a pas de trouble-fête. Les matelas sont moyennement confortables mais tout est propre. Et puis trois nuits, ce n'est pas non plus la fin du monde. La musique est stoppée à 21 heures. Un peu de silence ça fait du bien parce "got to love you, got to love you, got to love you" ça fatigue après une journée de marche. Sean Paul c'est bon pour les dance floors, ou à fond dans la voiture vitres baissées pour se faire un instant kéké-cool, en tout cas, pas à 120 décibels pendant que tu manges ton sandwich du soir (comme je vous disais, trop de monde dans la cuisine, pas possible de se faire du riz).

 

Bon, allez, ça va, on est encore jeune. Des jeunes qui aiment leur confort mais des jeunes quand même...

 

C'était sans compter sur l'association fourbe et matinale du tram, du train, des bus et des voitures dont les crissements, grincements et autres vrombissements s'entendent très bien à 6h30 du matin derrière du simple vitrage... Surtout quand les rails sont à moins de 20 mètres...

 

C'est là que le backpacker a définitivement gagné contre nous. Nous l'admettons, nous ne sommes plus jeunes, il est révolu le temps où tout nous paraissait génial et cool même sans sommeil, même sans silence, même sans chaise où poser ses vêtements... Y a pas à discuter, on vieillit... 

 

Je tente de me rassurer en me disant que pour l'instant, j'arrive encore à faire du camping en tente... Quand cela ne sera plus le cas, j'aurai franchi une autre étape...

 

IMGP1439

 

 

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