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  • : Au tour de Clo
  • : Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 09:30

Enlever le plastique qui entoure la paille

Et enfoncer le bout pointu dans la brique de lait fraise.

Croquer un biscuit craquant du bout des quenottes

Puis aspirer

Glouglou

Le liquide rose bonbon.           

 

 

Quatre ans.

Belles dents blanches.

Joues comme des pommes

Que maman embrasse en riant.

 

 

Dehors la pluie sur le tricycle.
Penser à l’abriter à la fin de l’averse.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 17:23

Pourquoi les gens font-ils des gosses ?

Non mais la question est sérieuse...

Pour soigner les bleus et les bosses?

Pour être une mère courageuse ?

 

Pour acheter un train électrique ?

Pour faire de la purée bio ?

Pour dépenser leur trop plein de fric ?

Pour arriver tard au bureau ?

 

Pour faire le savant érudit

Sur le traitement des angines,

Sur le comment aller au lit,

Sur les méfaits de la tétine ?

 

Pour faire plaisir à belle-maman

Qui veut les gaver de compote ?

Pour dire "ah c'était mieux avant

Toutes les soirées avec mes potes" ?

 

Pour faire agrandir la maison ?

Pour ajouter une demi-part

Sur leur avis d'imposition ?

Pour tromper l’ennui le cafard ?

 

Pourquoi les gens font des marmots ?

Pour tester leur autorité ?

Pour relire les contes de Perrault

Et rendre ce qu'on leur a donné ?

 

Pour participer à l'effort ?

"Faut bien relancer la croissance !"

"Il sera responsable export,

Elle sera dauphine de Miss France !"

 

Pourquoi les gens font-ils des mioches ?

Pour s'assurer des héritiers ?

Pour dire "quelle sacrée tête de pioche !

T'es bien le gamin de ma moitié !" ?

 

Pour donner un sens à une vie

Où ils n'ont pas fait les bons choix,

Pas suivi leurs rêves leurs envies :

« Fais pas l'erreur que j'ai faite moi » ?

 

Pour tout donner, faire don de soi

(Quand on n’parle même pas aux voisins...)

Pour rire un peu, trouver la joie,

Pour égayer le quotidien ?

 

Pour obéir aux religions,

Accroître le nombre de fidèles ?

"Quoi ? la surpopulation ?

Quoi ? les ressources naturelles ?"

 

Pour jouer les dupes un instant

Et croire à l'immortalité ?

"Mes gènes resteront vivants

Quand bébé fera des bébés."

 

Pourquoi les gens font des gamins ?

Alors qu'ils sont toujours plus durs ?

Pour pas laisser des plus crétins

Enfanter pour notre futur ?

 

Pour avoir ce genre d'argument

Quand ils n'ont pas de conversation :

"Non mais tu sais les enfants,

T'as plus le temps de la réflexion" ?

 

Ah ! Alors ceux qui n'en font pas,

P'têt qu'ils n'ont pas besoin d'excuse ?

Chacun fera comme il voudra :

"Quand les mômes s'amusent, ça m'use !"

 

Parce qu’on pose toujours la question

A ceux qui n'veulent pas d'descendance,

Mais quelle est l'argumentation

De ces parents pleins d'assurance ?

 

Car outre les raisons classiques

D'amour et de transmission

(Ou de malheureux coup de trique

Avec rupture de protection),

 

Y a bien dû avoir autre chose

Pour faire pencher votre balance ?

Brusque envie de choux et de roses

Ou nostalgie de votre enfance ?

 

Ah ! Et le prochain qui me dit :

"Faut être parent pour s'accomplir",

J'lui parle d'un certain de Vinci

(Comme exemple je crois qu'y a pire).

 

Tout le monde ne veut pas être médecin,

Acteur célèbre ou milliardaire !

Pourquoi demander à chacun

D'avoir l'emploi de père ou mère ?

 

Bon... les cinq minutes sont passées...

Le moment devient décisif

Plus le temps de tergiverser...

Et si le test est positif,

 

Je jure de ne jamais poser

A qui que ce soit la question :

"Alors ? Toujours pas de bébé ?"

Chacun choisit sa direction !

 

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 22:07

ça sentait bon

ça sentait bon dans la cuisine

les oignons l'huile d'olive

la feuille des tomates

et les épices

et le citron

et les bouquets de coriandre

et le pain encore tiède coupé en larges tranches

ça sentait les rires

les taches sur le tablier

les buées exhalant du four

ça sentait la fleur d'oranger

dans tes cheveux

et dans les sirops liquoreux que tu versais sur les desserts

ça sentait la farine qui volait sur la table

le rouleau pour étendre la pâte

les plats en faïence

ça sentait le soleil et le temps des vacances

les vins doux qui grisaient les voix et rosissaient les joues

ça sentait le temps que l'on prend

le temps nécessaire aux belles choses

ça sentait les fines gourmandises

les grandes nappes blanches et les verres du dimanche

et le café qui fumait

dans la grande cafetière

ça sentait les roses du jardin

arrangées dans un vase

et les voix amies

et les mains fraîches et fortes

et les petits silences

qui berçaient nos étés

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 20:46

Saint Malo

Mots salins

Mince ! A l'eau !

Seau malin

Oh ! l'un masse

Aux mains lasses

Masse au lin

Au loin, un slam malouin passe

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:17

Elle cousait en silence des chutes de tissu.

Un chat sur les genoux, un autre au bout du fil,

Elle combinait couleurs et motifs contigus

Et tâchait d’attacher les carrés de textiles.

 

 

Bien sage elle faufilait, sans tailler la bavette :

Echantillons de serge en écoutant Gainsbourg,

Toiles arachnéennes ou papiers cigarette

Et satins où matou faisait patte de velours.

 

 

L'aiguille de la montre rythmait l'aiguille à coudre.

Le temps passait ainsi en baptiste et crépon.

Et son esprit voguait en énigmes à résoudre :

Tantôt c'était facile, tantôt c'était coton.

 

 

Parfois elle se levait, flanelle à pas feutrine,

Et ouvrait la fenêtre (pause d'hypermétrope),

Juste pour s'aérer, sans penser nicotine.

Rien ne vaut le patch...work pour arrêter la clope...

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 21:07

En écartant les bras je peux

Toucher les parois de mon bureau.
Même sans déplier les coudes.

La fenêtre derrière l’ordinateur s’ouvre

Sur une cour grise

Où quelques arbres rappellent

L’existence des saisons.

Le bâtiment d’en face répond

En miroir à celui que j’occupe.
Le plafond est quadrillé,

Et le sol, couvert de carreaux réguliers.

Des angles droits limitent mon espace.

Mes yeux comme des ailes

Embrassent les nuages.
Il me reste cela :

L’immensité du ciel.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 15:31

Le chat regardait en haut

Y avait un nid de moineau

Installé sous notre toit

 

Ça bougeait ça f’sait du bruit

Des piou piou et des cui cui

Parfois les deux à la fois

 

 

Notre félin notre maître

Surveille toujours la fenêtre

Quelle que soit la météo

 

De ses yeux verts il indique

Les changements climatiques

Le mouvement des oiseaux

 

 

Le chat regardait en bas

Y avait un œuf sur le plat

Car le nid était tombé

 

Le ballon des pt'its voisins

Involontaire assassin

Avait été bien lancé

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 16:08

 

« Quand j’ai le ventre qui gargouille,

Je me fais ma petite tambouille »

Chantait l’Italienne des Pouilles

Qui avait une si jolie bouille,            

Et cuisinait ses plats de nouilles

Accompagnés de ratatouille.


Son amant était une arsouille,

Du genre « j’bois pas d’eau car ça rouille ! ».

« J’en ai marre, je pars en vadrouille.

La ratatouille ça me barbouille !

Je vais manger une bonne andouille,

Ca me changera de tes nouilles. »

 

Sans un sourire sans une papouille,

Sans un guili sans un chatouille,

Sans un mot sans une bafouille,

Ni vu ni connu je t’embrouille,

Il est parti sous l’eau qui mouille,

Celle qui fait sortir les grenouilles…  

 

                                                           

Mais faut dire qu’une bonne andouille,

Y en a pas partout qui pendouillent !           

Cherchant cherchant fouille que fouille,

Notre homme est revenu bredouille…  

 

Mais une porte ça se verrouille…

 

Sur le perron il s’agenouille,

Il bavouille, bafouille et cafouille

« Chérie il faut pas qu’on s’embrouille,

Ouvre-moi j’ai la vue qui s’brouille »

 

Le lendemain près de trois douilles

On a retrouvé sa dépouille.     

 

Comme c’était une sacrée fripouille

(Le genre de gars que l’on zigouille)

La belle Italienne des Pouilles

Sans s’inquiéter mange ses nouilles,

Et c’est un autre qui dérouille…

 

Le genre d’histoires qui fout la trouille…    

 

Moi je finis toujours mes nouilles...

 

Mais surveillez ce qu’elle magouille !

Même pas sûre qu’elle vienne des Pouilles :

Des nouilles avec la ratatouille ??

Dans le potage y avait une…

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:35

Je suis auteur de romans noirs

C'est moi "Le colt dans la baignoire"

Et "Pataquès chez les poulets"

Celui qui a fait mon succès

 

Je suis auteur de policiers 

Et dans le genre j'ai du métier
On dit dans les colonnes du Monde

Que ma plume est fine et féconde

 

Mais j'aurais préféré mille fois

Ecrire des poèmes à deux voix

Des bluettes et des romances

Des souvenirs d'amours d'enfance

 

J'ai essayé _ c'est difficile _

De changer de thème et de style

J'ai même tenté pour Harlequin

Des manuscrits un peu coquins

 

Mais à chaque fois qu'elle l'enlace

Ou qu'il devient un peu salace

Elle l'étrangle ou il la viole

Puis la maquille au vitriol

 

Il faut toujours que l'héroïne

Ait des manières d'assassine

Que les personnages secondaires

Soient inspecteurs ou commissaires

 

Il n'y a jamais dans mes histoires

De Polichinelle dans l'tiroir

Plutôt des cadavres sans trace

Des macchabées sous la terrasse

 

Partout des mobiles très obscurs

Du poison dans la confiture

Des revolvers, douilles cachées,

Faux témoignages, gorges tranchées

 

Suis-je perverse au plus haut stade ?

Ai-je le cerveau si malade

Qu'en aucun cas je n'imagine

Dix pages sans hémoglobine ?

 

J'aime les romans à l'eau de rose

J'en lis même jusqu'à l'overdose

Mais je ne sais pas en écrire

C'est un tourment qui me déchire

 

Mes héros terminent toujours

Avec la tête dans le four

Quand il y a de l'eau dans le gaz

Y en a toujours un qui s'embrase

 

Et aujourd'hui on me demande

C'est une prière, une commande

De créer un épithalame :

Ma petite soeur devient madame

 

"Toi qui manies si bien les mots

Qui as les formules qu'il faut

A notre mariage pourrais-tu

Nous faire un discours impromptu ?"

 

Je suis un peu désemparée

Je n'ai pas été préparée

La première image qui me vient

C'est mon beau-frère dans le bassin

 

Etouffé par sa cravalière

(Ou peut-être est-ce la jarretière ?)

Vraiment je ne peux décemment

Faire le discours que l'on attend

 

C'est dans deux mois l'heure du crime

Et déjà je sue et m'escrime

A trouver de belles tournures

Qui puissent masquer mon imposture

 

J'ai un début intéressant :

"Vous enterrez vos vies d'avant

En devenant femme et époux

Vous vous passez la corde au cou"

 

Ah c'est terrible, tout me rappelle

A ce penchant si naturel...

Alors ce soir j'ai le bourdon

Et je le noie dans un bourbon

 

Je suis auteur de romans noirs

Et je suis une fille sans histoire

En tout cas pas de romantique

(Peut-être un jour avec un flic ?)

 

Je suis auteur de policiers

Et même si j'ai du métier

Je ne saurai jamais _ c'est triste _

Inventer des fins optimistes

 

Jamais les lecteurs ne devinent

Les failles et les guerres intestines

Que doivent supporter souvent 

Les grands auteurs de notre temps

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 11:42

gamine je vois tes larmes, devine tes combats,

tes monstres intérieurs qui te rongent si fort

je sais toutes ces voix qui te disent à quoi bon

je sais toutes ces peurs qui n'ont jamais d'aurore

 

ton corps n'est plus le tien, tu le vis malgré toi

tes pensées sont d'ailleurs, tu ne t'appartiens plus

l'avenir n'est qu'un mot qu'on répète sans voix

l'avenir n'est qu'un leurre pour qui se sent perdu

 

gamine je vois tes yeux qui n'ont plus de lumière

qui donc a pu l'éteindre ? qui la rallumera ?

quels démons se consument sous ton front solitaire ?

dis moi quelle formule pour effacer tout ça ?

 

ta bouche ne s'ouvre plus, tes lèvres emmurées

sont désert et tombeau que rien ne vient fleurir

tes doigts nouent et dénouent des souvenirs blessés

des souffrances passées que rien ne peut guérir

 

gamine je vois parfois passer tes idées folles

peu à peu tu t'éloignes tu coupes les ficelles

qui t'attachent à la terre, et déjà tu t'envoles

quel est le maudit ange qui t'a prêté ses ailes ?

 

crois moi j'en ai connu des temps de désespoir

j'ai souvent bu la tasse avant de voir la rive

moi aussi j'ai songé à la fin de l'histoire

(elle vient bien assez tôt, vis avant qu'elle n'arrive)

 

gamine je vois tes pas qui ne savent plus danser

comme je voudrais t'apprendre avec ou sans musique

que tu retrouves enfin la joie de t'élancer

en laissant derrière toi l'angoisse et le tragique

 

et tu pourrais cueillir des idées si nouvelles

qu'elles sauraient effacer toutes celles d'avant

l'issue est incertaine mais l'ambition est belle

laisse-toi essayer, tu sais, la vie t'attend

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