Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
Elles vont épaules dénudées
Tendant leurs bras comme des lianes,
Robes aux tissus légers froissés,
Et de leurs longs cheveux émanent
Les réminiscences affolantes
De ces nuits qu'elles ont égrenées,
Où elles ont su se faire amantes,
Où elles ont su se faire aimer.
Elles ont des corps comme des vases
Remplis d'eau fraîche et de parfums.
Leurs hanches se dessinent en phrases
Dont l'écho vibre dans les mains
Des hommes brûlant de caresses
Et qui se troublent à leur passage.
Elles ont des gestes de déesses,
Des courbes pleines de voyages.
Le petit matin dans leurs yeux
A des fatigues chargées de rêves
Où elles s'enroulent à qui mieux mieux
Pour rejouer le baiser d'Eve.
Dans la lumière, à pleine bouche,
Elles rient de leur désinvolture,
Quand le soleil ardent les couche
Au hasard de leurs aventures.
Derrière ces belles silhouettes,
Vies insolentes de jeunesse,
A peine voit-on l'ombre discrète,
Le dos voûté, l'œil qui se baisse,
Celle qui ne promène pas l'aisance
Du corps cent fois émerveillé,
Qui n'a pas connu l'impatience
Heureuse des sens éveillés.
Sage à en oublier de plaire
Ou honteuse de son reflet,
Presque invisible courant d'air
N'ayant pas pris part au ballet
Des regards brillants qui se croisent
Et des sourires qui se séduisent
Et où peu à peu s'apprivoisent
Les sentiments que l'on déguise.
Elle est passée inaperçue
Dans l'âge tendre des plaisirs,
Et la voilà le cœur déçu,
Ne berçant aucun souvenir
D'une étreinte qui l'aurait portée
D'une peau qu'elle aurait chérie
D'un prénom d'homme murmuré
Dans les secrets blancs de son lit.
Oh bien sûr qu'elle en a rêvé,
N'être que peau, souffle et sueur,
Se laisser vivre, s'abandonner...
Mais maintenant qu'est passée l'heure...
Lui donne-t-on le temps encore
D'entrer dans le bal enivrant,
D'effacer les regrets d'alors
Et d'avoir un jour dix-sept ans ?