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Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.

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Dans le tableau

ce texte m'a été inspiré par l'œuvre d'Olivier Boutet

 

 

Dans le tableau, un jour, j’aimerais bien y être !

Porter des robes vertes, les cheveux teints en roux,

Et faire de grands gestes à me tordre le cou

Et survoler les toits à travers les fenêtres.

 

J’attendrais dans des bars aux lumières incertaines,

J’aurais la cuisse ferme et des bas haut perchés,

Et un rire éclatant de tango endiablé

A choquer les pimbêches aux allures mondaines.

 

On danserait sans fin, serrés bien tendrement,

Au son d’un vieux piano ou d’un grinçant crincrin,

D’un saxo rutilant, et puis y aurait des chiens,

Des petits clebs usés, des corniauds indolents.

 

Le carrelage au sol sentirait la Javel.

Y'aurait des types louches qui zieuteraient mes fesses,

Ou le regard perdu dans de vagues ivresses,

Ils frôleraient les couples qui se roulent des pelles.

 

A humer les humeurs dans de petites choses

(L'éclat d'un verre de rouge, volutes d'un café,

Des longues cigarettes à peine consumées),

J'explorerais ce monde où la vie se repose :

 

Murmures de cabarets et parfums entêtants,

Visages hallucinés aux yeux sans illusions,

Bouches et fronts soucieux pris dans une question,

Mouvements suspendus, figés dans le moment.

 

L'immobile est un leurre ! Ils bougeront après !

Ils rentreront chez eux, éméchés ou lucides,

Traîneront leurs chagrins sous la brume livide,

Retrouveront leurs lits, leurs songes, leurs secrets.

 

Les paupières fardées chercheront le sommeil

Dans l'écho d'une valse ou les bras d'un monsieur.

Le bar se videra, deviendra silencieux,

A peine restera-t-il l'ombre d'une bouteille.

 

Et moi...

Je quitterais aussi le cadre du tableau,

Rejoindrais le réel fourmillant de ces ombres

Solitaires des corps plongés dans la pénombre,

Ce réel qui ignore la plume et le pinceau...

 

Je reviendrais plus tard, je reviendrais encore...

Dehors, des réverbères pour éclairer la pluie

Et des rues ruisselantes où tromper mon ennui

Ouvriraient le chemin vers un nouveau décor.

 

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