Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
Par Clo
J'ai peur de m'aigrir.
Avec les années, je le sens bien, je m'aigris. C'est parce que le temps qui passe fait perdre le goût, le sel de la vie, les baisers sucrés. Il ne reste plus que l'acide et l'amer, et l'amer à boire c'est désagréable, et puis ça fait beaucoup. Alors c'est inévitable, je m'aigris.
Quand un aliment est passé il devient aigre. Or on s'alimente de soi-même. Je dois être passée aussi puisque je m'aigris. Et si je m'aigris je flétris et je sens.
Je le sens que je sens. Je sens l'aigre. Je me retourne sur mon passé, et forcément à force de tourner, on tourne. Comme du lait pas frais. Et c'est mon être qui en fait les frais de ne plus l'être, frais.
Les gens ne voient pas que je m'aigris. Et quand je le leur dis ils ne me croient pas. "Ben non tu es pareille." Moi j'aimerais qu'ils le voient, ça me rassurerait."Ah oui ! Maintenant que tu le dis !"
Ben voilà, je te le dis, je m'aigris. Et de jour en jour. J'aimerais bien arrêter parce qu'il reste quoi après ? Si je m'aigris encore et encore il ne restera rien, rien de ce que j'étais.
Tout cela n'arrange pas mon mal au vide...
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