Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
Par Clo
Sous l'œil de la couseuse d'un siècle dépassé
Qui surveille de son cadre le manège des vivants,
La dame à chats ignore un félin agacé
Qui exerce ses griffes sur le dos du divan.
Un autre se promène entre ses genoux froids,
Pour atteindre le bol de croquettes au poisson.
Deux se battent en silence, et mettent en émoi
Une chatte apeurée qui veille ses chatons.
Ils sont dix-sept en tout qui louent l'appartement :
Seize chats, une femme (la madone aux matous).
De jour comme de nuit, l'air est en mouvement :
Une fourrure ondule, on murmure un miaou...
Elle penche la tête de façon bien curieuse,
Et malgré le siamois qui lui lèche la main
Ses doigts restent immobiles. Tout près de la liseuse
L'ombre d'un angora se fond au papier peint.
Le temps bat la mesure dans l'antre du pendule,
Un gros chartreux ronronne près de l'oreille humaine.
L'aïeule ne bouge pas. Quelques chats se bousculent
A ses chaussons gelés, à ses chaussettes en laine.
Soudain un quadrupède a l'air de commencer
Un air de requiem en miaulements mineurs.
Il poursuit sa complainte dans un souffle glacé,
Et les autres reprennent en un étrange chœur.
Le vent s'invite aussi à leur chanson amère.
La dame à chats n'est plus... ou n'est que sortilège :
Elle ouvre d'un seul coup ses grands yeux de panthère,
Et glisse dans la nuit de son félin cortège.
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