Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
Par Clo
Les aiguilles du réveil me picotent les yeux,
Font battre sous mes cils un matin d'entre-deux.
La sonnerie s’en mêle, mes paupières papillonnent,
S’extirpent du cocon où mes rêves bourdonnent.
Un nuage de draps frôle à peine mes pieds,
Et saisie d'un vertige dans un souffle léger,
Je t'attends.
Les lames du parquet soupirent sous mes pas.
Les rideaux immobiles s'ennuient de haut en bas.
Dans l'odeur du café, les nouvelles s'entassent
Et je cherche un indice dans le fond de ma tasse.
Un nuage de lait vient troubler le breuvage
Et efface un instant les barreaux de ma cage...
Un instant...
Pourquoi faut-il que tu reviennes
Hanter mes jours, creuser ma peine ?
Joli fantôme, ma belle amie,
Laisse à mon chagrin un sursis.
Tous les moments se valent quand les aimants s'envolent.
Et dehors les vivants jouent à la course folle :
Ephémères en partance se cognant à la vitre
D'un jeu aux dés pipés, sans victoire, sans arbitre.
Un nuage de pluie crève dans un coin de bleu,
Laissant le boulevard désert et comateux
Pour longtemps.
Les aiguilles de la montre me picorent le cœur.
Chaque seconde éloigne l'écho un peu moqueur
De tes mots habillés de cette voix si proche
Façonnée de soleil, de fruits mûrs et de roche.
Un nuage de pleurs obscurcit mon regard.
Habiter le silence pour dompter le brouillard
Incessant.
Pourquoi faut-il que tu reviennes
Hanter mes jours, creuser ma peine ?
Joli fantôme, ma belle amie,
Laisse à mon chagrin un sursis.
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