Décryptage humoristique (ou non) des choses de la vie, délires poétiques, réflexion et bonne humeur.
ils sont deux,
inconnus,
se sont vus
dans ce lieu,
suspendus,
sans oser
proposer
un début
mais déjà
l'attirance
se balance
dans leurs bras,
elle a faim,
il a soif,
la décoiffe
de ses mains
ils sont deux
et leurs bouches
peu farouches
savent mieux
se séduire
se donner
deviner
leurs désirs
la serveuse
spectatrice
ou complice
envieuse
se souvient
d'autres soirs,
la mémoire
lui revient
****
ils sont deux
ils sourient
attendris
et fiévreux,
ils sont deux
à la table,
insatiables,
amoureux
il lui dit
doucement
ses élans
ses envies,
elle éclate
d'un grand rire
qui l'attire
et l'épate
ils commandent
un festin,
du bon vin
en offrande
au hasard
qui les a
pas à pas
mis à part
la serveuse
qui s'approche
en fantoche
ennuyeuse
se retire
doucement
entendant
leurs soupirs
***
ils sont deux,
en partance,
le silence
insidieux
qui se glisse
dans leurs yeux
fait l'aveu
du factice
tous leurs mots
s'évaporent,
et leurs corps
sans assauts
se font face,
elle et lui,
et l'ennui
se fait glace
leurs regards
se dérobent,
pour sa robe
plus d'égards,
plus de rose
à leurs joues,
plus de "nous"
dans leur prose
la serveuse
vient, toussote,
tend la note
en sauveuse,
le dîner
est fini,
l'infini
s'est fané
*****
elle est seule
à la table
misérable
en linceul,
gris fantôme
qui hésite
dans sa fuite
monochrome
elle éclate
en sanglots,
trémolos
en sonate
pour salauds
en cravate
diplomates
et vieux beaux
il est seul
à la table,
nuits minables
dans la gueule
qu'il épuise
en questions,
en brouillons
qui se brisent
la serveuse
qui les guettte
comme des bêtes
curieuses
leur apporte
un grand verre
une bière
peu importe
et elle prend
les commandes
qui s'étendent
trop longtemps,
fatiguée
elle se dit
qu'elle aussi
est passée
à ces tables
de restos
où les mots
incapables
en prélude
se retirent
pour écrire
"solitude"